PRINCIPES FONDAMENTAUX
Pour la disposition des bâtiments d'une ferme.
Une partie des détails suivants a été puisée dans l’Encyclopédie de M. Loudon ; la plupart des règles qu’il pose comme essentielles nous étaient connues; nous les avons vu pratiquer nous-méme, et nous croyons honorer M. Loudon en citant quelquefois presque textuellement des observations
sur un sujet si important. Nous y avons intercalé quelques améliorations et changements survenus dans cette branche de l'économie rurale, et qui ont reçu la sanction des praticiens.
L’ensemble d’une ferme peut se diviser en deux parties : les cours et les bâtiments. Ces derniers comprennent les habitations destinées aux hommes et aux animaux, et les magasins.
Les cours sont ordinairement au nombre de deux : la cour au fumier et celle qui renferme les gerbiers et les meules. Dans les grands établissements on trouve, outre celles-ci, la cour aux cochons et aux poules, et la cour du serrurier ou maréchal.
Les habitations affectées à l’usage des animaux domestiques doivent être adaptées à leur taille, à leurs habitudes et à la température qui leur est nécessaire. Les animaux domestiques sont le cheval, le bœuf, le mouton et le cochon ; ils ne diffèrent guère entr'eux quant à la nourriture et à la manière de la prendre. Ils mangent à des râteliers placés à une hauteur proportionnée à leur taille, et en plan ou profil vertical ; ils ont tous plus ou moins la forme d'un cône , mais la grandeur du cône est variable, et c’est vers ce point que le constructeur dirigera principalement son attention.
Un cheval de grandeur ordinaire forme un cône de 2m 80 de longueur et de lm 98 de hauteur, surOm 61 de largeur à un bout et 0m 46 à l’autre. Le bœuf ou la vache forment un cône plus court et plus obtus que le cheval ; il est généralement de 2” 29 de longueur, de lm 53 de hauteur, sur 0™ 76 et 0m 61 de largeur, si l’on tient compte de l’espacement des cornes. Pour le mouton, nous évaluerons le cône à 1” 07 de longueur, à 0m 61 de hauteur, à 0” 53 et 0m 30 de largeur. Le cochon a besoin du même espace.
De ces évaluations on peut conclure qu’on logera économiquement les deux premiers de ces quadrupèdes dans des étables ou écuries de forme excentrique ; et que le rfttelier devant être adhérent au petit côté du cône, il aura sa place marquée au côté le. plus étroit de la section du cercle. Dans toutes les cours ouvertes où on laisse les animaux courir en
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liberté et manger aux râteliers, la longueur de ceux-ci se détermine d'après la nature de l’animal qui doit s’en servir. Quand le râtelier est en ligne droite, l'animal doit pouvoir disposer de la plus grande partie de la largeur, et quand il est circulaire , le rayon de la courbe devra être déterminé par la largeur du plus court côté du cône.
La ligure 7 de la planche XI indique le nombre de chevaux ou de bétes à cornes qui peuvent être contenus dans la circonférence d'un cercle, la tète tournée vers le centre; la ligure 9 montre la longueur du parallélogramme qui serait nécessaire pour contenir le même nombre d’animaux de la même taille. Il est vrai de dire que dans la pratique, les animaux ne doivent pas être aussi rapprochés, si ce n’est pour un laps de temps peu considérable; mais notre comparaison a pour objet de faire voir quelle économie d’espace on peut obtenir en construisant d’après ces principes. Le cheval et le bœuf peuvent, à la rigueur, se contenter d’un vide de 0“ 30 autour d’eux, ce qui donnera une stalle conique, de 3m 33 de long sur lro 32 de largeur à un bout, et sur 1” 22 à l’autre. L’économie d’espace fournie par une stalle de cette nature, comparée à celle qui résulte du parallélogramme, sera de I m 67 de superficie ou d’un huitième sur le tout.
Le rayon intérieur du bâtiment circulaire qui conviendrait à cet arrangement, serait de 16m 47, comme dans la figure 8; par conséquent, les étables et écuries d’une ferme pourraient recevoir cette forme aussi facilement que celle du parallélogramme/ et il y aurait évidemment économie d'espace. Dans une écurie de 12 chevaux ou dans une étable pour 12 vaches, l’espace gagné serait de 20“ 13. S’il veut établir dans une ferme l’écurie à forme curviligne, l’architecte ou constructeur saura que le rayon du cercle intérieur, pour les animaux de taille ordinaire, sera de 16m 47. Le rayon qu’il faudra adopter pour loger convenablement le mouton ou le porc , sera de 4" 57 , comme dans la figure 6 ; le développement de ce rayon est donné dans la ligure.
Nous n’attachons pas à ces principes une importance exclusive; nous croyons cependant devoir les exposer, parce
que nous avons résolu d'indiquer dans cet ouvrage toutes les ameliorations qui ont clé ou qui peuvent être introduites dans les différents systèmes de stabulation.
Nous allons maintenant faire connaître les modes de construction les plus usités pour le logement du bétail.
