Porcherie; — 14. Cour; — 1S. Trou à fumier
16. emplacement pour la basse-cour, ou remise pour les instruments de labour; — 17. Plate-forme.
I.es dépendances, telles que la vacherie et les porcheries, sont à un niveau inférieur à celui de l'habitation ; cette différence est indiquée dans la façade postérieure , ligure 5, et dans la coupe transversale, ligure 2, planche XXXVII.
Les dispositions de cette métairie nous semblent satisfaisantes; sur un espace long de 12 mètres et large de 7, nous avons réuni toutes les pièces nécessaires à un ménage.
Les murs du corps-de-logis sont en briques, ainsi que les chaînes d'angles ; la saillie du toit est supportée par des consoles en chêne découpé. La partie du milieu, formant un avant-corps peu prononcé, est couronnée d'un fronton qui coupe la façade et la toiture en trois parties presque égales.
Pour les dépendances, les angles sont en briques avec remplissage en biocaille. Comme on le voit, toute l'ornementation consiste dans la disposition des matériaux.
La terrasse est bordée d’un treillage en bois, garni de plantes grimpantes ; ce léger accessoire donne un aspect frais et riant à l’ensemble de celte petite métairie.
La figure 1 de la planche XXXVII représente le plan des souterrains; la ligure 5, une coupe longitudinale de l’habitation.
Dm dlvcp» genre* de ferme».
Les fermes peuvent se diviser en plusieurs catégories, selon l’étendue des terres qui les constituent. On les range ordinairement en trois classes : fermes de grande exploitation , fermes moyennes, cl petites fermes. Ces désignations, toutefois, ne sont pas absolues ; elles varient d'un pays à l’autre. Nous allons établir quelques points de comparaison.
Grandes fermes.
Angleterre 300 à 400 hectares.
France 130 à 250
Belgique 85 à 150
Fermes moyennes.
Angleterre 200 à 275 hectares.
France 60 à 120
Belgique 35 à 50
Petites fermes.
Angleterre 100 à 175 hectares.
France 40 à 50
Belgique 10 à 15
Ainsi qu'on le voit, les différences d une contrée à l'autre sont très-marquées. L’Allemagne, comme l’Angleterre, possède des fermes d'un territoire très-étendu ; par conséquent, telle désignation qui est exacte pour un pays ne le serait pas pour un autre ; aussi fait-on bien d’appeler grande ferme celle où le fermier n'a d'autre occupation que de diriger et de surveiller les travaux de ses serviteurs. Ces fermes ont ordinairement un directeur de culture, ou agronome, lequel a encore des surveillants chargés de veiller au bon ordre et aux différents travaux journaliers.
On nommera ferme moyenne, celle où le fermier prend une 'part plus directe aux travaux de l’exploitation et occupe un certain nombre d’ouvriers, surtout lors des sarclages, des récoltes de céréales et de fourrages.
Les petites fermes, enfin, sont celles où le fermier travaille lui-méme avec sa famille aux ouvrages des champs. Il n'emploie souvent qu'un seul domestique mâle, et ne prend d’ouvriers supplémentaires qu'au temps des récoltes.
La superficie de terrain composant une exploitation est déterminée par trois motifs différents : 1“ par les causes locales ; 2° par la manière d’exploiter du fermier ; 3° et enfin par le genre d’industrie agricole qu’il pratique.
Les causes locales qui déterminent l'étendue d'une exploitation, peuvent donner lieu à la elassilication suivante :
Pays où le terrain est à bon marché et la main-d'œuvre chère : — donner au fonds un grand développement, afin que par son extension on obtienne la même quantité de produits qu'on obtiendrait par un surcroil de main-d'œuvre.
Pays où la main-d'œuvre est peu élevée et le terrain cher :
— circonscrire le terrain dans des limites restreintes ; suppléer au défaut d'étendue par la main-d'œuvre.
Sol naturellement fécond, climat propre à la végétation :
— établissement d'un fonds de grande culture.
Pays montueux, coupé par des routes, ruisseaux, etc. :
— fonds peu étendu, petite ferme.
Domaine situé sur le liane d'une colline ou d'une montagne : — ferme de petite exploitation.
Pays schisteux , dénudé et exigeant beaucoup de maind'œuvre : — ferme de petite exploitation.
Pays de plaines, où les transports sont faciles : — ferme de grande étendue.
Pays très-peuplé, où la propriété est très-divisée : — ferme de moyenne et de petite culture.
Pays où les bicns-fondssontconccnlrés dans un petit nombre de mains : — ferme de grande exploitation.
Domaine situé près d'une ville : — ferme de moyenne et de petite exploitation; culture maraîchère.
Domaine situé dans un pays manufacturier, où la plus grande partie de la population habile les villes cl s’adonne au commerce : — ferme de grande étendue.
Les diverses catégories que nous venons d’indiquer tiennent à des circonstances toutes locales. Ainsi une grande exploitation pourra prospérer dans un pays, tandis que le contraire arrivera dans un autre. Une ferme consacrée à l’élève des moutons ne prospérera pas sans de grandes cultures. Une autre, où l'on entretiendra du gros bétail et où la laiterie formera une partie essentielle du revenu, n'aura besoin que d'une étendue moyenne.
Quant an fond de roulement nécessaire pour une exploitation, il varie selon l’importance de celle-ci. Ainsi, une grande propriété, renfermant des bois, des étangs, des prairies, des pâturages , n’exige pas autant d'avances qu'une exploitation de terres arables d’une superficie égale.
Une ferme où l’on s'adonne à la culture, des céréales, composée de 100 à 125 hectares, demande plus de capitaux qu’une ferme de 1 ,200 hectares en pâturages , située dans un pays montagneux.
Il en est de même quant aux fermes où l’on cultive les plantes potagères et industrielles ; elles sont d’un produit plus avantageux si elles sont établies sur une petite échelle, à cause des frais de main-d’œuvre qui sont considérables.
