‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 266 sur 377 · Ibid., pi. 54, fig · texte numérisé non relu

Ibid., pi. 54, fig

ECOLE NORMANDE

Fig. 504. — Cien. Saint-Nicolas, d'après Ruprich-Robert.

Fig. 505. — Manéglise

(Seine-Inférieure), d'iiprès Ruprich-Robert.

Fig. 506. — Falaise. Église

Notre-Dame de Guibray,

d'après Ruprich-Robert.

— Caen. Eglise de la Trini'

ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOQUE ROMANE

En revanche les Normands n'ont jamais fait d'églises à doubles bas-côtés quoi-

....... ^...^ ., qu'ils aient souvent donné à leurs édifices

■•-: ,^---!X'-i..l^ï.'.^.'-l"..ïi'r.f, J.;.";J^.""',^::;' ...i religieux de très grandes dimensions '. Ils

se rattrapaient en multipliant les travées de la nef. Les riches églises anglo-normandes sont particulièrement remarquables à cet égard. Ainsi la nef des cathédrales de Saint- Albans et d'Ely compte treize travées, celle de Norwich en a quatorze -, c'est-à-dire trois de plus que les églises de Cluny et de Saint-Sernin de Toulouse, les deux plus grandes églises romanes deFrance. La largeur des églises normandes a rarement été dépassée dans les plus belles églises gothiques, et leur structure était si solide qu'on a pu parfois utiliser leurs fondations quand on les a rebâties, au xiv'^ ou au xV^ siècle '.

Le transept manque souvent dans les églises de petite ou de moyenne taille. Il y en a toujours un dans les grandes églises. Il est rare qu'il fasse une saillie peu accentuée comme à Secqueville en Bessin ; ordinairement il déborde l'alignement des bas-côtés d'une longueur égale à celle d'une travée de la nef, comme à Saint-Nicolas de Caen (fig. 504) ou à Notre-Dame de Guibray, près de Falaise (fig. 506); parfois la saillie est encore plus accentuée, surtout dans les grandes églises abbatiales + comme la Trinité de Caen (fig. 507) ou le Mont- Saint-Michel, et dans les cathédrales anglo-normandes >. Il y a bien rarement des bas-côtés le long du transept, sauf en Angleterre où on en trouve quelques

Durham. Cathédriile, d'après J. Bilson.

1 . Un auteur anglais a calculé qu'au xn^ siècle l'église Saint-Etienne de Caen couvrait 50.000 pieds carrés, la grande église de Clunv 54.000, les cathédrales normandes de Winchester et de Saint-Paul de Londres occupaient environ 65.000 pieds carrés, et l'église abbatiale de Bury- Saint-Edmunds 68.000 (Prier, Gothic art in Evgland, p. 34).

2. Dans la Normandie proprement dite, les plus grandes églises sont loin d'avoir pareille longueur. Il n'y a que sept travées à Lessay et au Mont-Saiut-Michel ; huit à Saint-Étieune de

Caen et neuf à la Trinité de Caen.

5. C'est arrivé à Saint-Oueu de Rouen, comme l'ont prouvé les fouilles exécutées en 1884 (Bull, de la Coinmiss. des Antiquités de la Seine-Inférieure, t. VI, p. 475).

4. Cela se voit même dans de petites églises comme Notre- Dame-sur-l'Eau de Domfront (Ruprich-Robert, pi. 9).

5. A Durham (fig. 508), Winchester, Ely, Norwich, la longueur de la saillie équivaut presque à trois travées de la nef (Bond, Gothic Archit., p. 153, 148, 154).

ECOLE NORMANDE 495

exemples, ainsi à Winchester, à Ely, à Durliam (lig. 508) '. Hn revanche, aux extrémités de chaque bras on trouve assez souvent une disposition particulière qui consiste en une sorte de tribune découverte, portée sur deux voûtes d'arêtes qui retombent de trois côtés sur le mur de fond et les murs latéraux, et du quatrième côté sur une colonne ou un pilier isolé. Il en est ainsi à Saint-Georges de Boscherville (fig. 358) et à Saint-Nicolas de Caen (fig. 504) \ Quelques églises anglaises, comme les cathédrales d'Ely et de Peterborough ou l'abbaye de Bury-Saint- Edmunds, ont eu une sorte de second transept au revers du mur de façade. Je ne connais pas d'exemple semblable en Normandie.

Sauf dans les petites églises, l'abside est ordinairement séparée du transept par deux ou trois travées de chœur. Ces travées peuvent être flanquées de bas-côtés > terminés par des absidioles, comme à Notre-Dame de Guibray (fig. 506), ou par un mur plat dans l'épaisseur duquel sont prises les absidioles, comme à Lessay ou à Saint-Nicolas de Caen (fig. 504) +.

