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SECTION III

Des réparations des fosses d’aisances.

Art. 22. — Dans toutes les fosses existantes , et lors de la première vidange, l’ouverture d’extraction sera agrandie si elle n'a pas les dimensions prescrites par l’article 11 de la présente ordonnance.

Art. 25. — Dans toutes les fosses où la voûte aura besoin de réparations, il sera établi un tampon mobile, à moins qu’elles ne se trouvent dans les cas d’exception prévus par l’article 15.

Art. 24. — Les piliers isolés établis dans les fosses seront supprimés à la première vidange, ou l’intervalle entre ces piliers et les murs sera rempli en maçonnerie, toutes les fois que le passage entre ces piliers cl ces murs aura moins de 0“ 70 de largeur.

Art. 23. — Les étranglements existant dans les fosses , et qui ne laisseraient pas un passage de 0“ 70 de largeur, seront élargis à la première vidange autant qu’il sera possible.

Art. 26. — Lorsque le tuyau de chute ne communiquera avec la fosse que par un couloir ayant moins d’un mètre de largeur, le fond de ce couloir sera établi en glacis jusqu’au fond de la fosse, sous une inclinaison de 45° au moins.

Art. 27. — Toute fosse qui laisserait filtrer ses eaux par les murs ou par le fond, sera réparée.

Art. 28. — Les réparations consistant à faire des rejointements, à élargir l’ouverture d’extraction, placer un tampon mobile, rétablir les tuyaux de chute ou d’évent, reprendre la voûte ou les murs, boucher ou élargir des étranglements, réparer le fond des fosses , supprimer des piliers , pourront être faites suivant les procédés employés pour la construction première de la fosse.

• Art. 29. — Les réparations consistant dans la réparation entière d’un mur de la voûte ou du massif du fond des fosses

d'aisances, ne pourront être faites que suivant le mode indiqué ci-dessus pour les constructions neuves. Il en sera de même pour l'enduit général, s’il y a lieu à en revêtir les fosses.

Art. 50. — Les propriétaires des maisons dont les fosses seront supprimées en vertu de la présente ordonnance , seront tenus d’en faire construire de nouvelles, conformément aux dispositions prescrites par les articles de la première section.

Art. 31. — Ne seront pas astreints aux constructions cidessus déterminées, les propriétaires qui, en supprimant leurs anciennes fosses, y substitueront les appareils connus sous le nom de fosses mobiles inodores, ou tous autres appareils que l'administration aurait reconnus, par la suite, pouvoir être employés concurremment avec ceux-ci.

Art. 32. — En cas de contravention aux dispositions de la présente ordonnance , ou d'opposition de la part du propriétaire aux mesures prescrites par l'administration, il sera procédé dans les formes voulues, devant le tribunal de police ou le tribunal civil, suivant la nature de l'afTaire.

Art. 33. — Le décret du 10 mars 1809, concernant les fosses d'aisances dans Paris, est et demeure annulé.

Après ce qui vient d’être dit. nous croyons inutile de nous arrêter plus longtemps sur ce sujet; nous ferons toutefois observer que le règlement que nous venons de citer s'appliquerait parfaitement à tous les lieux d'agglomération, et principalement aux localités où l’eau est insalubre.

Cheminées, dires, forges, fours ou fourneaux. — Celui qui veut établir une cheminée ou âlre contre un mur mitoyen ou non, doit faire un contre-mur de tuileaux ou autre chose suffisante, de O"1 16 d’épaisseur. Ce contre-mur doit avoir au moins IG décimètres de haut, car c’est jusqu'à cette hauteur que le feu peut endommager un mur, principalement dans les grandes cheminées de cuisine. Au-dessus de ce

contre-mur on fait un talus en glacis, pour gagner le vrai mur. (C. Vasserot.)