Ecurie. — Le cheval étant un animal d'une organisation toute exceptionnelle, demande plus de soins et de ménagements que tout autre quadrupède domestique. Les portes et les fenêtres seront au sud-est, c’est-à-dire au meilleur aspect, et placées le plus haut possible, afin d’éviter les courants d’air; toutefois, l’exposition du nord est bonne pendant l’été. Pendant l’hiver, l’exposition du midi est préférable. En plaçant des ouvertures à ces deux expositions, on obtiendra ce double avantage ; et si ces ouvertures sont incommodes ou offrent quelque inconvénient , on peut fermer l’un des côtés à l'aide de volets. Le moyen que nous indiquons permet d’éclairer, de ventiler les écuries et d’y entretenir un air salubre. L’écurie sera construite sur un terrain très-sec; s'il n’était pas tel , il faudrait exhausser le sol au moyen d'un plancher creux ou par tout autre procédé artificiel.
Une écurie plus basse que le niveau du sol, est presque toujours humide et malsaine. Sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, l’ammoniaque que contiennent les litières se dégage avec activité. Toute aire d'écurie doit être imperméable, afin qu’elle n'absorbe pas les urines et autres déjections. Dans quelques localités , on a l'habitude d'établir le pavement des écuries comme celui d’une aire de grange ; cette méthode est bonne pour les pieds des chevaux , mais alors il faut donner au pavement une pente d’environ 0m 03 par mètre.
Toute écurie doit être grande, fraîche, facile à ventiler, car le cheval transpire beaucoup ; il aspire aussi une grande quantité d'air, qui est vicié en sortant de ses poumons , ce qui altère d'une manière très-sensible les qualités atmosphériques de l’écurie. La quantité cube d’air nécessaire à un cheval, est de 25 à 30 mètres. On accordera à chaque cheval un espace de 7 mètres superficiels, soit I™ 7b de largeur,
4m 00 (le longueur, et 4m 00 de hauteur; en tout 28 mètres cubes.
Le meilleur procédé de ventilation, en hiver, consiste à employer des tuyaux ou tubes de 0m 30 à 1“ 00 d'ouverture, suivant l’importance de l’écurie et le nombre de chevaux qu’elle contient (I). Ces tubes traversent le plancher cl aboutissent au sommet du toit ; le haut du tuyau est disposé de façon que la pluie n’y puisse pénétrer. L’ouverture intérieure de ces tubes devra recevoir des volets à coulisses, afin qu’on puisse régler la ventilation. Dans l’été, on parvient aisément à ce but avec des fenêtres vitrées et des stores ou châssis de fer recouverts de canevas.
On croyait autrefois que l'obscurité était très-favorable aux chevaux ; c’est une erreur. La lumière doit être pure alissi bien que l’air. En sortant d’une écurie sombre, les chevaux s’efTraient lorsqu'ils aperçoivent brusquement la lumière. Il est essentiel, d’ailleurs, qu’une écurie soit assez éclairée pour que le pansement et le nettoyage puissent se faire commodément.
L’obscurité est très-nuisible aux yeux des animaux ; c’est pourquoi dans les campagnes , où l'on a encore l’habitude de ne pas éclairer les écuries, on trouve bon nombre de chevaux qui sont aveugles ou borgnes.
Le pavement ou plancher de l’écurie, dans la partie qui borde la crèche ou mangeoire , devra être de niveau sur une largeur de 0™ 80 ; lorsqu’il y a pente en cet endroit, le cheval est fatigué par les efforts qu’il est obligé de faire pour se maintenir en équilibre.
Les urines descendront dans un égout longitudinal , situé derrière les chevaux; chaque compartiment se terminera par un grillage qui facilitera leur écoulement et le nettoyage de l'égoùt. Si le sol sur lequel repose le cheval est en briques,
(I) Ce moyen a été employé avec succès dans les écuries du roi des Belges; il en a fait disparaître aussitôt toutes les vapeurs et odeurs ammoniacales. ■ — Nous avons employé le même système dans les vacheries que nous avons construites dans le domaine d'Oslin (Belgique, province de Namur).
on établit un caniveau qui s'embranche dans le conduit principal. Si le cheval repose sur un plancher, les madriers seront percés de trous ; si le sol est composé de solivaux , on laissera entre chacun d’eux une distance d'un à deux centimètres. Ce système de stabulation est excellent, en ce que les chevaux ont une litière plus fraiche et une surface plus égale pour se coucher. Il serait beaucoup plus répandu s'il n'entrainail pas une assez forte dépense, et s'il n’avait pas l'inconvénient, lorsque les chevaux frappent du pied, de produire plus de bruit qu’un pavement ordinaire. Les madriers ou soliveaux , dans les écuries bien tenues , sont levés de temps en temps pour aérer et nettoyer le pavement qu’ils recouvrent.
L'égoùt des écuries doit être en communication avec la citerne à engrais liquide ; cet égout et le grillage empêchent l’évaporation des urines dans l’écurie, et permettent a l’acide ammoniacal de pénétrer jusqu'à la citerne à engrais ; ce canal doit être pavé cl cimenté.
