LES BASILIQUES SYRIENNES
de Bakousa (fig. 66), de Behioh ", de Kefr-Kileh -, dont on n'a pas la date précise, mais qui semblent remonter au vi'^ siècle.
Tous ces monuments de la Syrie appartiennent à la grande famille byzantine. Il est donc naturel qu'ils présentent certaines analogies avec les édifices que l'Afrique du Nord vit bâtir ou restaurer après l'expulsion des Vandales par les armées de Jus-
Fig. 21.
Église et monastère de Kalaat-Seman, d'après Vogué.
tinien (534). Mais c'est seulement en plan, car la hâte évidente avec laquelle beaucoup d'édifices africains ont été construits, la différence de qualité des matériaux, le manque de ressources dans un pays ruiné par la guerre, n'ont pas permis d'y apporter le soin et l'élégance usités dans les provinces plus prospères de l'empire d'Orient. L'invasion arabe ayant arraché l'Afrique à l'influence byzantine avant que la vogue de l'architecture à coupoles ait eu le temps d'y pénétrer, toutes les églises de l'Algérie et de la Tunisie appartiennent encore au type plus ancien de la basilique non voûtée '.
1. Vogiié, t. II, pi. 137, 138. voûtes d'arêtes sur les bas-côtés, par exemple
2. IhicL, t. II, pi. 121. celle du Kef (Gsell, Monum. antiq. de T Algérie,
3. Quelques-unes cependant ont eu de petites t. II, p. 265 et s.).
l'architecture chrétienne du v^ au viii'= siècle
Je citerai, parmi les exemples les plus intéressants à étudier, la superbe église de Tébessa ', vaste édifice entouré de dépendances considérables (fig. 23) dont la construction doit remonter à la fin du v'-siècle au plus tard, car dans la chapelle à
trois absides qui la flanque, on a retrouvé une tombe datée de l'an 508. La belle exécution d'une partie des constructions a même porté divers archéologues à les reculer jusqu'au iv'= siècle ^, ce qui est sans doute excessif.
Mieux datée est la basilique de Bénian (fig. 24), élevée par les Donatistes pendant la domination des Vandales, entre 434 et 439 >, et celle de Kherbet-Guidra, l'ancienne Serteï, près de Sétif, construite avant l'an 444 +. Citons encore les grandes basiliques de Tigzirt >, de Timgad •■ et de Tipasa ', probablement contemporaines des précédentes, celle de Morsott ^, assez semblable à celle de Tébessa, celles d'Announa ' et de Zana '°, qui semblent postérieures à la conquête byzantine, comme les basiliques tunisiennes du Kef, de Biroum-Ali, de Sbeitla, et celle de Siagu, remarquable par le plan exceptionnel de son chevet.
Qtioique beaucoup de ces édifices n'aient pas encore été étudiés avec toute l'attention nécessaire, ils ont singulièrement accru l'étendue de nos connaissances sur l'architecture religieuse pendant les deux ou trois siècles qui ont suivi le triomphe de l'Église.
L'histoire de l'art chrétien au vu'' et au viir siècle est beaucoup plus obscure. C'est pour l'Europe occidentale une période néfaste, pendant laquelle s'éteignent successivement tous les foyers où s'étaient conservés quelques restes des traditions
Fig.
Basilique de Deir-Séta, 'api es Vogiié.
1. VoirGitW, Mon. de l'Algérie, x.W, p. 260 et s.; et Ballu, Le Monastère by:(aiilin de Téhessn (1897, in-f.)
2. Mau a même été jusqu'à supposer que c'était une basilique païenne transformée plus tard en église CVo Basilica, dans la Real Encyclop. de Wissowa, p. 91), mais rien ne justifie pareille hypothèse. M. Gsell (p. 287 et 288) croit que l'édifice a été remanié vers le miheu du ve siècle et qu'on y ajouta alors des tribunes le long de la nef. Or pareille addition n'eût pu se faire sans un vaste remaniement de l'intérieur du monument dont j'ai vainement cherché trace.
3. Cette date est fournie par les tombeaux que l'on a retrouvés sous l'autel, en particulier celui de Robba, une sainte Donatiste, morte en
l'an 454 (Gsell, Fouilles de Bénian, 1899 ; et Mon. de T Algérie, t. II, p. 17s).
4. Dans le pavé même de la basilique est encastrée une tombe portant cette date (Gsell, Mon. de T Algérie, t. II, p. 206, et fig. 124).