‹ L'architecture ruraleChapitre 13 sur 37 · I -2ti · texte numérisé non relu

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planchers ci une |iromptc détérioration ne larde j>ns à sc produire lorsqu'on n’y porte pas remède.

S'il s'agit des bâtiments d'exploitation , l'eau qui pénètre dans les greniers gâte les fourrages ou les denrées qui y sont renfermés. 11 faut, autant que possible, éviter l'emploi des noues, des arêtiers et des lucarnes. Leur suppression amènera moins de défectuosités dans les toitures , surtout dans les pays sujets aux grands coups de vents et où il tombe parfois de la neige en abondance. La neige qui s’amoneèlc dans les noues lie tarde pas, lorsqu'elle vient à fondre, à s’infiltrer dans l'intérieur , ee qui a lieu particulièrement dans les constructions légères où le comble n'a pas la rigidité nécessaire pour supporter une surcharge , et où le métal qui forme les noues n'a )ias une largeur suffisante. Ces inconvénients écartés , l'eau ne peut plus entrer que par les ouvertures apparentes, cl alors il est facile de réparer les endroits défectueux.

Un moyen que nous avons vu mettre en pratique pour les grands bâtiments, pourrait fort bien s'appliquer aux bâtiments agricoles; il consiste à charger de l’entretien des toitures un couvreur expérimenté , auquel on paie une certaine somme annuelle. Cette manière de procéder est bonne , parce que le couvreur a tout intérêt à ce que son ouvrage soit bien fait et durable. Le propriétaire, de son côté, n'a pas de surveillance à exercer sur un travail qu'il n'est pas toujours commode de contrôler par soi-même. C'est, du reste, un expédient économique , car , pour une faible somme , on a une toiture toujours bien entretenue; aussi voudrions-nous le voiradopter par tons les propriétaires qui ont des exploitations rurales de quelque importance.

A nos recommandations générales , nous en ajouterons une toute particulière.

Un propriétaire doit visiter chaque année, et dans les plus minutieux détails, les bâtiments de ses exploitations , afin de s’assurer si quelques réparations ou si quelques améliorations sont devenues nécessaires. Cette visite doit avoir lieu avant la rentrée des récoltes , parce qu'alors les différents locaux sont plus ou moins vides. D’un autre côté, si l'on

projcllc quelque conslruclion pour le printemps suivant, le fermier peut faire les charrois de matériaux lorsque les travaux des champs sont terminés ; de ectte manière, tous les matériaux sont réunis pour l'époque où la construction doit commencer, et le fermier ne perd pas un temps précieux quand les travaux des champs le réclament.

Pour qu'une construction se fasse avec économie, il faut qu'elle soit réfléchie et méditée, et que tout soit sous la main avant de se mettre à l'œuvre ; car il est infiniment pins difficile île se proeurcr des ouvriers à la campagne qu'à la ville, et si les ouvriers doivent chômer ou quitter leur travail faute de matériaux, il y a pour le propriétaire une perte réelle. On comprend que s’il en était ainsi pour chaque corps de métier, le prix de revient d'tinè construction pourrait excéder d’un cinquième ce qu’elle aurait coûté si tous les matériaux avaient été à pied-d’œuvre. *

Tout bâtiment doit être fait d'un seul coup et sans interruption ; ainsi, les grillages doivent se trouver prêts lorsque les ouvriers maçons arrivent à la hauteur à laquelle ces grillages doivent être posés ; il en est de même pour ce qui concerne la charpente, la couverture, et en général pour toutes les parties qui constituent l’ensemble d'un bâtiment.

Personne plus qu'un propriétaire n’est intéressé à tout voir par lui-mème, et à prévoir les dégradations qui peuvent survenir; ce soin ne doit être abandonné ni au fermier ni au régisseur. Souvent ceux qui sont chargés d’administrer les biens d’un domaine , ne les soignent pas comme ils le devraient, et cela dans le but de ne pas se créer de soucis et de ne pas faire de dépenses ; cependant ccs dépenses ne sont jamais onéreuses lorsqu’on les fait sur-le-champ ; il en est tout autrement lorsqu’on les ajourne.

CoAl de» bâtiment* ruraux par rapport aux produit*» de l’exploitation.

La dépense occasionnée par les bâtiments ruraux doit être en rapport avec l'importance de la ferme, le genre de cul—

lure et le elimai sous lequel les eonslnietions sont élevées. Les auteurs qui ont écrit sur ee sujet l’ont envisagé de diverses manières. Les uns ont pris pour hase la valeur du loyer, pour les fermes de moyenne et de petite étendue ; ils estiment que lorsqu’un fermage s’élève à 10,000 francs, une somme pareille doitsuflirc pour la maison d’habitation. Dans une ferme plus importante, ils portent cette somme â 14 et 15,000 francs. Pour ce qui est des bâtiments d’exploitation, ceux d’une ferme moyenne coûteront 20,000 francs : il en faudra dépenser 50 dans une ferme plus considérable.

C'est ee qui se pratique en Angleterre, où le fermier tient à être bien logé ainsi que sa famille. En France et en Belgique, le coût de ces mêmes constructions serait moindre, parce que les matériaux n'y sont pas aussi chers, et que la maind'œuvre y est à meilleur compte.

D’autres ont ptis pour base la production en nature ; mais pour adopter ce principe, il est nécessaire aussi d’estimer la valeur des récoltes, car on conçoit que l’on commettrait une faute grave si l’on établissait des bâtiments de même valeur dans une ferme à froment et dans une ferme â seigle, la valeur des récoltes et par conséquent le prix des fermages étant beaucoup moindre dans la seconde que dans la première.

D'après ces données, et pour rester dans l’idée qu’ils ont émise, il ne faut construire les bâtiments destinés â une ferme â seigle, qu’avec des matériaux moins résistants et moins chers; ces bâtiments seront donc moins commodes et moins solides, les récoltes moins abritées, le bétail plus mal logé, et tout cela pour être en rapport avec la valeur des denrées que l’on récolte.

Les frais de construction des dépendances d’une ferme ont été établis dans les proportions suivantes :

1° Ecuries, étables, bergeries : 120 p. 0/0 de la valeur des fourrages secs et verts et des racines de toute nature qui peuvent y être contenus ;

2“ Granges : 48 p. 0/0 de la valeur des récoltes ;

5“ Greniers, magasins, hangars , chambres à fourrages : 25 p. 0/0.

1 iO —

En prenant pour base les produits bruts de l'exploitation, on est arrivé aux évaluations suivantes :

1° Écuries, élnbles , cte. : 75 p. 0/0;

2° Granges : 58 p. 0/0 ;

ô° Greniers, magasins : 15 p. 0/0.

D'après eette estimation partielle , les frais de construction des bâtiments d'exploitation s’élèveraient à 128 p. 0/0 de la valeur des produits bruts.

Comme on le voit, il serait assez ditlieilc d’apprécier avec exactitude ce que peuvent coûter dos bâtiments ruraux qu'on veut mettre en équilibre avec l'importance des cultures : ceci d'ailleurs ne s'appliquerait qu’à une ferme en pleine exploitation ; il n’en saurait être de même quand il s'agit d’ériger les bâtiments d'une ferme nouvelle. Cherchons donc une évaluation plus rationnelle , et pour cela rendons-nous compte approximativement de la dépense qu'entraîne la construction des bâtiments nécessaires à l'exploitation d'un domaine, en prenant pour base la production du sol et le bétail, avec ou sans addition de culture spéciale.

Les exploitations éloignées des centres d'habitation nécessitent dans la construction des bâtiments des frais plus considérables que les exploitations situées près d’un bourg ou d’un village populeux. Il faut avoir égard à cet excédant de dépense, surtout lorsqu'il s’agit d'effectuer des défrichements, de rendre fertiles des landes et des bruyères , ou de dessécher des marécages , etc.

Comme nous l'avons dit , toute exploitation qui commence ne doit recevoir que les bâtiments qui lui sont strictement indispensables ; il convient d’ajourner aux années subséquentes , et A l’époque où l'exploitation sera arrivée A son degré normal de culture , les bâtiments qui restent A construire.

La dépense des constructions rurales peut varier de plusieurs manières : I" selon l'importance et le genre de culture de l'exploitation ; ï" selon la solidité qu'on veut leur donner, lin se tenant dans une limite moyenne , on peut évaluer celle

dépense, pour une ferme de GO à 100 hectares, de lu manière suivante :

Dans les pays qui sont privés de pierres à bâtir, mais où l'on peut se procurer la brique , le bois , les matières végétales cl la main-d’œuvre à bon compte, le coût moyen des bâtiments petit être évalué par hectare à 375 francs ; ainsi , les bâtiments d’une ferme qui occupe GO hectares coûteront 22,500 francs.

Dans les pays oû l'on trouve les moellons et la chaux, oû l’on peut faire les constructions en maçonnerie, où les bois de charpente sont à des prix modérés, les toitures faites en tuiles, la moyenne par hectare sera de MO francs ; soit 29, V00 francs pour une ferme de GO hectares.

S'il s’agit d'une ferme située près d’un centre d’habitation, où la main-d’œuvre est élevée , les matériaux rendus à piedd'œuvre à un prix ordinaire , et où l'habitation et les dépendances seront plus soignées que dans les deux cas précédents, la moyenne par hectare reviendra à G50 francs (1).

