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laverie , ne forment qu'une seule masse de maçonnerie. Le four sera construit en briques, et avec solidité ; pour faciliter le nettoyage , on établira , à l'extérieur de sa porte en fer, un cendrier recouvert d'un grillage.
Dans un four , trop d'élévation est nuisible a la cuisson du pain ; on veillera donc à ce qu'il n’ait pas plus de 0m 45 de hauteur, sur 1 " 50 de longueur et lm 50 de largeur.
Le pétrin, les planches sur lesquelles on range les pains, la caisse à farine, ainsi que tous les accessoires, seront placés du côté de la fenêtre.
La laiterie est la plus importante des dépendances d une ferme , de quelque étendue qu’elle soit , et cependant elle en est souvent la plus mal construite et la plus défectueuse.
Deux choses sont essentielles pour une laiterie : 1° une température toujours égale dans toutes les saisons de l'année ; 2° un air fréquemment renouvelé et toujours frais. La première de ces conditions s’obtient facilement dans une laiterie souterraine ; mais on ne peut la ventiler d'une manière aussi satisfaisante. Lorsque la laiterie est construite dans un bâtiment détaché , on peut obtenir un résultat convenable en abaissant le sol de la pièce de 60 à 90 centimètres, et en la couvrant d'un toit en chaume très-épais.
Un excellent procédé consiste à faire des murs creux , à les surmonter de deux ou trois voûtes en maçonnerie , de couvrir le tout avec de la terre , comme cela se pratique pour les glacières , mais en ménageant des fenêtres pour la lumière et la ventilation. Ces fenêtres seront toujours doubles et à l’aspect du nord , du nord-est , ou du nord-ouest ; la fenêtre extérieure garnie en lil de fer et fixe , celle de l'intérieur mobile et vitrée. Il y aura avantage à ce que les portes soient doubles et espacées enlr'eiles d’en\ iron un mètre; elles seront garnies d'un panneau en toile métallique, afin d'exclure les insectes et de laisser entrer l'air. Dans les hivers rigoureux , on ajoutera des volets uux fenêtres ainsi qu’aux panneaux des portes.
Lorsque la laiterie fait partie d'un groupe de bâtiments, on la place à l’angle nord ou au côté nord de la masse de bâ-
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timents. Les murs, dans ce cas, doivent être doubles, les fenêtres triples ; celle du dehors sera en fil de fer, les deux autres vitrées ; les portes seront doubles : on aura toujours soin d’en fermer une lorsqu’on ouvrira l'autre. Aucune d'elles ne devra rester ouverte pendant plus de deux ou trois minutes à la fois.
Pour compenser les inégalités de température, on ferait bien d'introduire dans la laiterie un cours d'eau ou un réservoir , afin de pouvoir l'arroser à volonté et par ce moyen en élever ou abaisser la température , selon la saison. Le sol sera en pente et bien pavé , comme nous l'avons indiqué pour la buanderie ; les planches et rayons seront en ardoise ou en bois doublé de plomb ou de zinc ; les murs cimentés avec soin et blanchis, ou mieux encore recouverts de tuiles vernissées.
Afin d'entretenir toujours un air pur et agréable dans la laiterie , on ne devra y introduire aucune substance étrangère à ses produits ordinaires. On a prouvé dernièrement que les odeurs fortes nuisent à la bonne confection du beurre , en empêchant la parfaite séparation de la crème et du lait. Il est certain que la viande crue produit sur la crème un effet tel que le beurre qui en provient ne se conserve pas longtemps. Près de la laiterie doit se trouver la chambre où l'on fait le beurre et le fromage. C’est là qu’on place les barattes , les seaux à traire et tous les ustensiles de la laiterie. Celte pièce doit être garnie de planches et pourvue d’un réservoir et d’un évier.
Nous donnerons, dans une prochaine livraison, le plan d'une laiterie, où les différentes observations que nous avons présentées sur ce sujet ont été mises en pratique.