Qu'on ajoute une absidiole sur chaque bras du transept et l'on aura le plan type des grandes églises normandes.

Les beaux chœurs entourés de collatéraux, garnis de chapelles rayonnantes, si communs dans certaines parties de la France, ne se rencontrent en Normandie que dans quelques rares abbayes comme Fécamp, mais il y en a plusieurs exemples en Angleterre et presque tous se remarquent dans d'anciennes abbayes bénédictines > ou dans des cathédrales desservies jadis par des moines bénédictins ^. Cela confirme ce que j'ai dit ailleurs que ce plan, dont la vogue devait atteindre son maximum à l'époque gothique, a été sinon inventé du moins popularisé par les disciples de saint Benoît.

Les absides et absidioles normandes sont, comme partout, voûtées en cul-defour. Primitivement c'était la seule partie de l'édifice que l'on osât voûter. Mais, dès le milieu du xi" siècle, on s'est mis à couvrir les collatéraux, ceux de la nef comme ceux du chœur, de voûtes d'arêtes, et avant la fin du siècle on s'enhardit jusqu'à monter des voûtes du même genre au-dessus des travées du chœur. Nous en avons un bel exemple à Saint-Nicolas de Caen.

1. Il n'y a parfois qu'un seul bas-côté au tran- 4. Et, en Angleterre, dans les cathédrales de sept, il est toujours en ce cas sur la face orien- Durham, de Peterborough et de Lincoln, avant taie ; c'est le cas à Durham (fig. 508), à Peter- les remaniements qu'elles ont subis, borough, à Bury-Saint-Edmunds (Bond, p. 149, 5. Saint-Augustin de Cantorbéry, Westmin- 150 et 154). ster, Bury-Saint-Edmunds, Pershore, Battle-

2. Même particularité à Saint-Étienne de abbey, Léominster, Chester, Reading, Tyne- Caeii (Ruprich-Robert, pi. 8), à Cerisy-la-Forêt mouth, Tewkesbury, Gloucester (Bond, Gothic (Ibid., pi. 54), à Winchester (Bond, p. 154), etc. Archit., p. 15).

Le transept de la cathédrale bâtie à Cantorbéry- 6. Winchester, Worcester, Norwich. —

par Lanfranc avait des tribunes du même genre Notons cependant que le chœur des cathédrales

au transept ; l'une d'elles servait à porter un de Durham et d'Ely, desservies par des Béné-

orgue (Gervasii Chron., dans Mortel, Recueil de dictins, ne se distinguaient du type habituel eu

textes, p. 214). Normandie que par un plus grand nombre de

5. A la Trinité de Caen, les collatéraux étaient travées (Bilson, Bull, iiwnnni., t. LXL\, p. 209 ;

séparés du chœur par un mur plein (fig. 507). et Archxologkal ]ounial, t. LUI, i).

ÉCOLES d'architecture A LEPOaUE ROMANE

Fig. 509. — Église de Lessay (Manche).

ECOI.K NORMANDE

Quant au transept et à la nef, on ne songea à les voûter que beaucoup plus tard. Les premiers essais ne semblent pas antérieurs au deuxième quart du xii'' siècle ', et bien des édifices importants, qui ne furent point achevés avant 1150, n'ont encore que des charpentes sur la net.

Notons toutefois qu'un grand nombre d'entre eux reçurent ultérieurement des voûtes d'ogives, sans qu'il ait été nécessaire d'en altérer le plan ou d'en modifier les dispositions en élévation. Tel est le cas des églises de Saint-Etienne de Caen (fig. 349), Saint-Georges de Boscherville (fig. 358), Lessay (fig. 509), Montivilliers, etc. L'opinion commune en France attribue ces voûtes d'ogives à une époque assez avancée du xii'= siècle; je crois que c'est une erreur et qu'une partie au moins peut être antérieure à 1150^. Les églises normandes d'ailleurs se prêtaient mieux que d'autres à cette transformation, grâce à leur construction robuste et aux proportions massives des piliers qui les portent.

