‹ L'architecture ruraleChapitre 11 sur 37 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Ce qui donne en moyenne pour le nu'irc cul» rcol, 150 kilog.. et pour l'emplacement n u ‘occuperont 1000 kilog. do téiéules, 6 mi tre» 7:t0 millimètres cubes.

iso

Cent kilogrammes de gerbes de froment, de seigle, d orge ou d'avoine venues dans un terrain fertile, donneront, en

moyenne, 50 kilo?;, de grain cl 70 kilog. de paille. Dans les années ordinaires, pour nos climats, les récoltes occupent les espaces suivants :

1000 kilogrammes, gerbes de froment. 9” 00 à 9ln 20 cubes.

id.

id. de seigle...

id.

id. d’orge

id.

id. d’avoine...

1000 kil.

de foin de trèfle avec son regain

1000 kil.

id.

de prairie id.

Grains

litres occuperont un

espace de l"1

lm 10 de hauteur.

Fourrages secs : De 130 kilog. au mètre cube, ou 7m 700 cubes par 1000 kilog.

Id. De 140 kilog. au mètre cube, ou 7ra 150 cubes par 1000 kilog.

Racines : 800 kilog. au mètre cube, ou 1” 230 cubes par 1000 kilog.

Losquc l’on construit une grange, on ne peut déterminer exactement la capacité qui serait nécessaire pour les besoins de l'exploitation, si l’on ne connait ce que peut produire la récolte dans telle ou telle localité; il faut donc prendre pour base le rendement d’une année favorable ; ce rendement peut être, dans de bonnes terres à blé, de 10,000 kilog. par hectare.

Supposons qu’un mètre cube de gerbes soit équivalent au poids de 100 kilog. de celles-ci, il faudra 100 mètres cubes pour le placement de 10,000 kilog. de céréales récoltées sur un hectare.

Une ferme qui exploite 20 hectares de terres cultivées en blé, aura besoin d’nne grange d'une capacité effective de. 2000 mètres cubes; outre cela, il faudra ajouter environ 100 mètres cubes pour l’aire a battre, ce qui portera à 2,100 la totalité des mètres cubes indispensables. Un bâtiment ayant 50 mètres de longueur, 10 mètres de largeur et 7 mètres de hauteur (1), présentera cette capacité.

(1) Ces mesures son! prises extérieurement : nous ne ilciluisniis rien pour le Tait âge.

Du rboit et de l'emploi de» tlnlêrlaux.

La qualité d'une conslruction dépend du choix judicieux des matériaux. Tous les matériaux sont bons quand ils sont placés dans le lieu qui leur convient et qu'ils sont bien employés ; la mise en œuvre est subordonnée aux ressources locales, tant pour le premier établissement que pour l’entretien.

Le constructeur doit connaître le prix de revient des matériaux, tels que la pierre, le moellon, la brique, le bois, le pisé, afin qu’il puisse choisir ceux qui sont le plus en rapport avec l’importance de l’exploitation : ear il serait absurde de faire des constructions de peu de durée pour une ferme bien exploitée et d’un bon rapport. Dans ce cas, on adoptera de préférence la pierre, la brique ou le moellon ; on abandonnera les autres matériaux aux pays ingrats, où la culture n’est pas d’un bon rendement.

Une construction en pierre coûte ordinairement plus que les autres; mais la dépense première est compensée par la durée de l’œuvre, par la modicité des frais d’entretien qu’elle occasionne, et par les garanties qu’elle donne contre l’incendie. Ce genre de construction peut durer de cent cinquante à deux cents ans; les autres ne durent d’ordinaire que cinquante ou cent ans. Si la dépense est plus faible, la valeur est plus promptement anéantie. Lorsque les prix des matériaux sont basés sur des devis positifs , on a bientôt décidé auquel des deux systèmes on doit donner la préférence.

Tout luxe de décoration doit être banni des constructions rurales ; on préférera donc toujours la simplicité et l’économie. Ainsi la pierre ne sera employée que là où elle sera strictement nécessaire, c'est-à-dire pour les angles et pour ce qui est sujet à détérioration. Si dans quelques pays la pierre est abondante, il en est d’autres où elle n'existe pas : les matériaux secondaires sont alors la ressource des constructeurs agricoles; ils sufliront dans un ensemble de constructions rurales, si l’architecte ou le propriétaire les emploient avec intelligence, avec bon goût et économie.

— Itl

Par suite de l'augmentation constante du prix des bois, le fer cl la fonte sont appelés à jouer un grand rôle dans les constructions rurales, dans la charpente des hangars, des granges, des magasins à grains, à fourrages, et de tous autres bâtiments de grande portée. C'est surtout dans les établissements où des capitaux considérables sont engagés, que l’on doit choisir avec le plus grand soin les matériaux les plus convenables, soit quant à la durée, soit quant à l'économie des frais d’entretien.

