‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 111 sur 120 · Paris, Lamy, 1781-1796, 12 vol. gr. in-f · texte numérisé non relu

Paris, Lamy, 1781-1796, 12 vol. gr. in-f

4. Voyage pittoresque de la France, 4 vol. d'estampes gr. in-f*, Paris, 1784. — Le 2* vol. contient la Franche-Comté, la Bourgogne, le Languedoc, etc. — f** 38, 80, 81, 82.

5. Albert Lenoir, Architecture monastique, 1'* partie, Paris (Imprimerie nationale) 1852, in-4*; 2* et 3* parties, Paris, 1856, in-4*. (Collection des Documents Inédits sur l'histoire de France.) Entrée du monastère de Cluny, i, 73 ; plan de réglise, II, 43; plan du porche, ii, 78; vue intérieure du porche, n, 79.

6. Viollet-le-Dac, Dictionnaire raisonné de Varchitecture française du onzième au seizième siècle, Paris, 10 v. in-8* ; vue du porche à l'intérieur, t. VII, p. 264.

Cf. A. Hugo, France historique et monumentale, Paris, 1841, 5 vol. in-4». — Porte d'entrée de l'église de l'abbaye de Cluny, t. II, p. lxxz.

7. Album de Cluny (Saône-et-Loire), dessins par Aymar Verdier, architecte, 1852, in-f.

8. Série H. (Ce plan a été reproduit par M. A. Pcnjon dans Cluny, la Ville et l'Abbaye, 2* éd.. Cluny, 1884, in-8«.)

1. Les cannelures de ces colonnes sont verticales dans une moitié du fût, spirales dans l'autre moitié, et inversement d'une porte à l'autre; trois pilastres cannelés, de chaque côté et au milieu des deux ouvertures soutenaient une corniche qui a disparu.

2. Le plan donné par Mabillon indique 5 marches; le ms. de Ph. Bouché (p. 97) n'en donne que 4. Ces marches circulaires furent supprimées vers 1750 par dom Dathoze; le reste de l'escalier fut détruit en mai 1794 et remplacé par le chemin en pente qui existe aujourd'hui.

3. a Le piédestal (de cette croix) est à huit pans, haut d'environ 10 pieds;

chaque pan est orné de 3 colonnes, 2/3 hors de la masse; la croix est élevée à la même hauteur sur le piédestal : elle est dans l'ordre ionique. » (Ph. Bouché). Cette croix fut abattue le 18 novembre 1793, et le piédestal le 15 mai 1798.

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Saint Hugues avait bâti son église, selon Tusage, de Toccident à Torient, au pied de la montagne sur le penchant de laquelle s'étageaient les maisons de la ville. Après avoir passé sous un portique roman à deux arches, ornées à leur partie antérieure de colonnes engagées, cannelées *, dont la construction remonte probablement au dernier quart du onzième siècle (ce portique existe encore), on descendait par cinq larges degrés circulaires - à une première plate-forme où s*élevait sur un piédestal octogonal haut de dix pieds une belle croix de pierre de même hauteur 3, datant de Eudes de la Perrière, c'est-à-dire du milieu du quinzième siècle. Un second degré de douze marches venait ensuite, puis un troisième de six marches, un quatrième de six marches également; un cinquième de quatre marches, et enfin un sixième qui donnait entrée dans le narthex et se composait de huit marches.

Le quatrième degré commençait à l'alignement de deux grosses tours carrées construites en avant de la façade du narthex et laissant entre elles un intervalle de trente pieds occupé par les trois derniers degrés : la première 'marche du dernier degré était placée en dehors de la porte d'entrée du narthex, et les-sept autres, à l'intérieur, correspondaient ^'^ ^^à l'épaisseur du mur de façade. Toutes les précautions étaient prises pour écarter l'humidité qu'une pareille situation aurait nécessairement introduite dans le narthex :

on avait ménagé de longs canaux souterrains qui recueillaient les eaux et allaient se décharger à Torient dans les beaux jardins de Tabbaye.

Les tours carrées, dont on voit encore la base, hautes d'environ 140 pieds (environ 47 mètres) sur une largeur de 41 pieds 9 pouces, étaient renforcées sur leurs angles par des contreforts unis ayant 9 pouces de saillie (0 m. 25), 6 pieds de large (2 mètres), et 90 pieds (environ 30 mètres) de haut; deux cordons, sur les quatre faces, servaient, l'un de couronnement aux contreforts, l'autre de plate-bande aux fenêtres de l'étage supérieur. Ces tours, connues sous le nom de Barabans en souvenir des cloches énormes enlevées sous le règne et par les ordres de Claude de Guise, abbé de Cluny, pour faire du canon à l'usage de sa forteresse de Lourdon, étaient simplement couvertes d'un toit plat à tuiles creuses ^ : celle du midi était le siège de la justice et contenait une prison. L'entrée était une porte d'ordre corinthien, aux armes de Richelieu 2, avec les statues de la Prudence et de la Justice dans des niches sur le fronton. La tour du nord renfermait les archives de l'abbaye 3. L'époque à laquelle ces deux tours furent construites est difficile à préciser : peut-être sont-elles du treizième siècle, <5ont^mpoFaines du narthex. Il est évident d'ailleurs qu'elles furent remaniées, et nous savons que l'abbé Eudes de la Perrière en fit refaire une au quinzième siècle, et que l'autre, un siècle avant, avait été surélevée par Pierre de Chastellux.

