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Partie de toiture vue de face, représentant les tuiles

numéros 1, 2, 3, 4, 5, G, 7 et 8.

1 1 . Vue d'angle d'une toiture complète , représentant .

outre les tuiles précitées , les tuiles arétières numéro fl, dites Horreboomen.

On peut remplacer les tuiles laitières et arétières d'ornement par des tuiles faîtières et arétières unies.

D’après ce qui précède on voit que ces toitures ont une supériorité marquée sur tous les autres systèmes adoptés jusqu'à ce jour; aussi conseillons-nous aux propriétaires, aux fermiers et aux administrations d’en faire usage; elles leur assureront une économie notable dans les frais de construction et d’entretien.

Nous avons dit, en parlant des vergers, que l'on protégeait les arbres des atteintes des animaux au moyen de palissades en bois ou en fer ; nous donnons , dans la planche XL , les modes les plus usités en Angleterre. Ces palissades, qui sont

en fer, suffisent parfaitement pour protéger les arbres contre les atteintes des bestiaux, chevaux, vaches ou moutons. Elles ont l'avantage d'être légères, solides, élégantes et faciles à placer. Elles se composent de deux parties réunies au moyen d’une articulation qui permet de les ouvrir à volonté.

Nous recommandons aux cultivateurs l'usage de cette défense pour les jeunes arbres des vergers ; elle est plus économique que celle que l'on construirait en bois ; elle est aussi plus durable et plus solide.

Les prix varient dans les proportions suivantes :

Le n“ 1, d'une hauteur de 1” 50 et d'un diamètre de 0"’ 75, coule 12 fr. SO, prisa la manufacture de Bierlcy-Hill.

Le n° 2 , d'une hauteur de lm 80 , diamètre 0m 75 , coûte 18 fr.

Le n° 5 , hauteur 1“ 80, diamètre supérieur lm 20, diamètre inférieur 0,n 85 ; prix : 20 fr. 40.

Le n° 4 , hauteur 1” 50, diamètre à l'anneau supérieur 0m 45, diamètre inférieur 0“ 75 ; prix : 11 fr. 52.

Le n° 5 , hauteur lm 50, diamètre 0™ 80; prix : 16 fr. 80.

Ces prix paraîtront peut-être élevés; ils ne le sont pourtant pas si l'on considère le long usage de ces palissades , qui seront toujours plus avantageuses que les palissades en bois.

De» hoir» de conutrurtlon. — Considération» générale».

Un tronc d'arbre coupé perpendiculairement à son axe , offre au coup d'uûl deux parties très-distinctes : un tissu de quelques millimètres d'épaisseur et peu consistant , qui est l'écorce , et un composé de tissus fibreux , plus ou moins serrés et solides, qui est le bois ou ligneux.

Ces deux parties sont formées de couches concentriques. La couche adjacente à l’écorce, qui est rugueuse et souvent toute crevassée, est le liber. Les parties ligneuses qui touchent au liber, sont d'une contexture plus lâche et d’une eouleur moins foncée que les parties qui approchent du centre du tronc. On a donné à ces dernières le nom d 'aubier

Oli de faux bois ; ce qui reste du troue, lorsqu'il est dépourvu de son aubier , est le bois fait.

l/aceroisscment des arbres a lieu dans le tissu particulier qui sépare le liber de l'aubier. Chaque année ce tissu produit une couche de liber et une couche d'aubier qui s’ajoutent aux couches déjà existantes. Lin travail semblable se produit dans la partie intérieure ; les cellules de l'aubier se ferment peu à peu, se durcissent, se colorent, et une couche de l'aubier passe à l’état de bois fait.

L’écorce est nuisible dans les bois ouvrés ; elle doit donc être enlevée avec soin dans les ouvrages de charpente, car elle engendre la pourriture et elle est le réceptacle des vers rongeurs qui détruisent et échauffent les bois.

L’aubier étant un bois imparfait, doit aussi être exclu pour les mêmes motifs ; il se reconnaît à sa couleur, qui estd'un tou plus clair que celle du bois parfait.

