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et coquilles nuirines, lesquels entrent dans la composition des fumiers.
Les voûtes qui recouvrent les citernes à purin sont percées d’ouvertures assez multipliées pour laisser passer les parties humides des fumiers, ainsi que l'eau qui sert a les arroser.
Tous les bâtiments indistinctement sont pourvus de drains amenant les engrais directement aux citernes.
Ces citernes jouent maintenant un si grand rôle dans toutes les exploitations convenablement tenues , que nous croyons bien faire en entrant à leur égard dans quelques détails. La valeur fertilisante des engrais liquides provenant des urines et des eaux-vannes a triomphé des préjugés.
Les cultivateurs éclairés mettent à profil les engrais liquides, en les mélangeant avec des matières solides, lesquelles, répandues sur la terre, en accroissent le produit d’une façon considérable.
Les applications qu’on a faites des engrais liquides, et les premiers résultats qu’ils ont donnés, devraient convertir tous les cultivateurs; et cependant on voit encore tous les jours, même aux environs des villes, le jus si précieux des fumiers se perdre sur les chemins, dans les mares et dans les fossés.
De tous les peuples, le peuple Anglais est celui qui a porté le plus loin l’initiative et le progrès en agriculture; c’est chez lui que se sont produites les améliorations les plus importantes dans la manipulation des fourrages au moyen de machines, et dans l'emploi des engrais.
Lorsque sir Robert’Peel eut fait adopter par le Parlement la grande mesure qui réformait les lois sur les céréales, cette réforme agita les cultivateurs , et les plus intelligents cherchèrent aussitôt les moyens d'arriver à un nouveau mode de culture, pour éviter la ruine qui les menaçait et pour lutter victorieusement contre la concurrence étrangère.
M. Kennedy, cultivateur habile du Ayrshire, exploite une ferme à Maybole; l'innovation à l’aide de laquelle il est parvenu à en doubler la production, repose sur une pratique
des plus simples, qui consiste dans In transformation de tous les engrais en engrais lignides.
Le terrain de son exploitation est accidenté ; il repose sur un sous-sol argileux imperméable, et d'un rendement assez médiocre. En 1848, on ne pouvait y nourrir qu'une tête de gros bétail ou cinq moutons par hectare. La mise en pratique de son système a quintuplé celte proportion.
Après avoir opéré, sur une profondeur de 1" 20, le drainage des 800 acres (433 hectares) dont se compose le corps de la ferme, on commença les travaux que nécessitaient les arrosements qu'on avait en vue.
Quatre immenses réservoirs couverts, contenant 20 mille hectolitres, furent construits sur le plateau autour duquel sont groupés les bâtiments de la ferme ; ces fosses énormes sont voûtées et munies chacune d’un appareil nommé agitateur, composé d'un axe vertical situé au ceutre de la fosse ; cet axe traverse deux grandes pièces de bois qui se croisent à angle droit, comme les ailes d'un moulin à vent; mais au lieu de se toucher, elles sont distantes l’une de l'autre d'un mètre environ. Elles forment ainsi quatre grands bras, par lesquels le liquide est agité dès que l’appareil est mis en mouvement, et qui empêchent les matières solides de se déposer au fond de la fosse ; la partie inférieure de l'axe est coudée à 0™ 20 au-dessus de la cropaudine , de manière à former excentrique.
Toutes les déjections des animaux de la ferme sont transformées en engrais liquides, qu’on laisse fermenter trois ou quatre mois avant de les employer. Durant ce temps, les agitateurs, en remuant souvent le mélange, favorisent la décomposition des matières fécales.
Les urines, recueillies dans les logements des animaux au moyen des rigoles à pentes combinées, arrivent dans un des réservoirs appropriés à cet usage; des grillages, placés de distance en distance, arrêtent les matières étrangères, opèrent le filtrage et empêchent les engorgements. A la masse de matières fertilisantes ainsi recueillies, on ajoute des quantités notables d’os et de guano, préparées avec de l'acide
sulfurique ; tout cela est jeté dans le réservoir et mêlé au lizier. Celui-ci étant trop épais et trop riche pour être employé pur, on l’étend, avant de s'en servir, d'une à quatre fois son volume d’eau, selon que le temps est sec ou humide.
Les agitateurs sont mus par une machine à vapeur de la force de 12 chevaux, laquelle sert aussi à amener l’eau pour le mélange des liquides, à transporter celui-ci à pied-d'œuvre sur les terrains qu’il s’agit d’engraisser. Elle consomme environ 20 litres d’eau par heure de travail.
Les engrais artificiels sont préparés sous un hangar voisin, par la combinaison de 100 parties d’os pulvérisés, avec 100 parties d’acide sulfurique et 260 d’eau bouillante.
Le mélange de ces parties s’opère pendant 36 heures, après quoi il est délayé avec une quantité d’eau proportionnée au degré de concentration qu’on désire obtenir pour les arrosements.
Le nouveau système, tel qu’il se pratique dans les contrées où les déjections solides sont mélangées avec les parties liquides, ne présente jusqu’ici, à part quelques exceptions, rien de remarquable ; il n’en est pas de mémo des procédés que nous allons décrire.
On emploie le lizier ou la lizée de deux manières : dans les pays montagneux, au moyen de rigoles qui le conduisent et le répandent dans les prés situés en-dessous de la ferme; dans les pays de plaines et de terres arables, à l’aide de tonneaux montés sur des roues, et qui se vident par une ouverture pratiquée à la partie inférieure. Il y a encore la méthode flamande, qui s'applique non-seulement au purin, mais cncoreà la matière fécale étendue d’eau. Elle consiste à répandre l’engrais sur les champs par le moyen de puisoirs.
Ces différents procédés ont des inconvénients qu’il est facile de constater dans la pratique. Le premier a pour lui, il est vrai, l’économie et la simplicité ; mais il ne peut s’appliquer qu’à la surface, souvent très-restreinte, des terrains situés près de la ferme et à un niveau inférieur. Ensuite, pour peu que le sol soit perméable, une partie du purin s’infiltre dans les rigoles. Enfin, même en supposant les circonstances