‹ L'architecture ruraleChapitre 2 sur 37 · RURALE · texte numérisé non relu

RURALE

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OBNERVATIOSR UBIIKRALEtt.

L'expression d’un ouvrage en architecture est déterminée par l'usage qu’on en veut faire; chaque partie doit paraître ee qu’elle est , et indiquer clairement son usage particulier.

Lorsque l'architecte s’est efforcé vainement de parvenir à ce résultat, nous cherchons où il a manqué, afin d'indiquer ce qu'il aurait dù faire. Chacun a quelque idée de ce qui constitue une métairie, mais il n’y a guère que le fermier qui puisse bien comprendre l'utilité et la nécessité des détails qui la composent.

Le poète paysagiste s'extasie devant le pittoresque d’une ferme , bâtie souvent sans convenance et sans goût ; il ne voit pas que ces fenêtres, petites, irrégulières, ne laissent point pénétrer dans l'intérieur l’air nécessaire à l'hygiène des habitants ; il oublie que cette vaste cour encombrée de fumier , que cette mare à l’eau fétide et colorée , est un réceptacle d’où s’échappent continuellement des miasmes , sources de maladies dangereuses. Ces étables où le bétail s’appauvrit , ces granges où les provisions sont exposées aux intempéries de l'air, ces vastes cheminées où, à grands frais , l’on n'obtient qu'une faible chaleur , tout cela peut être très-pittoresque et figurer très-convenablement dans un

paysage, mais à coup sur, cela ne satisfait pas aux besoins île l'homme soigneux , qui s'empressera d'adopter d'autres modèles aussitôt qu'on les lui aura fait connaître.

Peu à peu, une transformation s’opérera dans les constructions rurales ; l’amateur du pittoresque pourra s'en plaindre , mais nous pensons , nous , que rien n'est beau que ee qui est bon, que ce qui est utile. Le siècle est aux idées positives , il veut avant tout satisfaire , sauf à plaire ensuite ; il résultera de là , nous en sommes convaincus , une architecture nouvelle cl depuis longtemps désirée. Peut-être y arrivera-t-on plus promptement, si l’on s’occupe un peu plus de ces constructions rurales négligées par la plupart de nos architectes.

A l’égard des habitations, le but est exprimé dans les pays froids par le nombre des cheminées ; dans tous les pays civilisés , on reconnaît les demeures de l’homme aux fenêtres vitrées , qui s’y trouvent en plus ou moins grand nombre , selon la nature du climat et le caractère du bâtiment; on les reconnaît encore à leurs entrées, qui sont ordinairement élevées au-dessus du sol pour prévenir l'humidité.

Dans la chaumière la plus humble, qui n'a qu'une chambre commune, une chambre à coucher et un cabinet , les fenêtres de ces chambres seront de dimensions appropriées à leurs besoins , la plus grande devant être celle de la chambre principale , et la moins grande celle du cabinet.

De grandes fenêtres , largement espacées , supposent de spacieux appartements , tandis que des fenêtres petites et nombreuses indiquent de petites chambres , mal proportionnées et incommodes, où se placent les meubles et les ustensiles de ménage.

Des fenêtres percées dans le toit révèlent aussi des dispositions imparfaites dans les modes d’éclairage et de ventilation; il en est de même des petites croisées aux étages inférieurs.

Des tourelles ou projections de toute dimension éveillent l’idée de convenance et d’utilité, parce qu’on suppose qu'elles

contiennent des cabinets ; mais une maison carrée peut réunir à moins de frais tous ces avantages dans sa forme cubique , et ses fenêtres , placées à des intervalles réguliers, indiquent l’existence d'appartements de dimensions convenables et bien distribués. Les portiques, les colonnades, les balcons, les vérandas, etc., impliquent plus ou moins l’idée d’élégance, de goût et de bien-être.

Quant aux bâtiments ruraux, quoique l'expression en soit plus saisissable pour le fermier , elle peut être jusqu'à un certain point comprise par tout homme un peu habitué au séjour de la campagne.

On reconnaît une grange à la hauteur de ses murs dépourvus de fenêtres et à son toit spacieux ; et, dans les contrées où l'on se sert de la machine à battre le blé, au hangar à bluter. Le grenier se distingue par scs fenêtres à volets et son élévation.