L’agriculture, aux environs des villes, a beaucoup de rapport avec la culture maraîchère; elle exige une multitude de petits travaux de détail et une. main-d’œuvre très-coûteuse : les petites et les moyennes fermes conviennent parfaitement dans cette position.
Les constructions qui forment l’ensemble d'un corps de ferme doivent avoir une utilité réelle et n'ètre i/ne ce i/n’il faut. Il faut que chaque partie soit tellement indispensable, qu'on ne puisse s'en passer sans nuire aux besoins de l’exploitation. D'un autre côté, ces bâtiments ne peuvent être occupés gratuitement, parce que leur établissement a nécessité l’emploi d'un capital. Il faut donc que les produits de toute nature d’une exploitation indemnisent des frais de location. Si de la valeur des produits obtenus on retranche ces frais de location , on aura le revenu annuel de l’exploitation, et c’est , selon nous , la manière la plus rationnelle et la plus simple de se rendre compte de ses dépenses et de scs revenus. Cependant il en est encore une autre; elle consiste à faire supporter à chacun des bâtiments une partie des charges locatives, eu égard à leur capacité et à la nature des produits qu’ils renferment.
Ainsi, pour les granges, les greniers, les fenils et les meules , on prélèvera leurs frais de location ou de construc-
lion sur le produit brui de la culture des céréales et des fourrages. 11 en sera de même pour les logements d'habitation, les hangars, les séchoirs, les écuries, les étables , les bergeries, les porcheries , la basse-cour , etc. Cette méthode a sur la première l'avantage de donner des évaluations plus détaillées, cl de fournir ainsi les moyens d’apprécier plus commodément les parties de l'exploitation qui sont le plus profitables.
L’utilité d'un bâtiment, de quelque nature qu’il soit, est constatée dès que ses dimensions sont en rapport exact avec les denrées qu'il doit contenir. Tout excédant d’étendue et de superficie est un vice en économie rurale, et entraîne une perte réelle pour le propriétaire. 11 en est de même si les bâtiments de l'exploitation sont construits dans un style incompatible avec la simplicité et l'unité qui conviennent aux constructions agricoles. Une excessive solidité', tant des matériaux employés que des bâtiments dans leur ensemble , est aussi un vice. Un acquéreur ferait une faute grave s'il payait ce luxe et celle solidité en raison de ce qu’ils ont coûte au propriétaire , et si celui-ci a grevé sa propriété de frais exagérés, il n’est pas juste que le tenancier ait à en supporter les conséquences.
Plusieurs charges sont attachées à la jouissance des bâtiments ruraux, cl il est d’une bonne administration d’y avoir égard.
L’établissement d’un corps de ferme a nécessité un capital dont les intérêts varient suivant les pays. A eet intérêt, qu'on peut évaluer de 2 à 5 p. 0/0, se joint l’amortissement, qui est destiné à subvenir à la reconstruction dans un temps plus ou moins éloigné ; l'amortissement sera donc proportionné à la durée présumée des bâtiments.
Lorsque les constructions ont été faites avec de bons matériaux et par des ouvriers capables, leur entretien annuel peut être évalué de 1/3 à 1/2 p. 0/0 de la dépense totale.
A ces différentes sommes on ajoutera la prime d'assuranee, si les bâtiments sont assurés (précaution que nous jugeons indispensable dans une exploitation de quelque valeur).
Lorsqu'on visite une propriété qu'on a le désir d'acquérir, il faut soumettre les constructions à un examen attentif et se rendre bien compte de la situation des terres qui dépendent de la ferme; car plus elles seront éloignées des batiments, plus elles occasionneront de perle de temps ; ce point est très-important. Les chemins qui conduisent à ccs terres devront aussi être l'objet d’une attention sérieuse, leur mauvais état nécessitant de plus forts attelages.
Il a été démontré, par diverses expériences, que l’un met à tracer , dans une terre de moyenne résistance , un sillon de 70 à 80 mètres de longueur , le même temps qu'on emploie pour conduire une charrue ou une herse à la distance de 100 mètres.
Les transports entrent pour une très-large part dans l'évaluation des frais d’une exploitation. Supposons, par exemple, que les chemins soient en bon état, et que dans une journée on puisse transporter 23 voitures de fumier sur des terres situées dans un rayon de 373 à 400 mètres de distance de la fosse, on n'en transportera plus que 12 à 13 à une distance de 730 à 800 mètres ; que 9 à 10 à une distance de 1,300 à 1,G00 mètres.
Ce que nous venons de dire du transport des fumiers et des instruments de labour, s'applique exactement au parcours que les animaux sont obligés de faire pour se rendre aux champs. Dans presque toutes les exploitations, les chevaux et le bétail nourris à l'étable reviennent à la ferme deux fois dans la môme journée; ils font donc quatre fois le même trajet. Supposons entre l'étable et les terres à céréales ou les pâturages une distance de 1,300 mètres, on aura à parcourir une distance de 0,000 mètres; le temps qu’on emploiera à la franchir sera perdu pour le travail utile; ajoutons qu'il y aura en même temps perte d'engrais et de main-d’œuvre.
Il est de la plus haute importance de sc renseigner exactement sur la position et l'éloignement des terres d’une exploitation ; car si , dans une seule journée , le travail de la ferme présente les différences que nous indiquions tout-à-I’heurc ,
on comprendcellcs qui existeront entre deux fermes contiguës, dont l'une aurait ses terres à sa proximité, tandis que celles de l’autre se trouveraient à une distance considérable.
Pour qu’une ferme soit bien disposée, il faut qu'elle réunisse les conditions suivantes : 1" que les bâtiments soient complets sans être superflus; 2" que les dimensions des dépendances aient la capacité , Y étendue et les formes qui conviennent aux usages auxquels on les destine; 5“ enfin que les terres de culture soient à proximité du corps de la ferme.
Ainsi, toute construction rurale sera bien ordonnée lorsque son ensemble sera simple et commode , lorsque les bâtiments seront construits avec soin et régularité, et que toutes les nécessités du service auront été calculées de manière à procurer la plus grande économie de main-d'œuvre. Voilà le but auquel doivent tendre tous les propriétaires de biens ruraux.