Disposition» CANfntlrlIrg. — Economie des fermes moyennes.
Le plan, figure 1 de la planrhe VII, donne la disposition des différentes parties d’une ferme moyenne. Les murs peuvent en être construits en argile, ou en pisé, ou avec les matériaux les moins coûteux qui se rencontrent dans la lora-
lité. Comme elle 11'a qu'un seul étage, les murs n'ont besoin que d’une élévation de 3'“ 50 à 4ra 00. — Le porche 1, est orienté vers le sud-ouest. — 2. Vestibule. — 3. Cuisine.
— 4. Arrière-cuisine. — a. Trou à charbon. — 6. Gardemanger. — 7. Office. — 8. Water-closet. — 9. Cave à bière. — 10. Laiterie. — II. Remise pour les racines elles pommes de terre. — 12. Cave à vin, et au-dessus de cette cave, une armoire à vaisselle, ouvrant sur la salle à manger.
— 13. Chambre à coucher pour garçons. — 14. Dégagement vers les trois chambres à coucher de la famille. — 15. Principale chambre à coucher. — 16. Chambre à coucher. — 17. Idem. — 18. Chambre ou parloir. — 19. Idem à coucher, pour étrangers (par la fenêtre qui sert de porte, on peut sortir sans déranger la famille). — 20. Chambre à coucher. — 21. Salle à manger. — 22. Armoire à sécher le linge, située derrière le foyer de la cuisine. — 23. Projection au-dessus du four.
Un tuyau , provenant du four , traverse la salle à manger et tourne autour du parloir. La chaleur qu’il produit, jointe à celle de l’armoire à sécher le linge, rend les cheminées peu nécessaires.
La coupe de ce bâtiment indique toute la simplicité de la construction. Les murs extérieurs n’ont que 2™ 40 de hauteur ; le plafond des chambres est cependant assez élevé (voir la ligure 3). Pour leur donner cette élévation, on a établi des sablières dans la direction montrée par les lignes pointillécs a, h, r, d, figure I : ces sablières sont supportées par les murs de refend.
Entre l’entrée principale et celle de la salle à manger, il y a une différence de niveau de 0m CO ; il en est de même entre l’arrière-cuisine et la cave aux pommes de terre. Par ce moyen, la cheminée du four est assez basse pour permettre au tuyau de passer sous le plancher de la salle à manger.
L’escalier de la cave à vin est indiqué par une ligne à travers les marches, pour faire voir qu’on doit le construire à double rampe, afin de gagner de l’espace.
Les fenêtres du toit sont doubles; les châssis extérieurs,
pour être à l'épreuve de la grêle, reçoivent des verres de double épaisseur ; ils sont sans traverse, comme les châssis des serres. Les fenêtres de l'intérieur sont droites et encadrées dans les chevrons de la charpente, suivant l'usage ordinaire.
Ce bâtiment existe dans les environs de Londres, et nous en avons emprunté le dessin à l'encyclopédie d'architecture de M. London, dans le but de donner un exemple de l'arrangement des pièces d'une ferme moyenne.
En calculant les journées d’ouvriers maçons à 18 schellings, ou 22 fr. 50 c. par semaine, et celles des charpentiers à 25 schellings, ou ô I fr. 25 c. par semaine, il coûterait 250 livres, ou 0,250 francs. La dépense principale est celle des portes et des fenêtres, les murs étant en argile.
On pourrait, tout en conservant la même distribution, exhausser cette construction d'un étage; les changements à effectuer seraient les suivants : la chambre 17 serait un oflicc; la croisée servirait aussi de porte pour les personnes employées dans la ferme. — 10. Chambre à fruits et à vaisselle. — 20. Salle à repasser.
Le plan, ligure i, planche VIII, donne la distribution du premier étage, qui comprend : I, la chambre à coucher des servantes de la ferme, et 2, celle des domestiques mâles; les chambres 5, 4, 5 et 0, seraient des chambres â l'usage de la famille ou des étrangers, et 7, une chambre de réserve pour les graines.