Les campagnes sont couvertes d'habitations construites pour des besoins spéciaux, mais le plus souvent elles ne répondent pas au but qu’on s’est proposé. Ce genre de constructions manque souvent de symétrie et d'élégance.

Les bâtiments qui abritent la famille du cultivateur sont divisés en un petit nombre d'appartements. La salle commune reçoit pour les repas tout le personnel de l’exploitation.

Ce que nos constructeurs regarderont comme une grande faute dans la disposition de la demeure du métayer , c'est la différence de niveau qui existe presque toujours dans les différentes pièces du rez-de-chausséc , et particulièrement dans celles de l'étage. On s’apercevra bientôt que tout le bâtiment sc compose de parties successivement ajoutées les unes aux autres , à mesure que la famille augmentait et que l’exploitation prospérait.

A la première demeure, bâtie sans art, et pour laquelle on avait à peine pris le temps de niveler le sol , on joignit bientôt une annexe plus vaste, plus commode, construite avec plus de soin, mais on ne voulut pas détruire la cabane

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originaire : elle fui seulement mise en communication avec la seconde. De là cette discordance qui nous frappe , mais qui , pour la famille , rappelle un fait intéressant , une année d'abondance.

Ainsi nous voyons que les maisons des cultivateurs ont été bâties pour ainsi dire par eux-mêmes et à l'aide de leurs propres moyens, à mesure que ces moyens s'accroissaient.

D'autres bâtiments plus remarquables, parfois même d'une grande beauté, sont les fermes qui ont été construites par 1rs abbayes. Celles-là ont été bâties avec ensemble et sous la direction d’une seule volonté. Le fondateur a pensé à tout ; instruit des besoins de l'agriculture comme de ceux du cultivateur, il a tout disposé de la manière la plus convenable pour une bonne exploitation; presque toujours, pour établir ces constructions , on a eu égard aux exigences du climat et aux habitudes agricoles de chaque contrée.

Ces fermes ou métairies sont très-communes en Belgique; ce sont certainement les plus belles que l'on puisse y voir. Les fermes qui dépendent des châteaux sont ordinairement moins élégantes, et les terres qui en dépendent, moins étendues.

L'observateur , en consultant scs souvenirs et son expérience , pourra suppléer aux exemples que nous venons de citer. Notre objet est de prouver que , dans la construction que l'on veut ériger, l’expression n’est pas seulement un motif de beauté artistique, qu'elle est aussi le résultat de la nécessité.

De l'unité en Architecture.

La production d'un ensemble est le but principal de toute composition, car l'esprit ne peut embrasser avec facilité et plaisir plus d'un objet à la fois. Si , du même point de vue, deux objets de nature différente se présentent avec des droits égaux à notre attention, nous n'en éprouverons pas de satisfaction, si notre esprit ne consent pas à quitter l'un pour se reporter sur l'autre.

L'uni le est dune le prineipc fondamental de toute eompositinn. Si le lecteur veut bien examiner avec soin les dessins que nous plaçons sous ses yeux , il se convaincra que le principal intérêt qu’ils présentent vient de leur expression d’unité; «pie leurs dispositions en général indiquent une idée raisonnée et systématique ; que les formes qui dominent dans les dessins qui lui plaisent le plus, sont identiques; que les formes et dimensions des ouvertures sont uniformes, et que les lignes principales ont une même direction , perpendiculaire ou horizontale.

Le constructeur doit doue toujours avoir en vue l 'unité : unité de conception et de composition, unité de plan et d’élévation , unité de goût et de style , enfit) unité dans la nature des matériaux qui composent l’édiGcc.

Cependant, comme tout principe poussé à l'extrême, l'unitc pourrait dégénérer en monotonie. L’introduction judicieuse des contrastes dans la composition est nécessaire pour la faire valoir et produire l’harmonie , parce que l’harmonie résulte plutôt des détails d’une construction que de l’ensemble.