On emploie ordinairement, outre les tuileaux, qui sont des morceaux de tuiles cassées, de la brique ou du grès pour les cheminées des cuisines; afin qu'elles puissent mieux résister au feu , on met par-dessus le tout de fortes bandes de fer. On en met aussi comme contre-mur de fonte, sans qu’il soit besoin d'un autre contre-mur; et l'on n’a pas encore remarqué que les murs, même ceux en plâtre, soient endommagés par le feu derrière les contre-cœurs de fonte. ( Lois des Bâtiments.)

Lorsqu'on adosse un potager, ou un fourneau de cuisine, ou un office à un mur mitoyen, il n’est pas nécessaire d’y faire un contre-mur; mais si le fourneau était adossé contre une cloison ou pan de bois, on devrait établir un contre-mur de 0m 17 d'épaisseur, ayant 0” 60 au-dessus du fourneau. ( Lois des Bâtiments.)

Qui veut faire forge, four ou fourneau contre un mur mitoyen, doit laisser O"1 16 de vide entre le mur voisin et celui de la forge, four ou fourneau , lequel mur doit avoir 0'" 30 d’épaisseur. ( Coutume de Paris.)

Etables et terres jeelisses. — On comprend sous le nom d’étables, les vacheries, bergeries, écuries, et généralement tons les lieux où l’on entasse des fumiers. Pour empêcher que les fumiers ne pourrissent et ne dégradent le mur commun, il faut, quand on adosse des étables ou des écuries à un mur mitoyen, établir un contre-mur de 0m 21 d’épaisseur. Ce contre-mur doit arriver jusqu’à la partie supérieure de la mangeoire. — Si l’étable est environnée de murs mitoyens de tous les côtés, on doit faire des contre-murs à tous les murs.

Ces contre-murs ne doivent point être incorporés avec les murs mitoyens, parce que s’ils viennent à être endommagés par le fumier, on peut alors les refaire sans être obligé de rien démolir du mur; tandis que s’ils y étaient incorporés, en démolissant les contre-murs , on ferait des arrachements au mur mitoyen, qui y causeraient préjudice. (Coutume.)

Quiconque dépose des terres jectisses contre un mur mitoyen ou appartenant au voisin, doit faire un contre-mur d'épaisseur suffisante pour soutenir les terres, de manière que le mur ne puisse recevoir ni atteinte ni dommage. Si le contre-mur n’est pas suffisant, et que le mur vienne à périr par l'humidité ou la poussée des terres qu’il soutient, le propriétaire de l'héritage auquel appartiennent les terres jectisses est tenu du dommage. (Coutume.)

Celui qui a terrain ou jardin joignant immédiatement le mur d’autrui ou un mur mitoyen, et qui veut faire labourer et fumer ce terrain, est tenu de faire contre-mur, afin que le labour n'endommage point le pied du mur. — Dans les environs de Paris on ne fait point de contre-mur, mais on laisse, entre le mur et la terre labourée, un espace suffisant pour que le labour ne puisse pas nuire au mur. ( Lois des Bâtiments.)

Amas de sel ou matières corrosives. — Dans tous les magasins où l’on met du sel, de la morue salée et autres salines de quelque nature que ce soit, les contre-murs doivent avoir au moins 0"' 50 d'épaisseur, et être de toute la largeur et hauteur de ce qui est occupé, contre les murs mitoyens, par le magasin , et de 0" 90 de fondation plus bas que l’aire ou rez-de-chaussée d’ieelui. Il doit aussi y avoir des contremurs aux trempis où l'on fait dessaler les morues et autres salines, comme pour les étables. (Lois des Bâtiments.)

Chaax.

Il est très-important pour tout constructeur de connaître les différentes espèces de chaux, afin de pouvoir composer les mortiers dont il a besoin suivant les propriétés de celle-ci et selon les ouvrages auxquels ils sont destinés. La chaux est le principe constituant de tout mortier , et celui-ci est l'Ame de la maçonnerie; il faut donc qu'il possède les qualités qui peuvent donner aux matériaux toute la cohésion désirable.

Tous les calcaires indistinctement sont réductibles en

chaux par la calcination, mais chaque espèce de calcaire produit une chaux de qualité dilTércntc.

