Berny-Rivière (Aisne); Binson (Marne
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le trésorier Hervé conserva cette disposition. Ce sanctuaire, célèbre entre tous ceux des Gaules, n'a pu manquer d'avoir quelque influence sur les grandes églises des régions voisines ; il est vraisemblable que l'évêque Fulbert y prit l'idée des chapelles rayonnantes dont il entoura le chevet de la cathédrale de Chartres quand il la rebâtit après l'incendie de ro2o, et peut-être l'évêque Arnoul avait-il imité le même modèle en reconstruisant, une trentaine d'années plus tôt, la cathédrale d'Orléans '. Mais ce ne sont pas seulement les édiiices de premier ordre auxquels on a parfois donné ce plan ; on le rencontre dès le x'^ siècle dans des monuments de second . ordre comme Saint-Martin-au-Val à Chartres, et, au xi'= siècle, à Saint- Aignan d'Orléans et à Vignory (Haute-Marne). Au xii% il se répand de plus en plus, et non pas seulement dans les vastes églises abbatiales comme Saint-Germer (fig.
547), Saint-Denis, Lillers, maismême dans les édifices de moindre dimension, comme Morienval, Saint-Martin-des-Champs, Poissy, Saint- Martin de Pontoise, etc.
Au XI*" siècle et pendant une bonne partie du xii'', les architectes de l'Ile-de-France n'osent pas voûter la nef, du moins dans les églises munies de bas-côtés, qui sont les plus nombreuses ; beaucoup même
se dispensent de voûter les collatéraux, aussi n'était-il pas besoin de supports compliqués pour porter les grandes arcades. Ce sont généralement de simples piliers rectangulaires, comme à Château-Landon (fig. 548); rarement de grosses piles
■ Saint-Germer (Oise). Plan, d'après E. Bœswilhvald.
I. Voir la restitution proposée par M. Letevre- Pontalis dans le Bull, moniim., t. LXVIII, p. 568. 11 serait bien à souhaiter qu'une fouille facile à
faire, car les re.stes de la cathédrale romane subsistent à peu de profondeur sous le pavé de l'édifice actuel, permît de vérifier cette hypothèse.
ECOLES D ARCHITECTURE A L EPOQUE ROMANE
rondes, comme dans la nef de Maule (fig. 355) ou celle de Cresanc}' ' ; et plus rarement encore de légères colonnes, comme dans la charmante église Saint-Pierre à Soissons (fig. 337), ou dans celle de Guarbecques (Pas-de-Calais) -. Les grandes arcades étant souvent doublées, même dans des édifices de peu d'élévation, les piliers sont souvent flanqués de deux demi-colonnes qui supportent la voussure intérieure des arcades, comme à Montlevon (fig. 340). On rencontre parfois des piliers cruci-
Fig. 548. — Cliâtcnu-Landon (Seine-et-Marne). Intérieur de la nef.
formes, comme à Binson (Marne), ou flanqués d'une demi-colonne sur chaque face, comme à Saint-Thibaud-de-Bazoches, et à Bonnes. (Aisne) ou à Saint-Gerraain-des-Prés à Paris, mais cela ne veut pas dire que la saillie garnissant la face du pilier qui regarde la nef fût destinée à porter un doubleau. Son rôle était seulement de supporter les extrémités des fermes de la charpente. Toutefois cette particularité est bien moins répandue qu'en Normandie, et dans beaucoup d'églises du xi" siècle, comme Château-Landon (fig. 548) ou Chivy, et même du xii*^, comme Béthizv-Saint-Pierre, la lace antérieure des piliers ne comporte aucune saillie.