Dans quelques contrées , notamment en Allemagne , on consacre trop de capitaux aux bâtiments d'exploitation; c'est un tort, car les intérêts d’un capital élevé diminuent d’autant le revenu net. Il arrive assez souvent que celui qui s’est rendu acquéreur d’une propriété, a fait une meilleure affaire que celui qui a établi les bâtiments. Les bénéfices de l’exploitation ne reviennent pas toujours à celui qui a édifié, lin capital superflu est toujours chose onéreuse; aussi conseillons-nous, pour les constructions ordinaires, d'employer les matériaux les plus communs.

En Belgique, la contrée que l'on désigne sous le nom de Pays de Waes, et où la culture est des plus soignée, les granges, les écuries, les remises et les hangars sont construits en bois et recouverts de planches ; la maison d'habitation seule est en briques. Toutes ces constructions sont propres, élégantes, commodes cl peu dispendieuses.

Dans l'espace d’un siècle, les besoins d’une exploitation peuvent changer complètement. Aussi serait-il difficile de déterminer d’une manière absolue le genre de construction le plus économique, et de dire s’il vaut mieux construire en pierre ou en bois. On ne peut guère que conseiller d'employer, surtout dans les pays où la pierre est rare, la brique, les pans de bois, le pisé, avec revêtements partiels et autres analogues. L’emploi de ces matières donne, dans le plus grand nombre des cas, les meilleurs résultats. D’un autre côté, il ne faut construire que les bâtiments réellement indispensables, et établir des gerbiers, des meules de foin et de paille, et des silos pour les racines.

Le plus bel ornement d’une construction rurale, c’est la simplicité et l’utilité. N’aflichons pas ce luxe que les propriétaires d’autrefois étalaient avec ostentation, pour montrer leur richesse : une construction solide, rationnelle et élégante, voilà ce que l'on doit avoir en vue.

La chaux et les ciments hydrauliques, dont le prix ne peut manquer de baisser, viendront en aide au constructeur ; une foule, d’ouvrages en profiteront pour la solidité et la durée. Ainsi, les abreuvoirs, les lavoirs, les crèches, les citernes à eau et à purin seront parfaitement étanchées; les rejointoiemenls intérieurs et extérieurs préserveront les bâtiments de l'humidité; l’épaisseur des aires de greniers et de granges, des voûtes en béton pour caves et silos, diminuera d'un tiers ou du quart, comparée à celle que leur donnait l'ancien mode de construction.

De l'économie dnns Ica conMtructlonA rurnlcA.

Quelle que soit la destination d’un bâtiment agricole, il est nécessaire de l’établir avec une stricte économie. En parlant ainsi, nous n’entendons pas faire l’éloge de ces constructions maladroites, grossières, qui n’ont d’ailleurs qu'une très-courte durée, et dont les frais d’entretien dépassent de beaucoup la valeur du premier établissement.

L’économie doit être bien entendue et relative à la nature de chaque bâtiment; ainsi, les maisons d'habitations, les granges, les logements des animaux domestiques, ont besoin d'une certaine solidité et de matériaux convenables. Dans cette catégorie surtout, les ouvrages négligés ne sont pas économiques ; ils sont au contraire une cause de dépenses continuelles.

La construction des bâtiments qui doivent servir à l’exploitation d’un sol nouvellement mis en culture, est toujours d’un prix élevé, comparativement aux autres charges que réclame la mise en culture : c’est un des principaux motifs qui retardent les progrès de l'agriculture en général, et les grands défrichements des landes, des bruyères, etc.

Chaque bâtiment doit être étudié séparément : il faut savoir, 1° quel sera son emploi; 2° si l'intérieur sera chargé de poids considérables ; 5° si tel ou tel effort de pression peut déranger certaines de ses parties ; 4" comment les forces seront reparties. L'intelligence raisonnée de ces divers points constitue le vrai mérite du constructeur; l'expérience et les règles établies lui indiqueront quelle est la force nécessaire dans tel ou tel cas ; il s'abstiendra de donner à l'ensemble de son bâtiment une solidité superflue , qui serait hors de proportion avec les usages auxquels il est destiné.

On devrait, dans les bâtiments agricoles, en ce qui concerne leur masse et leur solidité, imiter les constructions affectées à l’industrie manufacturière.

Chaque localité a son mode de construction, et ce mode ne s’est établi qu’à la longue, suivant l’état de l’agriculture, le climat cl les ressources du pays en matériaux et en ouvriers. Comme il est dû aux convenances locales, il y a rarement avantage à s’en écarter.

Nous avons dit que tous les matériaux étaient bons, pourvu qu’ils fussent bien employés. Ce n’est pas leur nature ou leur qualité spéciale qui rendent un bâtiment plus solide qu’un autre, c’est l’emploi judicieux qu’on en fait.