Les couches concentriques du corps d’un arbre sont traversées par des rayons qui partent du centre. Lorsque l’arbre est refendu on obtient des surfaces lisses et luisantes, qu'on nomme mailles ou miroirs.

L’âge des arbres sc reconnaît par le nombre des couches concentriques qui les composent. Ces couches diminuent d’épaisseur à mesure qu'elles s’éloignent du cœur de l’arbre , et cette épaisseur varie suivant les espèces; elle varie aussi dans le même sujet, selon les circonstances dans lesquelles l’arbre s’est développé. Plus un arbre renferme de couches superposées et serrées, plus il est dur et pesant, et par cela meme plus il est propre à la résistance.

Dans l’espèce chêne les couches n’ont , en moyenne , que quatre millimètres d’épaisseur, tandis qu’elles sont beaucoup plus épaisses dans les arbres à bois tendre , comme le peuplier, le sapin, etc. Celui-ci forme même une espèce à part, car les couches sont formées de deux parties distinctes d'une dureté toute différente.

Qualités et défauts des bois. — Certaines qualités sont indispensables dans les bois destinés aux constructions ; il

— 2al —

faut s'assurer s'ils sont sains , durs , élastiques , s’ils ont les fibres droites et une structure uniforme.

Les défauts les plus communs sont ceux qui sont le résultat de la décomposition du tissu ligneux, tels que 1a carie, la pourriture , Y échaujfcment et la vermoulure.

La carie prend naissance dans les excroissances végétales que l’on remarque à certains arbres, et dont les plus connues sont les champignons et les vesses-de-loup.

La pourriture peut être le résultat de la sécheresse et de l’humidité ; le tissu ligneux se décompose alors en une substance sans consistance qui varie du blanc-jaune au brun.

V échauffement est la cause des principaux vices des bois; il se reconnaît aux taches qui couvrent le tronc , et à l’odeur qui s’en exhale. Les bois employés dans les constructions sont très-sujets à s'échauffer, parce que, très-souvent, ils sont mis en œuvre avant leur parfaite dessiccation.

La vermoulure est produite par la présence de petits vers qui se logent sous l’épiderme de l’arbre , percent l'aubier et attaquent le cœur même. La vermoulure ne se produit ordinairement que dans les bois qui sont attaqués d'un commencement d’échaulfement.

Parmi les autres défauts, on peut citer ceux qui sont occasionnés par de fortes gelées, par certaines maladies, par la caducité et par la mort.

On reconnaît qu'un bois est gélif lorsque , dans la coupe transversale du tronc, on remarque des fentes formant rayons qui s'étendent du centre à la circonférence ; ce défaut cxisle à son plus haut degré si les fentes sont très-nombreuses, c’est ce qu’on appelle alors un arbre étoilé ou cadrané. Les fortes gelées sont très-préjudiciables aux arbres , qui se fendent quelquefois dans toute leur longueur. Les hivers longs et rigoureux sont nuisibles aux arbres sur pied, en ce qu'ils empêchent une certaine partie de la couche d’aubier de se transformer en bois fait. Cette couche prend , dans ce cas , le nom de double aubier. L’inconvénient que nous signalons est très-grave; il rompt et détruit la texture des fibres ligneuses et leur résistance.

On appelle bois rebours ou tordu celui dans lequel la disposition naturelle des libres ligneuses est dérangée. Celte particularité se remarque dans les pièces de bois équarris ; ou aperçoit alors les fibres coupées à diverses reprises dans leur longueur. Ce défaut , essentiellement nuisible à l'élasticité cl à la force du bois, résulte de l'action violente des vents d’ouest ; il peut provenir aussi du givre et des neiges, ou de quelque autre accident imprévu.

Le bois roulé se reconnaît facilement aux fentes concentriques qui séparent les couches annuelles ; c'est une espèce de couronne que le moindre effort peut détacher de la partie restée saine. Quelquefois cette couronne n’a que peu d'étendue ; quelquefois aussi elle se développe dans toute la longueur du tronc de l'arbre; elle présente alors un singulier pliénomèuc : on dirait un cylindre formé de bois sain, dont le centre serait composé de bois mort.