C’est d’après ces données que doivent être faites les évaluations des constructions dans un domaine nouveau ; elles peuvent différer en certains cas , mais elles sont assez précises pour qu’on ne tombe pas dans de graves erreurs lorsque l’on commence une exploitation. C’est faute trèssouvent de s’ètrc renseigné exactement sur ce sujet qu’on éprouve des déceptions. C’est à établir l'avanl-projct des entreprises de défrichement et des travaux qui en sont la conséquence, que l’on doit apporter le plus d’attention; car, lors même que l’on resterait dans un juste milieu quant à la dépense des bâtiments , cette dépense forme néanmoins , dans la plupart des cas, la moitié de la valeur de la mise en culture.

Des exemples nombreux viennent à l'appui de ces considérations, et prouvent que si quelquefois une entreprise de

(1) Ces prix ne seraient plus aussi exacts dans le cas où les granges devraient renfermer foules les récoltes; nous avons supposé «pie l’usage des meules était habituel et que In grange n’avait qu’une grandeur médiocre.

défrichement n’arrive pas à terme, e'est parce «jue l’aperçu de la dépense manquait d’exactitude.

Si nous nous appesantissons autant sur l’économie qu’on doit apporter dans la construction des bâtiments, en conseillant de n’édifier que ceux qui sont indispensables, c’est que cette économie est commandée par des raisons majeures. Il s’agit d’abord de ne pas dépenser un capital qui pourrait être mieux employé quant au revenu qu'il doit produire. Ensuite, les bâtiments destinés aux logements des animaux domestiques , où le nouveau système de stabulation est appliqué avec intelligence , sont souvent préférables et donnent de meilleurs résultats que ceux qui ont été faits avec plus de frais , car les boxes et tout ce qui a trait à ce genre de stabulation des animaux domestiques obtient une préférence inarquée sur le système anciennement suivi. Un fait qui vient à l’appui de cette considération, c’est que dans les contrées où la propriété jouit du privilège de ne pouvoir être morcelée, où un patrimoine passe de famille en famille sans division ni partage , ce système est adopté et produit d’excellents résultats.

Chez nous , où la propriété est destinée à subir tant de modifications, soit par les ventes , soit par les partages, on ne peut pas avoir la certitude que, dans un avenir plus ou moins éloigné , elle ne changera pas encore de mains , car la propriété se morcelle de jour en jour davantage.

C'est par suite de ces circonstances qu'il est nécessaire et sage de n’élever que les bâtiments indispensables et d’adopter la méthode des constructions moins durables. D’un autre côté, si la propriété vient à être divisée, une partie des bâtiments deviendra superflue et il y aura perte dans le capital employé ; les abandonner , c'est en hâter la ruine.

Si par des acquisitions, ou par ie partage d'une succession, un domaine vient à s'augmenter d’une certaine quantité de terres cultivables, les anciennes constructions ne seront plus suffisantes, il y aura agglomération de récoltes et de bétail, et le service ne se fera plus que difficilement. Si pour faire cesser cet inconvénient on se décide à construire des annexes aux

bâtiments primitifs, il y aura défaut d'unité dans l’ensemble el mauvaise orientation pour quelques-unes de ses parties.

Comme on le voit, les principes que nous avons donnés dans l’article qui traite de f économie (les constructions , reçoivent leur application et se trouvent confirmés dans les paragraphes qui précèdent. C'est le motif qui nous engage à appeler l’attention des propriétaires sur cet objet qui est d’une haute importance dans l’économie rurale.

IR»* rontttrnctlonM dc«finêc» aux rfoollcm.

Malgré les progrès faits par l'agriculture dans certaines contrées de l’Europe , on n’a pas encore d'idées bien arrêtées sur la meilleure méthode à suivre pour la conservation des denrées en gerbes. Celle des granges a été envisagée par quelques agronomes comme la seule qui soit véritablement bonne ; d'autres ont préconisé l’usage des meules ; les meules et les granges ont donc constitué deux systèmes tout-à-fail distincts ; et cependant il existe des rapports intimes entre les meules et les granges.

Les granges sont indispensables dans les pays où l’on ne construit pas de meules; elles ne le sont plus autant dans ceux où les meules sont en vigueur , car alors le battage peut se faire sur les lieux mêmes de production ; ou bien s'il se fait dans la ferme, on n’a besoin que d’une grange de peu d’étendue , renfermant faire à battre les gerbes ; or , cette opération se fait au fur et à mesure des besoins de l’exploitation.

Les granges sont, de tous les bâtiments ruraux, ceux qui ont la plus grande importance ; car elles doivent être spacieuses, bâties solidement cl avec soin; elles sont coûteuses et par conséquent nécessitent un capital dont le revenu n’est pas toujours en rapport avec la mise de fonds qu’elles exigent. Leur dimension varie selon la quantité des récoltes qu’elles doivent contenir.

Nous avons indiqué, dans un article précédent, de quelle

manière on pouvait déterminer la capacité d'une grange pour la mettre en rapport avec les récoltes de l’exploitation.

Dans presque toutes les fermes de petite ou de moyenne importance , on préfère le système des granges , parce qu’il n'est pas nécessaire de leur donner une ample dimension ; mais il n’en est pas de même dans les fermes de grande culture où il faut mettre à couvert un très-grand nombre de gerbes.

La conservation des denrées en gerbes peut avoir lieu de trois manières différentes : 1° dans des bâtiments clos qu’on appelle granges; 2" sous des hangars couverts d’une toiture légère , qui prennent le nom de gerbiers; 5° par le procédé plus économique des meules.

La grange d’une exploitation de moyenne étendue peut , dans les conditions les plus simples et les plus économiques, coûter 8,000 francs, ce qui grève eliaquc hectare de terre à céréales d’une somme d’environ 173 à 200 francs. Il convient donc de ne donner aux granges que la dimension indispensable pour qu'elles puissent contenir line faible partie des produits de la ferme; et, dans ce cas , plus l’exploitation sera importante, plus l’économie sera grande , la grange et les meules se prêtant un mutuel secours.

Les bâtiments destinés aux récoltes deviennent très-coûteux s’ils doivent contenir toutes les récoltes de la ferme ; leur grand développement exigeant de vastes toitures, les murs seront construits avec solidité, en raison de leur hauteur ci de la poussée qu’ils auront à supporter.

Les granges sont onéreuses et ne devraient plus être en usage dès l’instant qu'une exploitation récolte plus de 1,500 mètres cubes de gerbes ; il faudrait alors recourir au système des meules , qu’on peut toujours établir aussi nombreuses qu’on le veut. Si l'on se décide pour les meules, on donnera aux gerbes le plus de longueur possible, soit environ 1™ 30, et seulement un poids de 10 à 12 kilogrammes; ces deux conditions sont nécessaires pour que les gerbes puissent se placer plus commodément et se relier plus intimement; les meules ont ainsi toute la stabilité désirable.

Le bâtiment destiné à servir de grange doit être érigé sur un terrain see ; si l'on n'a pas le eltoix de remplacement, ou si l'on est forcé de l'établir sur un terrain humide, il faudra préalablement disposer le sol afin de le rendre le plus sec possible, ce qu'on obtiendra en l'exhaussant au-dessus des terrains avoisinants et en construisant un égoùl à son pourtour, en eontre-bas des fondations. Des drains seraient aussi d'une grande utilité pour l'assainissement du terrain.

Les abords de la grange doivent être faciles, cl les portes assez hautes cl assez larges pour permettre aux voitures chargées d'y pénétrer librement, soit afin d'v déposer leur contenu, soit pour s'y mettre à l’abri en cas de mauvais temps.

Nous avons dit que les murs des granges doivent être solides; pour cela il leur faut une épaisseur proportionnée à leur hauteur et à la poussée qu'exerceront la toiture et les denrées accumulées dans le bâtiment.

L'absence de plancher dans les granges, cl souvent la longue portée des arbalétriers, rendent nécessaire l'emploi de contre-forts extérieurs.

Les granges ne doivent jamais être plus spacieuses que ne l’exigent les récoltes moyennes; car on peut toujours mettre en meules l’excédant d’une récolte abondante. Les aires peuvent être transversales (voyez figure 1 , planche XIV , et figure I, planche XXVI), ou longitudinales (comme dans la ligure 2), ou latérales (ligure 3). Les premières sont les plus usitées, car elles permettent aux voitures de traverser la grange avec leur charge. On trouverait quelque avantage dans l'addition d’une seconde partie qui formerait ainsi deux emplacements de grange, mais cette addition occasionnerait un surcroît de dépense.

Les portes des granges doivent avoir une hauteur de 4” 20 sur 3m 73 à 4ln 00 de largeur; elles constituent les seules ouvertures nécessaires au bâtiment. Toutefois, dans le but de mieux aérer les céréales qui y sont contenues, on établit des ouvertures longues et étroites, dépourvues de croisées et garnies tout simplement d'un treillage en fer. ayant pour but

d'cmpéchcr les rais et les souris d'v pénétrer; ces animaux sont le fléau des exploitations.