Afin d’empêcher l'ammoniaque de séjourner dans l’écurie, tout ce que le cheval laisse tomber doit cire enlevé sur-lechamp ; dans tous les cas, la litière sera changée tous les jours. Quelques fermiers sont dans l’usage de ne nettoyer leurs écuries qu'une ou deux fois par semaine ; c'est une habitude condamnable sous tous les rapports ; car les exhalaisons produites par l’accumulation des matières infectes , causent de sérieuses maladies aux pieds et aux jambes des animaux. La litière d’une écurie devra toujours être sèche et propre ; et celle qui est souillée sera transportée aussitôt dans le trou à fumier.
Quelques agriculteurs ont conseillé de ne pas laisser de litière sous le cheval pendant le jour; quoique cela puisse conserver scs fers et même scs pieds, il peut en résulter aussi de graves enllures aux talons.
On est dans l'usage de placer le grenier à fourrages audessus des chevaux ; cette méthode est vicieuse, si le grenier n’est pas planchéié avec soin , et si la partie inférieure des gites n'est pas lalléc cl recouverte d’un enduit au mortier.
de manière que la poussière ne puisse descendre sur le cheval, el que le gaz ammoniacal ne puisse arriver jusqu’au foin. Nous conseillons à ceux qui possèdent des écuries où ce plafond n’existe pas, de disposer la partie qui se trouve immédiatement au-dessus de la tète du cheval, de façon à garantir scs yeux de l'inconvénient de la poussière.
Des râteliers droits sont préférables à des râteliers inclinés, parce que le cheval, en tirant le foin, n’est point aussi exposé à recevoir de la poussière dans les yeux.
Si l’on construit des stalles, elles ne devront jamais avoir moins de 1" 75 de largeur, et au moins 2" 45 de longueur, afin d’empêcher les animaux de se donner des coups de pieds.
Nous avons exposé les principes que nous considérons comme indispensables pour la santé et la prolongation de la vie du cheval ; nous allons maintenant en donner l’application.
Les écuries d’une ferme doivent avoir au moins 4m 90 de largeur d’un mur à l’autre. Les murs auront 3“ 50 de hauteur ; il n’y aura ni plafond ni étage supérieur ; l’espace accordé aux chevaux n’aura pas moins de 1” 55 en largeur, qu’ils soient séparés ou non. On a remarqué que quand les chevaux sont assez rapprochés, ils ne se touchent pas aussi souvent que lorsqu’ils ont un espace plus ample ; on a remarqué aussi que ceux qui sont attachés dans des stalles, se couchent moins souvent que ceux qui sont en liberté dans des compartiments séparés.
Quand on considère jusqu'à quel point la santé du cheval dépend de la longueur du repos qu’il prend dans la position verticale ; quand on songe combien les chevaux sont sujets à l’enflure des pieds et des jambes, on ne peut s’empêcher d’être d’avis qu’il faut les loger séparément, et même les empêcher de se voir l’un l’autre. Du reste cette coutume est adoptée dans presque tous les haras ; dans celui qui existe près de Nancy, il y a des rangées entières de boxes distinctes pour les juments et les poulains, avec un passage derrière pour le service.
Cos cellules, d'environ 4'" 50 earrés, sont séparées par des cloisons en madriers de 3m 00 de hauteur ; ces madriers, épais de 0™ 04, sont assemblés à tenon, avec rainures et languettes; une porte est percée dans le centre du panneau pour livrer passage au cheval. Le corridor de service a 1" 80 de largeur.
Il est bien entendu que ces dimensions sont trop grandes pour des stalles de fermes; elles conviennent pour une jument et son poulain.
Comme les chevaux de labour fatiguent beaucoup plus leurs jambes et leurs pieds que ceux qu’on emploie à d’autres usages, le meilleur moyen de parer à ce grave inconvénient, est de les obliger ù prendre le plus de repos possible dans une position horizontale.
Que l’écurie soit composée de stalles ou de compartiments séparés, il est à propos de ménager un passage entre les stalles et le mur; ce passage sera pavé et tenu avec une grande propreté, comme tout ce qui se trouve près du cheval. Dans le mur on ouvrira une ou deux fenêtres , selon l’importance de l’écurie; chacune d’elles aura deux châssis vitrés, glissant l’un sur l’autre, et sera pourvue de volets ou planchettes mobiles.
Au-dessous des fenêtres, ou aux extrémités du passage, on pourra placer les caisses à avoine ; une armoire, à rayons, établie dans un des angles, contiendra les ustensiles qui scrventau pansement du cheval. Le harnais journalier de chaque cheval sera suspendu au mur.
Nous avons condamné les greniers à fourrage situés audessus de l’écurie ; on y suppléera en déposant dans une ou deux divisions de l’écurie, en face de la porte d’entrée, la nourriture nécessaire pour la journée.