L'expérience cl la pratique peuvent seules nous mettre à même d'apprécier à l'avance la dépense d'une construction ; ce n'est qu’en étudiant les constructions analogues , faites dans le même pays et dans les mêmes circonstances , que l'on parvient à acquérir celte connaissance , faute de laquelle on doit avoir recours aux lumières d'un architecte.
Pour être en état de faire soi-mème scs devis, il faut savoir le prix des matériaux dans la localité , le prix de la main-d’œuvre et celui des transports.
Nous allons maintenant résumer les principes que nous avons énoncés , en citant un exemple. Supposons qu'il s'agisse de construire une écurie pour 2a têtes de bétail. L'emplacement nécessaire à chaque animal est de 10 mètres carrés ; si l'on y ajoute la sellerie , le magasin à fourrages , la chambre où se trouvent le coffre à l’avoine et le hachepaille , on aura à sa disposition une surface de 250 mètres carrés dans un bâtiment de 29 mètres de longueur sur 10 de largeur. Si l'on donne aux murs 5 mètres de hauteur audessus du sol, 50 centimètres d’épaisseur, et pour les fondations 80 centimètres de profondeur, ce bâtiment, tout couvert en tuiles, coûtera 5,858 fr. 75 c. , c'est-à-dire 23 fr. 875 le mètre superficiel.
En calculant celle dépense par rapport à une durée de 100 ans, durée plus (|ue suffisante pour les constructions agricoles , on reconnaîtra que la valeur à déduire annuellement sur le revenu brut du bâtiment des écuries peut s'établir
ainsi tpi'il suit :
Fonds d’amortissement, I/1001- du coût 58 fr. 68 c.
Capital avec intérêt ordinaire à 5 ou 6 p. 0/0. . 295 43
Réparations et entretien annuel, 1/5 p. 0/0... 18 22
Assurance à 1 p. 0/0 du capital 58 68
Total 429 fr. Ole.
Cette somme de 429 fr. 01 c. doit être défalquée de celle qui représente les frais du logement de 25 têtes de bétail , chaque tête étant comptée pour 17 fr. 10 c., — soit 1 fr. 70 c. par mètre superficiel.
Le loyer de 17 fr. 10 c. que coûte annuellement chaque animal est susceptible de réduction. Au lien d'employer la pierre de taille , la brique , la tuile , comme nous l’avons supposé dans l’estimation précédente, si l'on substituait aux murs en briques des murs en pisé et une toiture en chaume, et si l'on se contentait par conséquent d'assurer aux bâtiments une durée moyenne, on obtiendrait une diminution de 1 ,772 fr. 50 c. , et celte économie ne laisserait pas que d’être sensible sur le loyer annuel de chaque tête de bétail.
L’exemple que nous avons cité peut s’appliquer aux logegcmenls de tous les animaux domestiques, aux bâtiments destinés à la conservation des récoltes , ainsi qu’a l'habitation du fermier , de sa famille et de ses domestiques ou gens de service.
Ces frais spéciaux ne doivent pas être compris dans le prix de fermage des biens ruraux; on les considérera comme venant en déduction des produits , et de celte façon on ne paiera la jouissance de la ferme que ce qu’elle vaut.
Tout administrateur doit être en état d’estimer par luimême la valeur locative des biens ruraux , s'il ne veut pas être exposé à des erreurs qui seraient préjudiciables au propriétaire pour lequel il régit. Cette valeur locative sert de
base puur l'évaluation de celle des bâtiments , et eette dernière on l’obtiendra en retranchant du capital dépensé le montant approximatif des détériorations que le bâtiment aura à subir.
Mais pour arriver à ce résultat, même approximatif, il faut examiner : 1“ si le bâtiment n'a pas été construit avec surcroit de solidité (ee que nous avons reconnu comme superflu); 2" si une économie intelligente a présidé à sa construction ; 3° si les proportions correspondent aux besoins de l'exploitation ; 4° si un luxe déplacé n'a pas occasionné une dépense excessive. Dans le cas où les conditions que nous indiquons n'auraient pas été remplies , il faudrait opérer une réduction sur le capital dépensé pour la construction. Supposons qu'un bâtiment ait coûté 3,868 fr. 73 c. , lorsqu’il n'aurait dû coûter que 4,096 fr. 23 c. s’il eût été construit d’une manière rationnelle, la différence de 1 ,772 fr. 50 c. peut provenir de ce qu'il a été érigé sur une trop grande échelle.
Quant à la durée de ce bâtiment, si l’on compte les années écoulées depuis sa construction, soit 40 ans, et celles qui s'écouleront encore pour arriver â 60 ans , nous dirons qu'il a perdu un tiers de sa valeur depuis qu'il existe , c'est-àdire 1 ,363 fr. 41 c.
On peut , à première vue , trouver tous ces raisonnements un peu hypothétiques, mais il faut faire attention que si ce bâtiment n’a coûté que 2,000 fr., on n'a dû diminuer que d'autant les frais à la charge de la ferme; il n’en est pas de même de celui qui achète; celui-là doit maintenir la prime d'amortissement comme si le bâtiment était de construction récente et ne devait durer que 60 ans.
Le calcul s’établit comme suit :
Fonds d'amortissement pour une durée de 20 ans , basé sur
un capital de 4,096 fr. 23 c 204 fr. 31 c.
Intérêt du prix d'achat, 1,365 fr. 41 c. , à
Frais d’entretien , I 1/4 p. 0/0 50 00
Frais d’assurance 40 00
Total 362 fr. 58 c.
La somme de 362 fr. 38 c. représente celle que l'acquéreur doit prélever chaque année pour l’amortissement des 20 années qui restent à courir, et qui sont celles de la durée présumée du bâtiment ; car , au bout de ce temps , il devra le reconstruire totalement et dépenser une nouvelle somme de 4,09G fr. 23 c.
