‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 343 sur 377 · PU. M. H · texte numérisé non relu

PU. M. H

de Conques.

On n'y posait que le calice que le prêtre emportait quand la messe était finie. La réserve eucharistique était enfermée dans une pyxide d'ivoire^ dans un vase de métal ou dans une colombe émaillée. Tant que l'autel fut surmonté d'un cibo-

I. Notons toutefois celui qui est conservé à la mort en 899. Il est surmonté d'une espèce de

Riche Chapelle de Munich et qui provient de ciborium en orfèvrerie porté sur quatre colonnes

l'abbaye de Saint-Emmeran de Ratisbonne, à (2.ett\ei- et Enzler, Knnshverke nus dem Schal:{e tier

laquelle il fut donné par l'empereur Arnoul, Reichen Capelh ^u Mïinchen).

Lasteyrie. — Archilecliire romane. - 44

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rium, le récipient eucharistique y fut suspendu à l'aide d'une chaînette ou d'un cordon de soie, mais du jour où l'usage du ciborium tomba en désuétude, il fallut imaginer quelque moyen d'y suppléer. Le plus simple consista à attacher le vase contenant la réserve eucharistique à une corde passant par une poulie accrochée à la voûte de l'église ; c'est ainsi qu'était suspendue depuis plus de six cents ans la colombe eucharistique de Laguenne (Corrèze), quand elle fut dérobée par un de ces antiquaires marrons qui pillent nos églises. Au xiii'= siècle, on plantait derrière l'autel une potence, ou une crosse en métal ou simplement en bois à laquelle on accrochait le vase contenant la réserve eucharistique. Cet usage existait-il déjà à l'époque romane? cela paraît vraisemblable, mais je serais embarrassé pour en fournir la preuve. En tout cas, il n'y avait de tabernacle ni sur l'autel, ni à côté, comme il y en eut plus tard. Il semble qu'à l'époque carolingienne on commença à placer, au moins pendant les offices, une croix sur l'autel. C'était ordinairement une croix de métal ou d'orfèvrerie dont le pied se terminait en pointe, de façon que l'on pouvait indifféremment la ficher dans un trou ad hoc pratiqué à la partie postérieure de l'autel, ou la montera l'extrémité d'une hampe pour la transformer en croix processionnelle. On possède encore quelques-unes de ces croix. Il y a quelques années, on en voyait une en bronze aux Noës (Aube) ' ornée d'émaux rhénans; il y en avait une autre à la Coudre, dans le même département ^; toutes deux étaient du xii^ siècle.

C'est également vers l'époque carolingienne que l'on semble avoir commencé à poser deux chandeliers sur l'autel pendant la célébration du Saint Sacrifice. Mais cet usage ne se répandit que lentement et, dans bien des lieux et pendant longtemps, les chandeliers furent posés sur deux crédences, ou simplement à terre, de part et d'autre de l'autel. C'est sans doute l'usage de placer sur l'autel cette croix et ces chandeliers qui conduisit à en garnir le fond d'un gradin qui pût les recevoir, et ce fut là l'origine des rétables qui, pendant longtemps, restèrent fort petits et qui n'atteignirent des dimensions considérables qu'à l'époque gothique. S'il fallait s'en fier aux miniatures des manuscrits, les rétables de l'époque romane n'auraient généralement reçu aucune décoration. Mais en réalité on en faisait souvent dont la face antérieure était ornée de peintures, de sculptures, et même de pièces d'orfèvrerie. La petite église de Carrières-Saint-Denys possède un rétable sculpté qui est probablement le plus ancien de ce genre qui se soit conser^'é en France (fig. 700) ; il nous montre , dans un encadrement de gros rinceaux, la Vierge assise, le divin Enfant sur les genoux, sous un dais d'architecture porté par deux colonnes. A gauche, sous un dais un peu moins élevé, l'ange Gabriel venant annoncer à la Vierge Marie qu'elle sera mère du Seigneur; à droite, le baptême du Christ. Cette naïve sculpture paraît appartenir au second quart du XII' siècle.

I. Fichot, Statistique inoiiuiii. du dép. de l'Aidv, 2. Ibid., t. II, p. 14, fig.

t. I, p. 143, fig.

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