On retrouve ce système de jvoùtes jusque
dans la nef de Valcabrère, et la travée romane de la cathédrale de Saint-Bertrand de ComminsTes.
l'COLF. AUVF.UGNATI'
un territoire mixte, où sont venues se contondre des influences d'orij^ine diflérente. Au point de vue de la construction, il relève plutôt de l'école de Bourgogne ou de celle de Provence ; au point de vue de la décoration, il est tributaire de l'école auvergnate, car les églises y ont la même sévérité d'aspect, le même style de sculpture, les mêmes combinaisons d'appareils multicolores. Nulle part ce contraste n'est plus manifeste que dans la catbédrale du Puy (fig. 460) et le charmant cloître
Fig. 46;. — Orcival (PLiy-de-Dome). Coupe sur le transept.
qui l'avoisine (fig. 373). Le système des voûtes de cette cathédrale (fig. 261) n'a aucun rapport avec celui qu'on rencontre habituellement en Auvergne, car elle est couverte d'une série de coupoles et non d'une voûte en berceau. Mais c'est un fait accidentel qui, pas plus que le style et la position particulière du clocher ', ne doit empêcher de la rattacher à l'école auvergnate. Elle est restée d'ailleurs unique dans son genre, malgré l'influence incontestable qu'elle a exercée dans un rayon assez étendu. Beaucoup d'églises du Velay lui ont emprunté l'alternance d'assises de couleur difl^érente, l'emploi pour porter les coupoles d'un
I . On remarquera les analogies que ce clocher présente avec certains clochers limousins, ceux
d'Uzerche (fig. 423) et de Saint-Léonard (fig. 425), par exemple.
ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOaUE ROMANE
type très spécial et très élégant de trompes en cul-de-four, enfin une forme très originale d'archivoltes à trois lohes (fig. 466), dont la mode s'est répandue par
4t.4. — M.iuri.ic(Omt.il).
Vienne et Valence jusque sur les bords du Rhône et dans une partie du Dauphiné.
Le Limousin, le Rouergue, le Quercy ne produisant pas ces pierres volcaniques
avec lesquelles les Auvergnats faisaient leurs mosaïques de couleurs variées, on n'y
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trouve pas les combinaisons d'appareil dont je parlais tout à l'heure, mais par l'ordonnance intérieure, par le système des voûtes, par maint détail d'ornementation, la plupart des églises de cette région offrent assez d'analogies avec celles d'Au-
Fig-46;
vergne pour qu'on puisse les considérer comme des membres de la même famille.
J'ai déjà dit deux mots des grandes églises romanes du Midi dont Saint-Sernin de Toulouse est le spécimen le plus célèbre et le plus parfait (fig. 465). Les proportions de cet édifice sont si belles, sa construction est si hardie qu'on a voulu y voir le type accompli d'une école spéciale.
A coup sûr, si on le compare à Notre-Dame-du-Port ou à Saint-Paul d'Issoire, si on considère les neuf absides qui entourent son chevet (fig. 310), les grandes et larges
ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOQUE ROMANE
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Fig. 466. — ClKimalièies-sur-Loii-e.
Arcaturc le long de hi nef.
baies de son triforium, les bas-côtés qui flanquent son transept, les doubles collatéraux qui accompagnent sa nef (fig.
278), on est frappé des différences. Mais si on prend la peine de les analyser, on reconnaît bien vite que ce sont seulement des différences de proportion, qui ne portent ni sur les traits caractéristiques de la construction, ni sur les éléments constitutifs de l'édifice.
En réalité, Saint-Sernin de Toulouse forme, avec les églises de Saint-Gaudens et d'Alet, comme les derniers anneaux d'une chaîne qui, par Burlatz, Marcillac, Saint-Sauveur de Figeac, Sainte-Foy de Conques et Saint-Martial de Limoges (fig. 467), s'étendait du diocèse de Clermont aux limites méridionales du diocèse de Toulouse '. Tous ces monuments ont la même structure ; ils ont tous une nef voûtée en berceau, des bas-côtés voûtés d'arêtes et surmontés de tribunes dont les voûtes en quart de cercle viennent épauler la maîtresse voûte, un vaste chœur avec bas-côtés flanqués d'absidioles, un transept très accusé dont le carré est surmonté d'une tour octogone. Les proportions peuvent être plus harmonieuses que celles des églises d'Auvergne, la hardiesse de la construction plus grande, la nef plus élancée, le triforium plus ample, l'architecte a appelé à son aide certaines ressources que les Auvergnats négligent souvent, comme l'emploi systématique du doubleau et des arcades à double voussure, ce qui l'entraîne à
Fig. 467. — Limoges. Saint-MartiaL Travées de la nef.
I. La chronologie des divers édifices que je viens de citer n'est pas encore établie d'une manière incontestable. L'église Saint-Martial, détruite par un incendie en 1053, fut reconstruite par l'abbé Adémar que l'ordre de Clunv \- avait installé en 1063. Il semble qu'elle était entièrement achevée en 1096 quand le pape Urbain II en fit la consécration. Il n'en reste rien, mais elle s'est conservée en grande partie jusqu'en 1792, et d'anciens documents graphiques permettent d'en retracer les traits essentiels (Ch. de Lasteyrie, L'ahb. de Saint-Martial de Limoges, p. 295 à 307). On attribue la construction de l'église de Conques à l'abbé Odolric (Dujardin, Cartnl. de Conques, p. 33); celle de Saint-Sau-
veur de Figeac a été bâtie au xif siècle, à l'imitation de celle de Conques, à laquelle l'unissaient des liens très étroits ; elle a reçu toutes sortes de modifications à l'époque gothique. Enfin Saint- Sernin de Toulouse a été commencé dans le dernier quart du xii^ siècle ; quand la dédicace en l'ut faite, en 1096, par le pape Urbain II, le chœur seul était en partie élevé. Le transept fut l'œuvre de saint Ravmond, mort en 11 18 après avoir commencé et conduit aux trois quarts la construction des bas-côtés. On travailla encore à l'édifice pendant de longues années, mais les siècles suivants, en v imprimant leur marque dans maint détail, en ont heureusement respecté l'ordonnance aénérale.
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