LA SCULPTURE DANS LE MIDI
Fig. 651.
Oloron. Porte de l'église Notre-Dame.
LA SCULPTURE ROMANE
à l'une des extrémités des Pyrénées, paraît avoir travaillé tout le long de la chaîne pendant toute l'époque romane. On lui doit les tympans de Saint-Bertrand de Comminges, de Valcabrère et de Saint-Aventin dans la Haute-Garonne, de Notre-Dame d'Oloron (fig. 651), de Mimizan (Landes) et de Morlaas (Basses-Pyrénées), qui se font tous remarquer par le même faire sec et archaïque, quoique aucun d'eux ne soit antérieur au second et même au troisième quart du xii'' siècle. Cela est particulièrement vrai du portail de Valcabrère, dont les colonnes flanquées de grandes statues sont probablement une imitation des colonnes du même genre qui ornent les portails de la cathédrale de Chartres et de beaucoup d'autres églises du Nord à la fin du xii'= siècle ; c'est non moins vrai de la jolie porte de Sauveterre de Béarn, dont le tympan est porté par deux arcs sans piédroit intermédiaire ', disposition ingénieuse et savante que devait avoir également la porte du Vieux- Saint-Jean à Perpignan, dont j'ai signalé plus haut les lourdes sculptures.
Toulouse était sans doute le principal centre de cette école, et on y conserve, ainsi qu'à Moissac, quelques-uns des bas-reliefs les plus intéressants qu'elle ait produits.
Ceux de Moissac sont particulièrement curieux, car on en connaît la date. Ce sont de grands panneaux encastrés dans les maîtresses piles du cloître et sur lesquels sont figurés les douze apôtres et l'évêque de Toulouse Durand (fig. 652), qui fut abbé de Moissac et mourut en 1072 on~-tQ73 ^. Une belle inscription, gravée sur une plaque 3è marbre de même nature et de même dimension que ces panneaux, nous apprend que la restauration du cloître à laquelle ces figures appartiennent fut l'œuvre de l'abbé Anquetil et qu'elle fut exécutée en 1106.
Au pourtour du chœur de l'église Saint-Sernin de Toulouse sont encastrés trois bas-reliefs en marbre représentant le Dieu de Majesté (fig. 653), et deux chérubins (fig. 654). Ils offrent une parenté évidente avec les apôtres du cloître de Moissac, mais, contrairement à l'opinion commune, je les crois de date moins ancienne. Le style, en eiîet, en est meilleur, le dessin plus souple, le relief plus marqué, et, détail auquel personne n'a pris garde, les inscriptions qui les accompagnent ont tous les caractères paléographiques du xii'' sièéle, tandis que celles qui accompagnent les figures de Moissac ont encore le style épigraphique du xi'.
Ern. Rupin pli.
Fig. 652. — Cloître de Moissac.
L'.-ibbé Dumud.