L’estimation que nous venons de faire n’a pu être établie ainsi que dans la supposition où le bâtiment , lors de l'acquisition , était dans un bon état de conservation ; sans cela sa durée aurait été présumée moindre que celle que nous lui avons donnée.
Des améliorations. — Un propriétaire ou un fermier peut, avec le secours de ses gens de service , entreprendre toutes les améliorations nécessaires à un fonds , lorsque celles-ci sont uniquement du ressort de l’agriculture. Il en pourrait être de même quand il ne s’agit que de. changements à opérer dans les constructions existantes, lorsque ces changements ne sont pas considérables. Pour cela il ne faut que choisir des ouvriers adroits et intelligents. Mais s’il s'agissait de constructions nouvelles ou oITrant quelques difficultés , il vaudrait mieux alors avoir recours à un entrepreneur expérimenté.
Lorsqu’on achète une propriété rurale, il peut être d’une grande utilité de faire dresser le plan de toutes les terres qui lu composent, afin d’en avoir sous les yeux l’ensemble et les détails. Sans cette précaution, il est très-difficile d’exécuter ou de faire exécuter convenablement la moindre modification.
11 serait bon aussi de se procurer un plan de nivellement des terres ; ce plan servirait à diriger les irrigations et le placement des drains , ainsi que tous les travaux relatifs aux étangs, aux mares, aux fossés, aux rigoles, etc. Ces opérations exigent beaucoup de soins; c’est sur elles qu’on se base lorsqu'on entreprend d’amener les eaux ou de les faire évacuer , de faire disparaître les inégalités de terrain , d'adoucir les pentes, de déterminer l'orientation d’une pièce de terre, d’établir des clôtures, etc.
l.e relevé îles terres fait connaître la superficie réelle de la propriété ; mais il sert également à en déterminer les limites, à les rectifier , s’il est nécessaire , par le bornage: enfin à prévenir toute contestation entre voisins.
Lorsqu'on fait exécuter le tracé de chemins ruraux, de fossés , de rigoles , il ne faut jamais perdre de vue qu'ils doivent être établis de manière : 1° à ménager le terrain; 2" à diminuer la fatigue des ouvriers et des attelages; 3° et à économiser l’entretien , le temps et les frais de transport.
Tous les chemins doivent, dans un pays de plaines, être dirigés en ligne droite , afin de ménager le terrain et de diminuer les frais de leur entretien et de celui des clôtures qui les bordent. Ils seront assez larges pour empêcher les accidents , surtout dans les angles et aux environs des portes, des cours et des enclos.
Dr* Yl:it<-riuu* de conwtriietion.
PREMIF.I! ARTICLE.
Chaque pays fournit des matériaux de construction , mais pour les bien connaître, il faut une longue pratique , car il s'agit d’apprécier leur lionne ou leur mauvaise qualité , de se rendre compte de leur mise en œuvre et de les disposer avec économie. On doit aussi connaître leur force de résistance, pour ne leur imposer qu’une charge qu’ils puissent supporter sans se dégrader ou sc détruire.
Il est rare qu’une localité fournisse tous les matériaux nécessaires à une construction, et il est rare aussi que ces matériaux réunissent toutes les qualités désirables.
Les matériaux dont l'emploi est le plus fréquent dans les constructions, peuvent se diviser en trois classes.
1" Les matières pierreuses ou minérales, telles que les granits, les grés, les silex , les cailloux, les sables, les argiles , le bit urne végétal.
2" Les matières ligneuses et végétales , telles que les bois de toute espèce, les pailles, les roseaux, le bitume végétal.
3° Les substances métalliques , comme le fer , le cuivre , le plomb , le zinc , etc.
Des matières pierrecses. — Elles sont un composé de terres élémentaires pures, ou mélangées avee d'autres substances. Elles se présentent en blocs plus ou moins volumineux , ou en masses plus ou moins désagrégées , quelquefois à l’état de pâte plus ou moins ferme, selon la quantité d’humidité qu’elles renferment. Les premières sont désignées sous le nom de pierres, les secondes sous celui de gravier, arène ou sable , et les troisièmes sous celui d'argile.
Les pierres , en. général, sont disposées dans le sein de la terre par couches distinctes ; elles prennent alors le nom de haut ou de bas appareil , selon l’épaisseur du banc qui les a fournies.
Qualités que doit posséder la pierre à bâtir. — Toute pierre à bâtir doit être d'une contexture compacte , d'une dureté et d’une cohésion suffisantes pour résister aux chocs et aux pressions qu’elle peut avoir à supporter. Elle ne renfermera donc ni cavités , ni corps étrangers , elle se présentera en masses assez grosses pour être convenablement exploitées, débitées et taillées.
Parmi les pierres dont il dispose, le constructeur réservera les plus solides pour les parties les plus exposées , et les moins solides pour celles où les causes de destruction sont le moins à craindre. La pierre ne présente pas sur toutes ses faces le même degré de résistance et de dureté ; ces deux qualités se rencontrent généralement dans les parties parallèles au plan de couche, et il est très-important, dans les constructions , d’en tenir le plus grand compte; la force résiste aux pressions , et la dureté aux frottements.
L’étude des qualités des pierres est très-simple; il ne s’agit que de prendre quelques renseignements sur les lieux d’extraction et de faire quelques expériences. La plus rationnelle
de toutes consistera à s'assurer de l'état dans lequel se seront maintenues les pierres d'une construction remontant à quelques années. Si l’on visite une carrière , on étudiera : 1° le mode de gisement, la structure et la cassure des pierres, afin d'en tirer quelques indications pour l’exploitation , la taille et la main-d’œuvre; 2° le degré de résistance, ce qui s’obtiendra en soumettant les pierres à des pressions facilement évaluables ; 3° et le degré de gélivité , qu’on ne pourra connaitrc qu’en visitant des constructions faites avec des pierres de même espèce, ou en suivant le procédé de M. Brard, que nous décrirons ci-après.
Les qualités qui distinguent les bonnes pierres sont l’homogénéité et la finesse du grain, la résistance à l’écrasement ou à la rupture, l’inaltérabilité aux influences atmosphériques , la facilité avec laquelle elles subissent le travail et adhèrent au mortier.
