‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 356 sur 377 · L'arl rdigios en el RosseUo, p. 182, fig · texte numérisé non relu

L'arl rdigios en el RosseUo, p. 182, fig

BENITIERS

l'on s'accorde à y voir un morceau antique. Je crois qu'on a raison, quoique la façon dont la feuille est posée ne s'accorde guère avec les divers types de colonnes à fût orné que les anciens nous ont laissés. En tout cas les chapiteaux antiques transformés plus tard en bénitiers ne sont pas très rares. Il y en a un notamment, dans la nef de l'église Saint-Martin-au-Val, à Chartres, qui remonte incontestablement à l'époque gallo-romaine '.

Bien des chapiteaux romans ont été transformés de la même façon, ainsi qu'on peut le voir à Saint- Sauveur de Figeac et dans les églises d'Uzerche et de la Grande-Sauve. Il est généralement fort difficile de dire quand ces adaptations ont été faites. Quelques-unes remontent peut-être à l'époque romane. Ainsi on voit dans l'église de Brantôme un bénitier creusé dans un fort beau chapiteau du xii'= siècle, qui est muni d'une base de même date -. Base et chapiteau s'accordent si bien qu'on peut se demander si on se trouve en présence d'un chapiteau d'occasion, adapté à un usage auquel il n'était pas destiné, ou d'un véritable bénitier auquel on a intentionnellement donné cette forme. Il est, en effet, certain qu'on faisait souvent des bénitiers ayant le galbe d'un chapiteau. M. Enlart en a trouvé un dans l'église du Waast en Artois, qu'on doit ranger sans hésitation dans cette catégorie, car son plat supérieur a une décoration de torsades et de feuilles d'angles que l'on ne saurait rencontrer sur un chapiteau '.

Les bénitiers les plus intéressants sont ceux dont la vasque est supportée par un ou plusieurs personnages. Ce sont aussi les plus rares. On en voit un contre une des piles d'angle du cloître de Saint-Trophime d'Arles. Il est porté par un homme qu'il semble faire fléchir sous son poids. C'est un travail assez médiocre, de la fin du xi^' siècle au plus tôt. L'église de Chamalières (Haute-Loire) en possède un beaucoup plus remarquable (fîg. 721). C'est une œuvre du troisième ou du quatrième quart du xii^ siècle. Sa cuvette est en forme de quatrefeuilles ; elle est portée par quatre figures adossées, dans lesquelles il faut probablement reconnaître David et Salomon et deux des grands prophètes, sans doute Daniel et Isaïe. Il est fâcheux que ce bénitier ait été taillé

— Bénitier de Chamalières (H,iute-Loire) .

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