Souvent les denrées renfermées dans les granges y contraelent, au bout d’un certain temps, une moisissure qui les détériore; cela arrive surtout lorsque les bâtiments sont mal ventilés ou situés sur des terrains humides; de plus, les animaux rongeurs y causent de sérieuses dégradations, et les chats sont impuissants à les atteindre. Malgré les ouvertures ménagées dans les granges pour leur aérage, la ventilation se fait très-imparfaitement, l’espaec étant trop restreint pour la libre circulation de l’air ; pour remédier à ces inconvénients et aux dommages qui en sont la conséquence, nous allons exposer un système de ventilation parfaitement applicable aux granges, et dont n'a encore parlé aucun ouvrage traitant de la conservation des récoltes. La figure I de la planche XIX donne la disposition de l'ensemble ; la figure 2 la face latérale ; la figure 5 la coupe géomélrale; la ligure 4 la façade d'un des pignons, et la figure 5 une coupe transversale. Le plan représente faire de la grange, les montants qui supportent le faite de la toiture et les emplacements des fermes du comble.

A la distance de 0"’ 40 des murs intérieurs, règne une galerie de pourtour, laquelle n’existe que partiellement sur la hauteur, ma s qui est continuée dans sa longueur ; celle galerie coïncide avec les ouvertures du dehors. A cet effet, des montants sont disposés de distance en distance, et reliés aux murs intérieurs au moyen de traverses. Les montants se placent à mesure qu'on entasse les denrées, et sont fixés aux traverses au moyen de chevilles. La distance entre le mur et les montants permet de circuler librement. Les traverses sont à lnl 40 l'une de l'autre; elles reçoivent des perches sur lesquelles on étend les gerbes. Cette disposition nous parait excellente pour la ventilation des granges. On nous objectera peut-être que cette galerie oceupe un certain espace au détriment des gerbes ; cela est vrai, mais le mode que nous indiquons pour l'arrangement des gerbes permet de les disposer avec plus de régularité. Le tassement se fait alors plus

lôü —

également, et si quelque espace se trouve perdu, on a, d'un autre côté, l’avantage de préserver les récoltes des dégâts résultant de l'humidité, dégâts qui, comme on le sait, déprécient beaucoup les denrées.

Les aires de granges font l’office de gerbiers, mais elles ne suffisent pas dans les fermes de moyenne ou de grande culture; il leur faut une annexe servant de hangar, d’une dimension assez spacieuse, et située à proximité de la grange, surtout lorsqu’on fait usage de la machine à battre ; la paille qui en provient forme un volume assez considérable qu’il est important d’abriter. Quanta la balle du blé, ainsi qu’aux mcnucs-paillcs, elles doivent être enlevées et conservées avec soin, car elles entrent dans la composition des rations, et les animaux en retirent un bon profil. Ce hangar peut aussi servir de remise pour les instruments de labour, de séchoir ou de magasin. Le sol sur lequel on bat les gerbes doit avoir assez de solidité pour résister aux coups réitérés du fléau.

L’aire d’une grange se compose ordinairement de terre légèrement argileuse, mélangée de menue-paillc, que l’on étend le plus également possible sur une épaisseur de 0m 15. On en arrose la superficie pendant quelques jours, après quoi on 1a piétine pour la rendre plus compacte et plus homogène. Lorsqu'on en a extrait l'humidité, on la bat fortement au moyen de pilons, jusqu'à ce que le mortier soit complètement sec cl uni ; si par hasard il se produisait quelques crevasses pendant le travail, on les remplirait avec du mortier d’argile, mais en prenant la précaution de le comprimer assez pour qu'il puisse former corps avec les autres parties.

Quelquefois on se sert d'un mélange de certaines terres avec addition de chaux ; cela forme un mortier très-dur et très-résistant.

La charpente des granges et des hangars a subi, depuis un quart de siècle, quelques modifications notables. Plusieurs constructeurs, dans le but de donner à ces bâtiments la plus grande capacité, ont supprimé les tirans et autres pièces qui pouvaient gêner à l'intérieur le placement des denrées, et ils les ont remplacés par des arceaux en maçonnerie sur lesquels

s'appuient les pannes et le faitage. Nous avons même vu des granges entièrement voûtées et ressemblant à la nef d’une église. .

D'autres ont mêlé le fer au bois; mais daus les constructions tout-à-fait modernes, on a adopté le système des charpentes en fer. C’est une innovation heureuse en ce qu’elle donne plus d’espaee et de légèreté ; les combles ainsi construits n'ont plus rien à craindre des incendies.

Mais toutes les innovations n’ont pas ce caractère d’utilité; il en est dont il faut se défier. En adoptant des méthodes que n'a pas justifiées l'expérience, on risque parfois de compromettre la durée d’un bâtiment. Il ne faut pas, pour gagner quelques mètres d’espace dans la partie supérieure des granges, en sacrifier la solidité, par la suppression des lirans et par l’oubli des sages combinaisons qui relient entre elles les diverses parties.

Les granges ayant besoin de beaucoup d’air, les pièces de charpente et les montants qui la soutiennent font l’office de ventilateurs ; ils régularisent le tassement des denrées; ils empêchent la fermentation en facilitant l’évaporation de l'humidité.

Ce sont ces diverses considérations qui nous portent à présenter un nouveau système de charpente pour les granges. Ce système commence à jouir d’une grande faveur en Belgique ; il a l’avantage de présenter une grande solidité et une grande légèreté ; il permet en outre de couvrir un espace assez étendu sans occasionner une dépense très-considérable.

Ces charpentes proviennent de l’établissement métallurgique de la Providence, à Marchiennc-au-Pont (Belgique); elles sont en fer laminé ; leur rigidité est comparable à celle du bois; les arbalétriers peuvent être droits ou courbes, suivant la forme du toit; ils sont reliés entr’eux par des poutrelles plus faibles, formant pannes, ou bien par des équerres placées à l’angle, et dans lesquelles est un tasseau en bois, propre à recevoir les clous de la volige.

Ces charpentes ne coûtent, pose comprise, que de six à

dix francs par mètre carré de surface horizontalement eouverle.

Lorsque l'ouverture des murs dépasse douze mètres, le prix de ces charpentes est inférieur à celui des charpentes en bois.

De la conservation des denrées au mojrn des meules et gerblers.

Nous avons dit précédemment que les meules et les granges avaient entre elles des rapports intimes ; le tout est donc de savoir quelle est la meilleure méthode. Nous avons vu que les granges étaient utiles dans toute exploitation dont le revenu en gerbes n'atteignait pas 1,400 mètres cubes; d'un autre côté, les meules ne peuvent tout-à-fait remplacer les granges dans les contrées où le battage se fait à couvert; elles n’en sont, pour ainsi dire, que le complément, et toutes les deux deviennent inutiles dans les fermes où le battage peut se faire en plein air.

L’établissement des meules est peu coûteux ; les céréales s’y détériorent moins que dans les granges , et lorsqu'elles sont bien faites, les rongeurs n’y pénètrent pas. Quoique la construction en soit très-facile, elles demandent encore certaines notions qui sont indispensables si l'on veut leur donner toute la stabilité nécessaire, et les préserver de l'infiltration des eaux pluviales.

La forme des meules varie suivant les localités, mais, quelle qu’elle soit, l’arrangement des gerbes reste le même , et l’on doit préférer celle qui abrite le mieux son contenu contre la pluie.

L’emplacement des meules doit être celui qui permet un transport facile, et qui n’exige qu'un parcours de peu d’étendue , eu égard à la situation des terres de culture et du bâtiment où doit avoir lieu le battage des récoltes.

Les meules sont en usage en Angleterre , en Belgique et dans le nord de la France ; il peut donc en être ainsi dans tous les pays qui sc trouvent sous un climat analogue, et nous voudrions les voir plus universellement répandues; car l’ex-

péricnce nous a démontré que cette méthode est la meilleure à suivre pour la bonne conservation des récoltes en gerbe.

Dans le principe, on avait craint qu'en asseyant la meule immédiatement sur le sol, il pouvait en résulter des inconvénients ; à cet eiïet on élevait les meules sur un lit de fagots ou sur un terre-plein formé au moyen d’un fossé circulaire, figure 3, planche XX ; d'autres fois on les établissait sur des dés en pierre, sur lesquels on plaçait des traverses en bois de diverses grosseurs. Tous ces procédés peuvent être remplacés par les dispositions suivantes :

D'un point pris comme centre, on décrit un cercle du diamètre qu’on veut donner à la meule. Dans ce périmètre on arrange et on tasse le plus également possible, sur une hauteur de 0™ 60, de la paille hors de service, ou des fanes de plantes sans valeur. Ce qu’il y a de plus mauvais convient à cet usage, car les fascines, aussi bien que les fanes, ne tardent pas à être écrasées par le poids de la meule, et deviennent humides par leur contact avec le sol naturel.

La grandeur des meules varie selon les localités et selon l’abondance de la récolte; leur diamètre à la base est en raison de leur importance et de leur hauteur ; ainsi on donnera à une meule qui doit se composer de 4 à 8,000 gerbes, 7 mètres de diamètre , et 8 mètres à celle qui doit en comprendre 3 à 6,000.

Le soustrait d’une meule est l’assise sur laquelle elle repose; le hérisson est le premier lit de gerbes qui vient immédiatement après le soustrait.