Quant aux portes, elles auront toujours de !m 10 à lm 30 de largeur, sur 2m 15 de hauteur, et jamais de loquet ou de cliché qui fasse saillie au-dchors ou en-dedans ; cela est gênant et peut quelquefois blesser l'animal lorsqu’il sort ou lorsqu’il entre. Une porte extérieure , à claire-voie , est indispensable si l’on veut que l’air circule librement, et que les poules ne puissent pénétrer dans l’écurie.
Les râteliers sont souvent en fer battu, et les mangeoires en pierre, en bois ou en fonte de fer ; ce système offre plus de solidité et d’éeonomie que celui des râteliers en bois ; il n'a pas d'ailleurs les mêmes inconvénients que ces derniers.
ÉMUn.
Les bêtes à cornes sont d’une constitution plus robuste que le cheval et demandent moins de soins. Kllcs supportent beaucoup mieux le froid en hiver et la chaleur en été ; leurs habitations n’exigent pas autant de précautions, soit pour l’espace, soit pour la ventilation. Il n'est pas de cheval qui puisse rester dans sa stalle pendant des mois entiers, sans prendre de l'exercice en plein air; sa santé serait bientôt compromise.
Toutefois on ne doit pas conclure de ce qui précède qu'on ne puisse introduire de grandes et utiles améliorations dans les constructions destinées aux bêtes bovines, et que l’exercice au-dehors, avec une certaine liberté, n'ajoute beaucoup à la qualité de la viande, ainsi qu'aux produits de la laiterie.
Ce qui distingue une écurie d'une étable, c'est, dans celle-ci, l’égoût ouvert qui se trouve derrière l'animal. Cet égout est indispensable à cause de la nature du fumier, qui est plus liquide que celui du cheval. Lorsqu'on établit le pavé d’une étable, il faut avoir soin de placer l’égoùt à une certaine distance des pieds de derrière de l'animal (I). Il aura 0” 30 de largeur, et 0m 08 à 0m 10 de profondeur; les côtés en sont ordinairement perpendiculaires ; le fond est semi-circulaire ou semi-ovale, mais cette dernière forme est la moins convenable. Quelle qu'elle soit, du reste, le grattoir dont on se sert pour nettoyer l’égoût, doit avoir une lame de forme identique.
Dans quelques étables du nord de l’Angleterre , il n’y a point de gouttière, mais le pavement est légèrement incliné vers la porte; là se trouve, dans un coin, une trappe qui communique avec la citerne à engrais.
(t) En Hollande, celle distance n’est jamais moindre de 0ra 13, ni au-dessus de 0- 30.
Les étables qui sont spécialement destinées aux vaches laitières doivent être construites avec plus de soin que celles qui servent d'habitation au bétail ordinaire; il faut qu'elles soient convenablement éclairées , ventilées et toujours trèspropres.
Dans les fermes ordinaires, les vaches n’occupent pas des stalles séparées, excepté dans le eas de maladie ou de vêlage.
Dans les pays où il est d'usage de laisser les bestiaux constamment dans les pâturages, on leur construit de simples hangars où ils se réfugient, pour se soustraire aux intempéries des saisons, et où ils mangent le fourrage sec qu’on leur donne pendant l'hiver.
L'entretien des vaches laitières et des bœufs destinés à l'engraissement exige des étables d’une étendue proportionnée à la consommation d'air qui leur est nécessaire.
La largeur d'une étable, dans ce cas, doit être de 4ra 50, y compris la crèche et le passage ; l’espace accordé à chaque vache ne doit pas être moindre de 1"' 50, et si les vaches ne sortent pas, de 1” 75. La différence de longueur de leurs extrémités, comparées avec celles du cheval, ainsi que leur position lorsqu'elles sont couchées, ont démontré que ces mesures sont suffisantes. L'espace compris entre la mangeoire et la rigole plaeée derrière la vache doit être de 2“ 45 à 2ra 75.
La hauteur du plafond sera de 3m 25 à 3” 50 au-dessus du niveau du sol. Cette élévation suffit d'autant plus que les bêtes bovines souffrent moins que les chevaux de la chaleur de l'étable et de l'altération de l’air.
Les étables sont simples ou doubles, selon quelles sont disposées sur un ou plusieurs rangs. La longueur des râteliers et mangeoires est de I” 50 pour le bœuf, de lm 30 pour la vache, de 0m 75 pour le veau. Les bœufs à l’engrais et les vaches-mères sont isolés. On donnera à celles-ci 1"’75, comme aux vaches laitières tenues à l'étable.
Une étable à simple rang aura 4" 50 de largeur; l’étable double, de 7"’ 50 à 8™. La mangeoire en fer, en bois, en pierre • ou en briques cimentées, sera placée à 0ni 45 du sol, à la hauteur des genoux de la vache, et pourra avoir 0m 45 â 0m 50
de largeur, et 0" 30 de profondeur. On fera bien de la diviser en trois parties, afin de pouvoir mettre le manger sec d'un côté, les aliments mouillés de l’autre, et l’eau au milieu. Lorsque les vaches ne sont pas séparées par des stalles, on établit une séparation de deux à deux, et cette séparation s'étend jusqu'auprès de la rigole.