La roulure, qu’on attribue à certains vents dominants pendant la sève , ne fait que s’aggraver lorsque l'arbre est abattu et desséché. Ce défaut est très-grave, et les arbres qui en sont atteints ne peuvent servir comme bois de charpente.

Les nœuds ont l'inconvénient de rompre la rectitude des fibres du bois et de rendre le travail plus difficile. La plupart d’entre eux proviennent de ce que , par l'effet des grands vents ou du givre , les branches se sont détachées du tronc de l’arbre. La déchirure , tout en se fermant avec le temps , forme un creux ou gouttière dans lequel les eaux pénètrent pour s'infiltrer de là dans l’intérieur du végétal. Les nœuds sont le plus ordinairement dépourvus de force et de résistance. Il faut sonder avec le plus grand soin les nœuds vicieux , afin de s’assurer de l’étendue du mal cl de voir s’il n’est pas possible de le faire disparaître au moyen d’un levage à la scie.

Le chancre est une cicatrice d’où sort en tout temps une liqueur colorée et corrompue ; les causes qui en déterminent l'éruption sont les coups de soleil , l’action de la foudre ou une contusion quelconque.

Les gerçure» , lorsqu'elles ne sont pas profondes , peuvent

disparailrc à l'équarrissage; elles sont parallèles aux fibres ligneuses. Les causes qui les déterminent sont une trop prompte dessiccation ou l'exposition à un soleil ardent.

Le bois sur le retour est celui qui dépérit après avoir végété vigoureusement pendant un certain temps, ou lorsqu’il a dépassé le terme de sa maturité ; sa cime alors se couronne, son bois s’altère et perd une. grande partie de sa force et de son élasticité , surtout vers le centre.

Dois mort. Celui-ci doit être rejeté sans pitié de tout ouvrage de charpente ; il n'a rien conservé de ses qualités constitutives. Le bois mort est le résultat de quelque maladie ou de la vieillesse.

En général , les bois malades portent sur eux-mêmes des indices qui les font reconnaître; ils se couvrent de mousses, d’agarics, de moisissures et de chancres; leurs feuilles jaunissent et tombent souvent avant la saison , ou bien elles se rident et se raccornissent.

On reconnaît aussi qu’il y a commencement de détérioration lorsque la couleur vient à changer rapidement sur quelque point éloigné de la limite de l’aubier. Lorsqu’on met le bois en œuvre, il répand une odeur nauséabonde; la même chose arrive si on le mouille. Au contraire , les hois de bonne qualité, dans les espèces qui servent aux constructions, exhalent, lorsqu'on les débite, une odeur fraîche et agréable; ils sont sonores, solides et tenaces.

Conservation des bois. — La durée, la force et la résistance étant les principales qualités des bois, on a cherché à les leur donner , lorsqu’ils en sont dépourvus, par divers modes d’écorcemcnt cl d’abattage.

Les arbres sont ordinairement abattus en hiver et quand la sève n'a pas d’action sur les fibres ligneuses. Lorsqu'on est obligé de les abattre pendant l’été , il est important de ne pas les laisser recouverts de leur écorce, car la sève se corromprait promptement. 11 faut ensuite enlever toutes les parties qui peuvent être altérées par une cause quelconque. Les nœuds doivent être visités et nettoyés avec soin et imprégnés

île goudron, afin d'empécher riiuinidiié et l'eau de s'y loger; ils doivent en outre être abrités et isolés du sol sur lequel ils sont déposés, pour que l'air puisse agir dans tous les sens.

Les causes les plus nuisibles à la conservation des bois, sont : l'humidité accompagnée de chaleur , les alternatives de sécheresse et d'humidité, une trop grande sécheresse causée par une forte chaleur ou par un courant d'air trop vif.

L'immersion des bois a pour objet d'en accélérer la dessiccation ; à cet effet on les plonge pendant quelque temps dans une eau vive et courante. Ce bain dissout et entraîne la sève contenue dans les libres ligneuses.

Cette opération , qui s'appelle flottage , peut être rendue plus rapide si l'on plonge les bois dans de l'eau à 50° centigrades environ , ce qu'il est possible de se procurer lorsqu'on se trouve à proximité d'une distillerie ou d’une machine à vapeur. On conserve également les bois en les enterrant dans le sable ou dans la vase humide.