La construction d’une meule demande beaucoup de soin et d’expérience; il faut toute l’habileté d’un bon poseur pour éviter les tassements partiels. Car du moment qu’un surplomb vient à se manifester dans la meule, il est rare que le tassement s’arrête cl n’aille pas en augmentant; il déprime la meule et tend à la renverser ; la pluie peut alors exercer ses ravages à l’intérieur. Dans ce dernier cas il faut avoir recours aux élançons, lesquels devront être en aussi grand nombre que le commandera l’inclinaison de la meule.

Les meules faites pendant un temps sec sont pour toujours

exemples des détériorations qu'engendre l'humidité; il n’en est pus de même de celles qui se font par un temps pluvieux. Souvent alors l’ouvrage est à recommencer, si l’on ne veut pas exposer les gerbes à des altérations graves. Ou peut reconnaître le degré d'écliaufTcincnl du grain en introduisant dans l'intérieur de la meule des perches ou baguettes nommées éprouvettes; sur les indices qu’elles donnent, on juge s’il y a lieu de démonter la meule pour en faire sécher les gerbes.

Les meules de paille se font de la même manière que les meules de grain; toutefois lorsque les gerbes ne sont pas boltelées comme les gerbes à grain, on ne donne plus aux meules la forme conique, mais la forme prismatique, avee toiture à deux pans cl inclinaison propice à l'écoulement des eaux pluviales. Les pignons doivent se trouver au nord ou à l’est. La forme prismatique est avantageuse, parce qu’on peut l’entamer sans la démolir entièrement; il n’en est pus de même pour les meules coniques.

Les meules à foin se construisent comme les meules à grain, seulement on place au centre une grande perche qu’on enfonce d’un mètre environ dans la terre, et qui sert de pivot et d’appui à la masse de foin rangée à son pourtour.

L’importance des meules i\ grain doit être subordonnée à celle de la grange, puisqu'elles doivent y entrer pour l’opération du battage.

Dans les pays très-humides comme l’Angleterre et la Hollande, il y a profit évident à construire les meules sur des supports en maçonnerie, en bois ou en fer ; le fer surtout est très-employé en Angleterre.

Dans les contrées boisées, où l’on peut se procurer du bois à bon marché, on établit les meules sur des espèces de pilotis, lesquels, enfoncés à une profondeur convenable, dépassent le sol de 0" 00. Ces pilotis reçoivent des pièces transversales sur lesquelles on dispose les gerbes avec régularité, ligure 4.

Les meules sont circulaires lorsqu'elles ne doivent avoir qu'une dimension moyenne ; si elles sont plus considérables.

on leur donne la forme d'un rectangle ou d'un parallélogramme.

Dans les pays humides on les couvre quelquefois d'une légère toiture qu’on élève et qu'on abaisse à volonté ; à cet effet les montants en bois rond sont fixés dans le sol et passent à travers les sablières de la charpente ; ils sont percés de trous, de distance en distance, et ees trous reçoivent les boulons qui doivent maintenir la toiture à la hauteur qu’on désire. Les figures 5, 6 et 9 de la planche XX, et la figure 2 de la planche XXI, représentent quelques-uns de ces gerbiers.

Dans les localités où la pierre est commune et le climat tempéré , les meules ne sont pas couvertes d'une toiture mobile , elles sont seulement posées sur un mur circulaire en maçonnerie de la hauteur de 0,n (10 ; ce mur est couronné d'un rebord en bois qui a pour objet d’écarter les animaux nuisibles. Le périmètre intérieur de cette espèce de cylindre est rempli de déchets de briques ou de pierres, selon la facilité qu'on trouve à se procurer les unes ou les autres.

Les plateaux sur lesquels reposent les meules peuvent aussi être en fonte de fer (ce qui est particulièrement usité en Angleterre) ; on les place sur des piliers en pierre, et un tube traverse la meule afin d’en ventiler la partie centrale ; ce tube est recouvert à sa partie supérieure d’une espèce de chappe débordant de 0m 30, qui empêche la pluie de s’y introduire.

Les piliers en fonte de fer nommés chipes, d’une hauteur d’environ 0m 75 (voyez figure 1 de la planche XXI et figures 1, 2 et 3 de la planche XXII), constituent un autre système également usité en Angleterre. Ces piliers sont reliés cnlr'cux par des traverses de longueur différente.

Mous devons dire que ces divers moyens sont assez dispendieux ; mais nous devons dire aussi que pour les appareils en fer, la dépense une fois faite n'a plus besoin d’être renouvelée; d'un autre côté, ces appareils étant mobiles, ils

sont facilement transportables , ce qui ne laisse pas que d’être très-avantageux dans une exploitation rurale.

Lorsque les meules sont permanentes, c’est-à-dire lorsqu’elles occupent un emplacement fixe, on peut employer avec avantage le procédé suivant, lequel a reçu la sanction des cultivateurs qui l'ont mis en pratique.

Nous donnons dans la figure 8, planche XX , le dessin de l’ensemble. Cet ensemble se compose de deux murs circulaires concentriques, ayant en hauteur 0m 40. Le mur extérieur est percé dans son pourtour de quatre ouvertures grillées , de 0“ 15. On peut aussi faire pénétrer l’air dans l’intérieur de l’enceinte formée par le second mur au moyen d’ouvertures semblables aux premières, mais dépourvues de grillages ; et si l’on se sert du tube dont nous avons parlé plus haut, on aura un courant d’air très-actif qui chassera la chaleur et l'humidité du centre de la meule.

La cour des meules dans toute exploitation rurale doit se trouver à proximité de la grange ou de la machine à battre; elle doit être assez éloignée de toute maison d’habitation pour éviter le danger des incendies; le sol en sera sec, élevé, et exposé convenablement. La grandeur de cette cour sera proportionnée à l’importance des cultures. La forme la plus convenable est celle du carré parfait ou du parallélogramme. Les meules se placent en lignes parallèles, et on a soin de ménager entr’cllcs un passage suffisant pour pouvoir y circuler avec les voitures.

Grenier» A blé et A fourrage.

La conservation des grains, prolongée et économique, est sans contredit une question de la plus haute gravité. Pour conserver les grains , il faut beaucoup de soins et de précautions, puisqu’il s’agit de les préserver des altérations qui peuvent provenir , soit de leurs principes immédiats , soit des dégâts occasionnés par les animaux et insectes nuisibles. Parmi ces derniers , les plus pernicieux sont : — la calandre ou le charançon , dont la larve vil dans l'intérieur du grain ;

— l'alucile ou teigne des blés , lépidoptère (pii \it de la même manière jusqu’à sa transformation en insecte ; — et la fausse teigne , qui a beaucoup d’analogie avec la précédente, mais qui réunit plusieurs grains au moyen d'un petit cocon de soie blanche. Le moyen de préservation le plus usité consiste à déposer le grain dans des greniers à parois bien crépies , disposés de façon à favoriser la circulation de l'air et à éloigner l'humidité. On étend le grain sur des planchers jointifs , en couches de 50 à 40 centimètres, qu’on peut porter progressivement , pendant les années subséquentes , jusqu’à 80 centimètres, et qu’on remue périodiquement avec la pelle. Les planchers earrelés conviennent beaucoup moins à cause de la fraichcur qu'ils entretiennent.

L'humidité continue dans le grain est une des principales causes de sa prompte détérioration, surtout lorsqu'on cesse de le remuer, et les insectes qui y pullulent ne tardent pas à y exercer leurs ravages. D'ordinaire on leur abandonne un petit tas dans lequel ils se cantonnent , et où il est facile de les détruire.

Par la raison que nous venons d’indiquer, on ne devra jamais déposer le grain dans une pièce située au rez-dechaussée. Le plus mauvais emplacement de tous est le dessus des écuries et des étables où la chaleur , l’humidité et les vapeurs délétères ne tardent jamais à engendrer la corruption.

C’est une pratique assez répandue dans le nord que de faire passer par l’étuve les grains dont la conservation inspire quelques craintes. Ceux qui sont boules par la carie ou altérés par quelque autre cause , sont soumis au lavage et à la friction opérée au moyen d’un mécanisme à brosse ; d’ailleurs, toutes les mesures de propreté , telles que le criblage et le vannage , contribuent puissamment à la conservation des grains.

Lorsque les blés ont été récoltés dans une saison pluvieuse, on ne peut se dispenser de les remuer pendant un long temps dans les greniers , ou de les passer au four ou à l’étuve. Ce dernier moyen doit être employé par les fermiers et les com-

nicreanls 1 1 1 1 i oni chez eux des dépôts considérables. Le temps sec et la gelée sont très-favorables à celte opération, mais il faut l’éviter lorsque l’air est humide ou lorsqu'il fait du brouillard.

Lorsque la conservation du grain ne doit avoir qu'une durée restreinte, comme cela a lieu dans la plupart des exploitations agricoles , où la culture du blé n’occupe qu'une partie des terres, on se contente de le déposer dans les étages et greniers des maisons d'habitation ou d’exploitation; dans ce cas , ceux-ci doivent avoir des ouvertures nombreuses au nord ou nord-est ; on fermera celles qui se trouvent au midi.

Quelquefois, quand la disposition des lieux le permet, on pratique dans les planchers des ouvertures de trois mètres en trois mètres, ce qui laisse passer l’air et donne au grenier une température fraîche et sèche en même temps.

Toute exploitation rurale doit être pourvue de chambres ou de greniers assez spacieux pour que la récolte présumée des céréales puisse y trouver place ; on évaluera l’espace nécessaire en prenant pour base une hauteur moyenne de 0m 50.