L'escalier, ainsi que la salle à manger, pourra être éclairé pendant le jour par les quatre lanterneaux du toit. Une lampe, suspendue, au plafond de la salle à manger, remplira cc but pendant la soirée.
On observera que dans la composition de ce projet , il n’entre pas de couloirs, ce qui procure une économie assez grande pour la construction. D'un autre côté, la pièce centrale est plutôt un dégagement qu'une salle, et nous préférerions voir réunir les deux pièces 19 et 20, pour en faire une salle à manger.
Remarque. L’éclairage de la salle du milieu est imparfait.
en ce que les parties vitrées de la toiture ne tardent pas à se détériorer cl à laisser pénétrer les eaux pluviales. Nous voudrions que ce bâtiment à un seul étage reçût les modilications suivantes : exhaussement des quatre murs de la pièce centrale d'un mètre environ , dans les parties aa , figure 3 de la planche VII, pour y placer des fenêtres; suppression des portions de toitures bc, le dessus des plafonds rfrf formant alors terrasse et pouvant être environné d'une galerie. Ces changements modifieraient d'une façon convenable l'élévation de celle petite ferme ; nous en donnons le dessin dans la planche IX , figure 1 .
Le plan 1 , de la planche VII. sans être défectueux, puisqu’il est cité comme exemple, et qu’il remplit sans doute le but que le constructeur s'était proposé, peut être modifié d'une manière avantageuse, tout en conservant 1e même périmètre et la même disposition dans l’ensemble. Nous donnons ces modifications dans la planche IX. Les deux petits réduits placés à droite cl à gauche de l'entrée sont supprimés; car, dans l'élévation, ils forment un effet disgracieux.
L'auteur de ce projet, en voulant réunir le tout sous un même toit, et en conservant les murs à une faible hauteur, a eu en vue la plus stricte économie. Les changements que nous apportons à son idée démontrent qu'on peut la rendre plus facilement réalisable. La hauteur disproportionnée du toit de cette ferme en rend la façade lourde et désagréable , et les fenêtres du rez-de-chaussée reçoivent toute l'eau des toitures, par suite de leurs dispositions vicieuses.
Comme dans le plan précédent , les murs- peuvent être faits en matériaux de peu de valeur, et la partie supérieure peut être construite en pans de bois, avec remplissage en briques, en argile , et recouverte en bardeaux. Le toit est en tuiles. Les fenêtres placées dans les façades latérales, éclairent suffisamment la partie centrale du rez-de-chaussée.
Description. — 1. Porche. — 2. Vestibule. — 3. Cuisine.
— 4. Arrière-cuisine. — 5. Trou à charbon. — G. Gardemanger. — 7. Office. — 8. Laiterie. — 9. Pièce commune.
— 10. Salle à manger. — II. Parloir. — 12. Chambres à
coucher. — 13. Escalier. — 14. Dégagements. — 15. Four. — IG. Armoire. — 17. Waler-closel.
Dans les souterrains se trouvent la cave à vins et à bière, la cave aux racines, la buanderie cl la remise au charbon.
Au premier étage (planche X, figure 1), 1,2 cl 3 sont les chambres pour les étrangers; 4 et 5, chambres pour les domestiques ; G , chambre de réserve pour les graines ; 7 , galerie. L’intervalle entre les chambres 2 et -4, 3 et 5, peut servir de terrasse, ou, si on le juge convenable, on peut y adapter une toiture, comme on le voit dans la figure 3 de la planche IX, qui est une élévation latérale de la ferme.
La ligure 3 de la planche IX est une coupe transversale sur AB, et la figure 5 de la planche X une coupe, sur CD.
f/abilalinn pour un simple journalier.