Nous parlerons dans un autre article des procédés de dessiccation qui ont été mis en usage depuis peu d'années pour donner aux bois une plus longue durée.

Des arbres propres aux constructions. — La nature offre une grande variété d'arbres propres aux constructions. On peut les diviser en quatre catégories : — dans la première , on placera tops ceux qui produisent des bois durs et durables , comme le chine , le châtaignier , le hêtre , le frêne , l’orme , le noyer ; — dans la seconde , les arbres résineux , comme le sapin , le mélèze , le pin; — dans la troisième , ceux dont le bois est tendre , spongieux, souvent blanc, comme le peuplier, le tremble, l 'aune, le bouleau; — enfin dans 1a quatrième , les abres qui produisent un bois fin, d'un tissu serré et susceptible de recevoir le poli, comme le prunier, le poirier, V acajou, V ébène, le palissandre, etc.

Des bois de commerce. — Il en est de plusieurs espèces : les bois en grume , les bois de brin ou de fente , les bois de sciage.

Les bois sont dits en grume, lorsque les arbres sont dépourvus de leur branchage et débités en tronçons ou en billes de différentes longueurs. Lorsqu’on veut acheter ou recevoir des bois en grume , il est prudent de faire enlever l’écorce qui peut recouvrir des défauts cachés.

Les bois de brin ou de fente sont simplement équarris ou fendus dans le sens des libres du bois.

Les bois de sciage sont ceux qui ont été débités au moyen de la scie.

Les pièces de bois portent dans le commerce des noms qui varient suivant les localités. On appelle généralement pouf rea, toutes pièces de bois ayant la forme d’un prisme rectangulaire dont le plus petit côté a au moins 0m 25 ; — poutrelles ou solives , les pièces de moindre grosseur (une solive a rarement plus de 0" 13 à 0m 18 d’équarrissage); — planches, des pièces méplates dont l’épaisseur varie de 2 à 4 centimètres; — voliges , des planches légères ayant moins de 2 centimètres d’épaisseur.

Les planches dites de quartier sont celles dont les bords latéraux se terminent carrément, à vives arêtes, et sans aubier ou faux bois.

Les bois sont d’un grand usage dans les constructions ; quelquefois même ils les constituent entièrement, ce qui a lieu lorsqu’on bâtit légèrement, en vue d’une prompte jouissance ou d'une économie notable.

Les constructions en bois exposées aux influences atmosphériques, durent rarement plus de 23 à 50 années; si au contraire elles sont à l’abri de l’humidité et de la sécheresse, elles peuvent résister pendant de longues années.

Le chêne étant le premier de tous les bois pour la construction, nous en parlerons d’une manière spéciale.

Il faut choisir l’espèce la plus rustique, la plus dure et la moins cassante; aussi, dans les forêts, distinguc-t-on toujours les arbres qui sont propres à la charpente de ceux qui sont propres à la menuiserie ou à d’autres usages ; quelquefois il arrive que dans une forêt tout entière on ne rencontre pas un seul arbre qui convienne pour la charpente. Le bois en

est trop gras, les libres trop faibles. En les fendant, on voit que le tissu en est lin et mou, et que les utricules ou sachets sont remplis d'une gomme ou d’une liqueur visqueuse desséchée. Ces bois sont de toute beauté à l'œil, mais ils ne sont bons que pour la menuiserie ; employés dans les charpentes, ils s'échauffent au bout de quelques années, et sont sujets à la pourriture.

La nature du sol, son exposition cl sa situation, donnent plus ou moins de rigidité aux libres ligneuses ; il n'est pas indifférent que l’arbre ait cru dans un canton pierreux, sablonneux ou marécageux, ou dans des terres fortes et grasses. L'arbre vient-il dans un endroit bas et humide, son bois est tendre et peu solide : on le reconnaît à sa couleur rougeâtre ; croit-il en un lieu aride et rocailleux, il est ordinairement dur et d'un bon emploi ; est-il nourri, au contraire, dans des terres fortes ou sablonneuses, il participe de la force ou de la faiblesse, selon que ces terres tiennent plus ou moins de l'une ou de l’autre nature.

