I. Martignv, Dicf. des Antiq. chrét., v" Autel
unt inscription qui en occupe la bordure. Il vient du Hani en Normandie et remonte
à la 6'= année du roi Thierry III, c'est-à-dire à l'an 676 '. L'autel d'Auriol était posé
sur un support unique ; ceux de
Saint- Victor et du Ham, comme
celui de Saint-Marcel de Crussol
(Ardèche), aujourd'hui au Musée
de Saint-Germain ', devaient être
supportés par une colonnette
placée à chaque angle. Quelquefois la table d'autel reposait
sur deux lames d'albâtre, comme
celle qui est encore en place
dans la chapelle funéraire de Galla
Placidia, à Ravenne. D'autres fois
on la montait sur un cippe rectangulaire, dont les quatre faces
étaient sculptées. Le Musée d'Aix
en Provence a recueilli un cippe
de ce genre (fig. 77) dont on a
voulu faire un autel gaulois
quoiqu'on y reconnaisse nettement le chrisme avec des traces
certaines de l'A et de l'Q. C'est
à la même catégorie qu'appartient
le cippe de Saint-Marcel de Car-
reiret que M. Labande a fait
connaître (fig. 78) '.
L'idée de considérer l'autel comme un tombeau remonte aux temps des persécutions. Le culte voué aux martyrs conduisit à utiliser le dessus des sarcophages dans lesquels étaient déposés les restes des défenseurs de la foi, pour célébrer le Saint Sacrifice, et ce qui n'avait été d'abord qu'une pieuse coutume devint une règle impérieuse, si bien qu'après le triomphe de l'Église on retira des Catacombes un grand nombre de corps saints pour les placer sous les autels des basiliques qu'on élevait de toute part.
On a parfois utilisé en guise d'autel le sarcophage même
qui contenait ces précieuses reliques. Mais le plus souvent on a préféré loger le
sarcophage dans une petite construction placée sous l'autel et qu'on nommait
confession Çconfessio, rnemoria).