‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 258 sur 377 · Verneilh, p · texte numérisé non relu

Verneilh, p

EGLISES A COUI'OLRS l)h; I. AQUITAINE

romane. Saint-Front serait la seule église de France provenant directement d'une source byzantine, et ce serait par son intermédiaire que toutes les autres se rattacheraient à cette source '.

Cette thèse, accueillie avec faveur par VioUet-le-Duc et les meilleurs archéologues de l'Europe, n'a soulevé pendant longtemps que de rares et timides contradictions -. Elle avait fini par acquérir force de chose jugée, quand elle fut vive-

Fig. 485.

i;glisc S;iint-M;irc. Pl.iii, J'.iprùs F. de V(

ment attaquée, en 1882, par Alfred Ramé, qui fît ressortir l'impossibilité de concilier l'âge attribué à Saint-Front avec ce que l'on sait aujourd'hui de l'histoire de Saint-Marc de Venise '.

Verneilh voyait dans le Saint-Front bâti par l'évêque Frotaire à la fin du x'= siècle une imitation de l'église Saint-Marc C(3mmencée en 977. Mais, depuis la publication de son ouvrage, des fouilles ont jeté un jour nouveau sur l'histoire de Saint-Marc. Elles ont fait retrouver la crvpte de l'église rebâtie en 977, et de nom-

1. Ibid., p. 162. ce dernier a fini par se rallier aux idées de Ver-

2. Notamment de la part de Vitet, dans le neilh (Bull, mon., t. XXVI, p. 468).

Journal des Savants (année 1853, P- 'i 80, 261), 3. Bull, du Comité des Travaux historiques et

et deParker(BK7Z. nzottKOT., t. XXI, p. 407), mais scient., 1882, p. 151 et s.

468 ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOQUE ROMANE

breux restes matériels prouvent que cette église était une basilique du type ordinaire et qu'elle fut transformée et couverte de coupoles dans la seconde moitié du XI' siècle, ce qui exigea de tels remaniements qu'on jugea nécessaire de procéder à une nouvelle dédicace le 8 octobre 1094.

Si donc, dit Ramé, Saint-Front a été copié sur Saint-Marc, cela ne peut être au x" siècle, mais seulement à la fin du xi" ou plutôt au xii"", car un incendie détruisit en 1120 l'église bâtie par l'évêque Frotaire. Mais alors comment soutenir que Saint-Front est la plus ancienne église à coupoles de France? N'est-il pas beaucoup plus probable qu'on a bâti avant elle « nombre d'églises soit à une seule coupole, soit à série de coupoles recouvrant une nef unique », et ne doit-on pas considérer Saint-Front comme marquant non « le début, mais l'apogée de l'architecture à coupoles en Aquitaine ».

Jules de Verneilh, frère de l'auteur de la théorie contestée, a vivement combattu les conclusions de Ramé ' sous prétexte qu'aucun document ne mentionne une reconstruction de Saint-Front après l'incendie de 11 20; que l'ornementation de cette église contraste par sa pauvreté avec la richesse habituelle au xii' siècle ; et que le style du monument concorde parfaitement avec celui de plusieurs autres églises à coupoles dont la date est connue. Ces églises à date certaine seraient : celle de Saint- Astier, appartenant à la première moitié du xi'= siècle, la cathédrale de Cahors, une partie de la cathédrale d'Angoulême, Saint-Étienne de Périgueux. Jules de Verneilh persiste donc à attribuer Saint-Front au x' siècle, mais comme il est obligé de reconnaître qu'à cette date l'église Saint-Marc n'avait pas encore de coupoles, il abandonne un des points importants de la théorie de son frère et propose de voir dans Saint-Front non plus une copie de la basilique vénitienne, mais l'œuvre d'un architecte venu directement de Constantinople.

La théorie de Félix de Verneilh a encore été attaquée par M. Anthyme Saint- Paul, mais celui-ci, après lui avoir opposé d'excellents arguments ^, a renoncé à la combattre ' au moment où elle rencontrait de nouveaux adversaires en MM. Brutails * et Phené Spiers >.

