‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 135 sur 377 · Holtzinger, D/V attcl}r. Arcl]itct;tur. fig · texte numérisé non relu

Holtzinger, D/V attcl}r. Arcl]itct;tur. fig

222 CARACTERES PARTICULIERS DES EGLISES CAROLINGIENNES

ment retrouvé un de la fin du viii^ siècle dans les fouilles si habilement conduites par M. Naef à Romainmôtier (fig. 223). Il ressemble beaucoup comme forme, sinon comme décoration, à ceux du vi' et du vu'' siècle que l'on possède à Ravenne ', ou que l'on a retrouvés en Suisse à Saint-Maurice d'Agaune ou à Baulmes ^. La partie où se tenait le prédicateur était bombée, on y accédait par deux escaliers droits.

L'extérieur des églises carolingiennes était très simple. Comme je l'ai dit déjà, elles étaient le plus souvent entourées de constructions de tout genre qui en masquaient une grande partie. On n'en apercevait que le haut des murs, aussi est-ce là que l'on rencontre parfois certains motifs de décoration. Ainsi l'abside de Saint- Ambroise de Milan qui fut construite sous l'archevêque Angilbert (824- 859), celle de San Vincenzo in Prato dans la même ville, celle d'Alliate, etc., sont ornées sous la corniche d'une série d'arcades qui malgré leur simplicité sont fort décoratives '. Il est probable qu'on en fit de semblables en Gaule car la tradition s'en est conservée dans quelques églises romanes, par exemple à Saint- Guilhem-du-Désert (Hérault) ' et à Aime en Savoie ''. La vogue en fut beaucoup plus durable en Piémont et en Lombardie.

Une décoration encore plus répandue consistait à flanquer les murs de contreforts de très foible saillie dont on reliait la tête par une suite d'arceaux dont le nombre pouvait varier de 2 à 3, 4, 5, et même davantage. Cela formait le long des murs une suite de bandes et de compartiments d'un assez heureux efl^et. On qualifie parfois cette disposition du nom de bandes lombardes ; mais c'est à tort, car elle n'est pas spéciale à la Lombardie; elle se rencontre dès le vi^ siècle à Ravenne, au baptistère des Orthodoxes ^, et elle est très commune jusqu'à la fin du xi^ siècle dans l'Italie du Nord, la Suisse, sur les bords du Rhin, dans le bassin du Rhône, et jusqu'en Roussillon. Or ces divers pays constituent à peu de chose près la part qui échut à Lothaire dans le partage de l'empire de Charlemagne. L'emploi qu'ils ont fait de ces bandes tient donc sans doute moins à une influence directe de l'école lombarde qu'à la persistance d'une tradition carolingienne qui leur était commune à l'époque où ils étaient soumis aux mêmes lois.

Fig. 224 — Rome. Saint-Clément.

Encadrement de porte, d'après Cattaneo.

1. Rivoira, t. I, fig. 65, 66, 67. 4. Revoil, Archit. romane au viidiâe la France,

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