Dans l’introduction des contrastes , le danger à éviter c’est, d’une part, la faiblesse, parce qu’alors ils perdent leur effet, et restent au-dessous de ce qu’on voulait produire, et, de l’autre, l’exagération ; dans ce cas, l’effet est trop puissant et produit des discordances.

Ce dernier défaut est un des plus fréquents en architecture ; c’est aussi un des plus graves.

Toute construction doit non-seulement être utile , mais encore avoir un caractère qui lui soit propre. Pour bien comprendre ce caractère dans les bâtiments ruraux , il faut posséder quelques notions de l’art de construire et des différentes branches de l’économie agricole ; car l’architecture rurale se rattache par plus d’un lien à la grande et à la petite culture , à l’économie domestique , à l’éducation des animaux utiles , etc.

Tout cela sans doute ne détermine pas l’ensemble d’un

Imtimeni, ni la Corme des détails qui le composent; mais les limites sont indiquées, et dans ces limites on peut esquisser bien des formes, parmi lesquelles il s’en trouvera une qui rendra complètement la pensée que cette construction doit exprimer, et qui se rapprochera plus ou moins du type de perfection convenu.

C’est à ce type que l'architecture doit viser ; c’est là son modèle, et c’est au goût qu’il appartient de le préciser ; c’est au goût qu’il appartient d’établir entre toutes les parties d’un édifice cette harmonie sans laquelle on ne peut plaire. La loi qui règle ces rapports ne peut être que sentie , et non formulée par des paroles : voilà pourquoi l'architecture est rangée parmi les beaux-arts.

Ordre et convenances en Architecture.

L'ordre en architecture n’est autre chose que la corrélation des parties entre elles par rapport à la composition d'un tout régulier cl symétrique.

La forme générale d’un bâtiment ne résulte pas seulement de sa destination , elle dépend aussi de la nature des matériaux à employer , de la connaissance des lois qui régissent la matière et du mode de construction adopté. — Toutes ces données et d’autres encore influent sur le nombre et la disposition des points d’appui, sur les rapports existant entre les pleins et les vides , entre les supports et les parties supportées , et sur les formes des parties dont la réunion constitue l'édifice.

L'existence de fenêtres dans l'un des côtés d'un bâtiment, lorsque l'autre côté en est privé, indique un defaut d’ordre ; il en est de même si elles diffèrent en proportions et en dispositions. Un certain genre de toiture en désaccord avec la destination de l’édifice, est encore une violation de ces principes.

La proportion est une des principales beautés de l'architecture comme art , et cependant rien n'est plus difficile à

expliquer d’une manière satisfaisante. Peut-être pourrait-on dire qu'elle n’est autre ehose que les rapports existant entre les dimensions des choses de même nature ; rapports qui , dans les pays où l’art et le goût dominent, sont considérés comme agréables et harmonieux.

Mouveautés ou innovations.

Dans les arts, la nouveauté est une source de plaisir, parce que chaque nouvel objet présenté à l’esprit l’excite, plus ou moins à l’action; et l’esprit de l'homme exige de l’exercice aussi bien que son corps. L’effet de la nouveauté est ressenti par l’observateur ignorant aussi bien que par le savant. Quelquefois, cependant, elle prend le nom de mode ou de caprice, cl alors elle n’a plus d’autre valeur que celle du caprice et de la mode.

C’est en recherchant la nouveauté que les artistes ont souvent trouvé leurs meilleures inspirations. Quelquefois aussi le désir incessant et insatiable de la nouveauté a été la cause de grands écarts de style ; si l’artiste doit faire tous ses efforts pour l’atteindre , il ne doit jamais accueillir des innovations contraires à ce que l’on considère comme des principes établis.

Par exemple, ce serait une singulière innovation que de faire les fenêtres d’une maison plus larges à Unir base qu'à leur sommet, ou de donner à la partie inférieure la même forme circulaire qu'à la partie supérieure. L'inutilité de ees nouveautés de style Jes ferait aussitôt condamner.

Les innovations ont été plus nombreuses dans l’intérieur que dans l’extérieur des habitations ; la raison en est simple. On est plus facilement tenté de renouveler des décorations qu’on a sans cesse sous les yeux, et puis, pour ces changements, il est assez rare que l’on consulte un architecte.

