‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 11 sur 377 · I. Rohault de Fleury, Le Latran au Moyen Age (1877), pi · texte numérisé non relu

I. Rohault de Fleury, Le Latran au Moyen Age (1877), pi

LES ÉGLISES FONDEES PAR CONSTANTIN

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Rome. Saint-Piiul-hors-les-murs, d'après Bunsen.

La basilique de Saint-Pierre du Vatican n'existe plus depuis le xvi° siècle ; c'est peut-être cependant, de tous les édifices remontant authentiquement au temps de Constantin, celui qui nous est le mieux connu, grâce aux dessins et aux plans très précis (fig. 5) qui en furent pris à l'époque de la construction de l'immense monument qui l'a remplacé '. C'était un très vaste édifice mesurant plus de 400 pieds de long sur environ 260 de large. Il se composait d'une nef flanquée de doubles collatéraux, séparés par quatre files de colonnes. L'extrémité de la nef opposée à l'entrée était coupée par une galerie transversale qui la séparait de l'abside. A l'origine, ce transept ne devait pas dépasser l'alignement des murs extérieurs de l'église. Il fut allongé à une époque très ancienne, et depuis lors le monument ne fut plus modifié dans ses traits essentiels.

Saint-Paul-hors-les-murs devait également sa fondation à Constantin, mais dès la fin du iV^ siècle les empereurs Théodose et Arcadius l'avaient fait reconstruire dans des proportions beaucoup plus vastes. Les incendies et les tremblements de terre éprouvèrent maintes fois cette vénérable basilique, et les papes Symmaque au V siècle, Léon III au ix'^. Innocent II au xii^, Martin V au xv% durent y faire des restaurations considérables. Mais, s'il en résulta, pour le transept et peut-être pour l'abside, des modifications sérieuses, il ne semble pas que la nef ait eu trop à en souffrir (fig. 6). Ses quatre files de colonnes, provenant en partie du mausolée d'Adrien et de l'ancienne basilique iîlmilia, étaient restées intactes jusqu'au xix'^ siècle, et sa décoration même avait conservé maints détails d'une haute antiquité (fig. 7), notamment une suite de médaillons contenant les portraits des papes depuis saint Pierre, et remontant en partie au temps du pape saint Léon, c'està-dire au milieu du v' siècle. L'imprudence d'un plombier occasionna, en

I . Voir notamment les dessins de Bramante publiés par Geymùller (Les projets primitifs pour

la basilique de Saint-Pierre de Rome, Paris, 1875, in-f.)et le plan maintes fois reproduit d'Alfarano.

LES ÉGLISES FONDÉES PAR CONSTANTIN

1823, un incendie qui causa la ruine de l'édifice. On l'a depuis restauré avec soin et surtout avec luxe. Mais l'éclat des dorures, la richesse des marbres, le somptueux plafond caissonné qui a remplacé l'antique charpente apparente, ne sauraient consoler les archéologues de cet immense désastre.

Les autres églises fondées à Rome par Constantin, bâties sans doute avec trop de hâte, sont loin d'avoir eu la durée des grandes-basiliques de Saint-Pierre ou de Saint-Paul. Ainsi Sainte-Agnès, malgré une restauration exécutée au début du vi^ siècle, dut être totalement reconstruite sous le pontificat d'Honorius l" (625-638) '. Elle a gardé toutefois de l'époque constantinienne une dépendance remarquablement conservée, c'est l'église ronde de Sainte-Constance, qui fut bâtie pour servir de chapelle funéraire à des membres de la famille impériale % et dont

Fig. 8. — Rome. Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs.

les voûtes sont encore couvertes de mosaïques datant incontestablement du iv= siècle '.

On est moins d'accord sur l'âge exact de Saint-Laurent-hors-les-murs. C'est un édifice hybride formé par la réunion en une seule de deux églises construites bout à bout, mais en sens contraire, si bien qu'elles se touchaient par leurs absides *. Le pape Honorius III (1216-1227) les transforma en un monument unique en supprimant les deux absides et en faisant de l'une des nefs le sanctuaire du monument transformé (fig. 8). Ce sanctuaire a un aspect fort archaïque, car il est construit en grande partie avec des matériaux arrachés à des édifices antiques (fig. 9). Mais il ne saurait remonter au temps de Constantin, car admettrait-on que le Liber pontificalis ait exagéré l'importance de la restauration qu'en fit le pape Pelage II à la fin du vi'' siècle \ il reste certain qu'un prêtre nommé Léopardus '' avait reconstruit cette basilique au début du v% et l'on sait qu'à cette époque l'usage de chercher dans les ruines des monuments païens des éléments de décoration pour les édifices chrétiens était assez répandu. Quant à l'autre moitié de l'église, on l'attribue à Sixte III (432-440) ', mais après tous les travaux de restauration

263 et 323.

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