SUPPORTS
L'arc de rcntoit qui garnit l'intrados des arcades de la net a presque toujours son piédroit propre. Ce piédroit peut être un pilastre (fig. 339) ou une demi-colonne (fig. 340) et la forme générale du pilier se trouve modifiée en conséquence. Toutefois ces deux types de piliers ne se rencontrent guère que dans les églises non voûtées, car, dès le xr' siècle, la plupart des églises voûtées sont munies de doubleaux, et ceux-ci, comme tous les arcs qui jouent un rôle dans la construc-
, 159.— Tmcv-le-Val.
Pilier de I;i l'ief.
Fig. 341. — Uzerclie.
Pilier de la nef.
tion, ont leurs piédroits propres qui font également saillie sur la masse du pilier; de là ce type cruciforme (fig. 341) si commun à. l'époque romane, et qui comporte diverses variantes suivant que les supports employés sont des pilastres (fig. 342) ou des demi-colonnes (fig. 343) et qu'ils sont reliés ou non au corps même du pilier par des dosserets, ce qui est très fréquent en Provence (fig. 432), en Bourgogne (fig. 344), etc..
Fig. 342. — Toulouse.
Saint-Sernin. Pilier du
b,-is-côtéS.delanef.
Fig. 343. — Poitiers,
NefdeNotrc-Dame-
la-Grande.
l'ig. 344, — \'czelay.
Pilier de l.i nef.
Voilà des modèles de supports .singulièrement compliqués si on les compare à ceux des anciennes basiliques. Il y en aura de plus compliqués encore, le jour où l'introduction de la croisée d'ogives nécessitera l'adjonction de piédroits supplémentaires, qui viendront s'intercaler sous forme de colonnettes entre les ressauts des piliers.
Notons toutefois que, dans les églises dont le chœur est entouré d'un collatéral, les supports du rond-point sont toujours des colonnes monolithes ou appareillées (fig. 338, 345). L'étroitesse des travées entre lesquelles on divise cette partie du monument eût, en effet, rendu impossible l'emploi de piliers massifs comme ceux
de la net; et d'autre part, la voûte qtii couvre le chevet, par son plan 'en hémicycle, exerce sur ses piédroits des ipoussées divergentes, beaucoup moins redou-
tables que les actions parallèles produites par les voûtes sur les constructions rectilignes. Les colonnes offraient donc ici peu d'inconvénients et l'usage s'en est conservé bien au delà de l'époque romane.