L’objet principal de l’artiste devrait être de concilier la nouveauté avec les autres qualités, sans jamais porter at-

teinte aux principes fondamentaux , et surtout sans violer jamais l'utilité ni l'harmonie. Qu'il introduise un nouveau dessin de portique ou de cheminée , mais que l'un continue de protéger la porte et l'autre de servir de conduit à la fumée.

L’un des meilleurs moyens d’innover, on ne le croirait pas , est de faire revivre les anciennes formes de l’art , qui nous paraissent alors tout à la fois neuves et familières.

Nous pourrions parler plus longuement du style en architecture; mais il vaut mieux que le lecteur puisse sc former lui-méme une idée judicieuse des principes généraux de la composition. Jusqu'à présent, on a trop généralement considéré l'architecture comme s’occupant des détails et des caractères d'un ordre particulier, abstraction faite des principes mêmes de la composition. Nous pensons (|ue le jeune homme qui se destine à l'architecture et qui veut exceller dans cet art, doit avant tout s’adonner à l’élude de la composition générale , cl considérer les ordres grecs et romains comme subordonnés.

Nous sommes persuadés que les causes principales du peu de progrès de l'architecture , sont le dédain que les architectes ont toujours affecté pour les principes absolus et l'attention exclusive qu'ils ont donnée aux règles et aux précédents.

De la solidité dans les constructions.

Pour qu'une construction soit solide, il faut que les matériaux qu’on emploie soient de bonne qualité, et mis en œuvre avec intelligence. Il faut répartir les points d’appui d’une manière uniforme, afin de diviser le fardeau en parties presque égales; savoir éviter les porte-à-faux, établir les résistances d'après les poussées. — La solidité comprend la durée , la sûreté et l’économie.

Qu’un édifice , dont les fondements ne sont pas encore mines par le temps , vienne à s'écrouler : après la surprise et l'épouvante que répand le bruit de cet accident , l'attention

se porte sur les causes qui ont pu l’occasionner. Ces causes, on les cherche dans la nature des matériaux employés à la construction, dans la manière dont ils étaient liés entr’eux, dans le défaut d’équilibre entre les poussées et les appuis , dans la trop grande élévation ou dans la surcharge.

Les matériaux , se demandc-t-on , étaient-ils homogènes ? A côté d’une pierre très-résistante, n’a-t-on pas placé des masses flexibles et peu solides , et par la dépression de ces masses , le bâtiment n'a-t-il pas pris peu à peu une pente qui devait tôt ou tard entraîner sa ruine? Plus une matière offre de force, plus elle doit être examinée avec soin avant qu'on la mette en œuvre et qu’on lui confie un rôle important. Le feç , qui résiste si bien à toute traction, se rompt, au grand détriment de l’ouvrage , quand il n’est pas intègre et qu’il renferme une paille. Ajoutons que chaque pierre doit être placée dans son sens et dans sa position naturelle; elle ne doit pas être délitée : c’est-à-dire qu'on ne doit pas mettre debout ce qui était destiné à rester horizontal.

Quant au mortier, il doit être partout de bonne qualité, employé avec libéralité , engraissé d’une bonne chaux, nourri d'un bon sable; que le rejointoiement soit exact et complet , et qu’aucune fissure 11e donne accès aux plantes grimpantes , aux insectes et à la corruption ; que chaque masse ait son soutien. Il serait dangereux de croire que , par leur enchevêtrement , les parties se prêteront un appui suffisant ; il faut à chacune d’elles son appui particulier.

Évitons ce qu’on appelle le plein sur le vide : ce vide attirera tôt ou lard le plein qui est au-dessus ; c'est le gouffre où celui-ci s’abîmera. Évitons surtout les poussées qui tendent sans cesse à faire perdre au bâtiment son équilibre. Vos contre-forts et vos arcs-boutants sont-ils suffisants ? El ces pièces qui doivent appuyer l'édifice, sont-elles bien appuyées elles-mêmes ?

Craignez aussi la trop grande élévation; les vents et les orages enlèvent souvent les toits trop exhaussés.