Les bois qui croissent sur les rives des forêts sont supérieurs à ceux qui croissent dans l'intérieur. Plus ils sont rapprochés des lisières, plus ils sont écartés les uns des autres et exposés au grand air, plus ils sont forts et solides.

Les expositions les moins avantageuses sont celles où les arbres sont exposés aux vents violents ; ils sont sujets à se rouler, et comme ils sont trop agités, la sève ne prend point de consistance , ne fait point corps avec les cernes ou crues de chaque année , qui alors se séparent et font l'effet de plusieurs cylindres qui s'emboîteraient les uns dans les autres.

L'exposition du nord et celle du levant sont les plus favorables pour la qualité du bois : les arbres deviennent plus gros, plus élevés; ils sont plus droits , leur contexture est plus serrée , l’écorce plus vive ; au-dessous de l’éeorce on trouve moins d’aubier.

Avant d'acheter un arbre il faut s’assurer s’il est dans toute sa vigueur ; un bois trop âgé ne peut rendre de services.

Un chêne croit pendant cent ans , puis il reste cent ans dans le même état , et il décroît pendant cent autres années.

Pour l’avoir dans sa force , il faut le faire couper depuis 80 ans jusqu’à 160. Nous parlons des bons cantons, et d’après les règles ordinaires de la nature , car nous n’ignorons pas qu’il y a des terrains où les chênes se couronnent dès l’âge de cent ans ; mais ce sont des exceptions au principe général.

Ces observations concernent principalement les grosses pièces de bois ou poutres, auxquelles il faut de la force et conséquemment un puissant équarrissage. Quant aux pièces de moyenne grosseur , on les prend comme on peut : il est cependant un point à constater , c’est qu’il y a dans le bois un degré de maturité préférable à tout autre , et si l’on se plaint si souvent de leur prompte détérioration , c’est qu’on n’a pas fait assez attention à cette circonstance.

On ne doit jamais employer de bois verts, c’est-à-dire de bois coupés dans la même année , pour les ouvrages de menuiserie; si on les expose à l’air, ils se tourmentent, se gauchissent et se fendent ; tout ouvrage fait avec de pareils bois, se déjette et ne remplit qu’imparfaitement son but.

Réception des bois. — La réception des bois demande une grande attention et des précautions presque minutieuses. On fait poser à plat sur le chantier tous les bois à visiter , afin qu’ils puissent être retournés facilement ; on les examine sur toutes leurs faces. S’ils sont coupés depuis longtemps , on rafraîchit, au moyen de la scie, les extrémités des pièces, aün de s’assurer si le bois est bien sain. On visite avec soin, au moyen de la hache , du ciseau ou de la tarrière , toutes les parties qui paraissent être atteintes de quelque vice , et Gnalcment on vérifie s’ils ont les dimensions voulues en longueur, largeur et épaisseur. Si ce sont des bois de sapin, on examinera le tronc dans sa section transversale, et l’on s’assurera si les cercles annuels produits par les couches verticales sont très-rapprochés l’un de l’autre ; moins ils sont distants, plus le bois est dense et solide. Si au contraire ils sont espacés, c’est un signe que le bois a cru d'un élan ; il est alors poreux , offre peu de solidité et ne peut par conséquent être employé utilement dans la menuiserie.

Il ne faut admettre aucune pièce qui provienne d'une souche contournée et tordue sur elle-même. Ce défaut est facilement remarquable dans les planches, les madriers, etc.; le trait de scie, considéré à partir du cœur du bois, se montre d'un côté parfaitement lisse et de l'autre rugueux.

Si l'on achète des bois en grume qui sont restés quelque temps dans la forêt, il n’est pas moins important de les soumettre à un examen minutieux , parce que souvent ils sont attaqués par la moisissure. Le hêtre, le bouleau et V érable sont surtout sujets à ce grave inconvénient, tandis que le chêne peut séjourner ainsi pendant plusieurs années, même recouvert de son écorce , sans chancir. Pour reconnailre l'état du bois sous l’écorce , il faut , avec la hache , enlever une partie de cette écorce du côté qui était le plus exposé à à l'humidité du sol. Si la partie visitée apparail blanchâtre et comme cotonneuse, on est certain que le bois est atteint de moisissure. Ce qu'on ferait avec ces bois n'aurait aucune durée , parce que les fibres ligneuses ont perdu alors toute cohésion et qu'elles ne tardent pas à se réduire en poussière.