Un passage de 0m 93 sera établi derrière les vaches; au bout de ce passage se trouvera une porte pour leur entrée et leur sortie. Le fourrage destiné à la nourriture des vaches sera mis dans une stalle vide, et, s'il n'y en a pas, dans un endroit bien aéré, situé près de la porte.
Dans les étables comme dans les écuries, il faut des fenêtres et des tubes passant par le toit, afin de favoriser la ventilation. L’emplacement occupé par la vache doit être parfaitement de niveau ; il a été démontré que lorsqu’il y a pente vers la rigole, les vaches avortent plus souvent; pour la même raison, la mangeoire ne doit jamais avoir plus de 0ra 43 de hauteur.
Les fermiers de la Normandie tiennent tellement à cette disposition, que non-seulement les râteliers et les mangeoires sont placés très-bas, mais encore qu'ils attachent leurs vaches, quand elles sortent, avec une bride appelée bricole normande; cette bride les empêche de relever la tète et d’atteindre aux branches des arbres.
Dans une étable bien conditionnée, une galerie règne derrière les mangeoires et à la même hauteur que celles-ci ; celte galerie fournit un passage pour le service , et permet de circuler facilement et en toute sécurité avec la brouette chargée de cuvées.
L'étable à veaux ne sera jamais trop éloignée de celle des vaches; elle n'en sera pas non plus assez rapprochée pour que celles-ci puissent les entendre , parce que les cris des veaux les troublent et les empêchent souvent de manger. Les veaux doivent être placés dans des stalles ; un espace de 2m 43 leur suffira ; l’essentiel est qu'ils soient tenus très-proprement.
Les étables à bœufs sont disposées comme les étables à vaches, mais un peu plus élevées, ('.elle élévation peut être
portée à 4 mètres. Ces étables doivent contenir un volume d’air de 24 mètres cubes par tète de gros bétail ; il y aura aussi une place pour le gardien, pour lesjougs cl les harnais. Cette place équivaut à deux fois celle qu'exige une tète de bétail.
R*«iinae de ee qui a été dit Mur lr« Érurlew et 1er élaltict.
Convient-il de construire des étables longitudinales , ou des étables transversales ?
Celte question n’a d’importance que pour les contrées où l'on entretient un grand nombre de bètes à cornes.
Les étables longitudinales, où sont rangés sur une même ligne les bœufs de trait, les bœufs destinés à l’engraissement, ainsi que les vaches laitières, ont l’inconvénient de rendre trèsdiflicilc le service de la distribution des fourrages, car pour ces différentes catégories l'heure des repas n’est pas toujours la même; ainsi les bœufs de trait sont souvent affouragés trois fois dans la journée , les bœufs à l’engrais quatre fois ; et les vaches laitières seulement deux fois (Voyez ligure 1 , planche XIII).
Parfois la disposition des bâtiments ne permet pas de modifier la disposition intérieure des étables, et cependant dans les étables longitudinales on ne devrait mettre sur une même ligne que les bœufs de trait ou les vaches laitières. On comprend qu'en agissant autrement on dérange les animaux, on les trouble lorsque l’heure des repas n’est pas commune.
Les étables transversales permettent de distribuer les fourrages et de répartir les rations aux heures qui conviennent à chaque espèce.
Dans les fermes destinées à l’engraissement et à la vente, on change souvent de bétail ; il augmente ou il décroit en nombre, selon les époques de vente, ou lorsqu'une partie du bétail reste au pâturage. Dans ce cas il faut préférer les étables transversales, car lorsque le bétail diminue dans les étables longitudinales, il sc forme des vides qui rendent l’atmosphère trop froide pour les animaux qui y restent. Cet
inconvénient n'a pas lieu pour les étables transversales, car on peut toujours y maintenir la même température; on y trouve encore l’avantage de pouvoir isoler les animaux en cas de maladie. Si un incendie vient à se déclarer, les animaux sont moins effrayés, cl, au moyen des portes multipliées, on peut en sauver une plus grande partie.
La stabulation est commode dans les écuries transversales où l’on peut faire en tout temps les changements nécessaires au bien-être des animaux. Pour les bêles à l'engrais, on se contentera d’établir derrière elles un passage de service; mais pour la distribution des fourrages et des légumes cuits aux bêles de trait, aux vaches laitières et à leurs produits, ce passage sera du côté de la tète.
Dans une étable transversale on peut donner aux canivaux plus d'espace que dans une étable longitudinale, car chacune d’elles ne renfermera jamais que deux rangs. Et si le bâtiment est plus grand, il y a moins d’espace à parcourir pour le service; le bâtiment est aussi plus solide à cause des murs de refend qui s’y trouvent , et les frais de construction ne sont pas plus considérables. Mais , en regard de tous ces avantages , il est juste de faire observer que les divers passages ménagés pour le service absorbent un espace plus grand, et que le nombre des portes est aussi plus considérable.
De ces deux systèmes, il parait que celui des étables transversales est le plus avantageux, et cependant on construit plus d'étables longitudinales, parce que, sans doute, elles sont plus agréables â l’œil.
