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DENTS DE SCIE

sentent également une alternance de pleins et de vides, et on les a très souvent employées concurremment avec les losanges pour décorer les archivoltes des portes et des fenêtres. Ainsi la belle église. de Saint-Eutrope à Saintes a la plupart des fenêtres du chevet ornées de losanges ou de grandes dents de scie (fig, J578). La

Fig. 57É

(Ch:irente). Porte principale

Normandie et surtout l'Ile-de-France ont tait grand usage de petites dents de scie, disposées en un seul rang sur la moulure d'archivolte qui encadre les fenêtres ou les voussures des portails. En Poitou et en Saintonge, les dents de scie sont souvent grandes et très allongées. En ce cas, on peut les agrémenter de diverses façons, par exemple en les coupant par une moulure, comme dans une des belles fenêtres des absidioles de Saint-Pierre de Melle (fig. 579), ou en en garnissant les pointes d'une petite partie ronde.

Lasti-.ykii;. — .hchiircliirc roiiuinr. 57

LA DECORATION DES EGLISES ROMANES

Les voussures à arête vive sont souvent bordées d'un ntng de dents de scie qu'on répète de l'autre côté de l'arête de façon que les dents se touchent par la pointe ; et, pour leur donner plus de relief, on évide les petits triangles qui les séparent. C'est particulièrement fréquent dans l'Ile-de-France.

La dent de scie a parfois servi à orner le plein des murs ; il y en a un curieux exemple à la façade de l'église d'Ouistreham (fig. 389); mais c'est surtout dans la décoration de la flèche des clochers que l'emploi en est fréquent.

On sait le goût de nos ancêtres mérovingiens pour l'orfèvrerie cloisonnée.

l-ig. 577. — iVLiillezais (V'endce). Fragments d'archivoltes.

Quoiqu'il n'ait pas persisté pendant l'époque carolingienne, il faut peut-être en voir un souvenir dans un ornement qui a joui d'une grande vogue, au xi= siècle surtout, dans l'Ile-de-France et la Normandie. C'est une espèce de cloisonnage formé de compartiments carrés recoupés par deux diagonales, ce qui donne une suite de petits triangles analogues à ceux dans lesquels sont enchâssés les grenats et les verres rouges des bijoux francs. Quoique les alvéoles formés par les cloisons soient peu profondes, ce qui donne peu de relief à ce genre de décoration, elle n'en est pas moins d'un etfet assez heureux. Aussi s'en est-on servi pour orner les linteaux, les archivoltes et même les tympans de portes, comme on le voit à Beaumais (fig. 575); ou les claveaux des principaux arcs, comme l'arc triomphal de Graville-

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