La solidité des planchers des greniers à grains sera en rapport avec le poids qu’ils doivent supporter. Si l’on compare le poids moyen du mètre cube de grain, (pii est de 775 kilogrammes, avec celui d’une couche de grain ayant liO centimètres de hauteur, il faudra que les planchers puissent soutenir par mètre carré de surface, une charge minimum de 465 kilogrammes.

Il est donc indispensable de s’assurer de leur solidité si l'on veut éviter les accidents.

Il importe que les gitages des greniers en général soient faits avec soin. Les bois qui les composent doivent être de bonne qualité et d’un équarissage proportionné à leur portée ; lorsque celle-ci dépasse 5 mètres, il faut avoir recours à des poutres armées et reposant sur des semelles en bois ou en pierre ; poutres et semelles seront fortement ancrées dans les murs de face.

On peut aussi, lorsque les portées sont grandes, faire

emploi du piliers ou colonnes en fer, mais ces piliers ou colonnes reposeront toujours sur une base assez solide pour résister à la charge qu'elle est appelée à recevoir.

Ces soutiens ayant l'inconvénient de gêner la circulation et d’ètrc assez dispendieux, on les remplace quelquefois par des longerons en fonte de fer et en fer laminé. Ces gitages sont fort solides ; lorsqu'ils sont bien construits et que le fer est de bonne qualité, ils peuvent résister a des fardeaux trcs-lourds. Par leur nature même ils sont à l’épreuve du feu, et cette considération ne manque pas d’importance lorsqu'il s’agit de bâtiments destinés a renfermer des produits d’une certaine valeur. L’espace compris entre les longerons peut cire voûté et recouvert d’un carrelage.

La grande supériorité du fer sur le bois en faisait désirer depuis longtemps un emploi plus général, mais ce n'est que depuis l'invention des poutrelles en fer laminé que l'usage s'en est répandu.

L’incombustibilité du fer, sa durée infinie, sa valeur intrinsèque, sa nature incompatible avec toute espèce d’insectes, son élasticité analogue à celle du bois, sont autant de qualités qui en démontrent les avantages.

L'exemple suivant prouvera l’économie qui résulte de l'emploi du fer laminé. Une poutre de 6 mètres, destinée à supporter sans fléchir un poids de 4,000 kilogrammes uniformément réparti , doit avoir 0m 52 d’équarrissage : en sapin, elle coûtera 00 francs le mètre cube, soit cube de O"1 652 x 00 = 58 francs. D’un autre côté, pour supporter la même charge, il suffira d’une poutrelle de 25 kilogrammes au mètre courant, dont le coût sera de 45 francs : différence en moins, 15 francs 68 centimes.

Le grain ne peut être déposé en couches excédant 75 à 80 centimètres d’épaisseur ; ces dimensions ne seront jamais dépassées ; autrement la dessiccation ne pourrait avoir lieu , et le pelletage, si nécessaire à la conservation du grain, deviendrait presque impossible. On sait que le grain doit être remué une fois par semaine; on réserve des espaces d’une

largeur de 70 à 75 centimètres, qui servent de passage et qui facilitent l'opération.

Circuler* * avoine.

Les locaux consacrés ù l'avoine doivent être construits d'après les mêmes principes que les greniers à blé , car l’avoine sc trouve dans les mêmes conditions ; placée au rezde-chaussée , elle ne tarderait pas à s’imprégner d’humidité et à germer , aussi doit-on la placer sous les combles ; et , pour l’abriter contre la pluie cl la neige, on crépira les tuiles avec un bon mortier; on pourra encore , par mesure de propreté, lalter le dessous du comble et le recouvrir d’une couche de mortier.

Grenier* * fourrage*.

Ces greniers sont ordinairement situés au-dessus des hangars ou des écuries. Nous n’admettons pas cette disposition, parce que les planchers sont souvent défectueux cl que les vapeurs ammoniacales y pénètrent trop facilement. Nous préférons encorc^lc système des meules , qui est plus économique et qui conserve beaucoup mieux les fourrages.

Les racines sont souvent consommées sur place par le bétail, ainsi que cela a lieu en Angleterre. Dans nos contrées on conserve les raeines pour s’en servir selon les besoins de la consommation. Il faut par conséquent les mettre dans des conditions telles qu’elles ne puissent germer, ni fermenter, ni pourrir , ni geler. Les raeines de crucifères , lorsqu’elles ne sont pas laissées en terre pendant l’hiver, sont réunies en tas dans les granges , sous les hangars ou même dans les cours où l’on se borne à les couvrir pendant les gelées. Les autres racines ou tubercules se conservent en tas , ou mélangées avec de la sciure , du sable et de la menuc-paille , dans les caves , les celliers , les étables , les serres à légumes et les silos. Ces silos consistent en une fosse où l’on dépose les racines qu’on recouvre avec de la paille , avec des feuilles ou avec la terre qu'on a extraite de la fosse. Il ne faut pas

omettre d’établir , vers le centre du silo , une cheminée par laquelle s’échappera l'humidité contenue dans les racines.

De la conservation de* grain* au moyen de* nllo* et de* grenier*.

On peut conserver les grains au moyen de silos ou de greniers mobiles. L’invention des silos est fondée sur ce principe, que l’absence totale de la lumière et une température toujours égale sont des obstacles à la fermentation et à la végétation.

Les greniers mobiles sont munis de trémies et de soupapes; ces dernières, placées à la partie inférieure de l’étage, impriment à l’air un mouvement continuel qui empêche la fermentation et la formation de principes vénéneux, toujours nuisibles aux récoltes.

Deacrlptlon d'une Ferme de grande culture.

La ferme de grande exploitation dont nous donnons les plans , coupes et élévations, a été composée par nous pour donner un exemple des meilleures dispositions dont sont susceptibles les exploitations de cette catégorie.

Par l’agencement commode de ses différentes parties, celte ferme pourrait servir de ferme-modèle dans un pays essentiellement agricole ; son érection serait , selon nous , un des moyens les plus efficaces pour propager les progrès de l’agriculture. Elle offrirait aux propriétaires -cultivateurs un échantillon de ce qui peut exister de plus parfait dans un pays très-avancé.

La création d’un corps de ferme n’est pas aussi facile qu’on se l'imagine ; il faut une longue étude pour apprendre à le disposer et à le distribuer convenablement. Son ensemble doit présenter réunies l’utilité, la commodité et l’ économie; eelte dernière, surtout doit présider à tous les détails. Dans la composition des différents plans que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs , nous avons cherché à atteindre ces trois qualités essentielles, et nous y avons appliqué les prin-

ripes que nous avons déjà formules sur l'ordonnance des bâtiments agricoles.

Afin d'être moins exposés au danger des incendies , les bâtiments sont séparés les uns des autres , soit par des espaces entièrement libres , soit par de simples hangars, lesquels étant coupés, confinent l'incendie dans le bâtiment où il s’est manifesté d'abord , et permettent d’éviter un embrasement général.

La surveillance , chose si nécessaire dans toute exploitation agricole , a été l’objet de notre attention toute particulière. Le corps -de-logis, dont une des façades donne sur la cour, s’élève au-dessus du niveau des autres bâtiments au moyen d'un étage mi-souterrain cl d'un étage supplémentaire. Le sol du rez-de-chaussée est de l"1 50 au-dessus de celui de la cour. Cet exhaussement permet au fermier d’embrasser d'un coup d’œil tous les services des divers locaux.

Les bâtiments composant cette ferme sont vastes et nombreux ; ils sont en rapport avec leur destination , et leur disposition est conforme aux données de l’expérience agronomique. Quant à l’orientation, elle satisfait complètement aux exigences de la vie des hommes, aux besoins des animaux , et à l'importance qu’on attache avec raison à la bonne conservation des récoltes en meules.

Les façades sont orientées aux quatre points cardinaux. Ainsi le logement du fermier et du personnel de la ferme est au sud ; cette exposition est sans contredit la plus favorable , lorsqu’on peut en corriger les inconvénients par des courants d'air du nord au sud. Le nord devra être affecté aux granges, aux greniers , à la cour aux meules.

Les étables se trouveront bien à l’est, les écuries à l’ouest : mais on se ménagera toujours les moyens de modifier les effets de cette orientation par des fenêtres qu'on pourra ouvrir et fermer à volonté.

L’exposition est toujours susceptible d’être changée selon les localités dans lesquelles on bâtit , selon que le sol est plus ou moins élevé au-dessus des plaines environnantes , selon

le climat , les vents dominants et la proximité des montagnes ou des forêts.

Dans un grand nombre de cas , l'exposition sur une ligne <|ui va du nord à l'ouest conviendra pour la maison d'habitation , parce qu’elle recevra le soleil levant et le soleil couchant. L'exposition à l’ouest et au sud est bonne pour les écuries et les étables. Sur une ligne allant du sud à l'est et en face de la maison d’habitation, on établira les granges, les greniers et les meules. Quant aux animaux qui ont l'habitude de passer toute l’année en plein air, et qui , pendant la saison rigoureuse , n'ont que de simples abris , ils seront trèsconvenablement placés sur le côté d’un rectangle regardant le sud-ouest.