Ceux-ci, travaillant sans se connaître, l'un en France, l'autre en Angleterre, sont arrivés à des conclusions asssez semblables. Pour eux, Verneilh a trop vieilli les coupoles de Saint-Front et s'est complètement mépris sur leur caractère.

M. Brutails les croit très postérieures à l'incendie de 11 20, il croit même pouvoir

1 . La date de Saint-Front. Réponse à M. Ramé 4. La qjiestion de Saint-Front , dans le Bull, par le baron de Verneilh (Périgueux, 1883, in-8. monum., t. LX(i895), p. 87 à 137. — Cf. Les

— Extr. du Bull, de la Soc. hist. et archcol. du coupoles du Sud-Ouest {Ibid., t. LXII, p. 514). Pèrigord). 5. Saint-Front of Périgueux and the domed

2. Bull, mon., t. LIV , p. 178; t. LVII, cburches of Pèrigord and la Charente, dans le p. 325; et t. LX, p. 5 et s. Journ. of the R. Institute of British Architects

3. Lettre à M. le marquis de Fayolle sur la (1896), réimprimé dans le recueil de ses mémoires question de Saint-Front (Périgueux, 1895, in-8. intitulé Architecture. East and West (Londres,

— Extr. du Bull, delà Soc. hist. et arch. du Péri- 1905, p. 153 et s.), traduit en français dans le gord). Bull, mon., t. LXll (1897). p. 175 à 231.

ÉGLISES A COUPOLES DE l'aQUITAINE 469

fixer aux environs de 1173 rachèvement de l'église Saint-Front, car à cette date l'évêque Pierre Mimet y fit transporter les corps de plusieurs de ses prédécesseurs que l'on avait dû déposer provisoirement dans la salle capitulaire. Quant à voir dans Saint-Front l'œuvre d'un architecte grec, il s'y refuse absolument, car ni le style de l'ornementation, ni les caractères de la construction ne révèlent une origine byzantine. Sa conclusion est que Saint-Front a été élevé au xii'' siècle, à l'imitation d'un monument étranger et par une école d'architecture locale autochtone et déjà fortement constituée '.

M. Spiers est encore plus catégorique, car il ne reconnaît rien de byzantin dans les églises à coupoles de l'Aquitaine. « Loin de retrouver, dit-il, dans les églises à coupoles ou dans leur décoration des éléments byzantins, seules parmi tous les édifices français du xi"= et du xir' siècle, elles ne possèdent aucun des caractères du style byzantin. Les maîtres maçons français du midi de la France ont toujours passé pour avoir inventé la voûte en berceau avec sa couverture en pierres ou en tuiles absolument incombustible. On leur doit aussi, je le déclare maintenant, le développerpent de la coupole avec ses pendentifs construits d'après une méthode qui leur était propre et qui n'a rien de commun avec ce que l'on trouve en Orient -. »

Pour ma part, j'adhère à cette manière de voir. J'estime que Saint-Front est le produit d'une école indigène qui ne doit aux influences byzantines ni plus ni moins que la plupart des autres églises bâties au sud de la Loire pendant l'époque romane.

Son plan n'a rien de byzantin; car si l'on a pris l'habitude d'appeler croix grecque la croix à branches égales, on se tromperait fort en se figurant que cette forme de croix dénote une origine orientale. Jusqu'au milieu de l'époque romane, elle se rencontre en Occident presque aussi souvent qu'en Orient. Les architectes byzantins ne s'en sont d'ailleurs pas plus inspirés que les Latins dans le tracé de leurs églises, car dans le nombre très grand d'églises à coupoles qui se sont conservées en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure, etc., je ne croîs pas qu'on en ait découvert une seule qui aff'ecte cette forme de croix à branches égales, couverte de cinq coupoles semblables; et, pour trouver des analogues à Saint-Front, on est réduit à disserter sur des monuments depuis longtemps détruits, comme les Saints-Apôtres de Constantinople ou Saint-Jean d'Ephèse. Or, M. Brutails l'a dit avec raison, les documents que nous possédons sur ces monuments sont trop vagues pour que l'on puisse en tirer grande lumière. Mais j'irai plus loin, ces comparaisons ne riment à rien ; car Saint-Front, dans l'intention de ses constructeurs, ne devait pas être une église en forme de croix grecque. Si elle a ce plan, c'est qu'on a hésité à détruire l'admirable clocher contre lequel elle vient buter, et que finalement elle est restée inachevée. Mais on avait évidemment l'in-

