nid., p. 429. Saiiil-Julicn du Mans, p
3. Ihid., p. 429. 8. Miracles de N.-D. de Cliartres, dans la fi/W.
4. Gall. christ., t. XI, col. 360. de l'École des Chartes, t. XLII, p. 508.
5. Guibert de Nogent, De Fila sua, 1. III, c. 9 g. Gall. chr., t. IX, col. 104.
(éd. Bourgin, p. 169). 10. Ch. deListeyne,Hist.dcS.-Martial,passim.
228 l'architecture religieuse a l'époque romane
XI" siècle, je prie mes lecteurs de bien retenir qu'une foule de détails propres à l'art roman se rencontrent déjà au ix*-' et au x'' siècle, et qu'inversement les pratiques en usage chez les Carolingiens n'ont pas brusquement cessé avec l'avènement des rois Capétiens. Elles ont continué à être de mode pendant une bonne partie du xi'^ siècle, et dans la plupart de nos provinces, la période de transition entre l'art carolingien et l'art roman proprement dit a duré jusqu'à l'avènement de Philippe P'' (1060).
Ce qui a porté la plupart des archéologues à faire commencer l'époque romane au début du xi'= siècle, c'est que cette époque fut en effet marquée par un mouvement artistique extraordinaire. Le fait a été constaté par un contemporain, Raoul Glaber, dans une phrase maintes fois citée : « Vers la troisième année après l'an mille, dit-il, les basiliques sacrées furent réédifiées de fond en comble dans presque tout l'univers, mais surtout dans l'Italie et dans les Gaules... C'était une émulation générale parmi les peuples chrétiens à qui élèverait les églises les plus belles et les plus riches : on eût dit que le monde entier, d'un commun accord, avait dépouillé ses antiques haillons pour se couvrir d'une robe blanche d'églises. Les fidèles ne se contentèrent pas de reconstruire alors la plupart des cathédrales, ils restaurèrent aussi les monastères dédiés aux divers saints et même les petites églises des villages '. »
On a longtemps attribué ce réveil constaté par Glaber au sentiment de soulagement et de renaissance éprouvé par les populations chrétiennes quand elles virent que l'an mille n'avait pas amené la fin du monde. Aujourd'hui il est de mode de contester les terreurs de l'an mille et de prêter peu de valeur au témoignage de Raoul Glaber. Il 3' a là une exagération au moins aussi grande que celle que l'on a prétendu combattre. .
En réalité, la croyance à la fin du monde a été très répandue à la fin du x"" siècle ; nous en avons de nombreux témoignages dans les chartes de l'époque. Mais loin de paralyser les énergies et d'entraver l'essor artistique, cette croyance fut un stimulant -. Elle entraîna les populations chrétiennes de la Gaule à faire d'innombrables fondations pieuses, et jamais peut-être les constructions d'églises ne furent plus nombreuses. C'est ainsi, pour ne mentionner qu'un petit nombre des plus impor- ■ tantes, que les dernières années du x" siècle virent bâtir ou restaurer les églises de Bourgueil >, de Saint-Pierre de Melun*, de Lagny >, de Saint-Riquier ^, de Fécamp', de Saint-Ouen de Rouen ^, de l'Ile-Barbe ', etc.
1. « Tune episcopalium sedium ecclesias pêne 3. Gall. christ., t. XIV, col. 654. universas, ac cetera queque diversorum sancto- 4. Ibid., t. XII, col. 171.
rum monasteria, seii minora villarura oratoria 5. /J/d., t. VII, instr., col. 30.
in meliora quique permutavere fidèles. » (R. Gla- 6. Ibid.,t. X, col. 1248.
ber, 1. III, c, 4.) 7. Ihid., t. XI, col. 202.
2. Choisy a eu tort de dire que » les terreurs 8. Willelmi Gemetic. Hist. Noniiaini., IV, 19 de l'an 1000 achevèrent d'assoupir l'architec- (Rec. des Hisl. de Fr., t. X, p. 184).
tare ». (Hisl. de l'archil., t. II, p. 139.) 9. //'/(/., t. IV, col. 225.