Vuu schtmatique d'uni; basilique sans colonnes
comportaient habituellement un vaisseau central, de forme oblongue, porté sur des colonnes et flanqué de collatéraux, et que ce vaisseau était construit de façon à dominer les combles des collatéraux, ce qui permettait de l'éclairer par des fenêtres percées au-dessus de ces combles -.
Cette façon d'éclairer l'édifice par en haut était le caractère le plus saillant des basiliques. Il se retrouvait même dans celles qui s'éloignaient le plus du type ordinaire, dans celles, par exemple, où les colonnades étaient remplacées par de puissants piliers portant des voûtes, comme dans la basilique de Constantin (fig. 41). On peut même supposer qu'il se rencontrait, grâce à quelque combinaison de charpente (fig. 45), jusque dans les petites basiliques formées d'un vaisseau unique, sans colonnades ni divisions intérieures, telles qu'on a dû en faire un assez grand nombre dans les villes de province du 11'' au iv^ siècle. C'était le cas sans doute de la basilique de Timgad.
La basilique était donc une espèce de portique qui se distinguait des autres monu-
j. Vitruve, 1. V, ci. il décrit la basilique qu'il construisit à Fanum ; et
2. Cela ressort du chapitre i du livre V, où du ch. 5 du livre VI où il décrit les oeci aegyp-
Vitruvo traite spécialement des basiliques, et où liaci (voir ce dernier passage ci-après, p. 65, n. 3).
LES BASILiaUES CIVILES DES ROMAINS 59
ments de cette catégorie, si nombreux dans les villes romaines, par son mode particulier d'éclairage.
Voilà son caractère essentiel, tous les autres ne sont qu'accessoires.
Ainsi on s'est trompé en croyant que toutes les basiliques avaient nécessairement une abside .saillante à l'extrémité d'un de leurs petits côtés. Alberti et les auteurs qui l'ont suivi sur ce point ont été conduits à cette supposition par la vue des basiliques chrétiennes dont ce détail est un des traits les plus marquants. Mais Vitruve n'indique aucunement l'abside parmi les éléments essentiels des basiliques civiles " . Il dit bien que la place réservée aux magistrats dans sa basilique de Fanum formait un hémicycle, mais cet hémicycle était au milieu d'un des grands côtés du bâtiment, et non à une des extrémités ^ ; et il ne faisait point saillie au dehors puisqu'il était engagé dans le temple d'Auguste qui se dressait à angle droit contre la basilique. Ce n'était même sans doute qu'une simple enceinte peu élevée, et non une abside véritable, car elle n'empêchait point de voir le temple qui s'élevait derrière '. Enfin une preuve, plus péremptoire que toutes les explications des commentateurs de Vitruve, résulte des dernières fouilles faites à Rome. La basilique Julia est aujourd'hui dégagée dans toute son étendue, aucun doute n'est possible sur sa forme. Or elle n'avait pas d'abside (fig. 40).
On s'est trompé en croyant que les basiliques romaines devaient avoir un transept. C'est encore l'analogie supposée entre les basiliques chrétiennes et celles des Romains qui a conduit à cette hypothèse, mais elle n'est confirmée par aucun exemple, elle n'est justifiée par aucun texte.
On .s'est trompé en croyant que l'entrée des basiliques païennes était forcément sur l'un des petits côtés du rectangle, comme dans nos églises, car il résulte de la description de Vitruve qu'on entrait dans la basilique de Fanum par une des grandes faces +, et tout porte à croire qu'il en était de même dans les basiliques Julia et Ulpia > comme dans celle de Timgad (fig. 44).
On s'est trompé enfin en croyant que les basiliques étaient forcément closes de murs sur leurs quatre côtés, comme nos églises, car la basilique Julia n'en montre aucune trace sur trois au moins de ses faces (fig. 40), et ce qu'on a dégagé jusqu'ici de la basilique Ulpia donne à penser qu'elle ressemblait à cet égard à la basilique Julia.
On voit par combien de détails importants les monuments existants s'écartent du type conventionnel de la basilique antique, on voit combien ce type est arbitraire, et l'on peut comprendre maintenant que tant d'archéologues aient cru devoir chercher ailleurs le prototype de nos églises.
Malheureusement la plupart des théories que l'on a prétendu substituer à l'an-
1. Vitruve, 1. V, c. i. réimpr. dans ses Mélanges d'arcbéoL, p. i et s.).