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CHARPENTtS KT TOITURES
Parfois h charpente était cachée par un plafond que l'on fixait sous les tirants des fermes et dont la décoration consistait en caissons de formes variées. Ce genre de couverture, dont le nom spécifique était lacimaria ', fut fort à la mode chez les Romains. Aucun exemple chrétien ne nous en reste, et les lourds plafonds caissonnés dont la Renaissance a orné une foule d'églises italiennes, comme Sainte- Marie-Majeure, n'en peuvent donner qu'une idée approximative ^
Plafonds caissonnés et charpentes apparentes étaient souvent ornés avec un grand luxe ; la couleur y était prodiguée, voire même la dorure % et certaines églises turent surnommées in crelo aiireo + à cause de cette décoration éclatante.
Les toitures étaient presque toujours en tuiles. Divers monuments du IV au vi'^ siècle, comme un sarcophage bien connu du musée de Latran (fig.
89), plusieurs mosaïques de Rome et de Ravenne > nous prouvent que les tuiles employées dans les constructions chrétiennes étaient semblables à celles qu'employaient les Romains. C'étaient des tuiles plates à rebords carrés, dont les joints étaient cachés par des files de tuiles creuses. Quelques-unes des tuiles qui couvraient les églises
de Saint-Pierre et de Saint-Paul-hors-les-murs, à Rome, nous sont parvenues. Elles portaient des estampilles qui prouvaient qu'elles avaient été fabriquées spécialement pour ces monuments.
L'usage des tuiles à rebords s'est conservé pendant longtemps ; aussi ne faut-il pas trop se hâter de conclure, comme on le fait habituellement, que leur présence dans une fouille dénote forcément le voisinage d'une ruine romaine ''. Il est pro-
. — T'ébessa. Corbeaux ser\'ant soutenir la charpeute.
1. En distinguant les laquearia et les laciinaria, je suis l'opinion de duicherat {Mélanges, p. 385), mais, à vrai dire, les anciens auteurs semblent employer indifféremment les deux expressions.
2. Certaines miniatures carolingiennes en peuvent peut-être donner une idée plus juste (voir la Bible de Grandval, British Muséum, Addit. ms. 10546, fol. 25 v).
5. Voir la lettre de Constantin à l'archevêque Macaire, au sujet de la construction de l'église du Saint-Sépulcre (Eusèbe, Vita Const., III, 32), ou la description de l'église des Saints-Apôtres
à Constantinople (Ihid., IV, c. 58) ; et ce que Prudence dit de Saint-Paul-hors-les-murs (Per/j/. , hymne 12).