La forme de ces piliers varie beaucoup. Il y en a de tout ronds, comme de grosses colonnes couronnées par un chapiteau fait comme elles de pierres appareillées '. Mais, quoique assez répandue, cette forme n'est pas la plus usuelle. L'épaisseur des murs obligeait, en effet, les architectes normands à relier les piliers

I. S'il fallait en croire mon excellent ami M. John Bilson, qui joint au savoir technique de l'architecte une grande expérience archéologique, la cathédrale de Durham ferait exception à cette règle, exception d'autant plus étonnante que cette magnifique église est entièrement voûtée d'ogives. Des textes précis nous apprennent que le chœur de Durham fut bâti entre 1093 et 1 104, le transept vers l'an 1 1 00, la nef de 1 099 à 1 1 3 3 . L'édifice n'aurait jamais été rebâti et ses voûtes d'ogives seraient dès lors au nombre des plus anciennes qui existent (J. Bilson, Journ. of the K. Institute of British Architects, 3= s., t. VI, p. 295, trad. dans la Revue de l'art chrdt. de 1901). J'ai résumé en 1901, devant la Société des Antiquaires de Normandie, les principales objections qui peuvent être faites à ces conclusions. J'ai fait depuis lors deux voyages à Durham pour étudier la question sur place ; j'y ai relevé la preuve matérielle que les voûtes de la nef et du transept n'avaient point été prévues à l'origine. On les a ajoutées après coup. Au transept sud notamment , on voit , comme à Saint- Etienne de Caen, la trace évidente d'anciens percements inconciliables avec l'existence d'une voûte. Quant au chœur, ses croisées d'ogives ne datent que du xiii= siècle, mais ses murs ont conservé trace d'une voûte antérieure qui devait ressembler à celles de la nef. Sur ces constatations de fait, je crois être à peu près d'accord avec M. Bilson. Le point délicat est de déterminer à quelle date les voûtes ont été introduites. On prétend que c'est entre 1 1 28 et 1 1 3 3 , parce qu'il

Lasti-.yrih. — Archilccliire roiiniiir.

est dit dans une chronique du temps qu'à la mort de l'évêque Raoul Flamhart (1128) la nef était bâtie nsqiie testudinein , et qu'elle fut terminée pendant les cinq années qui suivirent. Mais le vrai sens du mot testudo, au moyen âge, est couverture. Quand on l'emploie pour désigner une voûte, on l'accompagne ordinairement de l'épithète lapidea. On ne peut donc se prévaloir du texte précité pour prétendre que la nef de Durham fut voûtée dès 1133. On le peut d'autant moins que la forme brisée donnée aux doubleaux ne parait guère conciliable avec une date aussi ancienne. Sans donc entrer ici dans une discussion qui m'entraînerait trop loin, je me crois autorisé à dire que la cathédrale de Durham ne fait pas exception à l;i règle, que ses voûtes n'appartiennent pas' au projet primitif, et que, même en concédant à M. Bilson que ses ogives sont parmi les plus anciennes d'Angleterre, elles sont tout au plus contemporaines de cellesde Saint-Denys.

2. Il y a, en effet, sur le chœur d'un des plus beaux monuments normands de Sicile, la cathédrale de Cefalù, une croisée d'ogives qui semble inspirée de celles de Montivilliers. Or, elle ne peut être postérieure au second quart du xn^ siècle, car le roi Roger la fit orner, en 11 48, d'une grande mosaïque qui existe encore.

5. Colleville-sur-Mer ; Manéglise,Thaon (Calvados), Ecrainville, Étretat (.Seine-Inférieure), etc., et en Angleterre : Carlisle, Colchester, Dunfermline, Gloucester, Kirkwall, Londres (église Saint-Barthélémy), Southwell, Steyning, Tewkesbury, etc.

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des nefs par des arcades d'une grande section ou garnies de voussures qui se mariaient mieux avec des piliers rectangulaires flanqués de colonnes comme à Saint-Germain de Pont-Audemer (fig. 510), De plus, les bas-côtés sont souvent couverts' de voûtes munies de doubleaux qui eux aussi s'accommodent mieux d'un piédroit spécial. De là des piliers de forme plus compliquée, comme ceux de

Fig. 510. — Pont-Audenier. Ëolis Saint-Germain.

Fig. 511. — Bi;rn,-iy. l-glise abbatiale Pilier de la nef.

Bernay (fig. 511) ou de Lessay (fig. 512). Dans ce dernier exemple, les quatre angles du pilier sont garnis de colonnettes. Dès la fin du xi"" siècle, en effet, beaucoup de constructeurs normands, trouvant trop sèches les voussures à section rectangulaire, commencèrent à en adoucir les profils en remplaçant les arêtes saillantes par des moulures en forme de tores, ce qui les conduisit logiquement à adoucir de même les angles des piliers en y logeant des colonnettes.