Des expériences qui ont été faites sur plusieurs sortes de pierres ont prouvé que la pesanteur, la dureté , la force, l'homogénéité du grain, la compacité de la texture, sont des qualités qui se lient les unes aux autres. Ainsi parmi les pierres d'une même catégorie, les plus lourdes sont ordinairement les plus dures, les plus fortes, les plus homogènes et les plus compactes. On a remarqué également que les pierres qui ont une couleur foncée sont plus dures que celles d’une couleur plus claire ; celles qui exhalent une odeur de soufre lors de la taille sont aussi les plus résistantes. Les pierres dont la cassure est lisse cl le grain homogène supportent mieux la taille que celles dont la cassure laisse voir des aspérités et des points brillants.
Des pierres gélives. — Une partie des pierres qu’on emploie dans les constructions absorbent l'humidité et se détériorent par l’effet de la gelée. La plupart des constructeurs ne prennent plus les précautions qu’on prenait autrefois. Les Romains laissaient les pierres exposées pendant deux années aux influences atmosphériques ; ce n'était qu'après ce temps qu’on les employait. Celles qui étaient reconnues bonnes
étaient placées à l'extérieur comme pierres de taille , et les autres étaient destinées aux constructions intérieures ou aux fondations. Aussi fera-t-on bien, lorsqu'on commencera l’exploitation d'une carrière , d'en extraire d'abord quelques blocs, qu'on laissera exposés pendant quelque temps à l'air, à l'humidité et à la gelée.
Plusieurs sortes de pierres résistent aux gelées les plus fortes sans subir d'altération ; d'autres, au contraire, se dégradent sous l’action d’une gelée moyenne. Ces dernières absorbent facilement l'humidité; l’eau contenue dans les cavités qu'elles renferment augmente de volume par l'effet de la gelée ; il s’opère alors une désagrégation qui se remarque principalement aux angles et sur les rives; il s’en détache des éclats irréguliers ou des écailles très-minces.
La congélation peut altérer d'une façon très-sensible la solidité de la pierre sans qu’on remarque les signes de celte altération. Ainsi certaines pierres, au bout de quelques années, semblent encore avoir la même homogénéité et la même solidité qu'au moment de leur mise en œuvre; ce n’est que lorsqu'elles doivent être remaniées et retravaillées qu’on s’aperçoit qu’elles ne peuvent être utilisées.
Lorsque des pierres restent sur le chantier pendant l'hiver, il faut faire attention à celles qui se fendraient à la gelée et les éloigner aussitôt , car ou a remarqué que des pierres qui s’étaient ainsi fendues se refermaient ensuite et ne laissaient plus de trace de leur altération , et souvent on ne s'en est aperçu qu’après plusieurs années d’intervalle.
Les pierres gélives conviennent mal pour soutenir les arêtes ; elles sont moins denses que celles de la même espèce qui ne sont pas entachées de ce défaut.
On doit s'assurer si les pierres qu’on veut employer peuvent résister aux agents qui tendent à les détériorer. Les pierres qui font feu sous le choc du briquet, sont, en général, inaltérables à l'action du feu : telles sont les pierres siliceuses; il n’en est pas de même des pierres calcaires. Les pierres qui ne résistent pas aux influences atmosphériques peuvent supporter la chaleur sans se désagréger. On remarquera que
les pierres les plus poreuses el les plus tendres supportent la chaleur, tandis que les pierres les plus dures n'y résistent pas.
Le procédé de M. Rrard , pour reconnaître les pierres gélives, procédé qui a été modifie par M. Iléricart de Tliurv , consiste à prendre des échantillons en différents endroits du banc qu'on veut éprouver, notamment dans les parties qui diffèrent par la couleur, par l'aspect et par le grain. Ces échantillons seront taillés ou sciés en cubes de Sa millimètres de côté ; on les fera bouillir pendant une demi-heure dans une dissolution de sulfate de soude saturée à froid (1); on retirera chaque échantillon l'un après l'autre, el on les suspendra à des fils pour qu'ils soient isolés. Cette opération doit se faire dans un endroit chauffé à 15" environ. Lorsque les échantillons auront été suspendus pendant 24 heures , leur surface sera couverte de petites aiguilles blanches el salines semblables au salpêtre ; on plongera ces pierres dans un vase alin de détacher les efflorescences. On continuera cette manipulation pendant cinq jours. On reconnaîtra que la pierre est gélive si , dès le premier jour de l’opération, le sel entraîne avec lui des fragments de pierre; on reconnaîtra, an contraire , qu’elle ne l'est pas si l’on ne trouve au fond du vase ni fragments, ni feuillets de la pierre, éprouvée. Au moyen de ce procédé fort simple , on peut connaître le degré de gélivité d'une pierre par Te nombre de fragments qui s’en détachent.
Les pierres destinées aux constructions doivent être extraites de la carrière avant l'hiver, car souvent une pierre qui est gélive au sortir de la carrière ne l'est plus lorsqu'elle est restée quelque temps exposée a l'air.
La plupart des constructeurs négligent ces précautions , et cette négligence est la cause du peu de durée de nos constructions modernes. Ils oublient les préceptes qui dirigeaient
(i) Nous ferons remarquer que l'on ne doit pas saturer l’eau pendant qu’elle est chaude, c’est à froid seulement que eetle saturation doit avoir lieu.
les anciens et qui ont assuré lu durée de tant de constructions qu'on admire encore aujourd'hui.
Classification îles pierres. — Dans la pratique des constructions, on divise les pierres en trois classes : les inarbres, les pierres dures et les pierres tendres. Nous ne parlerons pas des premières, pour ne pas sortir du cadre, de notre ouvrage ; nous dirons seulement qu'on peut classer dans la catégorie des marbres toutes les pierres qui sont susceptibles de recevoir un beau poli. Les pierres que les constructeurs appellent pierres de taille n'ont pas la dureté du inarbre et présentent moins d'homogénéité dans le grain. On désigne sous le nom de pierres dures toutes les pierres qui ne peuvent être débitées qu'à la scie sans dents , à l'aide d’un mélange d'eau et de grès pulvérisé , — sous le nom de pierres tendres, celles qui peuvent être débitées avec la scie à dents ; elles sont disposées dans les carrières par bancs d’une faible épaisseur.