I. Bull, moiiinii., t. LX, p. 137. 2. Ihid., t. LXII, p. 227.

ECOLES D ARCHn>:CTLIRE A L EPOQUE ROMANE

tention d'en faire une église en forme de croix latine, du même type que la cathédrale d'Angoulème, car on avait commencé à l'ouest du clocher la construction d'une travée formant le pied de la croix. Des restes importants des quatre piles qui devaient en porter la coupole se sont conservés jusqu'à nos jours (fig. 484), et je ne sais vraiment pas pourquoi M. de Verneilh a figuré ces piles sur son plan de façon à laisser croire qu'elles n'avaient aucun lien avec le reste de l'édifice.

Le plan de Saint-Front n'est donc pas byzantin, son genre de construction ne l'est pas davantage. Il n'est pas contestable que l'emploi de la coupole sur pendentifs ne soit un des traits habituels de l'architecture byzantine, mais j'ai montré dans un chapitre précédent que les pendentifs étaient connus en Occident dès l'époque

Fig. 486. — Périgueux. Saint-Front. Coupe sur le transept.

romaine ; il n'est donc pas nécessaire de supposer l'imitation d'un modèle byzantin ou vénitien pour en expliquer l'emploi dans nos églises du Périgord ou de l'Angoumois. Cette imitation est d'autant moins vraisemblable que l'on relève des différences essentielles et nombreuses entre les pendentifs français et ceux que l'on fit du v^' au xii' siècle dans l'empire grec. C'est un point capital qui a été tort bien établi par M. Brutails et mieux encore par M. Spiers ; ce dernier, notamment, a formulé les propositions suivantes auxquelles je vois peu de chose à reprendre : 1° Les pendentifs français sont portés sur des arcs brisés (fig. 48e), les pendentifs b3^zantins le sont sur des arcs en plein cintre (fig. 487) ; 2° les pendentifs de Saint- Front partent de l'intrados des voussoirs (fig. 488), dans les coupoles byzantines les pendentifs prennent naissance sur l'extrados des voussoirs; 3° le profil diagonal du pendentif français est une courbe complexe en forme de talon (fig. 489), le profil du pendentif byzantin dessine un quart de sphère ; 4° les plus anciens pendentifs français sont appareillés en tas-de-charge, leurs assises sont horizontales ; les pendentifs byzantins ont leurs assises plus ou moins normales à la

EGLISES A COUPOLES DE L AQUITAINE

courbe ' ; 5" la naissance des coupoles de Saint-Front est fortement en recul sur la moulure qui couronne les pendentifs; dans les constructions byzantines, la coupole prend naissance à l'aplomb de l'assise supérieure des pendentifs ; 6° enfin les coupoles de Saint-Front sont ovoïdes, les coupoles byzantines sont toujours des calottes sphériques -.

Il y a donc des différences caractérisées entre les coupoles byzantines et les cou-

Fig. 487. — Venise. Sainl-Marc. Coupe sur le transept.

pôles sur pendentifs de l'Aquitaine ; en revanche on chercherait vainement des différences essentielles entre ces dernières et les nombreuses coupoles sur pendentifs que l'on trouve à l'état isolé dans les parties basses d'un grand nombre de clochers. M. Brutails a été fort bien inspiré en supposant que les constructeurs du Sud-Ouest s'essayèrent d'abord à faire des coupoles isolées et ne s'avisèrent que plus tard d'en placer plusieurs à la file sur des nefs sans bas-côtés '. Cette idée eut d'autant plus de succès en Périgord et en Angoumois que les églises sans bas-côtés y étaient, on l'a vu plus haut, particulièrement nombreuses. Ce n'étaient point de grands édifices, et les plus anciennes coupoles ne devaient pas être d'un grand diamètre. C'est donc seulement à une époque relativement avancée que l'on put