Ce qui fait le principal mérite de notre plan , c’est qu'on pourra toujours agrandir à volonté les diverses parties des bâtiments sans en détruire la symétrie. Notre but essentiel a été de démontrer comment ou pouvait, tout en respectant l'hygiène , la salubrité , l’espace, le bon classement des produits et des instruments aratoires , arriver à une disposition qui conciliât toutes les exigences d'une exploitation considérable.

Le plan général de la ferme représentée dans lu planche XXVII, indique que les bâtiments sont divisés en deux séries : ceux qui entourent la cour et qui sont destinés aux animaux domestiques , et ceux qui sont plus spécialement alTeclés aux arts agricoles, à la machine à vapeur, à la confection des fumiers et à l’élève des porcs.

Les cours sont aussi au nombre de deux : la cour centrale consacrée au bétail , et lu cour d’exploitation où se trouvent les meules , les hangars et les silos. La cour centrale est spacieuse, car elle doit donner accès à des bâtiments d’une grande étendue, et elle doit contribuer à leur salubrité. Cette cour, par son développement, permet la libre circulation des voilures et l’établissement de préaux pour les animaux reproducteurs. L’immobilité absolue dans la stabulation est pernicieuse pour les animaux, tandis que le mouvement et l’exercice en plein air développent leur force et leur vigueur.

L'établissement de ces préaux ne gène en rien la circulation dans la cour principale ; loin de nuire à l'ensemble des constructions , ils leur donnent un aspect animé et agréable , et ils sont disposés de telle façon qu'ils peuvent être facilement surveillés du corps-de-logis principal.

Les clôtures de ces préaux sont munies de barrières qui facilitent la sortie du bétail , soit pour aller aux pâturages , soit pour se rendre à l’abreuvoir placé au centre de la cour. Klles sont en fer, et se composent de montants reliés entre eux par de simples barres transversales.

La cour d'une ferme doit toujours être vaste ; nous n'admettons pas de cours mesquines , pas plus que la réunion de plusieurs petites cours , comme cela sc pratique en Angleterre. D’abord la surveillance et la propreté en deviennent plus difllcilcs ; en second lieu , cela nuit à l'aspect général ; enfin le service demande un personnel plus nombreux. Aussi conseillons-nous aux propriétaires-cultivateurs qui font bâtir, de n’avoir qu’une cour centrale, mais spacieuse, et une autre qui sera dépendante de la première, et qui sera la cour aux meules.

Dans les campagnes, le terrain n’est pas d’un prix tel qu’on doive se priver de tous les avantages que peut procurer un vaste emplacement ; c’est pour cette raison que nous avons mis dans la cour centrale les préaux et quelques plantations d'arbres, lesquelles, sans entraver en rien le service, donneront quelque ombrage au bétail et récréeront la vue.

Après avoir envisagé le corps de ferme dans son ensemble, nous allons décrire chacune des parties qui le composent.

(’orps-de-lor/is. — Le corps-dc-logis, A, planche XXVIII, dont la façade regarde le sud , s’élève sur un étage mi-souterrain, dont le niveau ne dépasse que de lm 00 celui de la cour. Le rez-de-chaussée, auquel on arrive par deux perrons donnant, l'un sur 1a route et l'autre sur la cour, sc compose des compartiments qui suivent :

1. Vestibule; — 2. Cuisine; — 3. Salle à manger du fermier ; — 4. Chambre à coucher du fermier ; — 3. l’arloir ;

— G. Cabinet; — 7. Escalier; — 8. Dégagements ; — 9. Escaliers de la cave; — 10. Perrons.

Les souterrains renferment la buanderie, le fournil, la cave à bière, les caves à provisions de ménage.

Le premier étage comprend deux chambres à coucher pour les étrangers, deux chambres à coucher pour les garçons et les filles du fermier, et une chambre pour le linge.

Une partie du grenier est disposée en mansardes et destinée aux servantes de la ferme ; dans l'autre partie on remisera les récoltes qui ont une assez grande valeur sous un petit volume.

Les façades du corps-de-logis présentent un caractère de simplicité qui ne nuit pas à leur élégance ; la régularité de leurs lignes plaît à l’œil ; l’avant-corps, qui domine la façade du côté de la cour, a été établi dans le but de faciliter la surveillance extérieure et d’éclairer parfaitement la cuisine. Un cadran placé au couronnement de l’avant-corps assurera la régularité du travail et des repas.

Le bâtiment des écuries. B, a une façade sur la cour, à l’est, et l’autre sur le verger, à l’ouest; il présente des différences notables avec les écuries qui oui été établies jusqu’à ce jour dans les corps de ferme. Nous y avons mis en pratique les théories les plus accréditées sur la stabulation des animaux. Ce bâtiment n’a pas de grenier, aiin que chaque animal puisse jouir de la plus grande quantité d’air possible. Le comble est plafonné, afin d’éviter les courants d’air qui pourraient venir des toitures. Des cheminées d’aérage, s’élevant au-dessus du toit, permettent l’évaporation des miasmes qui proviennent des fumiers, et assainissent l’atmosphère.

Celle écurie est divisée en boxes ; chaque cheval a la sienne et y est en liberté.

Tout le long de cette écurie, et du côté de la tète des chevaux, règne un corridor de service qui n’est séparé de l’écurie même que par le petit mur qui supporte les mangeoires. Celles-ci sont en fonte et divisées en trois compartiments ; elles reçoivent les aliments hachés, concassés ou

coupes. Dans ce système de stabulation, les râteliers deviennent tout-à-fait inutiles.

Le bâtiment des écuries se compose de :

I à 5. Eeuries avec boxes ; — i. Corridor de service ; — 5. Chambres des palefreniers et dépôts des fourrages verts; — G. Sellerie ; — 7. Dépôt d'avoine et de son ; — 8. Dépôt d’ustensiles de nettoyage ; — 9. Préaux avec bassins cl plantations d’arbres; — 10. Infirmerie; — 11. Chambre de palefrenier; — 12. Escaliers desservant les greniers des pavillons.

Bâtiment de la vacherie C. — Ce bâtiment a la même exposition que celui des écuries ; une de ses façades est à l’ouest et l'autre à l'est. Les considérations précédentes s’appliquent également à la vacherie.

La vacherie se compose de ;

I à 5. Écuries renfermant 19 boxes, pour vaches laitières, bœufs à l'engrais, élèves de bétail, etc. ; — 4. Corridor de service; — 5. Laiterie à beurre et à fromage; — 6. Dépôt d’ustensiles; — 7. Dépôts d'avoine et de fèverolles ; — 8. Dépôt d'ustensiles de nettoyage; — 9. Préaux avec bassin et plantations d’arbres; — 10. Infirmerie; — 11. Chambre de palefreniers; 12. Dépôt des jougs et harnais ; — 13. Escaliers du grenier.

Bâtiments des bergeries DD. — Les bergeries sontau nombre de deux ; une de leurs façades est exposée au nord, l’autre au sud. La ventilation sera toujours convenable; Pair extérieur s’introduira par de larges ouvertures.

La disposition de leur ensemble permettra de convertir ees bâtiments en écuries ou en étables si un changement de destination devient ultérieurement nécessaire. Le plancher (st à claire-voie, d’après le système Iluxtable.

Les bergeries comprennent :

1 , 2 et 3. Bergeries pour moulons, brebis et agneaux, divisées en compartiments afin d’offrir une plus grande surface de râteliers ; — i. Loges pour le fourrage et les ustensiles à l'usage du berger; — 5. Préaux avec bassins et plantations d'arbres; — fi. Infirmerie pour les animaux malades; — 7. Chambre du berger.

Bâtiments de lu basse-cour EE. — Les poulaillers sont au sud, près de la maison d'habitation du fermier. Des pares, placés en avant et eeints d’un grillage en fil de fer, servent de cour à l'usage des poules, dindons, oies, canards, etc. Ces parcs sont gazonnes, gravelés et plantés de petits arbustes.

Les poulaillers se composent de :

1. Parc pour les poules, canards, dindons, oies, etc.; — ï. Mare pour les canards et les oies ; — 3. Auges renfermant du poussier; — 4. Porche couvert pour abriter la volaille; — S. Perchoir des poules; — 6. Chambres renfermant les cases pour les couveuses; — 7. Loges pour les canards et les oies.

Bâtiments des porcheries FF. — Les loges sont au nombre de 26, dont 4 plus grandes, fixées aux angles ; elles sont destinées aux truies pleines et aux animaux malades.

L’élève des meilleures races de porcs étant une chose essentielle et très-lucrative dans une ferme de quelque importance, nous avons combiné la disposition des bâtiments qui leur sont affectés, d’après les principes les mieux éprouvés. Les loges regardent le nord ; le parc ou petite cour réservée à chaque pore est au sud. Chaque parc est accompagné d’un bassin dans lequel les porcs peuvent se baigner.

La pente du pavement des cours et des loges est dirigée vers le centre de chacune d’elles ; les engrais liquides et les eaux pluviales y trouveront un libre écoulement.

C.uisinc aux fourrages G. — Cette partie des bâtiments renferme les chaudières destinées à la cuisson des aliments pour les divers animaux de la ferme. Quatre loges situées aux angles contiennent l’avoine, les fèves, le sel et les tourteaux qui entrent dans la composition des rations journalières. Un rail-way, qui passe à travers la cuisine, sert à conduire les aliments dans chacun des bâtiments.

