I. Revoil, t. I, pi. 16 et
ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOaUE ROMANE
non seulement des églises rurales, mais même d'églises urbaines aussi importante que les cathédrales d'Avignon (fig. 437), Cavaillon (fig. 280), Carpentras, Digne (fig. 231), Toulon, etc. •
Voilà des traits génériques que l'on retrouve partout où l'école provençale a exercé son influence.
Fig. 4-J5. — S.lint-RestilLit (Drômc). Intérieur de l'abside.
Il en est un dernier non moins important à signaler, c'est l'imitation dans la sculpture — j'entends surtout la sculpture d'ornement — des motifs et des formes en usage à l'époque romaine. Il est évident que les ruines antiques, qui devaient être encore nombreuses dans cette région au xi' siècle, si l'on en juge par ce qui en est parvenu jusqu'à nous, ont exercé une influence particulière sur les artistes
l-COI.E PROVENÇALE
Fig. 436. — Saint-Paul-Trois-Châteaux, d'après Questel.
— Avignon. Notre-Da Jes-Doms. Plan primitif.
Fig. 438. — Carpentras. Cathédrale
romans de la vallée du Rhône et des bords de la Méditerranée. Cette influence n'a pas toujours produit des chefs-d'œuvre, et l'on peut se demander en considérant
Lasteyrie. — Archilectuie romane. 17
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la faiblesse de certains morceaux, comme la frise intérieure de la cathédrale de Carpentras (fig. 438), si la faute en est à la maladresse du sculpteur du xii'= siècle ou à la médiocrité du modèle gallo-romain qu'il a prétendu copier. Néanmoins quand l'art commença à se relever de la profonde décadence où il était tombé sous
S.TiîU-Restitm (Drôme). Porte l.itéinle
les indignes successeurs de Charlemagne, de nombreux sculpteurs d'Avignon, d'Arles, de Marseille, de Nimes se mirent à imiter avec une réelle habileté de ciseau les chapiteaux corinthiens, les entablements, les frontons (fig. 439), les corniches avec files de perles, d'oves, de rais de cœur (fig. 440) ', les rinceaux de
I. A Avignon et à Saint-Restitut, l'imitation dans deux assises, ce que les Romains faisaient est si fidèle que le sculpteur — peut-être le assez souvent, mais ce qui est contraire aux habimême dans les deux cas — a taillé ses chapiteaux tudes du moyen âge.
KCOLK l'ROVF.NÇAl.l-
leuilles d'acanthe (tig. 443) dont les ruines antiques leur fournissaient des modèles. C'est à l'extérieur des édifices que ces décorations empruntées à l'antiquité se trouvent d'ordinaire : ici c'est un fronton surmontant la porte d'entrée, comme à Notre-Dame-des-Doms d'Avignon, à Saint-Restitut (tig. 439) ou à Saint-Gabriel (fig. 571) i ^''^ ^'""^ corniche ornée de modillons et de denticules, que le beau ciel du Midi a maintenue dans un état de conservation permettant d'en apprécier toute la finesse.
i'ig. 440. — .Avignon. Notre-Danic-des-Donis. JJétail du porche.
Lakuuie pli.
L'influence de l'art antique se fait sentir jusque dans les figures qui ornent les magnifiques et célèbres façades de Saint-Gilles (fig. 441) ou de Saint-Trophime d'Arles (fig. 442). Par leurs proportions, par le style des draperies, par maint détail de focture, elles rappellent les figures sculptées sur les monuments du ni'' siècle ou sur les .sarcophages chrétiens du IV^ J'aurai l'occasion d'en reparler plus loin et de les comparer aux œuvres similaires conservées dans d'autres parties de la France ; on verra que nulle part l'imitation de l'art gallo-romain n'est plus marquée.
L'école provençale semble d'ailleurs avoir rayonné par ses sculpteurs plus loin encore que par ses architectes, car son influence est assez marquée dans la décora-