Le plan 1, de la planche. XI, représente une habitation de simple journalier: elle peut servir aussi de logement pour un garde de chemin de fer, ou un percepteur de barrière. Elle contient une salle ou cuisine, I ; une autre chambre à coucher pour l'homme et sa femme, 2; un garde-manger, 5. Dans un des côtés est le water-closct, 4, ainsi qu’un emplacement pour déposer le charbon, 5 ; au côté opposé se trouve un hangar ou remise pour les instruments aratoires, ou pour, mettre du bois, 6, et un porche, 7. L’homme de garde pourra coucher dans la salle où nous avons indiqué, la place d'un lit, cela étant nécessaire quelquefois pour ouvrir la barrière et recevoir le péage pendant la nuit.
Les murs de cette petite habitation sont bâtis en briques, les chaines d’angles forment des rustiques; l’encadrement des fenêtres est aussi en briques, et le reste des murs est crépi à la chaux. Le toit est en tuiles ; il forme sur la maison et ses deux annexes une saillie assez prononcée , dans le but d abriter les murs de façade.
Les ornements que l'on remarque dans la façade de cette
habitation, figure 2, lui donnent un aspect assez coquet ; ils sont en briques et sont plus ou moins saillants. Ce genre est très-usité en Allemagne et en Angleterre, et l’on peut donner ainsi, sans beaucoup de frais, une grande > ariélé aux façades, suivant le genre de briques qu'on a à sa disposition. Leurs formes sont variées à l'infini. Notre élévation n’est composée que de briques ordinaires, mais arrangées seulement d'une certaine façon.
Dans les endroits où les briques sont rares , où il est difficile de s’en procurer à un taux raisonnable, on peut construire les murs en moellons, en pisé, et les couvrir d'un crépissage. 11 vaut cependant beaucoup mieux, lorsque les ressources du journalier le permettent, et qu’on ne vise pas à une trop grande économie , employer des matériaux durables et plus agréables à la vue que le pisé ou l'argile ; car les murs construits de celte manière sont toujours d’un effet mesquin et triste, même quand ils sont badigeonnés. Le plus souvent le badigeon dont on recouvre les façades des habitations, n’a pas d’autre but que de dissimuler quelque chose de laid ou de repoussant.
Cette habitation est élevée sur une terrasse, 8. aGn qu'elle puisse être parfaitement sèche ; elle est exhaussée de 0" 70 au-dessus du niveau du jardin.
La Ggure 3 de la même planche donne la coupe longitudinale du même bâtiment.
BAtlmcnta ruraux. — Principes généraux relaCifa 4 leur emplacement.
Les bâtiments d’exploitation se composent de différentes catégories de constructions qu’il est important de disposer d'une manière convenable quant â l'orientation; il faut aussi que les dépendances, telles que la cour au fumier , l'abreuvoir, les cours pour les meules, soient étudiées avec soin.
Cette étude mérite la plus grande attention. Comme il est impossible de pouvoir jouir en même temps de tous les avantages , il faut choisir la situation la plus propice, celle qui,
par son influence sur les autres parties, doit contribuer le plus au succès de l'exploitation.