Après avoir décrit les différents logements qui composent notre ferme, il est important que nous donnions quelques explications sur les motifs qui nous ont porté à introduire

— «Si —

<lvs améliorations notables dans le logement des animaux ; ees explications seront en quelque sorte le résume général des articles que nous avons consacrés à ces divers détails.

Les boxes, qu'elles soient placées (I) dans le corps d’une écurie, ou sous un hangar, ou dans une cour, ne sont rien autre chose que des loges ou cabanes, accompagnées d’une cour dans laquelle, les animaux sont libres. Elles sont d’une construction simple, cl les animaux n'étant pas attachés, jouissent de toute leur liberté d'action ; ils peuvent aller et venir dans un certain espace, avec la faculté de rester à l’air si cela leur plait. Parfois les boxes forment des écuries particulières complètement isolées.

Les boxes, dans les cas les plus ordinaires, n’ont trèssouvent qu’une étendue égale à celle que l'animal occuperait dans une écurie bien distribuée : soit 3‘" 25 de longueur sur I"1 75 de largeur. Quant à la cour, on en pourra modifier la dimension, suivant l’espace qu’on aura à sa disposition. Le minimum de son étendue doit être double de celle des boxes.

Ce système de stabulation donne les meilleurs résultats ; l’expérience démontre tous les jours qu’il procure une grande économie relativement à ce qui s’est pratiqué jusqu’à ce jour.

Les boxes, dans les exploitations de quelque étendue, sont d’un grand avantage pour l'engraissement et la reproduction des animaux; aussi l’usage tend-il à s’en généraliser de plus en plus, et à se substituer au système des écuries et des étables ordinaires, dans les pays où l'engraissement des bestiaux forme la partie essentielle de l'industrie agricole.

Ce moyen, qui n'était employé autrefois que pour les chevaux de prix, a été appliqué plus lard aux bêtes bovines, en adoptant toutefois certaines modifications propres à assurer leur prompt engraissement.

L’air , l'espace et le mouvement sont trois conditions in-

(I) Eu francisant le mot anglais box , nous l’avons fait <lu genre féminin. Rien <i*aillcuis ne nous obligeait ù en faire un substantif masculin, puisque dans sa langue natale, ce mot est du genre neutre.

dispensahlcs au bien-être et à la prospérité îles animaux. A l’état de liberté, on ne les voit jamais se coucher dans leurs déjections, ni manger des herbes imprégnées de mauvaises odeurs ; leur caractère est plus docile, ils jouissent d’un meilleur appétit, cl, par suite, ils sont sous tous les rapports en meilleure santé que ceux qu’on tient enfermés. Ces diverses circonstances militent en faveur des boxes ; elles indiquent clairement que ce système procure, surtout aux animaux de l'espèce bovine, le bien-être sous l’influence duquel l’engraissement s'accomplit le plus complètement cl le plus promptement.

On peut lâcher le bétail, à des heures déterminées, dans les cours closes par les bâtiments, soit pour se rendre à l’abreuvoir situé au milieu de la cour, soit pour être parqué dans l’enceinte réservée pour chaque catégorie.

La distributon que nous avons indiquée pour les préaux empêche les animaux de s’échapper, île se blesser ou de causer aucun dommage. Les quelques arbres qui sont plantés ont .pour objet d’y projeter un peu d'ombre pendant les ardeurs du soleil. Des auges en pierre, disposées dans chaque compartiment, servent au bétail pour s’y abreuver.

Pour rendre encore plus efficace le système de stabulation en plein air, on pourrait construire, comme pendants des auges placées dans les intervalles qui séparent les animaux, de petites cabanes à claire-voie dans lesquelles on placerait un râtelier contenant le fourrage vert ou sec ; de cette manière, ils passeraient la plus grande partie de la journée en plein air.

Les cours de ferme, lorsqu’elles sont spacieuses et assainies par l’éloignement des fumiers cl des mares, qui répandent toujours une odeur fétide, conviennent parfaitement aux animaux, dans les saisons où on ne les mène pas aux champs; ils peuvent y prendre un exercice modéré, lequel leur est ' impossible dans les étables ou dans les écuries.

Ecuries avec plancher ( système Huxtable). — Avant 1853, divers essais avaient été tentés pour remplacer les pavements ordinaires par des planchers â claire-voie. Au bout de

— lîifi —

quelque temps , cc système est passé dans le domaine de la pratique, et a pris le nom de son inventeur.

En substituant le plancher au pavement, ou n'avait pas seulement eu en vue le remplacement d'une matière par une autre matière; on voulait surtout supprimer la litière des animaux, et profiter de la paille qui y était affectée pour la faire servir à l'alimentation.

Cette innovation a été adoptée dans un grand nombre d’exploitations par des cultivateurs éclairés d’Outre-Manche, qui en sont très-satisfaits. Outre qu'elle procure une grande économie de paille, on a remarqué que les animaux qui séjournent sur des planchers à claire-voie sont toujours propres et exempts des infirmités dont sont atteints très-souvent ceux qui couchent sur de la paille humide. L’usage de ces planchers préserve du piétin les moutons, qui sont ordinairement exposés à celte maladie dans les bergeries mal tenues.

Une méthode qui avait pour résultat de conserver le bétail en bonne santé sans le secours des litières, ne pouvait manquer de réussir et de trouver sa place chez les cultivateurs qui veulent marcher en progressant. Ses avantages, d’ailleurs, sont incontestables, et elle figure maintenant au nombre des perfectionnements réels obtenus dans l'industrie agricole. A part quelques différences dans les dimensions des pièces de bois qui composent les planchers, cc système de stabulation convient aussi au gros bétail et à la race chevaline.

La structure des planchers varie, selon que les animaux sont tenus dans les boxes en état de liberté ou à l’attache.

Nous commencerons par les planchers en usage dans les bergeries.

Lorsqu’une bergerie est assez spacieuse et qu’elle contient un assez grand nombre de moutons, il est nécessaire de. la diviser en compartiments , entre lesquels on établira des couloirs de service qui faciliteront la surveillance du troupeau, la distribution des fourrages, et la séparation des béliers, moutons, brebis et agneaux.

Une bergerie est simple ou double; simple, elle n'a qu'une

largeur de a à 7 mètres ; si elle est douille, cette largeur est de 8 à 9 mètres. Quelle que soit leur largeur, les compartiments changent de grandeur et de forme. Il y a deux espèces de couloirs, les couloirs du milieu et les couloirs latéraux. Les premiers ont ordinairement lln 50 de largeur; les seconds, qui n'appartiennent qu'à la bergerie double, n'ont que O"1 80. Ils servent à l’usage que nous avons indiqué plus haut.

Les dégagements ne sont pas à claire-voie comme les compartiments ; ils sont pavés et légèrement bombés. L'espace compris entre les couloirs ou dégagements, et qui constitue les compartiments dont nous avons parlé, est défoncé à une profondeur de 0m 50. Il forme un encaissement sur lequel on pose les planchers.

Les couloirs sont maintenus au-dessus du sol des compartiments et au niveau du plancher, au moyen de piquets enfoncés en terre ; ces piquets s'appuient contre les planchers ou les claies qu'on a étendus sur les rives du couloir afin de maintenir les terres.

Tout l'assemblage du plancher des compartiments repose sur des pieux ou piquets , de sorte que le tout peut se démonter sans rien détruire lorsqu'on veut le changer de place. Ces pieux supportent des lambourdes de 0m 08 à 0m 10 d’épaisseur, sur lesquelles viennent s'asseoir les solives, lesquelles sont espacées les unes des autres de 0™ 80 à 1"’ 00. On les recouvre transversalement avec des planches ordinaires en bois de chêne, refendues en deux et espacées d’un centimètre environ ; elles sont clouées aux solives par leurs extrémités, et elles forment ainsi de véritables panneaux mobiles.

Les planchers mobiles à l’usage des bergeries reviennent, en y comprenant la fouille, les fournitures et la main-d'œuvre, à 4 francs le mètre carré.

Lorsqu'on construit une bergerie , si l’on a l’intention d’y établir des planchers à claire-voie, on fera bien de ménager, le long des murs de façade et de pignon, une retraite en maçonnerie , sur laquelle reposeront les pièces de bois destinées à supporter le plancher.

Le prix auquel nous avons estimé le mètre earré de plancher peut suliir une diminution si l’on construit de. la manière que nous allons indiquer. Il s’agit d'étendre sur les lambourdes qui s'appuient sur les pieux ou piquets dont nous avons parlé, des planchers dans toute leur largeur, c’est-àdire ayant U" 20 à 0m 25. On laisse entr’elles un faible intervalle, et on perce dans le plancher, à O™ 20 l'un de l'autre, des trous de 0” 012 de diamètre; ou empêche ainsi les urines de séjourner sur le plancher.

Ce dernier système a sur le précédent cet avantage, que les planchers ne doivent pas être découpés, et que sur une longueur de 5" 50 à im 00, les feuillets qui les composent se maintiennent en place par leur propre pesanteur. L’économie qui résulte de celte combinaison peut être évaluée à 1 franc 50 par mètre carré.

Les planchers à la Huxtablc sont très-usités maintenant pour les bergeries , parce que la toison des moulons s’y détériore moins que dans les bergeries ordinaires ; elle y est plus propre, et par conséquent d'une plus grande valeur.