Ces deux espèces de pierres sont les principaux éléments qui entrent dans la construction des bâtiments. 11 est rare que chacune d'elles possède toutes les qualités nécessaires pour produire de bons ouvrages ; il faut donc que l'architecte connaisse leurs qualités et leurs défauts, afin de pouvoir les employer en parfaite connaissance de cause. Dans une même construction, certaines parties sont plus exposées que les autres, soit sous le rapport des pressions ou des frottements, soit sous le rapport de l'humidité; c’est à l'architecte à faire choix des pierres qui rempliront le mieux son but.
Les pierres à bâtir sont le plus souvent groupées en masses considérables ; elles prennent alors le nom de roches. Ces roches présentent des caractères particuliers qui les font désigner sous un nom spécial; ainsi on appelle roches massives celles où les pierres ne paraissent former qu'un seul bloc , sans subdivisions, — roches naturelles cellesquisontsillonnées dans tous les sens par des crevasses ou fentes , — roches stratifiées celles qui sont divisées par des fentes régulières cl parallèles en couches ou bancs de diverses épaisseurs ,
séparés par des intervalles de matière pierreuse non encore consolidée, qu’on nomme bousin.
On appelle piètres de taille celles qui conservent de fortes dimensions après qu'elles ont été débitées. Les blocs sont les pierres qui n’ont encore subi aucune main-d’œuvre , et qui sont expédiées sur les chantiers de constructions pour y être travaillées. Les libages sont aussi des pierres d’assez grande dimension dont les lits ont été grossièrement équarris.
Les pierres de plus petite dimension se divisent en trois catégories : les moellons bruts, les moellons amitiés cl les moellons pir/ués.
Caractères distinctifs des pierres. — Les caractères physiques des pierres peuvent être appréciés à la vue ou au moyen de quelques expériences fort simples. On appelle pierres pleines celles qui ne contiennent ni cavités, ni moies, ni cailloux, ni coquillages ; — pierres moyëes celles dont les cavités sont remplies d’une substance moins dure ou terreuse ; — pier/-es franches celles dont la texture homogène offre une résistance uniforme dans toutes ses parties.
Les ouvriers carriers nomment pierres fières celles qui subissent difficilement la taille.
Les pierres moulinées se trouvent généralement dans les pierres tendres ; elles sont graveleuses et elles absorbent beaucoup d'humidité ; aussi les arêtes se font-elles mal avec cette sorte de pierre.
Les pierres ferrées sont celles qui renferment de petites bandes très-dures et très-difficiles à travailler.
Emploi des pierres. — Les pierres qui proviennent de roches massives peuvent être employées sans inconvénient dans un sens quelconque. Il n’en sera pas de même si elles proviennent de roches stratifiées ; il faut alors les placer dans les constructions sur leur lit de carrière , afin qu’elles offrent la plus grande force possible. Lorsqu'on leur donne une autre position , on dit qu elles sont en délit.
Les pierres que les constructeurs emploient sont d'une
nature calcaire ou siliceuse. Les premières, soumises à P action d'une chaleur plus ou moins vive, se décomposent et donnent naissance à des produits d’une nature différente ; les secondes, soumises à Faction du feu le plus violent, ne se décomposent pas.
Calcaires. — Pierres donnant de la chaux lorsqu’on les soumet à une vive chaleur ; à l’état naturel , elles sont formées de carbonate de chaux dans la proportion de 56.59 de chaux et 43.61 d’acide; l’acide nitrique les met en effervescence; elles ne donnent point d’étincelles sous le choc du briquet , mais elles dégagent , dans ce cas , une forte odeur d’acide hydrosulfurique. Les pierres calcaires sont les plus utiles dans les constructions ; elles se présentent presque toujours en couches ou bancs, épais quelquefois de plusieurs mètres, réduits d’autres fois à une épaisseur très-minime. Les calcaires sont abondants dans les terrains sédimentaircs ; ils se rencontrent plus rarement dans les terrains primitifs; ils offrent certaines particularités selon qu’ils appartiennent à l’une ou à l’autre de ces deux catégories.
Les calcaires qui proviennent des terrains de transition cl des terrains houillicrs , sont généralement d’une couleur grise, noire ou bleue; telles sont les pierres qu’on emploie en Belgique.
Les terrains tertiaires produisent deux calcaires différents, le calcaire grossier et le calcaire d’eau douce. Le premier fournit les pierres dont on se sert généralement dans les bâtisses ; sa contexture est terreuse , son grain grossier et sa cassure droite.
Tous les calcaires sont exploités comme matériaux de construction dans une grande partie de la France et de la Belgique.
Les ealcaircs des environs de Paris sc divisent en deux espèces , les durs et les tendres. On range parmi les premiers le liais, le cliquart, la roche , et le blanc-franc , et, parmi les derniers , la lambourde, le veryclct , le Saint-Leu, le parmin et le confions.
Pierres dures calcaires. — Le liais est une très-bonne pierre à bâtir; il est de formation moderne , et ne renferme auenn corps étranger ; son grain est fin , sa texture compacte et uniforme ; l'épaisseur des bancs varie de 20 à 30 centimètres ; il se taille assez bien. Comme celte pierre est gélive, il est nécessaire de l’extraire en temps convenable, afin qu’elle ait le temps de perdre son eau de carrière.
Le liais se divise en trois espèces différentes : le liais dur, dont les bancs ont de 23 à 30 centimètres d’épaisseur ; le liais Fèrault ou faux liais, dont l’épaisseur est de 30 à 40 centimètres; le liais rose, plus tendre que les précédents, dont l’épaisseur varie , suivant les carrières d’où il est extrait, de 23 à 40 centimètres (I).
