‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 82 sur 377 · I. VogiJé, Syrie centrale, t. I, p. 6i et · texte numérisé non relu

I. VogiJé, Syrie centrale, t. I, p. 6i et

EGLISES BYZANTINES

rf^

Je sortirais du cadre que je me suis tracé, si j'essayais de présenter ici un résumé des tâtonnements par lesquels les architectes byzantins ont dû passer pour arriver à la solution de ce problème '. D'ailleurs la chronologie des édifices orientaux est encore si mal établie qu'un pareil essai serait prématuré. Qu'il me suffise dédire que, suivant les régions, on recourut à des combinaisons de voûtes fort diverses. Ainsi en Asie Mineure on essaya de la voûte en berceau, comme on le voit dans les églises d'Andaval, de Binbirkilissi, de Perge en Pamphilie -, etc. Mais les reprises et les restaurations, dont on reconnaît les traces en étudiant ces monuments, montrent à combien de mécomptes ont donné lieu les tentatives de ce genre.

Dans le Hauran, on profita des grandes dalles que fournissaient en abondance les carrières du pays pour couvrir les édifices avec de longues pierres portées sur des arcs et qui forment plutôt des plafonds que des voûtes proprement dites.

Ailleurs enfin on essaya de combiner le système de la coupole, dont les édifices octogones offraient de nombreux exemples, avec le plan basilical, et on imagina de monter une coupole au centre de l'église et d'employer la voûte en berceau pour les bas-côtés et le reste de la nef, comme à Kodja Kalessi ' et dans l'église beaucoup plus récente de la Panagia Chrysokephalos, à Trébizonde (fig. 117) +.

La coupole finit par l'emporter, grâce au puissant mouvement artistique provoqué par Justinien et dont l'apogée est marquée par la construction de Sainte-Sophie de Constantinople, un des édifices les plus amples comme proportions, les plus hardis comme construction, les plus somptueux comme décoration, que les chrétiens aient jamais élevés.

Fig. 117. — Trébizonde, Église de la Chrysokephalos, d'après Millet.

1. M. Diehl en a dressé un tableau aussi complet que nos connaissances actuelles permettent de le faire dans son Manuel d'art byzantin.

2. Il convient de faire de grandes réserves quant à l'âge de ces monuments et à l'ancienneté de leurs voûtes. Dans certaines églises, comme à Andaval, les voûtes semblent avoir été substituées à une couverture primitive en charpente (Rott, Kleiiiasial. Denhii., p. 105 et 195). Les dates proposées par Strzygowsky sont

trop souvent arbitraires. Il est probable qu'il faudra beaucoup en rabattre le jour où on les passera au crible d'une critique sévère. Personne néanmoins n'a mieux compris que lui la série de transformations qui ont conduit les Byzantins de la basilique non voûtée à l'église à coupole centrale.

3. Si l'ingénieuse restitution de Strzygowskv (Kleinasien, p. 112) est exacte.

Page 1