Ibid. 4. Vitruve, 1. V, c. i
3. Voir ce qu'en dit Quicherat dans sa 5. En effet, ces basiliques avaient leur grand curieuse étude sur La basilique de Fanum con- côté contigu au Forum, et c'était par là évidemslniite par Vilnive (Rev. archéol . de fév. 1878, ment que devait être leur principale entrée.
6o ORIGINE DU PLAN DES BASILiaUES
cienne doctrine sur l'origine de la basilique chrétienne prêtent le flanc aux plus graves objections.
Ainsi Zestermann et d'autres ont prétendu que les chrétiens n'avaient emprunté le type de leurs églises à aucun modèle antique, mais qu'ils l'avaient trouvé dans leur propre génie '.
Or cette opinion repose sur une conception manifestement erronée des origines de l'art chrétien. On ne peut plus aujourd'hui soutenir, comme l'ont fait Otte en Allemagne % ou l'abbé Martigny en France, que « cet art s'est naturellement épanoui comme une conséquence de la foi chrétienne. ., qu'il y a trouvé des créations tout à fait originales » et « qu'il est resté isolé des traditions antiques ' ». Il est au contraire parfaitement démontré que les chrétiens ne se sont jamais privés d'imiter les modèles qu'ils avaient sous les yeux. Leurs artistes, qu'ils fussent peintres, sculpteurs ou architectes, étaient élevés dans les mêmes traditions artistiques que les païens, ils n'en ont répudié que ce qui choquait ouvertement leur foi.
Nier a priori que, dans la construction de leurs églises, les fidèles aient pu se laisser inspirer par la vue des édifices païens est donc une erreur certaine, c'est le contraire que l'on doit supposer quand on les voit introduire dans la décoration de leurs sarcophages, dans les peintures des catacombes et dans les mille objets dont ils étaient entourés, une foule de types familiers aux Gentils et qui n'ont aucun rapport avec la foi chrétienne ^.
Partant du même point de vue erroné, certains auteurs ont voulu découvrir dans les catacombes de Rome les premiers modèles de nos églises.
Dès le xviii'-' siècle, le savant Bottari avait cru reconnaître des analogies entre les basiliques chrétiennes et certaines chapelles des catacombes qui paraissent remonter au temps des persécutions. Seroux d'Agincourt 5 et Raoul Rochette ^ se laissèrent séduire par cette idée à laquelle le P. Marchi ' a donné de nouveaux développements, et que l'abbé Martigny a chaudement préconisée dans un ouvrage fort répandu en France *.
Malheureusement les analogies qu'on a pu relever sont peu de chose si on les met en parallèle avec les différences qui distinguent ces chapelles des plus anciennes basiliques chrétiennes.
Pour qu'on en puisse juger, j'emprunte au P. Marchi le dessin de la chapelle ' que l'abbé Martigny invoque pour justifier cette théorie (fig. 46). C'est une chapelle découverte en 1842 dans le cimetière de Sainte- Agnès et qu'on attribue à la fin du 11= ou au commencement du iii^ siècle. On y pénètre par le milieu ; dans les
1. Zestermann, De basilicis, p. 169. 5- Hist. de l'art par les mon., t. I, p. 26 et s.
2. Otte, Hanibuch. d. kirchl. Knnstarchâologie , 6. Tableau des Catacombes, p. 55.
4= éd., p. 3. 7- Monum. délie arti crist. primit., Architet-
3. Martigny, Diction, des antiq. chrét., 2^ éd., tura, p. 184.
p. 88. 8. Dict. des antiq. chrét., 2^ éd., p. 88.
4. Le Blant, Étude sur les sarcophages d'Arles, 9. Cette chapelle a été dessinée et décrite en p. X et XI, et Sarcophages chrétiens de la Gaule, détail par le P. Marchi, Monum. délie arti p. IV et s. crist. primit., pi. 35, 36 et 37.