I. Voir les dessins de M. Spiers dans iiioj!., t. LXIl, p. 210.

Bull, mon., t. LX, p. Ii7,et fig. p. 1 14, 1 15. Bull, mon., t. LX, p. 124

ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOaUE ROMANE

songer à construire un édifice d'aussi vastes proportions que Saint-Front, dont toutes les parties, même le chœur et le transept, furent couverts de coupoles. Ramé avait donc raison, Saint- Front n'appartient pas au début mais plutôt à l'apogée de l'architecture à coupoles.

Quelle est donc sa date } On devine, après ce que je viens de dire, que je ne saurais à aucun degré y voir, avec M. de Verneilh, l'édifice commencé par Frotaire au x'^ siècle et consacré en 1047.

Aux preuves qui se déduisent des considérations qui précèdent, on peut en ajouter beaucoup d'autres ; c'est d'abord ce fait indéniable que l'église bâtie par Frotaire fut détruite par le feu en 1120. On a épilogue sur la portée des deux textes qui nous ont transmis le souvenir de cette catastrophe ; tous deux cependant s'expriment en termes catégoriques : « L'an 11 20, dit la Chronique de Saint-Maixent ', fut brûlé le monasteriuiii de Saint-Front avec beaucoup d'hommes et de femmes. »

l'ig. 488. Fig. 489.

Projection et coupe d'un peiidentit trançais, d'après Phené Spiers.

« Du temps de l'évèque Guillaume d'Auberoche, disent les Gestes des évêques de Périgueux % le bourg de Saint-Front fut brûlé avec le nionasterium et tous ses ornements. L'ardeur du feu fit fondre les cloches dans le clocher; le monasterium était alors couvert en bois. » On a prétendu tirer argument du mot monasierium pour soutenir que le monastère de Saint-Front avait été la proie des flammes, mais que son église avait été épargnée. Ramé a fait justice de cette interprétation. Le terme nionasterium, dans les textes de l'époque romane, ne s'applique pas seulement aux bâtiments claustraux, qu'on appelait généralement officinae ; il sert aussi, il sert

I. « Aniio MCXX, XI kal. aug. monasterium 2. « Guillelmi de Alba Rocha tempore, biir-

S. Mariae Magdalenae de Vizeliaco combustum gus S. Frontonis et monasterium cum suis

est cuni MCXXVII liominibus et feminis. Simi- ornamentis repentino incendie conflagravit,

liter incensum est monasterium S. Frontonis atque signa in clocario igné soluta sunt. Erat

civitatis Petragorice, cum multis hominibus et tune temporis monasterium ligneis tabulis coo-

ieminis. » Chron. S. Maxentii, dans Mabille, pertum. >■ Labbe, Nova BibL mss. llhr., t. II

Chou, des églises cf Anjou, p. 429. p. 219.

EGLISES A COUPOLES DE L AQUITAINE 473

surtout à désigner l'église. Et ce qui prouve que c'est bien ici le cas, c'est que beaucoup de femmes périrent dans l'incendie ; or cela n'aurait pas eu lieu si l'abbaye seule avait été brûlée, car les femmes n'y avaient point accès.

Comment d'ailleurs imaginer qu'une catastrophe aussi terrible ait été possible dans une église entièrement voûtée comme l'est l'église à coupoles de Saint- Front ? Où les flammes auraient-elles trouvé un aliment suffisant pour former ce gigantesque brasier qui fit fondre les cloches dans le clocher ?

