‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 56 sur 377 · Voir Holtzinger, Die altclrr. Archil., -p. 122 et s · texte numérisé non relu

Voir Holtzinger, Die altclrr. Archil., -p. 122 et s

AtlTELS, CONFESSIONS ET CRYPTES

Quand les reliques étaient enfermées dans un récipient de moindre dimension qu'un véritable tombeau, on pouvait se dispenser de construire une véritable confession, et l'on se contentait souvent d'installer sous l'autel une sorte de coffre de pierre ou de marbre dont la partie antérieure était percée d'une fenestel la fermée par une clôture à jour ou Iranscmm. Le plus ancien coiîre à reliques de ce type

Fig. Si. — Rome. Basilique de Saiiu-Clémem

qu'on possède aujourd'hui a été trouvé auprès de Rome, dans la basilique de Saint- Alexandre sur la voie Nomentane '. Il en existe d'autres à Ravenne, à Parenzo (fig. 80), à Torcello, etc. -.

La hauteur des confessions creusées dans le sol était habituellement calculée de telle sorte que leur partie supérieure formât une plate-forme de plain-pied avec le sol de l'abside, ou le dominant d'un petit nombre de marches. Sur cette plate-

I. Kraus, Recil Encydopàdie, t. II, p. 123. Holtzinger, p. 123, fig. 96.

Lasteyrie, — Architecture romane.

2. La plupart des exemples connus sont reproduits dans Rohault de Fleurv, La Messe, t. II.

98 ÉTUDE DÉTAILLÉE DES BASILIQUES

forme se dressait l'autel; il était surmonté d'une espèce de dais ou de baldaquin composé de quatre colonnes reliées par des architraves ou des arcs, et d'une toiture à quatre pans ou plus rarement d'un dôme. C'est ce qu'on nommait un cihoriiim (fig. 81).

Nous ne possédons à l'heure actuelle aucun ciborlum complet qui soit antérieur au ix'= siècle, mais on peut, à l'aide des textes ' et de quelques fragments pai-venus jusqu'à nous, se faire une idée assez précise de ce qu'étalent ceux du iV^ ou du v= siècle. Ils étaient en bois, en pierre, en marbre, en bronze. Il y en avait même en argent dans les très riches églises, comme Saint-Pierre de Rome ^, Saint-Jean de Latran ' ou Sainte-Sophie de Constantinople +. Les colonnes qui les supportaient étaient en marbre, en porphyre, en onyx ^ Ils étaient souvent ornés de sculptures, et les Byzantins du vi" siècle, qui savaient encore manier le ciseau avec habileté, en faisaient de fort beaux dont le Musée de Constantinople a recueilli d'importants débris ''.

Au ciborium étaient suspendues des lampes, des couronnes votives, des étoffes de prix ". Plus tard, on y suspendit aussi la réserve eucharistique enfermée dans une pyxide d'ivoire ou dans une colombe de métal précieux. Mais il ne semble pas que cela se fît déjà au iv^ siècle. A cette époque, la colombe eucharistique était ordinairement enfermée dans une tour en orfèvrerie qu'un diacre apportait au moment même du Saint Sacrifice ^. Cet usage se conserva longtemps en Gaule ' aussi bien qu'en Italie.

L'espace réservé à l'autel était séparé du public par une clôture '° habituellement formée de dalles de pierre ou de marbre, posées de champ et encastrées dans de petits pilastres. Plusieurs musées d'Italie ont recueilli des débris de ces clôtures, et on en a retrouvé des restes, ou du moins des traces évidentes, dans un grand nombre de basiliques africaines. En France, le marquis de Fayolle en a signalé un curieux spécimen à Tocane-Saint-Apre (Dordogne); il est aujourd'hui conservé au Musée de Périgueux (fig. 82). C'est aux lames de pierre ajourées comme celleci qu'on donnait spécialement le nom de transenna.

1 . Voir les nombreux textes cités dans le Ghi- fragments permettent de se faire une idée de ce saire de Du Cange, vo Ciborium. qu'était la disposition des figures qui ornaient au

2. Holtzinger a recueilli et commenté les prin- iv^ siècle le ciborium de Saint- Jean de Latran cipaux textes relatifs à ce monument (Die altchr. (Lib. poiitif., t. I, p. 233).

Archit., p. 136). I 7. Lib. pontif., passint.

3. Lib. pontif., t. I, p. 233. Il fut volé par les 8. Du Cange, Gloss., aux mots : Columba, Goths d'AIaric, mais le pape Sixte III en obtint Turris, Peristerium.

un autre de la munificence de Valentinien III 9. Parmi les legs énumérés dans le testament

(Ibid., p. 233). de saint Perpet, évêque de Tours (7 v. 490), se

4. Voir la description de Sainte-Sophie par trouve une colombe d'argent avec sa tour (Par- Paul le Silentiaire, V. 720-751. dessus, Diplomata, t. I, p. 24). — Cf. Greg.

5. Le ciborium de Saint-Laurent-hors-les- Turon., De Gloria martyr., c. LXXXVI ; Marmurs est encore porté sur quatre colonnes de tène, De anliquis ecchsiae ritibus, 1. 50. porphyre qui furent données au v^ siècle par le 10. Elle est désignée dans les textes latins par pape Sixte III (Lib. pontif., t. I, p. 233). les mots septum, transenna, cancelhis (d'où notre

6. Rlvoira, t. I, p. 201, fig. 274, 275. Ces mot français chancel).

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