Les bancs inférieurs des carrières d’où l’on extrait le liais n’ont pas la même qualité que les bancs supérieurs; ils sont plus sujets aux rnoics et aux filandres , ils sont en outre séparés par des couches épaisses de bousin.
Le cliquarl est une pierre dure, dont le grain est fin, égal et d’un bon usage; l’épaisseur de ses bancs varie de 50 à 35 centimètres. Ces pierres sont d'une belle couleur; elles sont généralement pleines et franches , et résistent bien aux fardeaux (2).
La roche est aussi une pierre dure, mais souvent coquillcusc. Il existe une grande variété de ces pierres, et la hauteur des bancs est très-variable; ils ont eu moyenne 40 centimètres d’épaisseur (3). Cette pierre est très-estimée; on l’emploie généralement à Paris pour les édifices publics et les maisons particulières.
(1) Lieux de provenance : Arcueil, Bagneux, Créteil, l’Ilc-Adam, Clamart; — poids ou mètre cube: 2,4(0 kilog.; — poids à l'écrasement, par centimètre carre, 520 à 525 kilog. environ.
(2) Lieux de provenance : Yaugirard, Montrouge, Bagneux, Val-sous-Meudon ;
— poids au mètre cube, environ 2,080 kilog. ; — poids d'écrasement , par centimètre carré, 123 à 150 kilog.
(3) Lieux de provenance : Chntillon, Bagneux , Arcucil , la Butle-aux-Cailles;
— poids au mètre cube 2,400 : kilog.; — poids à l'écrasement, par centimètre carré , 520 kilog
Le banc-franc est moins dur que la roche ; il remplace souvent celle-ci dans les constructions particulières, parce qu'il est d’un prix moins élevé; son grain est lin et très-égal, sa texture est plus compacte ; la hauteur des bancs est ordinairement de 40 centimètres (I).
Calcaires tendres. — La lambourde de bonne qualité se taille aisément , ses arêtes sont vives ; elle remplace avec avantage le Saint-Leu, quoiqu’elle résiste moins aux fardeaux; elle se détériore par la congélation lorsqu'elle est employée pendant l’arrière-saison. L’épaisseur dç ses bancs varie de 65 à 95 centimètres (2).
Le vergelet est une pierre de bonne qualité et très-résistante , son grain est ferme et assez gros , sa couleur est grisâtre. Elle résiste mieux aux fardeaux que celle de St-Leu , mais elle conserve moins bien les arêtes vives et ne se taille pas aussi facilement. On l’emploie assez souvent dans un but d’économie pour remplacer la pierre dure (3).
Le Saint-Leu se tire des mêmes carrières que le vergelet, mais celui-ci vient des bancs supérieurs, tandis que le Saint- Leu vient des bancs inférieurs. Cette pierre est pleine, d’une belle couleur et d’un beau grain ; ses arêtes sont vives, elle résiste moins bien que le vergelet aux influences de l’atmosphère et s’écrase sous une charge plus faible. Elle ne peut être employée dans les endroits humides ; la hauteur de scs bancs est de 50 à 80 centimètres (4).
Le parmin, plus tendre que le Saint-Leu, a aussi le grain
(1) Lieux de provenance : Arcueil, Chàlillon, Montrouge, Ragncux, nie-Adam, etc.; — poids au mètre cube : 2,030 kilog. ; — à l’écrasement, par centimètre carré , 123 à 150 kilog.
(2) Lieux de provenance : St-Maur, faubourg St-Jacques, St-Germain-cn-Laye, Gentilly, St-Denis, Montcsson, Houilles , Nanterre; — poids à l’écrasement, par centimètre carré, 33 à 00 kilog.; — poids au inèlre cube : 1,790 kilog.
(3) Lieux de provenance : Bords de l’Oise, Saint-Leu, Villiers, Silly; — poids par mètre cube : 1,820 kilog.; — charge à l'écrasement, 38 à 60 kilog. par centimètre carré.
(4) Même provenance que le vergelet.
moins gros ; scs qualités sont, du reste, ù peu près les mêmes ; la hauteur de ses lianes est d’environ 65 centimètres (1).
Le Confions. Cette pierre a beaucoup d'analogie avec le Saint-Leu, mais elle est plus ferme et plus belle. Les sculpteurs l’emploient paree que scs veines ne tranchent pas sur le fond de la pierre ; son grain est aussi très-égal ; on en tire des blocs de toutes dimensions. Le Conflans se subdivise en trois espèces ; il varie, quant au grain et à la finesse, selon les bancs d’où on le tire (2).
Uesi si.. — Les calcaires proviennent presque toujours de roches stratifiées , ce qui en facilite singulièrement l’exploitation et le débit. Comme on l’a vu plus haut, leur résistance à la pression est très-variable, et leur élasticité dépend de la contexture de la pierre. Ainsi on a observé qu’une pierre de 6 mètres de longueur sur 30 centimètres d’équarrissage , extraite des carrières des bords de la Meuse , en Belgique , subissait une flexion de 3 centimètres lorsqu’elle n’était soutenue que par ses extrémités. Tous les calcaires adhèrent parfaitement aux mortiers , ce qui est d’un très-grand avantage pour les constructions.
En général, les calcaires réunisscht toutes les qualités qui constituent les bonnes pierres à bâtir , mais ils sont plus ou moins impressionnables aux gelées. Lorsqu'on emploie ces pierres pour en faire des parements extérieurs , il faut choisir de préférence celles qui sont exemptes de ce qu’on appelle fils, filets ou limes, car il en pourrait résulter des accidents et des détériorations.
Souvent les calcaires sont sillonnés de matières étrangères qui font corps avec eux, et qui sont souvent plus dures que la pierre même. La taille présente alors des difficultés presque insurmontables.
(1) Provenance : Pile Adam.
(2) Provenance : Bords de l'Oise, Contions , Slc-Honorinc: — poids par mètre cube : 2,075 kilo".; — charge à l’écrasement, 85 à 90 kilog. par centimètre carré.
