FENÊTRES
Saint-Pierre, à Vienne en Dauphiné, a consei'vé les traces d'une décoration qui ne pourrait guère s'harmoniser avec une autre disposition.
L'ordonnance intérieure était complétée par une rangée de fenêtres percées au sommet des murs latéraux de la nef. Ces fenêtres étaient amorties en plein cintre, et d'assez grande dimension. Leur nombre, dans les monuments d'Occident, correspond au nombre des travées. Il y en a une dans l'axe de chaque entre-colonnement. Il n'en est pas toujours de même en Orient. Là les fenêtres sont parfois beaucoup plus nombreuses ; ainsi, à Bakousa en Syrie, il y en a une dans l'axe de chaque travée et une autre dans l'axe de chaque colonne (fîg. 66); à Roueiha, où les arcades ont une grande largeur, il y en a quatre par travée ' .
Fig. 66. — B.-isilique de Bakousa, d'après Vogué.
Les basiliques n'étaient souvent éclairées que par les fenêtres percées dans les murs latéraux de la net, une foule de constructions annexes rendant impossible de percer des jours dans les murs des bas-côtés; c'est le cas dans la plupart des très anciennes églises de Rome, et il a dii en être de même en beaucoup d'endroits. Il est probable, néanmoins, qu'on n'agissait ainsi que lorsqu'on y était obligé par la disposition des lieux, car dans les très rares édifices de la Gaule dont certaines parties peuvent remonter à l'époque mérovingienne, comme l'église Saint- Pierre à Vienne (fig. 35), nous trouvons la preuve que les bas-côtés pouvaient avoir des jours directs sur l'extérieur, et la même particularité se retrouve à une époque encore plus ancienne dans les églises de Syrie -.
L'abside n'avait généralement pas de fenêtres dans les basiliques de Rome, mais il n'en était pas de même partout, et l'on en trouve communément en Orient, en Grèce, en Syrie et en Afrique. Nos églises de la Gaule devaient souvent en avoir aussi, car Grégoire de Tours, racontant un vol dont l'église Saint-Martin fut victime, dit expressément que les voleurs s'étaient introduits par la fenêtre de