‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 41 sur 377 · ORDONNANCE DE LA NEF · texte numérisé non relu

ORDONNANCE DE LA NEF

Les grandes églises, comme Saint-Pierre du Vatican (fig. 5), Saint-Paul-horsles-murs (fig. 6), la basilique de Bethléem (fig. 4) avaient doubles bas-côtés '. Cette particularité ne se rencontre pas seulement dans les monuments de premier ordre, on la trouve dans des églises de moyenne dimension, comme les basiliques d'Orléansville en Algérie (fig. i), ou de Soueida en Syrie ^. Mais si les exemples en sont assez nombreux, ce fut toujours l'exception.

Ordinairement il n'y avait qu'un bas-côté de chaque côté de la nef, même dans les basiliques les plus importantes. Sainte-Marie- Majeure (fig. Il), Saint-Jean de Latran, Saint- Laurent-hors-les-murs (fig. 8), Sainte-Agnès, à Rome (fig. 25); Sant' Apollinare in Classe et Sant' Apollinare Nuovo, à Ravenne (fig. 12); les basiliques du Kef (fig. 86), de Tigzirt (fig. 107), de Morsott (fig. 59), deTébessa (fig. 23), dans l'Afrique française; celles de Behioh ', El- Barah +, Kalaat-Seman (fig. 21), en Syrie; bref, une foule d'églises, grandes et petites, montrent à quel degré ce plan était répandu.

En revanche, les églises dénuées de bas-côtés sont rares et ne comptent pas parmi les plus anciennes. Ainsi, à Rome, la première en date des basiliques de cette catégorie, Sainte-Balbine >, n'appartient qu'au vii'= siècle '', et l'église de Babouda en Syrie (fig. 60), qui présente la même particularité, ne doit pas remonter au delà du vi' siècle.

Les bas-côtés étaient séparés de la nef par des colonnades audessus desquelles s'élevaient les murs latéraux de la nef. A l'époque classique, il était de règle que les colonnes employées de la sorte fussent reliées par des architraves horizontales. Ainsi sont construites les innombrables colonnades qui décorent les temples

— Basilique de Morsott, d'après Gsell.

Fig. 60. — Basilique de Babouda, d'après Vogué.

I. Je ne parle que pour mémoire des églises ayant un plus grand nombre de collatéraux. Les exemples en sont très rares ; ainsi on a trouvé à Tipasa, en Algérie, une basilique ayant neuf galeries parallèles (Gsell, Mon. de VAlg., t. II, p. 318, fig. 147). Elle n'en avait que sept à l'origine, ce qui était déjà tout à fait exceptionnel ; puis la nef ayant paru trop large, on la divisa ultérieurement en trois.

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