Plusieurs expériences ont démontré que les moutons euxmêmes préfèrent les planchers à claire-voie aux litières ordinaires, quelque propres et bien fournies qu’elles soient. Si on leur laisse le choix, on les verra se diriger vers la partie planchéiée. On peut donc en conclure que les planchers sont utiles et favorables à la conservation des laines, et agréables aux animaux.

Les avantages des planchers mobiles sur les autres modes de pavement nous ont engagé à les adopter aussi pour les espèces chevaline, bovine cl porcine.

Ici l’encaissement du sol est le même que pour les bergeries (soit O1” 30 de profondeur); mais il y a cette différence que pour les chevaux , les bœufs et les porcs, les planchers doivent être plus solides si l’on veut éviter les accidents et leur assurer une plus longue durée.

Le plancher occupera tout l'espace affecté aux animaux en arrière de la crèche; il aura une longueur de 1““ G0 sur toute la longueur de la stalle. Celle dimension déterminée.

on commence lu rouille et on la continue jusqu’» lu profondeur de 0'" 30 ; après avoir nivelé et lassé fortement les terres qui forment le radier, on construit un pourtour une maçonnerie pour maintenir les terres, et on établit, dans le périmètre intérieur , d’autres petits murs espacés de 0™ 50. Ces murs servent à supporter le châssis mobile formé de solives. Sur celui-ci on cloue ou l’on visse les petits madriers, en laissant entr’eux un intervalle de O1" 01. C’est par cet intervalle que s'écoulent les urines ; quant aux déjections sèches, elles sont balayées vers le petit espace longitudinal qui se trouve du côté de la crèche.

Les encaissements qui se trouvent sous les planchers mobiles servent, en quelque sorte, de fosses ù fumier et peuvent être utilisés de deux manières , avec ou sans addition de matières étrangères. Dans le premier eas, les déjections ne sont enlevées que lorsqu’elles ont atteint une certaine hauteur sous l’encaissement ; mais alors on donne une plus grande profondeur à eclui-ei, afin que l'enlèvement n’ait lieu qu’une fois par mois. Ce mode est mauvais, parce qu’on perd de celle manière la partie la plus riche du fumier qui s'infiltre dans la terre et qui, à la longue, lu salure d'une odeur ammonieale très-prononcée.

Lorsqu'on établit des planchers à claire-voie, il faut savoir tirer de rencaissement dont il s’agit tout le parti possible. On dépose donc dans la fosse une couche de terre très-sèche qu'on renouvelle aussitôt qu'elle est suffisamment imprégnée d’urine. Celle terre agit comme désinfectant en retardant la fermentation, et elle forme un amendement très-précieux pour la culture.

Nous donnerons quelques dessins de planchers mobiles lorsque nous serons arrivés aux détails de construction.

bâtiment des machines H. — Ce bâtiment, contigu aux porcheries, se trouve entre la cour centrale et la cour des meules ; il contient :

I . Les machines agricoles ; — 2. La distillerie pour les betteraves ; — 3. La machine à vapeur ; — 4. Les remises pour les meules ; — 5. Les dépôts pour l’avoine et la paille

IGO —

coupée, et des remises pour les céréales; — G. Le générateur de la machine ; — 7. Passage couvert.

La machine à vapeur joue un grand rôle dans notre exploitation modèle; c’est elle qui met en mouvement les différents mécanismes contenus dans la pièce centrale : par exemple, la machine à battre, le tarare, le moulin, le hachepaille, le concasseur, le hrise-tourtcaux, le coupe-racines et le lave-racines. Elle sert aussi à alimenter d'eau le corps-delogis , les logements des animaux domestiques , les bassins et les auges, et à élever dans les réservoirs placés au-dessus des remises, le purin renfermé dans les citernes.

L’alimentation d'eau, comme on le voit, est très-facile : la machine à vapeur inet en mouvement une pompe foulante qui conduit l’eau partout ; au moyen de robinets, on la dirige selon les besoins du service, et l’on obtient ainsi une grande économie dans la main-d’œuvre. Les deux annexes de la pièce centrale du bâtiment îles machines servent de dépôt et de réservoir à la distillerie des betteraves.

Cour des meules J. — Les emplacements des meules sont au nombre de deux ; ils se trouvent à proximité de la machine à battre, près de laquelle sont établis deux dépôts de paille et de céréales. Les meules sont placées sur des platesformes octogones supportées par des roues. Le rail-way qui traverse les emplacements sert à transporter les meules jusqu’au pied de la machine à battre.

Ces plates-formes mobiles sont d’une très-grande utilité en cas d’incendie ; elles permettent d’éloigner les meules et de les mettre hors de l’atteinte des (lamines.

L'arrangement des gerbes en meules rend les granges inutiles, puisque le rapide travail delà machine remplace le battage au fléau. C’est aussi un des motifs pour lesquels nous avons supprimé les greniers et les fenils. On nous objectera peutêtre que supprimer les fenils c’est augmenter d’une manière sensible le travail journalier. Par l'ancienne méthode, dirat-on, il ne s'agissait que de laisser tomber le fourrage du fenil dans les écuries, tandis que par le nouveau procédé il faut avoir recours à la meule, et comme celle meule doit res-

ter exposée aux intempéries de l'air pendant tout le temps de son existence, il s'en suit que les pluies et les neiges doivent sensiblement la détériorer.

Si l'on pratique le système anglais, cet inconvénient ne peut se produire, parce que le foin subit au préalable une préparation qui le rend même plus profitable au bétail. D'abord la vapeur qui s’échappe de la machine sert à cuire le fourrage ; en second lieu, on peut couvrir la meule d’une toiture mobile. Enfin , puisque le foin doit être haché et cuit dans un bâtiment spécial, il est indifférent qu'on aille au fenil ou à la cour aux meules, du moment que celle-ci n'est pas très-éloignée.

Dans un article précédent, nous avons dit que les céréales et le foin se conservent mieux en meules, quand les meules sont bien faites, que dans des granges ou fenils. D'ailleurs, en prenant la ration quotidienne de foin nécessaire au bétail, on ne découvre pas la meule, on se contente de couper tout autour et. avçe un couteau d'une forme particulière, une tranche de toute la hauteur de la meule.

Nous avons dit aussi que la suppression des granges et fenils destinés à conserver toutes les récoltes d'une année, procure une économie notable sur le capital à débourser pour la construction d'un bâtiment de ferme. Ceux qui ne sont pas partisans des meules, affirment qu'une grange est nécessaire dans toute espèce de ferme (nous n’avons pas contesté leur utilité dans les fermes de moyenne et de petite culture), et qu'on peut opposer, aux frais de construction d’une grange, une dépense de 20 à 25 francs par chaque meule. A cela nous répondrons que les meules sont mieux ventilées par suite de leur exposition en plein air, et qu'elles mettent les céréales à l'abri des rats et des souris.

Les silos aux racines se trouvent derrière les meules et sont indiqués sur le plan général par les lettres 66. L'espace qu’ils occupent est situé à l’extrémité de la ferme; ils closent la cour des meules, et ils sont reliés par le rail-way au bâtiment des machines et à la distillerie.

Les autres dépendances de la ferme , groupées autour de

la cour centrale, sont des hangars qq , planche XXVIII , pour les instruments agricoles, des ateliers de charronnage et de inaréchaleric rr, et des remises pour le combustible ss.

Les fourrages verts sont placés sous des hangars tt, à proximité des écuries. Exposés ainsi, ils seront mieux ventilés et ne pourront s'échauffer.

L'abreuvoir k occupe la partie centrale de la cour principale ; il est à l'usage des divers animaux de la ferme. Le fond en est pavé et cimenté avec soin, afin qu'aucune infiltration ne se produise au travers des terres qui l’environnent; il est alimenté par les eaux pluviales qui descendent des toitures et par la machine à vapeur. Il sert aussi de réservoir pour les citernes à purin.

Aux quatre angles du réservoir sont plantés quatre massifs d'arhustes, mélangés d'aceacias à tête arrondie ; ces massifs donnent un peu d’ombre à l'abreuvoir, et empêchent le soleil d'absorber l'eau qu'il contient.

Après avoir énuméré les différents bâtiments qui constituent notre exploitation, il nous reste à traiter une question des plus importantes, celle des fumiers, des citernes cl des réservoirs à purin.

Les hangars à fumier II sont dans le prolongement des écuries. La toiture qui les couvre a une saillie assez prononcée pour en éloigner les rayons solaires. Chacun d’eux est divisé en deux compartiments ; celui du milieu reste libre, afin de faciliter le service et de donner passage au eharriot qui, au moyen du rail-way, amène le fumier des diverses écuries.

Les compartiments où l'on dépose les fumiers sont clos de petits murs qui ont 0"' 30 d’élévation sur 0ra 50 d’épaisseur ; ces murs sont surmontés d’une tablette en pierre, sur laquelle sont fixés les montants destinés à supporter la toiture.

Le dessous des hangars forme cave ; il est divisé en trois compartiments, coïncidant avec les murs supérieurs. Dans la partie au-dessous de laquelle sont déposés les fumiers, se trouvent les citernes à purin ; la partie centrale est occupée par un réservoir pour le guano, la poudre d’os, les cendres

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