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sont percées sont toujours irssez épais, soit à cause de Is voûte qu'ils ont à porter, soit à cause de la hauteur relativement grande qu'a souvent la nef quand elle n'est pas voûtée. Ces arcades ont donc une assez grande section, aussi a-t-on eu l'idée de les renforcer en en garnissant l'intrados d'un arc de section moindre. Les deux — et quelquefois trois — rangs de claveaux superposés que l'on obtient ainsi .sont d'un heureux effet au point de vue esthétique, surtout quand la sécheresse de leur profil est adoucie par l'insertion le long des arêtes d'un boudin, inscrit dans l'épa-
p. Gioii del.
Fig. 537, — Soissous. Saint-Pierre-au-Parvis.
nelage carré des claveaux. Ce fnode de décoration, dont il y a déjà quelques exemples au xi'= siècle, se répand partout au xii^ et prend dans certaines provinces, spécialement la Normandie, un grand développement (fig. 346).
Quand la nef n'est pas voûtée on a fait parfois retomber ses grandes arcades sur de lourdes colonnes d'appareil, comme à Maule (S.-et-O.) ou à Guarbecque (Pasde-Calais). Quelquefois cependant ces colonnes sont assez légères pour être monolithes, comme dans la jolie église de Saint-Pierre-au-Parvis de Soissons (fig. 337). Il est très rare de voir une nef voûtée portée sur des colonnes comme à Saint-Savin en Poitou ou à Saint-Nectaire (fig. 338). Dans certaines régions comme la Normandie, l'Angleterre, les bords du Rhin, on a souvent alterné colonnes et piliers, ainsi à Jumièges, à Guérande, à la cathédrale de Durham, à l'église de Rosheim.