La basilique de Sainte-Symphorose, près
de Rome, dont les restes ont été découverts en 1878, en offre un très ancien exemple (fig. 72). Grégoire de Tours (Hist. Franc, 1. V, c. 19) et les textes épigraphiques (Leblant, Inscr. chrét., t. 1, p. 56) en mentionnent à mainte reprise.
4. Quelquefois elles sont plus larges que les bas-côtés, ce qui donne à l'église un plan cruciforme ou en T, comme à Guesseria (fig. 70).
5 . « Nos coUecti in unum sedebamus in secretario basilice Beati Pétri » (Greg. Turon., Hiit., 1. V, c. 19).
ETUDE DETAILLEE DES BASILIQUES
'autre, que les textes byzantins nomment prothesis, sei-vait à recevoir les offrandes des fidèles ; aussi était-elle ordinairement de plain pied et en communication directe avec la nef, tandis que le diaconicum s'ouvrait sur l'abside et était au même niveau qu'elle '. La règle était d'élever le presbyterium de plusieurs marches au-dessus de la nef. On a retrouvé trace de cette disposition dans une foule d'églises d'Algérie et de Tunisie. Quelquefois le sanctuaire empiétait sur la nef; en ce cas, la partie surélevée de l'église, au lieu d'être limitée à l'abside, s'avançait dans la nef -.
Telle était la forme primitive du presbyterium, mais diverses variantes s'introduisirent d'assez bonne heure dans ces dispositions, principalement dans les pays soumis à l'influence byzantine.
Ainsi parfois la courbe de l'abside est précédée d'une partie rectiligne analogue au chœur des églises du moyen âge (fig. 70 et 71), ce qui augmente sensiblement l'espace réservé au sanctuaire.
Souvent encore l'abside, au lieu d'être ronde à l'extérieur comme à l'intérieur, est encadrée dans un mur polygonal. C'est une particularité très répandue en Orient et dans les monuments qui dénotent une influence byzantine. Ainsi l'abside de Saint-Serge-et-Saint-Bacchus à Constantinople (fig. 116) dessine extérieurement trois pans coupés ; celle de Sant'Apollinare in Classe, à Ravenne, en a cinq, celle de Parenzo en a six (fig. 17), celle de Tourmanin en Syrie en a sept (fig. 57). L'abside de cette dernière église est aussi polygonale à l'intérieur, et c'est un des plus anciens exemples que l'on ait de cette disposition si commune plus tard '.
Quelques absides se distinguent du type ordinaire par une autre particularité. Les restes des martyrs étaient l'objet d'une telle dévotion que, de bonne
Fig. 71. — Basilique d'Heii chir-el-Atecli, d'après Gsell.
l-ig.72. — Rome.
S'^-Symphorose,
d'après
Stevenson .
1 . Pour plus de détails, voir les textes réunis par Holtzinger {Die altchristl. Archit., p. 90 et 91). — Dans certaines basiliques, il y avait quatre secretai'ia (fig. 59), les unes servaient à& prothesis ou de iiaconicuni, les autres de salutatorium (Greg. Turon., Hist. Franc, II, 21 ; VI, 11 ; VII, 22), c'est-à-dire de salle de réception ou de salle de lecture pour les fidèles qui voulaient étudier les livres saints (Paulin NoL, Ep. }2 ad Sei'erum). Quelques églises d'Orient, comme celle de Kalb-Louzeh (Vogué, p. 136 et pi. 122 et 125) ont eu des sacristies à deux étages. Il est vraisemblable qu'on utilisait en ce cas l'étage supérieur, comme
ga:(ûphilacium ou trésor. On fit souvent de même au moyen âge.
2. Il est souvent fait allusion dans les auteurs ecclésiastiques à cette surélévation du preshyterlum (Prudence, Peristeph,Xl, v. 225 ; August., De Civit. Dei, XXII, 8; Sid. Apoll., Carm. 16 ad Faustum). Elle est ordinairement indiquée par les mots exedra, tribunal.
5. M. de Vogué attribue cette église au vi<= siècle. M. Gavault a trouvé un exemple peutêtre aussi ancien à Tigzirt, dans une petite chapelle bâtie par les Byzantins sur les ruines d'un édifice romain (Gsell, Moii.de TAlg., t. Il, \> 304).