La chaux pure est une substance de couleur blanche , alcaline, caustique, infusihle aux plus hautes températures, et dont la pesanteur spécifique est de 2,3 ; elle jouit de propriétés remarquables, qui la rendent propre à la fabrication des mortiers.

La calcination de la pierre en chasse feau de cristallisation et une grande partie de l'acide carbonique qu'elle contient. Le mode de cuisson doit varier suivant la qualité de la pierre que l’on a à sa disposition ; mais, quel que soit le mode que l’on emploie, on peut obtenir une grande économie dans le combustible en se servant de l'eau réduite en vapeur ; pour obtenir celte vapeur, ils ne s'agit que de verser de l'eau sur des fagots que l'on place à l'entrée du four.

Fabrication. — La cuisson de la pierre à chaux se fait dans des fours dont la structure varie selon les localités et selon la nature du combustible qu’on emploie. On se sert généralement, pour la fabrication de la chaux, des débris et recoupes de pierres provenant soit de l’exploitation, soit du dégrossissement des blocs extraits de la carrière. La calcination a lieu de trois manières différentes : en tas, dans des fours à feu continu ou coulant, et dans des fours intermittents. Nous ne décrirons pas aujourd’hui la construction de chacun de ces fours ; nous reviendrons sur ce sujet dans lu deuxième partie de notre ouvrage.

Les calcaires que l'on soumet à la calcination sont plus ou moins mélangés de matières étrangères, et donnent des produits différents, que M. Vical a classés de la manière suivante : 1° chaux grasses: 2° chaux maigres; 3° chaux moyen nement hydrauliques : 4° chaux hydrauliques; 5° chaux éminemment hydrauliques ; 6° chaux limites; 7° ciments limites inférieurs, ciments ordinaires, ciments limites supérieurs; 8° pouzzolanes.

La chaux, telle qu’elle sort du four, s'appelle chaux vive; si l’on verse sur cette chaux de l’eau en certaine quantité,

elle est promptement absorbée, mais en même temps la chaux s’échauffe, se gonfle, se fendille, se délite et se transforme en une poudre sèche et line. Si, dans cet état de choses, on ajoute une nouvelle quantité d'eau , elle est de nouveau absorbée, avec un siflement semblable à celui que produit un fer rouge que l’on plonge dans l’eau; il y a en même temps dégagement d’abondantes vapeurs, légèrement caustiques , d’une chaleur suffisante pour faire entrer l’eau eu ébullition.

La chaux éteinte, ou chaux hydratée, est le produit de la chaux lorsqu’elle a reçu une nouvelle addition d’eau, qui lui fait perdre sa causticité et celte chaleur acre et brûlante qui caractérise la chaux vive.

Le lait de chaux n'est autre chose que de la chaux éteinte, à laquelle on a ajouté une nouvelle quantité d'eau, qui transforme cette chaux en une bouillie plus ou moins épaisse, laquelle peut devenir tout-à-fait liquide si l’on y ajoute encore de l'eau.

Nous avons dit que les chaux obtenues par la cuisson des carbonates calcaires sont rarement pures; cela dépend de la quantité de silice, de magnésie, de fer ou d’argile qu’ils renferment, ce qui en modifie plus ou moins la qualité ainsi que les propriétés. Les chaux pures réduites à la consistance de pâle ferme, et exposées ensuite au contact de l’air, y acquièrent à la longue une dureté comparable à celle de la pierre ; mais plongées dans l’eau ou enterrées dans un lieu humide, elles y restent constamment dans leur état primitif, et si l’eau est courante, elles peuvent être délayées et entraînées avec elle.

D’un autre côté, si la chaux est plus ou moins combinée avec la silice, l’argile, la magnésie, le fer, etc., elle est plus difficile à éteindre, elle s’échauffe et foisonne moins; et quelquefois, pour l’amener à l’état de pâte, il faut préalablement la réduire en poudre. Soumise à l’action de l’air, elle y durcit comme les précédentes; mais si on la plonge dans l’eau, elle y acquiert parfois, au bout d’un certain temps, une dureté plus ou moins considérable; parfois aussi elle n’y durcit pas.

