C'est dans un endroit de ce genre que
Lasteyrie. — Architecture romane.
saint Paul fit ses premières prédications à Philippe en Macédoine (^4ci., XVI, 13. — Cf. Renan, Saint Paul, p. 146).
6. Au début de son séjour à Ephèse, saint Paul allait chaque semaine à la synagogue prêcher la parole de Dieu , mais au bout de trois mois, voyant que ses prédications excitaient les violences des Juifs, il emmena ses disciples « in schola tyranni cujusdam » {Act., XIX, 8, 9. — Cf. Renan, Saint Paul, p. 346)..
assemblaient leurs élèves ' et que fréquentaient les philosophes et les hommes de lettres ^. Ailleurs, ils formaient des associations ou collèges funéraires, et se réunissaient dans les lieux de sépulture acquis aux frais de ces associations '. Telle fut l'origine des fameuses catacombes de Rome.
Mais, le plus souvent, pour prier, pour célébrer les agapes, pour écouter les pieux enseignements de leurs pasteurs, ils s'assemblaient dans la demeure d'un des leurs. C'est ainsi qu'à Corynthe la maison d'Aquila et de Priscilla +, à Laodicée celle de Nympha >, à Rome celle du sénateur Pudens ^, ont servi d'oratoires aux premiers disciples du Christ.
Les communautés chrétiennes formaient donc à l'origine de petites églises domestiques ", et c'était à l'intérieur des maisons, dans des oratoires privés, que se célébraient les actes du culte naissant ^ Cet état de choses s'est prolongé bien au delà de l'époque apostolique. Il durait encore à Rome au second siècle, comme le prouvent certains passages des Actes des Martyrs ', et nous avons la preuve qu'il en était de même en Orient"".
Ces oratoires domestiques ont suffi pendant longtemps aux besoins du culte et il faut descendre jusqu'à une époque assez éloignée de la mort du Christ pour trouver la première mention d'une véritable église élevée par les chrétiens.
Le texte où la plupart des archéologues ont cru trouver cette première mention est un passage de la biographie d'Alexandre Sévère par Lampride ". Il y est raconté qu'une contestation s'étant élevée entre des chrétiens et des cabaretiers au sujet d'un terrain sur lequel les uns voulaient bâtir une église et les autres une taverne, l'empereur donna gain de cause aux chrétiens en disant que « mieux valait employer ce terrain à honorer la divinité, que de l'abandonner à des marchands de vin ».
Cela se passait au plus tôt vers Fan 222, date de l'avènement d'Alexandre Sévère ; or vingt ans au moins avant cette date les chrétiens possédaient une église à Edesse.
1. Cicéron, ,1e Oral., II, 7. — Ausone, Idyll., lichen Alterthi'imer, t. I, p. 106 et s. IV, 6. 4. Ep. I ad Corynth., XVI, 19.
2. Pline, Hist. mit., XXXV, 37; XXXVI, 5. Ep. ad Coloss., IV, 15.
4 et 5. — Il V avait de ces scholae dans les gym- 6. Acta SS. Pudentianae et Praxedis, dans les
nases et dans les thermes. C'étaient ordinaire- Acta SS. Mai/, t. IV, p. 299.
ment des salles rectangulaires munies d'une 7. « Salutat vos... Aquila et Priscilla cum
abside en hémicycle (Justin, Dial. cum Tryph., domestica sua ecclesia. »(£'/). J ad Cor yM/7;., XVI,
I; Vitruve, 1. V, c. 10, § 4). On en établissait 19. — Cf. Ep. ad Coloss., IV, 15; Ep. ad Phi-
aussi à côté des sépultures appartenant à des km., 2 ; Ep. ad Roman., XVI, 5).
collèges funéraires, et les membres de ces coi- 8. La question des oratoires domestiques a
lè'ges venaient s'}' réunir (Visconti, Ann. deW été étudiée par M. de Rossi (Bull, di archeol.
Instit. di corresp. archeol., 1867, p. 387; Rossi, crist., 1867, p. 46; 1876, p. 38; et 1878, p. 47).
Roma sotter., t. III, p. 475). 9. Acta S. Pontii, c. i, dans les Acta SS.
3. Voir sur ces collèges funéraires, qui furent Mail, t. III, p. 274; Acta S. Pudentianae dans si utilement mis à profit par les chrétiens pour les Acta SS. Mail, t. IV, p. 299.
dissimuler leur culte sous des formes légales, 10. Voir une anecdote racontée dans le roman
Mommsen, De collegiis et sodaliciis Romanorum ; de Philopatris, c. 23.
Rossi, Bullettino di archeolo^ia cristiana, t. III, 11. Lampride, Alex. Sev., c. 49, éd. Peter,
p. 89 et s.; Kraus, Real-Encyklopàdie der christ- t. 1, p. 265.