Mais là ne s'arrêtèrent pas les évolutions du pilier normand. Les églises normandes n'étant pas voûtées, il n'y avait pas lieu de garnir la face du pilier regardant la nef d'une colonne ou d'un ressaut quelconque ; et, en effet, dans beaucoup d'édifices cette face reste tout unie, comme à Saint-Germain de Pont-Audemer (fig. 510) ou à Secquevilk-en-Bessin (fig. 513). Mais, dans un nombre encore plus grand de monuments, on trouve appliquée contre cette face une demi-colonne dont le rôle est difficile à expliquer. Répond-elle à une idée de symétrie ou de décoration ? c'est bien improbable. Indique-t-elle l'intention de jeter en travers de la nef des doubleaux destinés non pas à porter des voûtes, mais à recevoir des murs transversaux servant à étrésillonner les murs latéraux dont la hauteur est souvent grande, ou à soulager les fermes de la charpente ' ? Cette dernière opinion est très répandue, mais elle se heurte à diverses objections. La première, c'est que les travées des églises normandes ne sont jamais assez larges pour justifier l'emploi d'un moyen aussi coûteux de porter les combles, et qu'il est peu probable qu'on ait fait

Fig. 5 1 2. — Lessay (.Manche).

Pilier des travées occidentale

de la nef.

I. C'est ce que M. Choisy appelle des murs diaphragmes (Hist. de Farchit., t. II, p. 193).

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un aussi inutile abus de la pierre dans un pays où le bois a toujours été d'une grande abondance. On suppose, il est vrai, que ces doubleaux ne se rencontraient que de deux en deux travées, et ceci expliquerait pourquoi dans beaucoup d'églises les piliers, au^lieu d'être tous uniformes, sont de deux types qui alternent, l'un

Ph. Jcs Fores i.:i

Fig. ;i5. — Secqueville-eii-Bessin (OïlvaJos).

très robuste et garni d'une demi-colonne du côté de la nef, l'autre plus faible et n'en ayant pas, comme à Graville-Sainte-Honorine (fig. 514). Cette particularité se rencontre dès le xi^ siècle dans l'église de Jumièges ; elle est aussi fréquente en Angleterre que dans la Normandie continentale, et plus fréquente encore au XII'' qu'au xi'= siècle. Cependant les nefs dont tous les piliers sont de même forme, comme celles de Saint-Georges de Boscherville (fig. 515) ou de Saint-Nicolas de Caen (fig. 5 16), ont toujours été les plus nombreuses, et dans celles-ci la présence

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d'une colonne sur la face des piliers regardant la nef est aussi fréquente que dans les autres. Dans les nefs à piles alternées, la pile faible peut être une simple colonne.

Ph. des Forts pli.

Fig. 514. — Gr.-ivilIeSainte-Honorine (Sciiie-Interieiire).

comme à Jumièges (fig. 500) ', ou plutôt une pile ronde très massive, comme à

Fig. 515. — Saint-Georges Je Boscherville. Pilier de la nef.

Fig. 516. — Caen. Saint-Nicolas.

Pilier du chœur.

Durham (fig. 517) ou à Waltham abbey en Angleterre (fig. 518). Ces piles rondes, malgré leur diamètre, se prêtent mal à recevoir à la fois les nombreuses

I. Ou encore à Notre-Dame-du-Pré au Mans, quelques-uns des traits les plus marquants de intéressante église qui en élévation présente l'école normande.

hCOLE NORMAN Dli

voussures qui composent les grandes arcades des nefs et les retombées des doubleaux des bas-côtés ; aussi donne-t-on plus ordinairement à la pile foible un plan semblable à celui de la pile forte, mais avec un ou deux ressauts en moins,

J. B. Gibson ph.

Fig- 517-

Durham. Cathédrale,

comme à Saint-Etienne de Caen (fig. 349) ou à Graville-Sainte-Honorine (fig. 5 14); ou bien on s'arrête à une sorte de compromis en greffant sur la forme ronde de la pile faible des colonnes en nombre variable, soit du côté du collatéral seulement, soit également du côté de la nef (fig. 520). C'est en Angleterre principalement qu'on rencontre ces combinaisons qui conduisent parfois à des déformations peu

heureuses ', et c'est là ;mssi que les piles fortes nous montrent les plans les plus compliqués (fig. 519), car la grande section des murs qu'elles soutiennent a sou-

J. A. Reeve del.

Fig. 518. — Waltham abbey. Travées de la nef.

vent entraîné les constructeurs à doubler, quelquefois même à tripler le nombre des colonnes qui garnissent les faces principales du pilier -.

Mais quelle que soit la forme donnée à ces piliers, il est peu probable qu'ils

I. Elles sont heureusement plus choquantes 2. Ainsi à la cathédrale de Norwich, les faces

sur le plan qu'en réalité. A la cathédrale de Ro- des piliers correspondant aux grandes arcades de

chester, les piles faibles sont formées d'un faisceau la nef ont trois grosses colonnes de front, les

de quatre colonnes qui se pénètrent, flanquées deux autres faces en ont deux chacune sans comp-

de quatre colonnettes à leurs points d'intersection. ter des colonnettes d'angle.