Quoique les principes que nous avons posés pour la construction des écuries et des étables, soient simples et d’une application facile, ils semblent encore inconnus dans beaucoup de contrées. La plupart des écuries n'y sont pas assez élevées et n’ont pas assez de largeur; l’air ne peut donc s’y renouveler, et les animaux ne peuvent prospérer dans une atmosphère humide et fétide. Nous avons remarqué bien des fois que les fourrages placés immédiatement au-dessus des écuries, n’étaient séparés de celles-ci que par quelques mau-
vaises perches jetées en travers des poutres. Il résulte de là que la poussière tombe sur le bétail, que ces écuries sont malpropres, et que les fourrages s'imprégnent des émanations ammoniacales du fumier qu'on y laisse séjourner. S> encore on avait la précaution de placer sur ces mauvais bois qui servent de plafond à l’écurie, de fortes claies en osier ou en bois de noisetier, on éviterait les accidents; et en étendant sur ces claies une forte couche de paille , on ne risquerait plus d'avoir des fourrages saturés de miasmes.
Quoi qu'il en soit, ce système est vicieux, et un incendie se propage avec une rapidité effrayante dans des établissements de celte espèce.
Pour assainir les écuries, il n’y a, le plus souvent, rien à changer dans la disposition principale : il ne s'agit que d'aérer ; mais les procédés d'aération sont encore dans l’enfance en beaucoup de contrées, et c'est ce qui prive souvent les agriculteurs d’avantages précieux qu'ils obtiendraient sans beaucoup de dépense.
Si l'on pèche dans certains établissements agricoles par le peu d’espace accordé aux écuries, il en est d’autres où le contraire a lieu. Les deux systèmes sont nuisibles aux animaux. Car si l'on donne aux écuries plus de 4 mètres d'élévation, et qu’elles soient percées en toute saison de grandes ouvertures qui très-souvent ferment mal, il s’y établit des courants d'air qui exposent les chevaux rentrant du travail à un refroidissement qui leur est très-préjudiciable.
Le bétail , soutien de l'agriculture , doit être , ainsi que l'homme , logé commodément ; car ce sont les animaux qui prennent la plus rude part du travail des champs. Si le froid ou la chaleur les importune, ils ne peuvent proliter du repos qui leur est nécessaire ; ils soulTrent sans se plaindre. Le seul indice qui puisse faire reconnaître le malaise qu'ils éprouvent, est la diminution de leur appétit, de leurs forces et de leur embonpoint, ce qui est plus grave qu'on ne sc l'imagine, surtout chez le bétail destiné à l'alimentation de la boucherie, car alors la diminution du produit, jointe à l'augmentation des frais de production, devient onéreuse pour l'éleveur.
L'engraissement d'un bétail quelconque a marché convenablement si le minimum de sa duree correspond exactement avec le maximum du produit; pour cela, il faut que le bétail soit placé dans de bonnes conditions de stabulation et d'alimentation, et qu'il éprouve un bien-être non interrompu.
La perfection dans un établissement destiné à l'élève du bétail, ne dépend pas seulement de la dépense qu'on y fait; il faut encore que l’intelligence nous vienne en aide pour le bien diriger. Les grandes améliorations n'auront lieu que lorsque chacun sera convaincu quelles sont moins dispendieuses que ce qui se pratique habituellement. Par les immenses avantages qu’elles procurent, elles méritent d’ètre prises en considération toutes les fois qu'il s'agit d'établir une construction nouvelle.
Dans la plupart des fermes françaises, la hauteur des écuries est de 3“ 00 , mesurés de la partie antérieure de la crèche ; leur largeur est de 5m 00 à 5m 30. Le pavage , en grès de troisième échantillon, repose sur du gravier ou sur une couche de sable de 0" 10 d’épaisseur. Lorsque la chaux hydraulique n’est pas d’un prix trop élevé, il est préférable de poser le pavé dans un bain de mortier.
La pente sur la largeur totale est de 0™ 08 , ce qui équivaut à 0” 002 par mètre ; cette pente se prolonge jusqu’à la rigole placée derrière les chevaux. Pour que les râteliers verticaux soient avantageux, il faut qu’ils aient une saillie suffisante, c'est-à-dire, 0m 15, ou qu’ils soient établis en retraite derrière chaque mangeoire. Si cette retraite n’est pas prise dans le mur, on peut l’obtenir en avançant la mangeoire, ainsi que la plaque de granit qui la surmonte et que l'on nomme miroir, de 0™ 10 environ. On ménage une ouverture derrière le miroir, afin que la poussière du fourrage placé dans le râtelier puisse glisser derrière la crèche.
Dans beaucoup de localités, les propriétaires ont encore l’habitude de placer les râteliers sous un angle qui varie de 0m 30 à 0m 35. Ces râteliers occupent un espace moindre que les râteliers verticaux, dont la saillie est de 0"“ 15.
