COUPOLES SUR TROMPES ET SUR PENDENTIFS
Nous avons VU dans les pages précédentes combien sont rares les monuments d'arcliitecture antérieurs au xi' siècle. Cette rareté provient de plusieurs causes : d'abord les invasions des Normands qui, pendant près d'un siècle, promenèrent le pillage et l'incendie dans les plus riches provinces de la France ; puis les guerres féodales, qui replongèrent le pays, au x= siècle, dans l'état d'insécurité et de barbarie dont le génie de Charlemagne l'avait tiré; enfin la mauvaise exécution de la plupart des édifices rebâtis ou restaurés hâtivement après le passage des Normands. Ajoutez à cela que la façon même dont les églises étaient construites en faisait ruie proie facile pour le teu, soit qu'il fût mis intentionnellement par la main des hommes, ou causé accidentellement par la foudre, ou allumé par quelqu'une des lumières innombrables qui rehaussaient aux jours de fête les splendeurs du culte.
Avec leurs hautes tours qui appelaient le feu du ciel, leurs charpentes apparentes et leurs tentures qui aidaient à la propagation rapide des flammes, avec l'insuffisance des moyens dont on disposait pour combattre les incendies, les églises les mieux construites étaient sans cesse exposées, même en temps de paix, à être réduites en cendres.
Les chroniques sont remplies du récit de ces catastrophes qui anéantissaient en quelques heures les plus beaux monuments.
En 992, le feu consume l'abbaye du Mont-Saint-Michel ' ; en 997, il détruit la basilique de Saint-Martin de Tours et vingt-deux autres églises ' ; en 1020, la cathédrale de Chartres ' ; en 102e, Saint-Benoît-sur-Loire +. La grande abbaye de Sithiu est détruite, en 1021, par un immense incendie qui s'étend à deux mille maisons K Celle de Charroux, en Poitou, déjà incendiée en 988, est victime, en 1048, d'un
1. Goût, Histoire du Moiil-Saiiit-Micljc-I, t. I, 3. Gull. christ., t. VIII, col. 1115. p. no. 4. Ihid.,t. YIII, col. 1555.
2. Salmon, Cljrouiques de Toiirniiie, p. 51. 5. Aimai. Beiied., t. IV, p. 260.