Lorsqu’on veut établir des bâtiments de ferme, 1° il faut choisir un emplacement qui permette un libre accès vers un chemin de communication ; 2° l’eau étant une nécessité pour toute exploitation rurale, on cherchera à se rapprocher le plus possible d'une source ou d’un cours d’eau quelconque, pour qu'au besoin on puisse se servir de celte eau comme moteur. Le. bord d’un ruisseau, un sol sablonneux ou renfermant du gravier , est une position salubre , commode et agréable; il n'en est pas de même d’un terrain argileux ou glaiseux ; 5° il faut, autant que possible, placer les bâtiments au centre des terres labourables, car c'est lâ que s’exécutent les plus importants travaux de la ferme. Dans les petites exploitations, on peut s’écarter de ce principe; il n’en saurait être de même dans les fermes de grande culture, car, outre les pertes de temps inévitables, il y a plus de diflicultés pour la surveillance des ouvriers, et souvent, parce que les terres sont trop éloignées du centre de l’exploitation, elles sont négligées cl leur fécondité décroît. Pour être parfaitement en rapport avec le service auquel on les destine, les bâtiments doivent être aussi diversifiés que l'état de l’agriculture, la position topographique des pays et le genre des exploitations. Cependant il est quelques règles générales qui peuvent s’appliquer à toute exploitation, et que le. constructeur doit bien connaître avant de prendre une détermination quant à la position des bâtiments ruraux; 4° les bâtiments ne doivent pas être placés sur un point trop culminant ; car s’il y a avantage d’un côté pour le transport des engrais, il en résulte , de l’autre , une grande fatigue pour les attelages lors de la rentrée des récoltes ; 5° en choisissant un emplacement à mi-côte, on a généralement l’avantage de pouvoir embrasser d’un coup-d’œil l’ensemble des terres dépendant de la ferme ; 6° les bâtiments seront orientés vers le midi ou vers l’est ; 7® on évitera les lieux humides et malsains ; 8° enfin on cherchera à garantir les constructions des coups de vent, au moyen d’un abri naturel.
Si l’exploitation est établie près d'une route, il ne faut pas qu’elle soit traversée par celle-ci, car il est nécessaire que tous les bâtiments et les cours puissent être clos au besoin.
Les exploitations rurales placées sous un climat exposé aux vents rigoureux de l’arrière-saison, doivent avoir, outre leur mur d'enceinte, un abri d'arbres toujours verts, afin de briser l'action du vertt.
Les bâtiments situés dans un endroit humide et marécageux , ont l’inconvénient de nuire à la santé des hommes et à celle des animaux , dont ils affaiblissent l'énergie et la vigueur; la conservation des récoltes peut aussi en être compromise, car elles ne tardent pas â y contracter la moisissure cl des avaries qui diminuent leur valeur. Les bâtiments ainsi établis sc détériorent plus promptement que les habitations placées sur un terrain sec. Dans les endroits encaissés, où l’atmosphère est constamment chargée de vapeurs, les travaux et les charrois sont toujours pénibles et difficiles, surtout si les terres sont tenaces.
Si le constructeur, forcé de bâtir dans un endroit humide, n a pas la précaution d'établir des fossés d'assainissement ou des drains â un niveau plus bus que le sol des caves, il risquera de les avoir sous l'eau ou très-humides; c’est ici le cas d'employer avec succès les terrasses dont nous avons parlé , car si le niveau de la plate-forme est disposé â une hauteur suffisante, le niveau des caves sera à peu près le même que celui du terrain avoisinant ; ce qui permettra de donner peu de profondeur aux fossés ou aux drains.
Souvent les fermes, au lieu de sc trouver au centre de l'exploitation ou â sa proximité, sont établies dans les bourgs ou dans les villages, et souvent à une distance assez grande des terres. Dans toutes les contrées qui se distinguent par leurs progrès en agriculture, comme le nord de la France et une grande partie des Flandres belges , les bâtiments d’exploitation sont au milieu des terres, et c'est à cette coutume qu’est dû l’état d’avancement et de bonne culture que l’on remarque dans ces pays.
Les considérations qui précèdent sont suffisantes pour
faire apprécier à l'administrateur tout le soin qu'il doit apporter dans le choix d’un emplacement ; c’est après avoir pesé tous les avantages et les inconvénients qui peuvent en résulter, qu’il se décidera pour celui qui lui procurera la plus grande économie de capitaux et de main-d’œuvre.
De la déposition de* hAtlmcnts ruraux.