Un détail d'ailleurs prouve à l'évidence que l'église détmite par le feu ne pouvait être une église à coupoles ; le chroniqueur dit formellement qu'elle était couverte en bois ; c'était donc une église non voûtée, c'était sûrement l'église lambrissée dont les restes se voyaient jusqu'à ces dernières années dans le pittoresque mélange de ruines et de masures qui s'étendaient à l'ouest du clocher de Saint-Front '. Vainement opposerait-on à ces conclusions que les traces d'un violent incendie se voyaient, avant la restauration, sur la coupole la plus voisine du clocher. Le fait est exact, j'ai pu le vérifier jadis. Mais l'architecte Corroyer, qui l'a signalé avec photographie à l'appui, a eu tort d'y voir la preuve que les coupoles de Saint-Front étaient antérieures à 1120, car l'incendie survenu en cette année n'est pas, comme il l'a dit -, « le seul dont l'histoire locale ait fait mention ». Les Huguenots, devenus maîtres de Périgueux en 1577, mirent le feu à la charpente dont on avait recouvert les coupoles pour les garantir de l'infiltration des eaux de pluie; et c'est certainement cet incendie qui a calciné l'extérieur des coupoles, car aucune trace de feu n'a été relevée sur leur face interne.

Tout concorde donc à prouver que l'église à coupoles n'existait pas encore en 1120. Mais doit-on aller jusqu'à supposer avec M. Brutails qu'elle ne date que du deuxième tiers du xii' siècle, et n'a été achevée que vers 1173. Avant d'émettre une opinion sur ce point, il me paraît nécessaire de passer rapidement en revue les églises de la même famille dont on croit connaître la date et qui peuvent aider par comparaison à déterminer celle de Saint-Front.

La plus ancienne de ces églises, d'après Verneilh, serait celle de Saint- Astier ', qui fut construite par l'évêque Raoul de loii à 1013 +. Malheureusement elle est fort mal conservée. Elle a été remaniée au xii^ et au xv^ siècle, les voûtes en ont été refaites, et l'on ne saurait affirmer qu'elle ait jamais possédé d'autres coupoles que celle que surmonte le clocher. Il est donc difficile de dire aujourd'hui quels caractères elle présentait au début du xi*^ siècle.

I . F. de Verneilh (p. 120) attribue cette vieille tère des œuvres antérieures au xi^ siècle. Voir les

église à la période latine, c'est-à-dire antérieure dessins de Phené Spiers, East and West, p. 161 ;

aux temps carolingiens. Il admet qu'elle peut cf. Bull. mon.,X. LXII, p. 188 et [89.

être l'œuvre de l'évêque Chronope (500-53 5). 2. Les origines de Varchit. jranç. au moyen dge ,

Les dernières restaurations ont malheureusement lu à la séance publique de l'Institut du 25 octobre

fait disparaître ces restes vénérables. Une partie 1898 (in-4 de 17 p. et i pL).

des sculptures qu'on 3' voyait ont été recueillies 3. Verneilh, Archit. hy^ant., p. 186.

au Musée de Périgueux. Elles n'ont pas le carac- 4. Gesta episc. Petnig. ,dins Lahbe, t. 11, p. 758.

ECOLES DARCHITECTURE A L EPOQUE ROMANE

Félix de Verneilh cite encore, comme un exemple à date certaine, l'église de Saint- Jean de Cole ', bâtie dans les vingt dernières années du xi'= siècle par l'évêque Raynaud de Thiviers -. Mais de cette église fort mutilée nous ne connaissons que le chœur; or l'élégante arcature à cintres brisés qui en décore les absidioles, les charmants chapiteaux finement sculptés qui la supportent, la beauté de l'appareil

Fig. 490.

Ph. M. H.

Église de Saint-Avit-Sénieur (Dordogne).

sont de puissants indices d'une reconstruction dont aucun texte ne fait mention, mais qui pourrait être placée avec vraisemblance vers la fin du xii'^ siècle '.

L'église de Saint-Avit-Sénieur fournit un point de repère moins incertain, car sa date est donnée par des inscriptions occupant encore leur place primitive. La plus ancienne est de 11 17 et mentionne la consécration d'un autel par l'évêque Guillaume d'Auberoche, celui-là même qui gouvernait le diocèse de Périgueux au moment du terrible incendie de 1120 +. Les trois coupoles qui couvraient primi-

Page 1