Souvent un bâtiment sert de soutien à d’autres bâtiments

rangés uuluur du lui ou accolés à lui ; quand il fléchit dans le secours qu'il leur prête, il est près de tomber lui-niéme. Enfin, votre bâtiment s'écroule : malgré la poussière qui s’élève, malgré le bruit qui nous étonne , regardons vite si cette chute ne doit pas entraîner celle des constructions voisines. Hâtons-nous de leur donner des appuis qui leur soient propres ; la ruine pourrait s’étendre au loin , si nous laissions subsister des arcades incomplètes ou des colonnes brisées.

Il y a trois moyens de satisfaire aux nécessités de la bâtisse à l'aide des matériaux ; le premier est de construire avec excès de solidité; le second, de ne donner à la construction qu’une force insullisantc , et le troisième, de bâtir convenablement. Le premier moyen emploie trop de matériaux ; le second n'en emploie pas assez, et le troisième n'emploie que les quantités strictement nécessaires et habilement appropriées. La première méthode est coûteuse ; la seconde est une cause de ruine ; la troisième seule est la science. Calculer l'équilibre absolu, est 1a perfection de la science théorique ; bâtir avec assez de solidité pour assurer une stabilité permanente , et rien de plus , c'est la perfection de la science pratique.

De la distribution îles bâtiments.

line construction ne sera parfaite que si elle est bien distribuée, c'esl-â-dirc, si clic satisfait aux trois conditions de commodité, de convenance et A' hygiène. Pour obtenir ce triple résultat, il faut que toutes les parties de l'édifice soient établies avec ordre et symétrie; que toutes les pièces soient d'une dimension proportionnée à leur usage, et qu'elles aient tous les dégagements qui leur sont nécessaires. II y aura uonvcnance si les pièces sont décorées suivant la fortune et la position soeialc du propriétaire. L'hygiène aura été respectée si la construction est établie dans un lieu sain et aéré, si elle est exempte de toute humidité, si, par une orientation bien entendue, elle doit être â l'abri des grandes chaleurs et des grands froids.

L'utilité, <li( Vitruve, veut que le bâtiment soit dispose de manière que rien n'entrave son usage ; en sorte que chaque chose soit mise en son lieu et place, et qu'elle ait tout ce qui lui est propre et nécessaire. La beauté, pour être accomplie, exige que sa forme soit agréable et élégante par la juste proportion de toutes ses parties (Vit. liv. 1). Pour bien ordonner un éditicc, il faut avoir égard à sa proportion.

L'analogie, c’est l’harmonie qui existe entre une certaine partie des membres et le corps de l'ouvrage , cl qui en détermine les proportions. C’est cette harmonie que l’on remarque d’abord entre les différents membres, puis entre les membres et l’ensemble d’un corps humain bien constitué. En architecture, on ne fera rien A'approprié, si l’on perd de vue l'harmonie.

Tous ceux qui ont écrit sur l’architecture sont d’accord sur le principe d'utilité, à part les moyens accessoires que l’on emploie pour charnier le goût et la vue. Toutes les formes, toutes les proportions émanent du besoin ; soit que l'on consulte sa raison, soit qu’ou examine les monuments anciens, il est évident que plaire n'a jamais etc le but réel de l’architecture, ni la décoration son objet. L'utilité publique ou particulière, le bonheur et la conservation des individus ou des sociétés , tel en est le mobile ; qu’on lui donne ou qu'on lui refuse le nom d'art, elle ne méritera pas moins qu'on s’en occupe et qu'on recherche par quels moyens elle peut arriver à son but.

De la décoration des bdlimenls.

En architecture , la décoration a pour effet la symétrie et la régularité. Il faut que les étages qui dépendent d'un bâtiment soient bien proportionnés sous le rapport de la hauteur; que les croisées soient percées d’aplomb et établies au même niveau; que ce soit une ouverture qui forme le milieu du bâtiment, et non un trumeau ou toute autre partie pleine ; que les frises cl les corniches forment de grandes lignes, sans trop de ressauts.

La décoration étant niïairc de goût, il faut qu elle imprime à chacune des parties d'une habitation le caractère qui lui est propre. Nous ferons toutefois observer que la simplicité doit être la base première de toute décoration appliquée aux constructions rurales.

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