Caumont, Abécédaire, p
4. Elle a été publiée par M. Georges Durand, Bull, archéol. du Comité, 1886, pi. 16.
MONUMKNTS KUNKRA IKKS
enterré dans l'église de la Couture, au Mans; Montfaucon a fait graver le monument du même genre, élevé à la mémoire du roi Philippe I", à Saint-Benoît-sur- Loire. Ce dernier était porté sur quatre lionceaux accroupis.
Ces figures en relief posées à peu de hauteur au-dessus du sol, risquaient d'être tort maltraitées par les fidèles qui, les jours de fête, devaient s'y heurter et les pié-
Fig. 723. — Tombe découverte à Bruay (Nord).
tiner. On pouvait, il est vrai — et il est certain qu'on le fit souvent — , les protéger par une grille. Mais on trouva plus pratique, et surtout plus décoratif, de poser l'effigie du défunt sur un haut soubassement en forme de sarcophage, ou de la laisser au ras du sol, mais en l'enfermant dans une espèce de cage à jour exécutée en pierre ou en métal. De là deux types de monuments qui ont joui d'une grande faveur depuis le xiii'= siècle, et dont il y a eu déjà des exemples à la fin du xri'. Le plus remarquable que l'on puisse citer est l'admirable tombeau émaillé élevé dans la cathédrale de Troyes à Henri le Large, comte de Champagne, mort en
ACCESSOIRES DES EGLISES
1180. On était, à cette date, en pleine période de transition; néanmoins par son arcliitecture, par sa décoration exhubérante, par la forme en plein cintre des arcades géminées qui permettaient d'apercevoir la statue du comte étendu sur une dalle peu élevée, c'était une œuvre conforme aux traditions romanes '. Il n'en reste que quelques petits fragments d'émail conservés au musée de Troyes ; leur
Fig. 724. — Airvault (Deux-Sèvres). Tombeau de Pierre de Saine-Fontaine.
extrême élégance peut faire juger de la perte irréparable que l'on a jtaite le jour où fut détruit un pareil chef-d'œuvre.
ç ILa cathédrale d'Angers possédait elle aussi un tombeau émaillé, dont la valeur devait être grande. C'était celui de l'évêque Eulger, mort en 1149". Il était en forme de châsse. Mais pour qu'il ne prît pas trop de place, on l'avait adossé à un des murs de l'édifice, de telle sorte qu'on n'en voyait qu'une des grandes faces et un des rampants du toit. Celui-ci était décoré d'un Dieu de Majesté entouré de vingtquatre personnages, probablement les douze apôtres et les douze petits prophètes, distribués sous autant d'arcades en plein cintre et formant deux rangs superposés. La grande face verticale était décorée de la même façon, sauf qu'en son milieu