‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 342 sur 377 · Les arts an moyen âge. Album, 1 5' série, pi · texte numérisé non relu

Les arts an moyen âge. Album, 1 5' série, pi

tel de Bàlc qu'une œu\-re du xiii"' siècle ; or le style des inscriptions, qui forment deux longues lignes au sommet et au bas des figures, ne me paraît pas conciliable

avec une pareille date. Il peut, au contraire, convenir au xi" siècle. L'influence byzantine est manifeste dans le dessin des personnages et dans certains détails iconographiques, comme la figure des trois archanges. Or jamais cette influence n'a été

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plus puissante sur les bords du Rhin que pendant le siècle qui suivit le mariage de l'empereur Othon II avec la princesse byzantine Théophano. Enfin la présence de saint Benoît sur cet autel, auprès des trois archanges qui entourent le Christ, s'explique à merveille par la dévotion qu'Henri II lui avait vouée pour avoir obtenu, par son intercession, la guérison d'une grave maladie dont il avait cru mourir pendant un séjour au Mont-Cassin. Aussi les savants les plus compétents considèrent-ils aujourd'hui ce devant d'autel comme une œuvre authentique du commencement du xi^ siècle.

On pouvait faire les autels n'importe en quelle matière, à condition d'observer deux règles essentielles. La première était que l'autel renfermât toujours des reliques; la seconde qu'il contînt toujours, quelle qu'en fût la matière, une partie en pierre, consacrée par un évêque. On satisfaisait habituellement à cette double obligation en encastrant dans la table de l'autel une pierre de dimension moyenne dans laquelle était pratiqué un creux où l'on enfermait et scellait des reliques lors de la consécration. Cette pierre consacrée était placée au centre de l'autel, afin que le calice reposât dessus au moment du Saint Sacrifice. C'était l'élément indispensable de tout autel, et elle pouvait à elle seule constituer un autel. Aussi les évêques, et parfois les simples prêtres, emportaient-ils dans leurs voyages de ces pierres consacrées, de façon à pouvoir dire la messe n'importe où. Ces autels portatifs étaient des objets de luxe. Au lieu d'être faits d'un morceau de pierre quelconque, ils étaient en marbre d'espèce rare, en onyx, en porphyre, et on les enchâssait dans une riche monture d'orfèvrerie. Ils ont surtout été à la mode du ix" au xii^ siècle, et tous ceux qui se sont conservés remontent à cette époque. Le fameux trésor de Conques en' possède deux '. L'un est fait d'un morceau de porphyre rouge enchâssé dans une monture d'argent niellé. Sa tranche est décorée d'une arcature sous laquelle sont figurés des saints et des saintes en buste, d'un assez bon dessin (fig. 699). Une inscription nous apprend qu'il fut consacré du temps de l'abbé Bégon, par Pons, évêque de Barbastro, ancien moine de l'abbaye. C'est donc une œuvre des environs de l'an iioo.

L'autre est en onyx oriental avec une riche monture garnie d'émaux particulièment intéressants, car ils sont cloisonnés sur cuivre et sont évidemment une imitation des émaux byzantins exécutée par un artiste d'Occident.

La cathédrale de Trêves en possède un non moins curieux et qui lui fut donné par l'archevêque Egbert^. Sa garniture d'orfèvrerie, entremêlée de cabochons et d'émaux cloisonnés, est d'une grande richesse; elle date du dernier quart du x'= siècle, car Egbert siégea de 937 à 993 ; elle est toute romane de style et mérite d'être citée pour montrer les liens intimes qui rattachent l'art carolingien à l'art roman.

Le musée archiépiscopal de Cologne et diverses collections allemandes possèdent

I. Darcel, Le trésor de Vcglise de Conques 2. L. FzlusXK, Le trésor de Trêves (Paris, 18^^,

(Paris, 1861, m-4). in-4).

AUTHI.S PORTATirS

d'autres spécimens d'autels portatifs, tous présentent les caractères que j'indiquais plus haut '.

Pendant lons^temps la table de l'autel ne fut accompagnée d'aucun accessoire.

Fig. 699. — Alltel port;uif, conservé dans le tic

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