Le propriétaire qui érige de nouvelles constructions rurales dans un pays quelconque, doit avoir égard aux mœurs et aux habitudes de la localité qu’il a choisie. Apporter des améliorations utiles est chose nécessaire; mais bâtir en modifiant d’une manière radicale ce qui est passé à l’étal pratique, peut occasionner de graves dérangements dans l'aménagement des bâtiments ruraux. Le plus souvent, si tel usage ou telle disposition dans l’aménagement d'un bâtiment a été adopté par les indigèues, c'est qu'il y a un motif. 11 faut donc s’en rendre compte , et ne rien moditier avant d’avoir fait une étude sérieuse des localités. Ainsi un architecte chargé de la construction de bâtiments de ferme, fera bien d’observer les habitudes des habitants et la disposition des exploitations existantes; il doit consulter le cultivateur, puisque c’est pour lui qu'il bâtit ; il faut qu'il mette tout amour-propre de côté et qu’une vaine susceptibilité ne l'empêche pas de prendre les renseignements dont il a besoin. Ce n’est que lorsqu'il sera assez instruit à ce sujet qu’il pourra , en coordonnant ses idées avec celles qu’il aura puisées sur les lieux, déployer son talent et apporter les améliorations qu'il jugera le plus convenables. Les fermes, les métairies, les maisons des journaliers seront établies d’après ces principes. On verra ainsi diminuer le nombre de ces constructions qui, faites sans esprit et sans règle, ne répondent pas aux besoins qu’elles doivent satisfaire.
Le projet étant arrêté dans son ensemble , on en fera les divisions pour donner à chacune l’espace qui lui sera nécessaire ; on choisira les matériaux . on discutera les prix d’achat . les frais de transport cl de la main-d'œuvre. Les
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constructions rurales, plus que toutes les autres, doivenl-étre assujetties aux règles de la plus stricte économie. On préférera les matériaux qui promettent une plus longue durée, eu égard à la dépense première, car il est évident que si l’on peut obtenir une habitation en pierre au meme prix qu'une maison en bois ou en pisé, on accordera la préférence à la première.
La disposition des bâtiments d'une exploitation agricole doit être l'objet d’une étude approfondie de la part de tout administrateur consciencieux , parce que les bâtiments qui réunissent les avantages qu’on exige d’eux, augmentent d’une valeur sensible celle de l’exploitation; par suite on obtiendra du tenancier un fermage beaucoup plus élevé , parce que les bâtiments seront distribués d une manière convenable et régulière. Le contraire aura lieu si une mauvaise disposition a prévalu dans l’arrangement des bâtiments, s'ils ont été construits d’une manière incommode et d’après un plan irrégulier.
Des bâtiments ruraux bien agencés et bien distribués entrent pour beaucoup dans le succès d'une exploitation agricole. Lorsque les dispositions que nous avons fait valoir précédemment n'ont pas été observées, et que les habitations des animaux sont étroites, insalubres et incommodes, il y a perte de temps , de denrées et de capitaux , et l’exploitation ne peut prospérer.
Dans tous les pays où l'agriculture n'est pas florissante (et ceci s'applique particulièrement à une grande partie de la France) , on peut aflirmer que cet étal de choses est dû à la mauvaise disposition et au défaut d'entretien des bâtiments ruraux. Si l'on compare ce dernier pays avec l’Angleterre, la Ilclgique et l'Allemagne , on verra que ces pays sont en progrès sous le rapport de l’économie agricole, parce que les bâtiments d’exploitation y sont placés, distribués et entretenus avec soin.
Partout où l'on remarquera que les terres sont négligées , on en découvrira la cause dans la disposition vieicusc des bâtiments, dans le mauvais état des chemins et des attelages,
lesquels, assujétis à une fatigue mutile, ne peuvent être dirigés d'une façon convenable ; rien enfin n'y peut prospérer, les terres ne tardent pas à s'appauvrir, et l'exploitation périclite par le manque d’intelligence de celui qui l'a créée.