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aient servi, pas plus que les piliers tous semblables, à porter des arcs doubleaux, car ces arcs, s'ils avaient existé, auraient dû se conserver dans les églises qui n'ont point été voûtées ultérieurement et, si une cause quelconque les avait fait supprimer, ils n'auraient pu disparaître partout sans laisser la moindre trace.

On cite, il est vrai, deux églises, Saint-Vigor de Bayeux et Cerisy-la-Forêt, qui auraient conservé jusqu'à l'époque moderne des doubleaux extradossés d'un mur sur lesquels reposaient les fermes de la charpente.

Il est malheureusement devenu difficile de dire ce que valent ces deux exemples. Saint-Vigor de Bayeux a disparu à la Révolution ; tout ce que nous en savons vient d'une petite vue perspective gravée pour le Mouasticon Gallicauiun. C'est une

IBASCÔTES; ,.-' * '\ ;BASCÔTÉS!

Fig. ;i9. — Ely. CatliéJrali:, piles fortes Fig, 520. — Fly. Cathédrale,

de la nef. piles faibles de la nef.

œuvre sincère et probablement exacte, mais on sait trop quelles libertés les dessinateurs des deux derniers siècles prenaient avec les monuments pour pouvoir se fier dans le détail à un dessin d'échelle aussi réduite. Quant à l'église de Cerisy, sa nef a été en partie détruite au x.vin'' siècle par un tremblement de terre, et l'on n'est pas d'accord sur la façon dont il convient d'en restituer les parties hautes '.

Les conclusions que l'on peut tirer de ces deux monuments ne sont donc pas d'un grand poids. Les cathédrales de Winchester et de Durham fournissent peut-être des arguments plus solides. La première, qui date du dernier quart du xi'' siècle, ne fut voûtée qu'au xiv'^. Or, si l'on monte au-dessus des voûtes de la nef, on voit de deux en deux piliers des pierres d'attente disposées verticalement le long du mur gouttereau, comme le seraient les arrachements d'un mur jeté en travers de la nef. Mais ce détail ne se remarque que d'un côté, celui du sud, ce qui en diminue quelque peu l'importance. A Durham, la nef est couverte de croisées d'ogives qui n'étaient point prévues à l'origine, si bien qu'on n'a pu élever des doubleaux qu'au droit des piles fortes. Or, à la naissance de chacun d'eux, on voit les restes

I. La restitution de M. Simil, qui a fait le Rupricti-Robert (^-i/c/j;/. iiorin., pi. 72). Ce qui

relevé du monument pour la Commission des reste de la nef permet de constater que tous les

Monuments historiques (Arch. des Moiium . hist., piliers étaient semblables, ce n'est pas a priori de

t. II, pi. 4), diffère sur ce point de celle de nature à fortifier l'hypothèse d'arcs transversaux.

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d'un doubleau plus ancien, qu'il a fallu supprimer parce que sa largeur trop grande ' ne laissait pas une place suffisante pour établir les ogives. Or à quoi a pu servir cet ancien doubleau sinon à porter un mur ou un pignon transversal ?

Je n'ose donc repousser complètement l'hypothèse de ces arcs transversaux. Mais je reste convaincu que, dans la plupart des cas, le rôle de ces colonnes qui s'élèvent jusqu'au sommet des murs gouttereaux était seulement de recevoir le bout

>2i. — Milan. Saint-Ambroise. Travét; de la nef.

des fermes de la charpente. La largeur qu'ont souvent les églises normandes a dû naturellement conduire les constructeurs à réduire la portée des fermes à l'aide de blochets ou de jambes de force ; or ces pièces avaient besoin de points d'appui, et ces colonnes partant du sol même de l'édifice leur en fournissaient d'excellents. Quant à l'alternance d'une pile forte et d'une faible, elle s'explique non moins aisément, car le peu d'écartement des supports rendait inutile la construction dans l'axe de chacun d'une ferme complète. Il est donc infiniment probable qu'aux piles fortes seules correspondaient des fermes complètes, et qu'au droit des autres on se

I . La section de ce doubleau est étonnamment que tous les murs de cette église sont d'une large, elle atteint au moins i m. 80. Il est vrai puissance extraordinaire.

ECOLK NORMANDE 505

contentait de termes moins puissantes, ou de termes simplifiées de quelque taçon, par exemple en substituant au tirant un simple entrait relevé '.

Tout cela paraît ainsi très rationnel, et je m'étonne qu'un architecte aussi expérimenté que Ruprich-Robert ne l'ait point compris. Il est vrai que, retrouvant cette alternance d'une pile forte et d'une pile faible à Saint-Ambroise de Milan (fig. 521) et à Saint-iMichel de Pavie, mal renseigné sur l'âge véritable de ces deux édifices, il a cru reconnaître dans nos églises normandes une imitation inintelligente de ces églises italiennes due à l'influence de Lanfranc. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai déjà dit de cette prétendue influence, je rappellerai seulement que Saint-Michel de Pavie et Saint-Ambroise de Milan n'ont reçu leur forme actuelle que dans la première moitié du xii'^ siècle, et que les traits les plus importants de l'école normande étaient fixés dès le milieu du xi', comme le prouve l'église de Jumièges.

