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lO l'architecture chrétienne des origines au V SIECLE
fice une physionomie assez particulière pour que certains auteurs en aient Contesté l'ancienneté. Les uns y ont vu une œuvre de Justinien, sur la foi de l'historien Eutychius, qui mérite ici peu de créance, car il écrivait près de quatre cents ans après cet empereur ; or Procope qui, dans son livre sur les édifices bâtis par Justinien, cite plus de vingt églises construites par ce prince en Palestien, ne dit mot de celle de Bethléem. D'autres archéologues la croient du xii= siècle ; de sûrs témoignages nous apprennent en effet qu'elle fut restaurée, en 1169, par l'empereur Manuel Comnène.
Mais une restauration n'implique pas forcément une reconstruction, et les derniers auteurs qui aient fait une étude sérieuse de la basilique de Bethléem, MM. Harvey et Lethaby ', se rangeant à l'opinion déjà soutenue par MM. de Vogué, Strzygowski, Leclercq, etc., limitent les travaux effectués au xii= siècle à une réfection générale des mosaïques (fig. 4) et à des reprises partielles qui auraient respecté les éléments essentiels de la construction constantinienne. Enfin on a soutenu que la nef pouvait remonter au iv= siècle -, mais que le sanctuaire était de date postérieure, attendu qu'au temps de Constantin on n'en faisait point encore d'un plan aussi compliqué. Mais à cela M. Lethaby oppose l'Abbaye Blanche de Sohag, en Egypte, que l'on date du v° siècle, et qui a également trois absides en croix 5. Il aurait pu ajouter que ce plan n'était pas une nouveauté, et qu'il existe des absides disposées d'une façon toute semblable dans des constructions du II" siècle comme la villa d'Hadrien à Tivoli, ou du iV^ comme le palais impérial de Trêves +. Il est donc permis, jusqu'à plus ample informé, de voir dans la basilique de Bethléem un des monuments les plus vénérables et les plus complets de l'architecture chrétienne.
Rome fut avec Constantinople la ville que Constantin gratifia du plus grand nombre de fondations pieuses. Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre du Vatican, Saint- Paul-hors-les-murs, Saint-Laurent-hors-les-murs, Sainte-Agnès, Sainte-Croix de Jérusalem rappellent encore ses munificences. Malheureusement, si la fondation de ces édifices remonte au temps de Constantin, ce qu'ils ont conservé de leur construction première est devenu bien difficile à distinguer au milieu des restaurations et des prétendus embellissements que ces monuments ont dû subir au cours des siècles.
Ainsi la basilique de Saint-Jean de Latran, la principale des fondations de Constantin à Rome, malgré les restaurations qu'y firent les papes Adrien I", au viii" siècle, et Sergius II, au ix=, s'écroula en grande partie en l'an 897. Elle fut reconstruite par Sergius IV. En 1308, elle eut à souffrir d'un incendie qui ravagea le Latran; le feu s'y mit de nouveau en 1360. Mais les flammes lui firent sans
1. Tlje Chiirch of the Nativity at Bethhhem lye siècle, et le sanctuaire du vi-^. (Londres, 1910, in-f.). 3. The Church of the Nativity al
2. Dehio et Bezold (^Die kirchliche Baukuiist p. 13, fig. 15. des Ahendlandes, t. I, p. 112) croient la nef du 4. Dehio et Bezold, pi. 14, fig. i et 2
LES ÉGLISES 1-ONDÉES I'AR CONSTANTIN I I
doute moins de mal que le mauvais i;;oût des hommes, et le coup le plus funeste lui
fut porté, au xvii'^ siècle, sous Innocent X, quand on imagina d'englober deux à deux les colonnes de la nef dans de lourds massifs de maçonnerie, et de couvrir
les murs de placages de marbre et d'ornements de stuc, derrière lesquels il n'est plus possible de reconnaître ce qui peut rester des constructions primitives.
Fig. 5. — Saint-Pierre de Rome, d'après le plan d'Alfarano.
L'abside, restaurée et agrandie au ix' siècle, avait conservé une mosaïque, qui, malgré bien des retouches, contenait encore des parties anciennes ', un dernier acte de vandalisme l'a récemment fait disparaître.