Il ne faut jamais employer les pierres avant qu’elles aient été dépouillées de leur bousin. C’est pour cela que dans les cahiers de charges il est d'usage de stipuler que les pierres seront ébousinies jusqu’au vif. Le bousin est plus ou moins abondant; ainsi les calcaires provenant des terrains secondaires et tertiaires en contiennent beaucoup , tandis qu’il est rare dans les terrains de transition.
Chaque contrée offre des matériaux de construction ; les départements de la France qui en sont le plus abondamment pourvus, apres celui de la Seine , dont nous avons indiqué les principales espèces , sont les suivants : Nord , Moselle , Haute-Marne, Yonne, Côte-d'Or, Gard, Doubs, Vaucluse, Meuse, Dordogne, Calvados, Hautes-Pyrénées, Lot, Hérault, Eure-el-Loirc, Loiret, Rhône, Seine-Inférieure, Ain, Bouchesdu-Rhône.
La Belgique est riche en pierres à bâtir d’une excellente qualité; ses plus belles carrières sont celles de Soignics et des Ecaussines. Celles de Soignies forment des bancs qui varient de 0ro 30 à 2m 20 d’épaisseur; les bancs des Ecaussines ont 1"' environ d’épaisseur. On fabrique de la chaux avec les débris et les pierres qui ne peuvent servir à la construction. Ces carrières fournissent annuellement 2,500 mètres cubes de pierres destinées aux constructions.
Konvrau .«y n ténue de couverture en tullen.
Ce genre de couverture , dont nous donnons les dessins dans les planches XXXVIII et XXXIX, commence à être mis en usage en Belgique pour les églises , les maisons de ville et de campagne, et les bâtiments d’exploitation des fermes, stations de chemin de fer, maisons de garde, etc. Il a le mérite d’ètre élégant et de ne pas coûter plus cher que les autres toitures; il résiste parfaitement aux ouragans et n’est pas accessible aux infiltrations.
Ces tuiles sont à doubles rebords et sont fabriquées avec la meilleure terre des environs de Niel (province d’Anvers). La terre est manipulée par des moyens mécaniques , ce qui
lionne il ees tuiles une. dureté que n’ont pas les tuiles faites par la main de l'iiomnie.
L’empressement que mettent les architectes à en propager l’usage est une preuve des grands avantages qu’on peut en tirer (i). Hiles offrent toutes les garanties de durée des pannes ordinaires de Boom et de Niel , qui , confectionnées avec la même terre , sont, depuis des siècles , considérées comme les meilleures du pays. Ces tuiles , comprimées par des moyens puissants . sont moins poreuses que les pannes ordinaires. Par leur articulation à doubles rebords , elles acquièrent plus de stabilité , délient l’action des vents et résistent aux ouragans beaucoup mieux que tout autre genre de couverture. Les cannelures d’aérage et d’écoulement dont elles sont pourvues neutralisent les effets de l'absorption capillaire et s'opposent à l’épanchement des pluies à l’intérieur.
Les frais d’entretien des toitures faites avec ces tuiles sont de beaucoup inférieurs à ceux des toitures en pannes ordinaires ; cela vient de ce que le mortier de rejointoiement , retenu entre les rebords des tuiles , ne peut ni tomber ni se détacher par l’effet des gelées, ainsi qu’il arrive aux pannes ordinaires.
Les inventeurs de ce nouveau procédé de couvertures en tuiles , MM. Josson et Dclanglc, d’Anvers, ont, à la demande des architectes et des entrepreneurs , fait fabriquer des tuiles rouges et bleues non vernissées , ainsi que des tuiles recouvertes d’un vernis de poterie de couleur jaune, verte, noire, de deux grandeurs différentes.
Le grand format , dont il entre 22 tuiles au mètre carré , est le plus généralement employé pour les toitures ordinaires ; le petit formai, dont il entre 48 tuiles au mètre carré , est préférable et d’un meilleur effet pour les toitures cintrées et angulaires des dômes, et des flèches d’églises, ainsi que pour les toitures d'ornement.
(I) Non, les avons employées avec succès pour couvrir la faisanderie de I.I.. AA. RH. les Princes, à I.aekcn.
Toitures coloriées formant mosaïque. — Celle industrie fournit un assortiment de tuiles diversement coloriées , avec lesquelles on exécute des toitures-mosaïques de la plus grande élégance, et d'un effet très-pittoresque, pour les cottages, fermes, pavillons de jardins, chaumières, maisons de plaisance , etc. On en peut varier les dessins à volonté.
Prix des Tuiles. — Grand format. — Les tuiles et 1/2 tuiles, fig. et numéros 1 . 5 , 4 et C , rouges ou bleues, non
vernissées fr. 75 le mille.
Les mêmes numéros, vernissés en jaune,
vert ou noir 115 »
Petit format. — Les tuiles et 1/2 tuiles,
1 , 3 , 4 et C , rouges ou bleues , non vernissées 50 »
Les mêmes numéros, vernissés en jaune,
vert ou noir 75 »
Les tuiles faitières, numéros 7 et 8, ainsi que les arétières numéro 9 , rouges ou bleues , non vernissées , avec ou sans
ornement fr. 10 les 100 pièces.
Les mêmes tuiles , vernissées en
jaune, vert ou noir 15 »
On consomme, en outre, 7 mètres 50 de lattes pour les tuiles de grand format, et 9 mètres pour celles de petit format.
Ces toitures reviennent au prix de 2 fr. 50 le mètre carré, toute fourniture et main-d'œuvre comprise , lorsqu’on emploie les tuiles non vernissées, rouges ou bleues. Ce prix est de 5 fr. 50 si l’on se sert des tuiles de grand format, rouges ou bleues, vernissées.
Le prix des toitures de fantaisie et d’ornement varie suivant la complication du dessin et le plus ou moins d’importance des toitures.
Explication tien figures el des planches.
N"s I. Tuile plaie en écaille de poisson, à double rebords, vue en dessus.