L'école normande a été une des dernières à adopter l'arc brisé ; aussi les grandes arcades, qui font communiquer la nef et les bas-côtés, sont-elles en plein cintre comme tous les autres arcs de l'édifice. On ne trouve guère d'exception à cette règle avant le milieu du xii'= siècle, sauf dans les églises cisterciennes. Mais on sait que les moines de Cîteaux ont porté partout avec eux des façons de bâtir qu'ils avaient empruntées à la province où leur ordre était né, et les églises cisterciennes de Normandie ou d'Angleterre sont souvent aussi bourguignonnes que normandes.

Les petites églises n'ont pas de tribunes au-dessus des bas-côtés, mais il y en a presque toujours dans les grandes ; elles sont généralement très amples et bien éclairées par des fenêtres aussi nombreuses et quelquefois presque aussi larges que celles des bas-côtés. Il y en a au chœur comme à la nef

Les baies qui font communiquer les tribunes avec la partie centrale de l'édifice sont souvent de larges ouvertures en plein cintre, presque aussi larges que les grandes arcades du rez-de-chaussée et encadrées comme elles de voussures qu'on couvre, au xir' siècle, de moulures multiples retombant sur des faisceaux de colonnettes. Cette disposition se rencontre dès le xi'^ siècle à Saint-Etienne de Caen (fig. 349), mais il est douteux que ce soit la plus ancienne. Je pense qu'à l'origine -les constructeurs normands, comme ceux des autres provinces, devaient hésiter à affaiblir les murs par des percements aussi larges, et préférer les arcades géminées de moindres dimensions, comme l'église de Bernay nous en montre un exemple. Et quand l'ampleur toujours croissante donnée aux tribunes les a conduits à augmenter les dimensions des baies du triforium, ils ont garni ces baies d'un remplage intérieur, formé de deux arcs géminés retombant sur une

1..N0US ne possédons plus malheureusement sentent toujours cette alternance de fermes très

de charpentes remontant au xii^ siècle et encore puissantes et d'autres infiniment plus légères et

moins au xie siècle ; mais il existe dans les églises plus simples. Elles fourniraient une preuve con-

normandes de Sicile plusieurs belles charpentes, vaincante à l'appui de l'hypothèse que j'énonce

qui ont pu être restaurées mais non totalement ici, si l'ordonnance de ces édifices ne différait

modifiées depuis le xiie siècle; or elles pré- par tant de points de celle des églises normandes.

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colonne isolée, comme à Cerisy-la-Forêt (fig. 522), Saint-Albans ', Winchester, Ely, Romsey, Durham (fig. 517), etc., ou de trois arcs retombant sur deux colonnes, comme à Jumièges (fig. 500). Parfois enfin, au lieu d'une grande baie, on en trouve deux par travée, subdivisées chacune en deux arcades géminées, élégante disposition dont l'église du Mont-Saint-Michel (fig. 353) et la cathédrale de Gloucester (fig. 523) offrent de beaux exemples.

iig >

d iprts Rupn^h Robert.

Telles sont les dispositions les plus usitées dans les grands édifices. Il y a pourtant des églises considérables qui n'ont point de tribunes, ainsi la Trinité de Caen, Saint-Georges de Boscherville, Lessay. En ce cas on a généralement orné la portion de mur contre laquelle s'appuient les combles des bas-côtés d'une sorte de faux triforium composé d'une arcature aveugle, comme à la Trinité de Caen (fig. 501), ou percé de petites baies longues et étroites qui donnaient un peu d'air et de lumière sous les combles, comme à Lessay (fig. 509), Saint-Gabriel (fig. 524), ou Saint-Georges de Boscherville (fig. 358).

I. La forme primitive du triforium de Saint- ."Vlbans ne s'est conservée qu'au transept. Dans la partie romane de la nef, le remplage du trifo-

rium a été supprimé à l'époque gothique, mais il reste quelques traces de la disposition primitive qui était semblable à celle du transept.

ECOLE NORMANDE

Les églises normandes sont particulièrement bien éclairées, car leurs fenêtres sont nombreuses et l'absence de voûtes permet de les faire assez grandes. Celles du rez-de-chaussée et des tribunes ne se distinguent par aucune particularité digne de remarque. Il n'en est pas de même des fenêtres hautes.

