‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 35 sur 377 · HYPOTHÈSES DIVERSES · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSES DIVERSES

basiliques chrétiennes, l'entrée est à l'une des extrémités. On n'y trouve aucune division longitudinale; dans les basiliques les plus anciennes, des colonnades séparent le monument en trois galeries parallèles. Le sanctuaire est carré ; dans les

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Fig. 46. — Chapelle d.ins la catacombe de Sainte-Agnès, d'après Marchi.

basiliques, il est en hémicycle '. L'éclairage est nul, celui des basiliques est abondant.

Comment supposer une relation directe entre deux catégories d'édifices où l'on relève de telles différences ?

Il existe dans les catacombes d'autres chapelles dont le plan se rapproche davan-

Fig. 47. — Chapelle danb la catacombe de la Salita del Cocomero, d'après Marchi,

tage de celui des églises primitives. Ainsi Marchi en a dessiné une dont le sanctuaire est en forme d'abside (fig. 47), mais bien que ce soit là un des traits les plus constants des basiliques chrétiennes, les différences l'emportent encore de beaucoup sur les ressemblances ^.

Les antiques cimetières des environs de Rome ont consente quelques rares

I. On a trouvé en Afrique un petit noinbre de ce rectangle une abside en matériaux légers d'églises dont le sanctuaire est rectangulaire, (Gsell, Mon. aiit. de l'Alg., t. II, p. 157, n. 2). mais il paraît certain qu'il v avait à l'intérieur 2. Monmnenti, pi. 38.

ORIGINE DU PLAN DES BASILIQUES

spécimens d'une autre catégorie de chapelles ' auxquelles on a voulu attribuer, dans la formation du type basilical, le rôle qu'il est difficile de prêter aux oratoires signalés par Marchi et Martign}'. Mais Kraus, le principal défenseur de cette théorie ^, a dû finalement l'amender ', car ces chapelles funéraires diifèrent des basiliques par des points essentiels. Elles sont trichores (fig. 48), c'est-à-dire qu'au lieu d'une abside unique elles en ont trois disposées en croix '. Elles n'ont pas de nef, et leur face opposée à l'abside principale restait probablement ouverte pour permettre aux fidèles d'assister aux offices qui s'y célébraient à certains jours.

l-'ig. 48. — Rome.

Chapelle Saint-Sixte, d'après Kraus.

I^ig. 49. — Synagogue de Capharnaiim, d'après Wilson.

Encore plus contestable est la part qu'on a parfois voulu faire aux synagogues dans la genèse de l'architecture chrétienne ', car les fidèles cessèrent de les fréquenter de très bonne heure et il est peu vraisemblable qu'ils aient songé à les imiter, si l'on songe à l'antipathie qu'ils nourrissaient à l'égard des Juifs.

D'ailleurs, nous connaissons la forme habituelle des synagogues bâties du ii*^ au iV siècle. Depuis qu'on a commencé à explorer méthodiquement la Palestine, on en a retrouvé * un certain nombre qui paraissent remonter authentiquement à

1. Par exemple la chapelle de Saint-Soter (Rossi, Roiiia sotlerranea, t. Il, pi. 42 et 45), ou la chapelle tangente à l'abside de la basilique de Sainte-Symphorose (Stevenson, dans le Bull, di archeol. crist. de Rossi, 1878, p. 79 et s.). Ces chapelles étaient primitivement désignées par les mots : cella, confessio, martyriuui, mais vers le milieu du iv= siècle on commença à les appeler hasilica, hasilicida (Rossi, Rmna sott., t. I, p. 117. — Cf. Kraus, Gesch. der chi-istl. Kunst, 1. 1, p. 270).

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