Les constructions en briques, en bois, et même en terre, sont bonnes, si elles ont été faites avec le soin que réclame leur mise en œuvre, et en observant les dimensions nécessaires à leur stabilité et à leur durée. Ceux qui se servent de matériaux sans savoir les approprier convenablement, produisent des ouvrages informes et défectueux. Si île fausses dimensions ont été données aux murs, il y a manque de solidité d’une part, ou dépense superflue de l’autre ; le mérite est de choisir un juste milieu.

Les bâtiments ruraux n’ont pus besoin d’une trop longue durée. Si pour 12,000 fraues on peut avoir un bâtiment d’exploitation qui subsiste pendant quinze années en bon état, et qu'il faille 50,000 francs pour ériger la même construction, dont la durée probable serait de deux sièeles, ce

sera mi capital engage de 56,000 francs, qui pèsera eonslaniiuenl sur les frais d'exploitation.

Dans le premier cas, il est vrai, nous ne garantissons qu'une durée de quinze années ; au bout de ce temps on dépensera la même somme de 12,000 francs pour édifier à nouveau, suivant son goût, avec les améliorations qu'on jugera utile dans la disposition et dans l'arrangement. I.a somme de 24,000 francs restant, montant de la différence du coût des deux constructions, placée au taux annuel de 5 p. 0/0, sera doublée en quinze ans, par l'accumulation des intérêts, et produira 48,000 francs; si l'on en déduit les 12,000 francs consacrés à la nouvelle construction, on a encore une somme de 56,000 francs. Après quinze autres années, cette somme aura produit 72,000 francs qui, au taux de 5 p. 0/0, donneront 5,600 francs d'intérêt.

Les exploitations tenues de génération en génération par la même famille, cl dans lesquelles ou aura admis le principe des constructions légères, procurent des bénéfices encore plus considérables , car il sullit de 45 uns pour qu'un capital soit renouvelé huit fois.

L’économie consiste aussi dans le nombre et la disposition des bâtiments nécessaires à une exploitation ; on ne doit les construire que suivant les besoins du moment. Cette recommandation est applicable surtout aux pays ingrats, ou quand des terres commencent à être mises eu culture par suite du défrichement des bois , des bruyères , etc. , ou encore lorsque des terres , après avoir été longtemps négligées , sont remises eu d'autres mains dans l'espoir d’en tirer un meilleur produit. l!n exemple nous sullira pour faire connaître les besoins d'une exploitation commençante et dans laquelle on doit chereher à dépenser le moins possible.

S'agit-il de construire un corps de ferme sur un domaine quenous supposerons de 20Ü hectares, domaine qui, jusque-là, avait été affermé par parcelles aux habitants de la localité , et complètement négligé faute de culture et d'engrais? Le sol est susceptible d'amélioration si l’on y cultive les racines et si l’on y ajoute une distillerie. Ou peut espérer que dix années

— 1 lü —

suffiront pour ramoner la propriété au niveau tics propriétés voisines. On y entretiendra un troupeau de (iOO moutons, (>0 têtes de gros bétail , 8 chevaux et 9 pores.

Au moment de la création de cette ferme , la jécollc des fourrages et de la paille ne suffira pas à la moitié de la consommation journalière des animaux.

On construira progressivement les bâtiments dont on aura un besoin absolu ; mais avant de procéder à leur édification, il est indispensable d’avoir un plan bien arrêté de l’ensemble du corps de ferme ; on réservera alors les plaees destinées aux constructions ultérieures , de façon que quand le tout sera construit , chaque bâtiment soit à sa place et que leur réunion forme un tout bien agencé.

Il faut en outre , pour parer A toutes les éventualités , prévoir le cas où l’on séparerait la ferme en deux exploitations distinctes, sans que l’unité et l'harmonie soient rompues si clic restait à l’état d’exploitation unique.

Les constructions pour les fermes de ce genre se divisent en deux catégories : les constructions momentanées et les constructions normales. Les premières se feront immédiatement, les secondes pourront se faire dans l'espace de dix années.

Les constructions auront lieu dans l’ordre suivant : 1" la maison d’habitation de la ferme; 2U la bergerie; 5" les étables pour les bétes de trait et de rente; 4“ la distillerie ; 5° les remises et hangars; 6° les granges. (Voir la planche XIII, figure. 3.)

I. l!ne des façades de la maison d’habitation donne sur une route , l'autre sur la cour de la ferme. Cette maison est divisée en trois parties. Le pavillon central a deux annexes B et C. La partie du milieu ne suffisant pas aux besoins de la famille du fermier et des ouvriers ou domestiques , on élève eu même temps, ou quelque temps après, la partie B.

Dans la prévision que la ferme pourra être partagée en deux exploitations distinctes , nous avons indiqué deux entrées dd.

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