La disposition des bâtiments doit être régulière, mais les formes qu'on peut leur donner varient suivant les pays , les circonstances et les besoins. La forme carrée, oblongue ou circulaire, n'a pas été conçue dans un but d’agrément, mais dans un but d'utilité. Dans une petite ferme, le carré parfait sera préféré au carré long; celui-ci sera mieux applicable à une ferme de plus d'étendue.
La superficie nécessaire pour circonscrire les bâtiments doit être proportionnelle à l'importance de l'exploitation. La ferme dont le bâtiment occupe un are n’a besoin , pour être enclose, que de 40 mètres de murs d'enceinte, et le double sufiit pour elore une surface de bâtiments occupant quatre ares.
Lorsque les bâtiments d’une ferme sont réunis en un même corps et sous un même toit, comme cela existe dans quelques localités, ils ont l'avantage d'être, plus chauds en hiver, d’être plus économiques et d'un entretien moins coûteux ; seulement ils ont l’inconvénient d'être plus exposés aux incendies. Dans les pays chauds, ce mode de construction ne peut être adopté , parce que les bâtiments ont besoin d’être plus aérés.
Quelques auteurs, dans un but d’économie, cl afin d'occuper une surface moindre que celle qu'exige le earré ou rectangle, ont conseillé de grouper les bâtiments autour d’une cour intérieure circulaire. Ce principe est bon , puisqu'il donne une plus grande surface de développement; mais, d'un autre côté, les subdivisions intérieures ont le défaut d’être assez difficiles ; on les a modifiées en un polygone d’un plus ou moins grand nombre de côtés, ce. qui n’a pas rendu la disposition intérieure plus commode.
Une autre idée, qui a prévalu chez certains auteurs et qui est maintenant abandonnée, consistait à accoler les. dépendances au bâtiment central : ce système vicieux, qui a reçu
son application dans des fermes de peu d'importance, a les mêmes inconvénients que ceux que nous avons cités pour les bâtiments réunis sous un même toit; il a , en outre, le désavantage de rendre le service diflicile , de laisser les bâtiments aux vents et dénués de clôtures ; la partie centrale est insalubre, car elle ne peut être éclairée ni ventilée. Ajoutons qu'il est diflicile d'y établir une surveillance directe , parce qu'on ne peut embrasser qu'une certaine portion de bâtiments à la fois.
Dans la disposition réciproque et dans l'arrangement des diverses parties des constructions rurales, il est nécessaire d’observer les régies générales relatives à la dimension des espaces , puisque ces régies ont pour objet d'assurer les avantages nombreux et permanents d'une économie bien entendue.
Lorsque des constructions sont déjà faites, il faut tâcher d'y introduire tout ce qui peut les rapprocher d'une construction rationnelle. D’un autre côté, si on érige à nouveau, il est nécessaire de disposer l’ensemble des bâtiments avec convenance et discernement; car la construction une fois faite, il est rare qu'on puisse, sans de grands sacrifices, corriger les fautes que l'on a commises.
Une maison de ferme n'est complète que lorsque tous les services s’y exécutent avec la plus grande facilité et avec toute l'économie désirable. La bonne distribution , qui exige que chaque chose soit en son lieu et à sa place, n'exclut pas la régularité. Pour arriver à ce but, on a à résoudre le problème suivant : disposer et grouper les constructions , de façon qu’elles donnent la plus grande somme d'avantages , tout en conservant la symétrie. On observera les conditions suivantes : 1° on placera les meules ou la grange près du hangar où se trouve la machine à battre le grain ; 2° les magasins à fourrages seront à proximité des caves à racines, des silos , des écuries cl des étables, l’abreuvoir et les auges à proximité du bétail; 5° les citernes à engrais et la fosse au fumier seront disposées de manière que le chargement en soit facile ; il en sera de même pour la fabrication des com-
posts; 4° les bâtiments renfermant les récoltes seront établis à une bonne exposition ; leur accès ne sera incommode ni pour l'entrée ni pour la sortie des attelages ; 5" enfin la surveillance du personnel sera toujours facile.