De l’emploi des vieux bols.

Dans les travaux de construction , on a souvent à sa disposition des vieux bois dont on peut tirer parti lorsqu'ils sont dans un bon état de conservation; il en est de même des autres matériaux, tels que les plombs, les tuiles, les ardoises , etc. On commencera par découvrir les planchers , et par enlever tout ce qui pourra être utilisé plus tard , et diminuer par conséquent la quantité des matériaux neufs.

Ce qu’on peut faire de mieux pour les vieux bois, c’est de les donner en compte «à l’entrepreneur, qui se chargera de les démolir et de les enlever. L’indemnité qu’on accorde a l’entrepreneur qui se charge à scs risques et périls de l’cnlèvcment des bois se règle comme suit : les tenons et les portées des pièces dans les murs sont déduits ; on accorde en outre par chaque pièce de bois une remise de 2 à 5 centimètres

sur l’une des faces : si donc une pièce a 20 centimètres de largeur, on ne la comptera que pour 17 ou 18.

Quelquefois aussi on adopte une autre méthode ; on couche sur le chantier toutes les pièces d’une même longueur et l’on en fait le cube ; la valeur de ce cube est débattue entre les parties, selon que les bois sont plus ou moins sains et de bonne qualité.

Nous recommandons vivement cette précaution , car il existe dans les constructions un abus très-grave qu’il importe de réprimer.

La plupart des ouvriers en bâtiments qui habitent l'endroit même où ils travaillent , sont dans l’usage de faire ce qu’on appelle la fouée : ils emportent tous les bouts de bois de 50 à 60 centimètres de longueur. Cette manœuvre se répète à chaque repas, et il n’est pas rare de voir, qu'au bout d’un certain temps, le bois a diminué de moitié. Nous avons même remarqué des ouvriers qui, sans aucun scrupule, coupaient dans de belles planches lorsqu'ils ne trouvaient plus rien autre chose à emporter. C’est un vol que l’ouvrier fait au propriétaire , et qui ne peut être toléré. Que celui-ci donne aux ouvriers les plus nécessiteux des tas de bois dont il ne peut tirer parti pour sa construction , c’est de la philanthropie ; mais l'ouvrier ne doit jamais s'arroger le droit de dépouiller le propriétaire de son bien ; en recevant son salaire il doit se tenir pour satisfait.

Si votre entrepreneur ou votre charpentier se chargent des vieux bois, vous éviterez ce désagrément ; ils savent très-bien , lorsqu’il s’agit de. leur intérêt , apporter bon ordre aux déprédations.

Les devis contiennent habituellement les conditions de l’enlèvement des vieux bois et les prix auxquels ils seront repris par l’entrepreneur. Lorsqu’on a l'intention d’employer dans la reconstruction des bâtiments une partie des bois provenant des constructions anciennes, on choisit les meilleurs parmi ceux qui ont été cédés à l’entrepreneur, et on les fait enlever aussitôt. Lors de la réception des ouvrages et du réglement des comptes , on toise le tout comme si l’on n’a-

vait employé que du bois neuf, puis on déduit la quantité de bois qui a été donnée en compte, et l’on n’a à payer, pour cette partie, que la main-d’œuvre.

Puisque nous parlons des travaux de reconstruction , disons un mot des changements qu'on apporte quelquefois dans certaines de leurs parties. Souvent on est forcé de reprendre des murs en sous-œuvre, soit pour établir des caves, soit pour donner aux murs existants une plus grande solidité. Cette opération est une des plus épineuses de l’art des constructions ; elle demande beaucoup de soin et d'expérience.

Il faut avant tout s’assurer s'il ne serait pas plus convenable et plus économique de démolir le tout que d’en reconstruire une fraction. On gagne souvent à adopter le premier parti , parce qu'alors on a la facilité de modifier à son gré les dispositions intérieures.