Nous allons indiquer les qualités qui distinguent les différentes espèces de chaux que nous avons désignées plus haut :

1° La chaux grasse se reconnaît à la quantité d’eau qu’elle absorbe, et qui varie de 3 J/4 à 3 J/2 fois leur poids d’eau ; parl’cxlinction, son volume primitif s’augmente de 3 1/2 fois. La consistance de ccttc chaux est , après plusieurs années , la même qu’au premier jour de son immersion. Cette chaux est la plus avantageuse pour les constructions, en ce qu’elle fournit une plus grande quantité de mortier que toute autre chaux; mais il ne faut l'employer que pour les ouvrages qui ne sont point exposés à l’humidité.

2° La chaux maigre contient 2/3 à 1/2 de son poids de substances étrangères, et absorbe seulement 2 à 1 1/4 d’eau par l'extinction ; elle ne rend en volume que 2.23 à 1.50 pour 1 ; elle durcit assez vite à l’air.

3" La chaux moyennement hydraulique prend consistance après une immersion de 15 à 20 jours; clic absorbe 2 1/4 à 2 1/2 fois son poids d'eau, et rend, par l'extinction, 2.33 à 3 de chaux en pâle.

4° Chaux hydraulique. — Cette chaux est prise après une immersion de 6 à 8 jours ; elle absorbe environ 2 fois son poids d’eau, et son rendement de chaux en pâte est de 2.25 pour 1.

5° Chaux éminemment hydraulique. — Elle prend consistance après 2 à 4 jours d’immersion; elle absorbe 1 1/4 à 1 1/2 fois son poids d’eau, et rend, par l’extinction, de 1.50 à 2 de chaux en pâte pour 1 de chaux vive.

6° Chaux limites. — Elles proviennent de calcaires parfaitement cuits , qui ne s’éteignent pas au moyen de l’eau ; on les réduit en poudre Fine et on les emploie avec une faible quantité d’eau ; elles ont la propriété de durcir rapidement à l’air et à l’humidité. Les chaux limites diffèrent essentiellement des ciments ; ceux-ci augmentent graduellement de consistance et de dureté, tandis que les chaux limites perdent au bout d'un certain temps la cohésion qu’elles avaient acquise spontanément.

7“ Les ciments sont des matières calcaires parfaitement cuites, que l'on réduit en poudre et que l'on gâche, au moment de les employer, avec une certaine quantité d’eau; comme le plâtre, ils prennent instantanément. Il existe plusieurs espèces de ciments : ciment romain, ciment anglais, ciment Parker, ciment de Pouilly, ciment de Vassy, ciment d'Anvers, etc. O11 les désigne, suivant M. Vicat, sous les noms de ciments limites inférieurs ou de ciments limites supérieurs, selon lu vitesse de prise afférente à chacun d'eux, vitesse qui est quelquefois telle, pour les ciments limites supérieurs, qu'on a à peine le temps de manipuler le mélange des parties.

8" Les pouzzolanes sont des matières pulvérulentes formées par le feu des volcans, et composées principalement d'argile unie à un peu de chaux, de potasse, de soude ou de magnésie. Plies ne peuvent, comme les ciments, constituer à elles seules un mortier capable de durcir sous l’eau en peu de temps ; ce n’est que lorsqu’elles ont été réduites en poudre et mélangées avec de la chaux grasse en pâte, qu’elles forment des mortiers qui prennent consistance dans les vingt jours de leur immersion ; cela peut avoir lieu plus rapidement , selon la proportion et l’énergie des matières qu’on y ajoute.

L’hydraulicité des chaux est duc à la présence de la silice, combinée avec l’argile et la magnésie que renferment certains calcaires; la silice non combinée ou à l’état sableux, les oxides de fer et de magnésie rendent les chaux maigres mais dépourvues de qualités hydrauliques. Le tableau suivant indique les matières qui composent les chaux dont nous venons de parler , et les quantités de chacune de ces matières :

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