Du nombre el de l’étend ne de# bâtiments ruraux.
Les diverses dépendances qui composent l’ensemble d’une ferme doivent occuper la position la plus favorable à la conservation des individus et à celle des animaux, des récoltes et des objets qu’elles doivent loger ou abriter. Elles comprennent I" l’habitation du propriétaire ou du fermier; 2° celle des agents ou serviteurs; 3° les locaux qui doivent recevoir le bétail et les autres animaux domestiques; 4° ceux qui sont destinés à la conservation des récoltes; 5° ceux qui doivent abriter les objets utiles aux besoins journaliers de la culture ou du ménage. Ces dépendances varient selon l’importance, la nature et la qualité des terres de l’exploitation. Elles peuvent être considérées d'abord isolément sous le rapport de leur agencement particulier, ensuite collectivement el dans leur ensemble. Prises séparément, elles doivent être salubres, commodes, et construites avec solidité et économie. Ku égard à l'ensemble des autres dépendances, il faut qu'elles aient une étendue proportionnée à l’importance de l’exploitation.
La quantité superficielle d'un bâtiment s'obtient en multipliant sa longueur par sa largeur, et le cube ou la capacité, en multipliant leur produit par la hauteur.
Quand on construit, il est essentiel de s’établir le plus largement possible; il ne faut pas seulement tenir compte des nécessités du moment; il faut aussi prévoir les progrès que l'exploitation pourra faire dans un certain avenir. Pour ce motif, on ménagera quelques intervalles entre les différents corps des bâtiments, plutôt que de les joindre les uns aux autres. i\otons toutefois qu'en ceci, comme en toute chose, l'excès serait un défaut; le juste-milieu est toujours préférable. Dans un domaine constitué depuis longtemps et en
plein rapport, il est facile de connaître l'espacement qui est nécessaire; et si l'on organise pour la première fois une exploitation agricole, qui ne donnera dès le début de sa création que de faibles récoltes, il conviendra, pour ne pas faire une œuvre incomplète, d’en calculer les dimensions sur les produits moyens des récoltes qu'on espère obtenir plus tard. Pour cela, il ne faut pas que les bâtiments soient contigus; un espacement raisonnable permet d'arrêter plus facilement les incendies et surtout de sauver avec moins de perte le bétail et les récoltes. La distance entre les bâtiments sera en raison des besoins futurs de la ferme. Mais on ne multipliera pas outre mesure les corps de bâtiments séparés, et l'on en restreindra le nombre à quatre. Les espaces intermédiaires seront fermés au moyen de murs ou de fortes palissades, qui empêcheront les effractions extérieures. Ces espaces serviront utilement de basse-cour ou de cour-à-porcs. Une pareille disposition est très-bonne; elle donne plus d'air à la cour intérieure, et si les chemins sont bien entretenus, si quelques bouquets d arlires sont jetés çà et là dans les intervalles et dans le pourtour des constructions, l'aspect de la ferme n’en sera que plus riant.
Certains agronomes ont blâmé ce système en prétendant que les bâtiments contigus sont moins coûteux ; que ceux au contraire qui ne le sont pas sont plus accessibles aux malveillants ; qu'ils favorisent l'infidélité et les dilapidations des domestiques, et qu'ils exigent du maitre une plus grande surveillance. Nous ne sommes pas de leur avis, et nous rappellerons encore qu'on ne doit construire que ce qui est nécessaire. Rien que le nécessaire , telle est la maxime qu'il faut adopter dans les constructions à édifier ou à entretenir. Si la place manque pour élever de nouveaux bâtiments, et s’il faut absolument se servir des intervalles dont nous avons parlé, il sera prudent de les séparer par des pignons construits avec solidité.
Le propriétaire a tout intérêt à ce que les bâtiments d’une exploitation rurale soient complets, et répondent aux besoins de chaque jour : car s’ils sont insuffisants, il ne retirera pas