J'ai insisté déjà sur l'épaisseur que les constructeurs normands donnaient aux murs de leurs églises. Cela leur a permis d'}' ménager des galeries de circulation

qui offraient de nombreux avantages pour la visite et l'entretien des parties supérieures de l'édifice. Elles sont toujours, en effet, établies au niveau des fenêtres hautes et débouchent soit dans le tableau de celles-ci, soit sous une arcature qui encadre les fenêtres et forme un motif de décoration très original.

Ces galeries se rencontrent déjà au début du xi^ siècle ; il y en a une au transept de l'église abbatiale de Bernay ', et au xn" siècle elles sont de règle dans toutes les grandes églises -.

1. Ruprich-Robert, Archit. noniiunde, p\. 11, fig. 6 et fig. 3.

2. Saint-Etienne de Caen (fig. 349), Lessay (fig. 509), Cerisy-la-Forêt (fig. 522); et en Angleterre : Saint-AIbans, Winchester, Durham,

Norwich, Southwell, Waltham abbey (fig. 518), Dunferraline, Ely, Peterborough, etc. Par exception, les églises de Jiimièges et du Mont-Saint- Michel ne montrent aucune trace de galeries de ce genre.

ÉCOLES d'architecture a lepoque romane

Au contraire, dans les églises secondaires où les fenêtres sont percées à peu de hauteur au-dessus des grandes arcades, les galeries de ce genre étaient peu utiles,

Ph. des Forts ph.

Saint-Gabriel (Calvados). Travées de la nef.

aussi en a-t-on généralement fait l'économie (fig. 525) ' ; il y en a néantnoins un bel exemple à Ouistreham (fig. 526).

L'arcature dans laquelle cette galerie de circulation débouche au droit de chaque fenêtre est ordinairement composée de trois arceaux retombant sur des colonnettes ^.

I . Notez que dans l'église de Sainte-Marguerite des arcades aveugles.

(Seine-Inférieure), que je prends ici pour exemple, 2. Toutefois à Saint-Étienne deCaen, la dispo-

on a conservé l'arcature encadrant les fenêtres sition primitive consistait en quatre arceaux enca-

hautes, mais deux de ses arcades sur trois sont drant deuK fenêtres par double travée. Georges

EC01J-: NORMANDE

Primitivement, tous trois devaient être de même liauteur, comme à Cerisy-hi-Forét ; mais, dès le xi'= siècle, il fut de mode de donner à l'arceau du milieu qui entoure la fenêtre plus de hauteur qu'aux deux autres, et cette mode eut tant de vogue au XII'' siècle qu'elle persista jusqu'au xiii'' dans les monuments gothiques de la Normandie et de l'Angleterre. Tantôt la différence de hauteur des trois arceaux est assez faible, comme à la cathédrale d'Eljr ; tantôt elle est très accusée, comme à la Trinité de Caen (fig. 501), ou à Waltham abbey (fig. 518) ; quelquefois elle est énorme, comme à Ouistreham (fig. 526).

Ph. JI. H.

Fig. -,2--,. — Sainte-Margiicriti; (Seine-Inférieure). Côté nord de la nef.

Le choeur des grandes églises normandes présente habituellement en élévation les i mêmes dispositions et les mêmes proportions que la nef. Cela a conduit à donner à l'abside beaucoup plus de hauteur qu'elle n'en a dans la plupart des autres écoles romanes, et cela a permis d'ouvrir dans ses murs deux rangs de fenêtres, ce qui est d'un grand effet. Une galerie de circulation continuant celle du chœur et de la nef règne parfois au niveau du rang supérieur des fenêtres. Les architectes de la Trinité de Caen, de Lessay et de Cerisy-la-Forêt ont tiré le plus heureux parti de cette belle disposition. L'abside de Cerisv est même assez élevée pour

Bouet l'avait reconnu autrefois (Bull, tnonum., après une minutieuse étude des traces que cette t. XXIX, p. 779), et M. Bilson me l'a confirmé disposition a laissées dans les maçonneries.

Fig. 526. — Ouistreham (Calwidos). Travées delà nef.

ÉCOLE NORMANDE

qu'on ait pu y percer trois étages de fenêtres, ce qui produit un effet aussi imposant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'édifice (fig. 527).

