‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 359 sur 377 · I. Voir le dessin qu'en a donné Caumout, Abécédaire, p · texte numérisé non relu

I. Voir le dessin qu'en a donné Caumout, Abécédaire, p

2. E. Rupin, Lœiivie de Limoges, p. 92 et suiv. Viollet-le-Duc, Dicl. du Mohilicr, t. II, p. 224.

MONUMENTS PUNKRAIRES

était Lin éni;iil citiTc représentant iiulger, en costtimc épiscopal, les bras levés et bénissant le peuple. Par exception, les personnages qui occupaient les vingt-quatre arcades de cette tace n'étaient pas des saints, c'étaient les principaux membres du chapitre contemporains d'Hulger. Leurs noms étaient écrits sur des plaques niellées dont quelques-unes nous sont parvenues.

Ces tombeaux de grande taille étaient fort gênants dans une église, aussi pour ménager la place, avait-on souvent recours à un artiiîce maintes fois employé, bien des siècles auparavant, dans les catacombes de Rome. Cela consistait à loger les tombeaux dans des niches cintrées, pratiquées dans l'épaisseur des murs. Dans les vieilles inscriptions chrétiennes, ce genre de niches s'appelait arcosoUtuii, en français, on dit un enfeu.

L'église d'Airvault, en Poitou, en a un du xii' siècle dans l'absidiole qui s'ouvre

Fig. 725. — Tombeau provenant de J.ivarzay. Musée de Niort.

sur le bras nord du transept. Il abrite le tombeau de l'abbé Pierre de Saine-Fontaine (fig. 724). Ce tombeau est d'un type commun à l'époque romane. C'est un bloc de pierre allongé dont la forme rappelle celle de la carcasse en bois qui sert à porter le poêle au-dessus du corps du défunt au jour des funérailles.

Cette forme de monument a été particulièrement à la mode dans l'Ouest de la France ; elle était emploj'ée aussi bien pour les tombeaux placés à l'intérieur des églises que pour ceux qui restaient en plein air au milieu du cimetière. Il y avait beaucoup de fantaisie dans la façon dont on décorait ces blocs . Celui de Pierre de Saine-Fontaine est orné d'une arcature dont chacun des arceaux contient une figure de saint. Mais souvent la décoration ne comporte aucun emblème religieux. Elle consiste en enroulements de feuillages, ou même en représentations d'un caractère profane. Ainsi le musée de Niort conserve une très curieuse tombe du xii^ siècle, provenant de Javarzay et dont les faces nous montrent un cavalier, faucon au poing, un archer, un homme tendant un piège et une femme à cheval se livrant au plaisir de la chasse (fig. 725).

Ces tombeaux devaient être le plus souvent portés sur des supports peu élevés, consistant en simples blocs de pierre ornés d'un personnage accroupi, comme dans le tombeau d'Airvault, ou d'une figure d'animal, comme dans un tombeau du musée de la Rochelle ', ou en colonnettes accouplées, comme dans le magnifique

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