Les croisées, dans une écurie simple, doivent faire face
aux mangeoires ; on en établit des deux côtés lorsque l'éeurie est à double rang, mais alors elles sont placées le plus haut possible, afin que les courants d'air n'agissent pas directement sur les chevaux.
Comme nous l'avons dit, le meilleur moyen de renouveler l’air en toute saison et d’cviter une température trop haute, qui fatigue les chevaux , est d'établir dans le plafond de l'écurie, et du côté des râteliers, des tubes en bois de 0m 22 à 0" 25 d’ouverture , qui correspondent avec des ventilateurs placés au côté opposé , et au niveau du sol de l’éeurie. Ces ventilateurs n'auront pas plus de 0m 0G à 0m 10 d’ouverture; ils seront garnis d’un grillage en lit de fer, afin d'empêcher l'introduction des animaux nuisibles. Les tubes dont il s'agit peuvent être éloignés l’un de l’autre de 3 à 5 mètres; du reste , leur nombre variera suivant la ventilation qu’on désire avoir; ils seront aussi munis d'un registre qui permette de les ouvrir et de les fermer à volonté.
Dans les étables des environs de Paris , les râteliers sont considérés comme superflus, parce que le bétail prend sa nourriture presque exclusivement dans les mangeoires, cette nourriture n'étant composée que de farineux et de légumes cuits. Il faut alors que les mangeoires soient séparées les unes des autres et qu'elles aient un développement plus grand; on leur donne, dans ce cas, 0m 48 à 0™ 50 dans la partie supérieure, et O™ 40 à 0m 43 dans la partie inférieure.
Nous avons énuméré les principaux avantages des systèmes nouveaux de. stabulation ; il ne nous reste plus qu’à conseiller aux cultivateurs d’adopter sans hésitation ces procédés qui leur permettront d’aérer convenablement leurs écuries et leurs étables dont la disposition est si souvent pernicieuse pour la santé du bétail.
De l'enn nfrriuirr A une exploitation agricole.
L’eau est un des besoins les plus impérieux d’une exploitation rurale. Elle doit être toujours à la disposition du cul-
tivateur, abondante et de bonne qualité. Si elle n'est pas suffisante, ou si elle vient à manquer, cela peut amener une dépréciation dans la valeur du domaine, et forcer l'exploitant à l'adoption de certaines combinaisons moins avantageuses que celles qu'il avait en vue en entrant dans la ferme.
La dérivation d'une eau courante est ordinairement le meilleur moyen qu’on puisse employer pour se procurer l'eau nécessaire aux besoins domestiques et à l'usage du bétail. Si cette eau est dégagée de toute partie terreuse et malsaine, elle est préférable aux eaux souterraines qui, à cause des dissolutions qu’elles contiennent, sont habituellement crues et indigestes ; de plus , la température de l’eau a de l'importance pour l’abreuvage du bétail. Il faut donc, avant de chercher à se procurer des eaux souterraines, essayer d’avoir de l’eau courante.
Si l'eau est abondante dans les vallées, elle manque le plus souvent sur les plateaux élevés et de formation calcaire. Il est des localités où l’on est obligé d'aller chercher l’eau à quelques kilomètres de distance et d’avoir des attelages uniquement occupés à ce service. Ce trajet, répété aussi fréquemment que l’exigent les usages journaliers, ne laisse pas que d’étre assez onéreux, soit qu’on ait à transporter un volume d'eau considérable, soit qu'on laisse sortir les bestiaux pour aller s'abreuver au loin, quelque temps qu'il fasse.
L'abreuvage d'un nombreux bétail n’est possible qu'au moyen de grandes marcs qui sc remplissent soit par les eaux qui tombent en de certaines saisons , soit par les abreuvoirs partiels et les citernes. Ce mode d'abreuvage, qui rafraîchit le bétail, lui est profitable pendant l'été. Aussi toutes les fois qu’on pourra se procurer des eaux de bonne qualité, et en quantité suffisante, il ne faudra pas négliger d’établir un abreuvoir de dimension appropriée aux besoins de la ferme. Les eaux alimentaires peuvent provenir soit d'une source, soit de la dérivation d'une eau courante, soit d'un sondage.
Les réservoirs en maçonnerie sont ou à ciel ouvert ou souterrains; à ciel ouvert, ils doivent être d’une capacité telle qu’elle puisse contenir assez d’eau pour abreuver le
bétail pendant une partie de l'année, ce qui ne peut avoir lieu que dans un très-petit nombre de cas. En effet, pour peu que le bétail soit nombreux, la consommation journalière dépasse bien vite le produit moyen des eaux pluviales tombant sur des toitures d'une étendue ordinaire; si ces réservoirs sont couverts, ils forment alors des citernes dont le nombre doit-èlre fixé d'après l'importance des toitures et la quantité approximative d'eau qui tombe annuellement, en tenant compte de l'évaporation, de l'absorption, des pertes, des filtrations, etc.
L’établissement des chameaux, des gouttières et des tuyaux de descente destinés à recevoir ces eaux entraînera une certaine dépense première. Ce travail sera fait avec soin; les pentes seront régulières, et les matériaux d'un bon choix, car ces circonstances influent beaucoup sur les frais d’entretien qu’elles occasionneront plus tard.