Quoique l'art de la sculpture n'ait point eu en Normandie un développement comparable à celui de la construction, les églises y sont souvent très ornées. Leur

- Cerisy-la-l-orét (Mmicht:). Vue

érieure de l'abside.

décoration consiste dans l'abondance et la bonne combinaison des moulures qui encadrent tous les arcs, dans l'emploi d'arcatures aveugles au niveau des fenêtres hautes (fig. 524), ou à la partie basse des murs ', ou plus souvent à la façade principale (fig. 389) ou aux façades du transept (fig. 371 et 528)% dans la richesse des archivoltes qui encadrent les portes principales ou les grandes arcades ', dans

1. Soit extérieurement, comme au Fresne- 3. Ouistreham (fig. 389), Bayeux (fig. 346), Camilly, soit intérieurement, comme à Rots. Tour (fig. 381), Thaon, Étretat, Briquebec, Ber-

2. Graville-Sainte-Honorine (fig. 371), Sec- nières, Saint-Gabriel, Creuly, et, en Angleterre, queville-en-Bessin (fig. 528), Ouistreham. Rochester, Waltham abbey, Southwell.

Fig. 52S. — Secqueville-eii-Bessiii (Calvados). Extérieur, côté sud.

ECOLE RHENANE 5f3

les cannelures dessinant des spirales, des chevrons, des losanges le long du fût des grosses colonnes isolées '.

En revanche, les chapiteaux sont peu remarquables et peu variés. Ce sont le plus souvent des imitations du type corinthien, sommairement traitées et réduites à un simple épanelage, des chapiteaux cubiques, dont la lourdeur et la sécheresse étaient corrigées par des peintures -, ou enfin des chapiteaux à godrons. Les chapiteaux à figures sont rares en Normandie, et presque toujours exécutés d'une façon barbare ; les quelques exceptions qu'on trouve à cette règle, notamment à Rots et à la cathédrale de Bayeux sont probablement dues à des artistes étrangers à la province.

Enfin, pour compléter l'énumération des traits les plus saillants de l'école normande, il importe de rappeler ce que j'ai dit ailleurs des clochers. Dès le xi'= siècle, une foule d'églises ont possédé des clochers aussi remarquables par leur élégance que par l'excellence de leur construction. Ils sont tous carrés et amortis par des pyramides carrées, souvent en pierre. Au xu^ siècle apparaissent les flèches octogones en pierre avec accompagnement de clochetons et de lucarnes. Le clocher est le plus souvent placé au carré du transept (fig. 528). En ce cas, il forme habituellement lanterne au-dessus de la croisée ; cette belle disposition est restée une des particularités propres à l'école normande non seulement nendant toute la période romane, mais même à l'époque gothique.

ECOLE RHENANE

Pendant que l'école normande se développait dans l'Ouest de la France, il se formait dans les régions de l'Est et du Nord une autre école qui offre avec elle des analogies assez frappantes. Je veux parler de l'école rhénane, dont l'influence s'est exercée non seulement dans les grandes villes des bords du Rhin, mais aussi en Alsace, dans les Vosges, la Franche-Comté, la Lorraine et la plupart des provinces qui forment actuellement les royaumes de Belgique et de Hollande

Les monuments que l'on peut citer comme les principaux produits de cette école sont : sur la rive gauche du Rhin, Sainte-Marie-du-Capitole, les Saints- Apôtres (fig. 529), Saint-Martin, Sainte-Ursule à Cologne; les cathédrales de Mayence, Spire, Worms (fig. 531), Bonn (fig. 532); les églises de Laach (fig. 537), d'Andernach, de Saint-Quirin de Neuss et de Saint-Castor de Coblentz (fig. 426) ; dans les Pays-Bas et la Belgique, celles de Saint-Servais de Maestricht, Rûremonde, Rolduc, Saint-Vincent de Soignies, Sainte-Gertrude de Nivelle et la

I. Ces colonnes ornées sont surtout fréquentes 2. Un des chapiteaux de l'église de Jumièges

en Angleterre. Il y en a notamment à Durham a conservé jusqu'à nos jours une jolie peinture, (fig. 517) et à Waltham abbey (fig. 518). mais elle n'est que du xiiie siècle (fig. 611).

Lasteyrie. — Architecture romane. 3 ^

ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOOUE ROMANE

cathédrale de Tournai; en Alsace, les églises de Neuwiller (fig. 534), Andlau, Rosheim (fig. 544), Guebwiller, Marmoutier (fig. 542), Murbach (fig. 533), Mutzig, Saint- Jean-des-Choux ; dans les Vosges, Notre-Dame et la cathédrale de Saint-Dié, Champ-le-Duc, Etival ; en Franche-Comté, Baume-les-Messieurs, etc.

K Preuss Messbildi Vue sui 1 abbide et k trinsept

Comme on le voit, l'action de cette école s'est fait sentir fort loin des bords du Rhin; néanmoins le nom d'école rhénane est bien celui qui lui convient, car elle a pris naissance dans les grandes villes qui s'élèvent sur les rives de ce fleuve, Cologne, Mayence, Spire, Worms, etc. C'est là qu'elle est arrivée à son plein développement, qu'elle a produit les monuments les plus remarquables et que son

ECOLK KIIENANE

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