‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 259 sur 377 · Voir la chiirmante gravure donnée par Verneilh, pi · texte numérisé non relu

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4. Verneilh, p. 201 et s., et pi. 1 1 et 14. — La seconde inscription est de. 1 147. C'était probablement une inscription de dédicace se rapportant sans doute à la dernière travée de l'église.

EGLISES A COUPOLES DE L AQUITAINE

tivement l'église de Saint-Avit-Sénieur ont été remplacées, au xiii' siècle, par des voûtes domicales, mais les dispositions premières de l'édifice ne furent point modifiées et les piles qui portaient les coupoles sont restées intactes (fig. 490). Elles offrent une grande analogie avec ce qu'on voit à Saint-Front.

Il y a à Périgueux même un monument qui offre des points de comparaison plus précieux encore avec Saint-Front, c'est Saint-Etienne en la Cité '. Cette église, à moitié détruite pendant les guerres de religion, était jadis la cathédrale de Périgueux. On croit généralement qu'elle fut consacrée en 1047, comme Saint-

I-ig. 491. — Périgueux. Saim-Étienue en la Cite. Coupe longitudinale, J'après F. de Verneilh.

Front ; mais on n'en a d'autre preuve que le témoignage mal compris d'un historien du xvii'= siècle, Dupuy, qui dit qu' « au même jour du sacre de Saint-Front se rencontre le sacre de l'église cathédrale Saint-Etienne » -. Or Dupuy a eu soin d'ajouter qu'il ignorait « si ce sacre fut fait en mesme année et par le mesme ». Ce qui revient à dire que l'anniversaire de la dédicace des deux églises se célébrait le même jour, mais qu'on ignorait en quelle année avait eu lieu celle de Saint- Etienne.

L'édifice formait un long rectangle divisé en quatre travées, couvertes chacune d'une coupole sur pendentifs. Les protestants n'en ont laissé subsister que deux ' et un petit fragment d'une troisième. Des deux travées subsistantes (fig. 491), l'une est

1. Verneilh, p. 171 et s. et pi. 9 et 10. fut à moitié renversée par les piotestants. Mais

2. Dupuv, Esicit de l'église du Péiigord, p. 12. elle a été restaurée au début du xviF siècle avec 5. La seconde, qui forme le chœur de l'église, un soin remarquable.

47é ÉCOLES d'architecture a L'ÉPOaUE ROMANE

manifestement beaucoup plus jeune que l'autre. Ses pendentifs, au lieu d'être portés sur d'énormes piles carrées, sont compris entre des arcs soutenus par des piles relativement légères, ornées de colonnes accouplées; c'est la façon de bâtir les coupoles que l'on retrouve dans un grand nombre d'églises de l'Angoumois au xn" siècle. Or il est possible de déterminer avec une certaine précision l'âge de cette travée. Elle est siirement antérieure à l'année 1163, car sur son mur méridional est gravée une table pascale dont le point de départ coïncide avec cette année. Le style des moulures, en particulier le profil des bases des colonnes, rappelle beaucoup les types en usage dans la plus grande partie de la France vers 1140. En attribuant donc la construction de cette dernière travée à 11 50 environ, on est certain de ne pouvoir s'éloigner beaucoup de la vérité.

L'autre est manifestement plus ancienne et offre de curieuses particularités de construction que l'on retrouve à Saint-Front. Ainsi elle est bâtie en blocage, et revêtue extérieurement de pierres d'appareil ; elle est portée sur d'épais piliers reliés par des arcs brisés, mais dont la brisure est très peu accentuée. A Saint-Front de même, avant la désolante restauration opérée au xix' siècle, les pendentifs seuls étaient appareillés, les coupoles étaient en blocage avec revêtement extérieur de pierres de taille. Les grands arcs qui les portaient étaient brisés, mais la brisure en était assez peu marquée pour que l'auteur de la restauration ait pu la méconnaître ou l'attribuer à des mouvements de tassement. Félix de Verneilh a donc eu raison de considérer comme contemporaines l'église à coupoles de Saint-Front et la première travée de Saint-Etienne en la Cité.

Or quel est l'âge de celle-ci? On vient de voir qu'il n'est donné par aucun document, mais il peut se déduire de l'étude de la cathédrale d'Angoulême, car elle présente avec Saint-Etienne des analogies qui paraîtraient extraordinaires si on ne savait que l'évêque Gérard de Blaye, qui reconstruisit cette cathédrale au début du xii'^ siècle, avait longtemps dirigé l'école épiscopale de Périgueux et conserva toujours des relations intimes avec le chapitre de Saint-Etienne en la Cité. Or trois coupoles couvrent la nef de la cathédrale d'Angoulême (fig. 281). Les deux de l'est sont portées sur des piles flanquées de colonnes accouplées (fig. 492), comme la coupole orientale de Saint-Étienne de Périgueux. Celle de l'ouest, au contraire, repose sur de massifs piliers qui rappellent d'une façon frappante ceux qu'on voit à la plus ancienne des deux travées de Saint-Etienne. Gérard de Blaye occupa le siège d'Angoulême de iioi à iioé. Il reconstruisit sa cathédrale à partir des fondations, a primo lapide ', avec le concours pécuniaire du doyen Itier Archambaud, mort en 1125 ; c'est donc dans le premier quart du xn"^ siècle que fut élevée la première travée de la cathédrale d'Angoulême, et c'est sûrement dans ce même laps de vingt-cinq ans qu'il faut placer la construction de la première travée de Saint- Etienne de Périgueux. Voilà donc à Périgueux, Angoulême, Saint-Avit-Sén leur,

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