1 . Ce couvert a été démoli le 5 ot le 6 fructidor de Tan VI, qui se trouvent être les 1'2 et 23 août 1798 de l'ère vulgaire (note de Ph. Bouché). Ces tours ont été démolies en partie, celle du nord, en 1809, Tautre en 1810 (note de Penjon) ; quant à l'opinion commune que ces deux tours, dans le plan primitif, devaient être surmontées de flèches monumentales, c'est une erreur.

2. Ces armes (d'argent à trois chevrons de gueules) furent abattues le 3 septembre 1792 par le Ûls Durand, tailleur do pierres, d'après les ordres de la municipalité, sur la pétition qui lui avait été présentée par la société des Amis de la Constitution de la ville de Cluny. (Note de Ph. Bouché.)

3. On a commencé À démolir cette tour pour en prendre les bois et les tuiles le VO juin 1809. (Note de Ph. Bouché.)

L'espace compris entre les deux tours, au devant du portail du narthex, et le portail lui-même, étaient recouverts par un appentis autrefois décoré par un lambris peint, formé suivant le contour du portail.

Ce portail, dont il subsiste encore un fragment, fut refait au quinzième siècle par Eudes de la Perrière : il était très profond, et orné, en avant des pieds droits, de quat^rie colonnes isolées ^, dont la première à droite et à gauche était coupée horizontalement en manière de niche : dans la droite était placée une statue de pierre, haute d*environ 6 pieds, représentant saint Jean TÉvangéliste; saint Etienne lui faisait pendant de l'autre côté; une statue de saint Pierre, placée de la même façon, ornait le trumeau du portail^ dont les baies étaient amorties par des cintre» «urbaissé». Entre les cintres de la porte et les archivoltes d'encadrement était placée une demi-rose formée de cinq colonnes en pierre, et garnie de vitraux, qui reposait sur un massif haut d'environ 3 pieds, peint et décoré de trois figures de pierre en relief, la Vierge entre deux anges. ^ .

La porte du narthex était à deux battants en bois sculpte, ornés de trente figures en relief.

Au-dessus de l'appentis qui recouvrait le portail, on voyait une rose de pierre, garnie de vitraux, qui occupait tout l'intervalle entre les deux tours : de forme circulaire et d'environ 30 pieds de diamètre, cette rose se composait de vingt branches nées de la circonférence d'une rose plus petite formant le centre de la première *. « Les branches

1 . Philibert Bouché écrit : c Le portail du ve«tlbnle est dans le goût gothique ; il a eoviron 26 pieds de hauteur sur la largeur de 16, ce qui en marque évidemment rirrégularité ; les jambages sont ornés de chaque cûlé de 14 colonnes en pierre »

2. Ces trois statues ont été brisées le 19 novembre 1793. (Noie de Ph. Bouché).

3. Ces trois petites figures ont pareillement été brisées le 19 novembre 1793. (Note de Ph. B.)

4. Cette rose, en pierre de grès supérieurement travaillée, est le morceau le plus remarquable de Tabbaye. L'on en a enlevé les vitraux, treillis et barres de de fer qui supportaient le tout les 2 et .1 thermidor de Tan VI de la République,

de deux à deux terminent à leur extrémité un cintre taillé en tresse ; le contour du grand cintre est formé par une moulure massive, en manière de quart-de-rond, placée entre deux tours creuses ; la rose est couronnée par un massif en chevron brisé où on voit la figure d*un bénédictin en aube, Tencensoir à la main. Cette figure est en pierre, haute d'environ 4 pieds */^î placée sur un piédestal carré. ^

Le narthex a trois nefs, construit ou peut-être simplement achevé par Tabbé Roland de Hainaut vers 1220, comprenait quatre rangs de piliers, c'est-à-dire cinq travées^. Le plan des piliers était cruciforme : la face regardant la nef et les deux faces adjacentes étaient cantonnées de pilastres cannelés avec chapiteaux corinthiens ; une colonne engagée y J" faisait saillie sur la face tournée vers le collatéral K Le plan des piliers du narthex donné par Albert Lenoir dans son Architecture monastique^ indique quatre pilastres : c'est une erreur.

La voûte des collatéraux était formée de compartiments d'arêtes séparés par des doubleaux. Les grandes arcades avaient leur cintre en tiers point. Un chapelet de grosses perles ornait leur archivolte du côté droit de la nef; à gauche c'étaient des ornements en forme d'échiquiers.

Les chapiteaux des pilastres tournés vers la nef étaient

qui se trouvent être les 21 et 22 juillet 1798 de Tère vulgaire. (Note de Ph. B.) La rose s'écroula ensuite d'elle-même.

1. Ms. de Ph. Bouché, p. 100. — Cette figure ou statue a été enlevée par le citoyen Colas Oeotier, couvreur et entrepreneur de bâtiments, le 1" décembre 1793. (Note de Ph. B.)

2. Le 26 thermidor de Tan VI, qui est le 13 août 1798 de l'ère vulgaire, l'on a commencé à découvrir le vestibule, et l'on se propose de continuer de suite à découvrir l'église pour ne laisser que des masures et des ruines à la place d'un édifice que l'on aurait pu rendre utile soit à la nation soit au public. (Note de Ph. B.)

3. « Le vestibule est soutenu par quatre [rangs de] piliers à trois faces [garnies de] pilastres cannelés avec deux arrière-corps (ce sont les dosserets sur lesquels étaient appliqués les pilastres) ; la face tournée du côté des collatéraux est [ornée] d'une colonne saillante deux tiers hors de la masse du pilier soutenue comme aux autres faces de deux arrière-corps; le diamètre des piliers est de 7 pieds. » (Ms. de Ph. Bouché, p. 103).

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