Avant de s’arrêter à une résolution délinilivc à cet égard, il faut s’entourer des lumières d’hommes compétents , et comparer la dépense probable des deux opérations. Et ce n’est pas en ce moment qu’il faut se montrer parcimonieux, car il arrive très-fréquemment qu’après avoir étayé un bâtiment pour le reprendre en sous-œuvre, on est obligé de le démolir, et tous les travaux faits jusqu’alors sont en pure perte.

D'ordinaire on a recours à la démolition quand le haut du bâtiment ne peut se raccorder avec la partie inférieure , ou quand les ouvertures percées dans les murs leur ont ôté toute leur force, ou encore lorsque, les étaneons enlevés, il se forme des surplombs et des tassements inégaux.

Pour avoir envisagé la construction sous un point de vue trop economique, on se trouve réduit à démolir le tout et à payer des frais d’étaneonnement et d’étrésillonnement qui, souvent, équivalent à la moitié des frais de l’opération tout entière. Ces exemples ne sont pas rares, et souvent même , lorsque l’entreprise a réussi, on n'a encore que des ouvrages imparfaits. La plupart de ceux qui ont employé ces moyens pour conserver quelque portion de bâtiment, ont regretté plus lard de ne pas avoir pris un parti plus radical. Les raccordements sont une source de dépenses considérables.

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Lorsqu’on reprend des murs en sous-œuvre , il ne faut pas ménager les bois qui servent aux étalements ; on emploiera des bois solides et on les asseoira sur une forte semelle en madrier, afin d’offrir la plus grande stabilité possible. Ou reliera entre eux les points d'appui par des traverses qui en maintiendront l’écartement.

En règle générale, on ne doit reprendre une maçonnerie en sous-œuvre que partiellement , afin que le mur ait toujours un point d'appui ; ce n’est que quand la partie qu’on a démolie en premier lieu est reconstruite que l'on commence la seconde , et ainsi de suite.

Nous aurons occasion de revenir sur cet important sujet en parlant des supports et des voûtes en fer servant aux étrésillonnemcnts.

Dcm cheminées.

Un des plus graves inconvénients des habitations domestiques est sans contredit la fumée que refoulent les ouvertures par où elle devrait s’échapper. Aussi voit-on les maisons des villes et des campagnes hérissées de tuyaux et d’appareils de toutes formes cl de toutes dimensions.

Certaines localités , du reste , sont mieux pourvues que d’autres de ces appareils. Cela tient d’abord aux circonstances locales, et ensuite au plus ou moins de soin des constructeurs. Or, rcmarquons-lc en passant, c’est ordinairement la partie du bâtiment qui est la plus négligée. Aussi se rencontrct-il bon nombre de constructions neuves où les cheminées tirent mal ou ne tirent pas du tout.

Les principales causes de ce vice des cheminées résident dans leur mauvaise position et dans les défauts de leur construction ; aussi croyons-nous faire une chose utile en plaçant sous les yeux de nos lecteurs un tableau indiquant les différentes causes qui font fumer les cheminées ; à l'aide de ce tableau, ils éviteront les tâtonnements pénibles et dispendieux en ce qui concerne les cheminées existantes; ils sauront

aussi quelle est la meilleure disposition à donner aux cheminées qu’ils construisent pour olivier à cet inconvénient.

Les causes en vertu desquelles les cheminées fument peuvent se classer en dix catégories. Lorsqu'on se trouve en face d’une cheminée dont le tirage ne se fait pas convenablement, il faut s’attacher à en reconnaître la cause, afin de lui appliquer un des moyens indiqués.

Les principales causes qui font fumer les cheminées sont :

1° Le défaut d’air ;

2° La trop grande ouverture des cheminées;

3° Le contre-balancement de l'air ;

4" Le peu de longueur du tuyau ;

3° L’élévation dominante du bâtiment voisin ;

6“ Le voisinage d'une porte ;

7° L’action du soleil , de la pluie ou de la neige ;

8° La proximité d’une autre cheminée ;

9° Le voisinage d’une colline ou d'une éminence ;

10° Un refoulement accidentel.

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