Besson, L'art barbare dans Tanc. dioc. de t. I, pi
Lausanne, p. 20 et 21, fig. 5. Borrel, Mon. delà Tarentaise, pi. 34.
3. Cattaneo, fig. 121, 123 et 130. 6. Diehl, Ravenne, p. 35, fig.
Dans l'Ouest, par exemple à Saint-Genéroux (fig. 135) et à Gravant (fig. 134), la partie haute des murs a parfois reçu une décoration consistant en compartiments triangulaires placés entre les fenêtres et dont l'appareil tranche avec le reste de la maçonnerie. Un cordon orné de billettes peut aussi courir le long de la nef encadrant le cintre des fenêtres et formant entre elles de petits frontons.
Les fenêtres de l'abside, comme la porte principale, ont parfois une décoration d'entrelacs le long de leurs piédroits; nous en avons un exemple à la porte de Saint-
Fig. 225. — Peyrus
Benouville del.
Encadrement de fenêtre.
Glément à Rome (fig. 224) ', et une église trop peu connue du département du Gers, celle de Peyrusse-Grande (fig. 225), a conservé aux fenêtres de son abside des piédroits couverts d'entrelacs qu'il serait peut-être téméraire de taire remonter à l'époque carolingienne, mais qui sont très certainement inspirés des modèles de cette époque.
Caumont, et la plupart des archéologues à sa suite, ont attribué à l'époque carolingienne un genre d'archivoltes dont la décoration consiste uniquement en combinaisons d'appareil, ou plutôt de faux appareil, car le plus souvent les joints sont
I. Cattaneo suppose avec raison que cette à sa place .tctuelle quand rédifice fut rebâti vers porte a été enlevée de l'église inférieure et mise l'an 1 100.
CARACTERES PARTICULIERS DES EGLISES CAROLINGIENNES
en partie simulés à l'aide de tmits de gravure remplis de mortier légèrement teinté. Les portes des églises du Lion d'Angers (fig. 226), de Distré (Maine-et- Loire) ■ nous offrent des exemples de ces archivoltes enchâssées dans des murs de petit appareil. Mais je ne les cite que sous toutes réserves, car en Anjou comme en Touraine, le petit appareil ne semble pas avoir entièrement passé de mode
, 226. — Le Lion d'Angers.
avant 1050, et l'on trouve des combinaisons de faux appareil dans plusieurs églises angevines du xi'= siècle comme à l'abside du Ronceray qui fut dédiée en 1028 -.
Quoi qu'il en soit, la plupart des portes et fenêtres de l'époque carolingienne qui nous restent sont complètement dénuées d'ornement.
L'usage de placer un atrium en avant de la façade était encore très répandu au début de l'époque carolingienne et il s'est conservé longtemps en Italie. Il n'en fut pas de même en Gaule, car dans les monastères francs on prit au moins dès le temps de Charlemagne l'habitude de construire sur les flancs de l'église un cloître analogue comme forme et comme disposition à l'atrium, ce qui conduisit à restreindre d'abord puis à supprimer ce dernier '.
1. Caumont, Abécédaire, p. 93, fîg. tanément un cloître et un atrium, mais ce der-
2. Aniiaks de St-Auh'n d'Angers, éd. Halphea, nier est réduit à un simple portique entourant p. 5. — Cf. Ami. de St-Serge, ibid., pi. 107. l'abside occidentale. — Il y avait au ix<= siècle un
3. Dans le plan de Siint-Gill on voit simul- atrium à Saint-Philbert-de-Grandlieu (Erraen-
EXTÉRIFXTR DES l'xJLlSES
Les chapitres qui desservaient les cathédrales ayant été soumis depuis le viu'^ siècle à une sorte de règle monastique, celle de saint Chrodgand, les mêmes besoins amenèrent les mêmes conséquences et peu à peu les cathédrales, comme les églises abbatiales, eurent un cloître et n'eurent plus d'atrium. Qiiant aux simples églises paroissiales' et rurales, la plupart en avaient toujours été dépourvues, elles le furent plus que jamais. Cependant on conserva devant beaucoup d'églises un souvenir de l'antique atrium, c'est le parvis, place carrée entourée parfois d'une clôture et dont le nom même rappelle l'antique destination, car le mot parvis vient de paradisiis qui dans le latin du moyen âge signifie un cimetière. Or on enterrait souvent dans le parvis des églises, comme on le faisait jadis dans l'atrium.
Enfin la physionomie extérieure des églises était complétée par le clocher que je me bornerai à mentionner présentement, car il ne s'en est conservé aucun sur notre sol, et il est probable que bien des églises en étaient dépourvues. Qu'il me suffise donc de dire que les clochers carolingiens pouvaient être de forme carrée et surmonter l'intersection du transept et de la nef ', ou bien être construits tout à fait hors œuvre comme quelques-uns de ceux que l'on voit en Italie et que l'on croit antérieurs à l'an mille -. Il y avait aussi des tours de forme ronde ', qui servaient plus souvent, sans doute, à contenir des escaliers que des cloches.
En résumé nous pouvons nous faire des églises carolingiennes une idée beaucoup plus exacte qu'on ne le croit d'habitude.
Comme plan, c'étaient, abstraction faite de quelques édifices de nature spéciale, des basiliques auxquelles l'adjonction d'un transept et d'un chœur donnaient la forme d'une croix. Elles avaient souvent double abside, généralement une crypte assez grande sous le sanctuaire, une ou plusieurs tours carrées ou rondes servant de clochers ou contenant des escaliers. En dehors des chapiteaux, on y voyait peu de sculptures et celles-ci ne consistaient guère qu'en panneaux couverts d'entrelacs, on faisait grand usage des ornemenfe de stuc et des peintures, quelquefois même des mosaïques, et l'on cachait ainsi sous un brillant décor la pauvreté de la construction.
taire, De traiislal. S. FiUherli, 1. I, c. 65, éd. Poupardin, p. 48) ; de même à Saint-Riquier (Mabillon, Ami. Bened., t. II, p. 332).
I . Ex. à Saint-Martin d'Angers et peut-être à Saint-Pliilhert-de-Grandlieu.