Lorsqu'on construit les bâtiments d'exploitation d’une ferme, il est de la plus haute importance de ne jamais les placer à une distance trop grande d'un cours d'eau potable, car les mares et les citernes , exclusivement alimentées par les eaux pluviales, ne doivent être considérées que comme des auxiliaires utiles, et dans les années de grande sécheresse , on pourrait se trouver exposé à des extrémités fâcheuses.
Le remplissage des réservoirs au moyen de l’eau des citernes nécessite l'emploi d’une pompe ou d’une autre machine analogue , et par conséquent une main-d’œuvre assez coûteuse. Il faut encore veiller à ce que l’eau soit déposée dans les auges une heure au moins avant que le bétail vienne s’y abreuver ; sans cela l’eau serait trop froide, surtout pour les animaux qui quittent le travail.
Une citerne pour l'usage de 8 personnes, S chevaux, 8 bœufs, 100 moulons et 10 porcs, ne devra pas contenir moins de 30 mètres cubes, dans la prévision que l’eau pourra en être renouvelée tous les deux mois. Pour l’approvisionnement d’une citerne semblable , il faut que les bâtiments présentent un développement de 100” de longueur sur 8" 00 de largeur, soit 800 mètres carrés.
Lorsqu'un puits ne fournit pas assez d’eau , ou qu’il est exposé à se tarir, il est fort utile, lorsqu’on est obligé d'aller chercher l’eau à une distance quelconque, de savoir calculer approximativement la quantité d’eau qui peut être nécessaire.
Le bétail consomme moins d’eau par un temps humide et froid que par un temps sec et ehaud , moins en hiver qu’en été, moins quand il se repose que quand il est en mouvement, moins quand il est jeune que lorsqu’il est plus âgé, moins avec des fourrages secs qu’avec des fourrages verts ou aqueux. Notons encore que ces dernières contiennent des sucs humides qui dispensent souvent d’abreuver le bétail. Les vaches laitières boivent plus que celles qui ne produisent pas de lait.
De tous nos animaux domestiques, le mouton est celui qui exige, pour sa subsistance, la moins grande quantité d’eau. Il est constant que les bestiaux qui mangent du sel consomment plus d'eau que les autres. Du reste, les différentes espèces d'animaux domestiques présentent, sous le rapport de la consommation des liquides, des dissemblances bien tranchées. On peut calculer d'une manière assez exacte la quantité d'eau dont on a besoin, en réduisant en substance sèche le poids de la nourriture consommée, et en tenant compte des influences que nous avons indiquées.
Les expériences suivantes ont été faites à Schleishein , en Allemagne :
Dans des pâturages secs , où l'herbe contient encore 75/100 d’eau végétale, les hèles à cornes absorbent, en liquide , à peu près la moitié du poids équivalent au foin qu’elles ont mangé, line bêle à cornes, par exemple, qui consomme 40 kilog. d’herbe, recevra en équivalent de foin réduit à l'état sec, 10 kilog.; en eau de végétation, 30 kilog.; elle boira, en outre, 5 litres d’eau, ce qui donne un poids total de 33 kilog. La substance sèche est ici à l'eau comme 10 à 35 ou comme 1 à 3/3. Les bêtes à laine, qui boivent généralement moins, pourront se passer d’eau dans ces pâturages, ou du moins n’en consommer qu’une très-petite quantité.
Il faut, aux vaches qui ne sortent pas de l'étable, 2 kilog. 92/100, eu été, pour un kilog. de foin; — aux bœufs de trait, en hiver, 2 kilog. 24/100, et en été, 2 kilog. 31/100 d’eau, pour un kilog. de substance sèche; — aux chevaux de travail, en hiver, 1 kilog. 5-i/IOO, et en été, 1 kilog. 92/100, pour un kilog. de substance sèche; — aux bétes à laine, en hiver, 1 kilog. 38/100, et en été, 2 kilog. Pendant l'iriver, les jours où l'on distribue du sel, 1 kilog. 06/100 ; — aux porcs, en hiver, 4 kilog., et en été, 9 kilog., pour un kilog. de substance sèche.
Lorsqu'une exploitation agricole renferme des industries accessoires, comme brasserie, distillerie, féculerie, etc., on doit pouvoir disposer non-seulement d'une grande quantité d'eau, mais encore d’une, eau de bonne qualité, car il y a des eaux qui ne sont pas bonnes comme boissons, celles, par exemple, qui contiennent de la magnésie ou du calcaire.
L'abondance de l'eau donne la facilité, lorsqu'on peut les élever à une hauteur convenable, de faire des irrigations et des améliorations foncières qui augmentent la valeur de la propriété. Le fermier est toujours récompensé des dépenses qu’il a faites pour rechercher des sources et pour en diriger les eaux au moyen de conduits en bois, en fonte de fer, ou de drains en terre cuite. Ce n’est que quand ces sources font défaut que l'on creuse des puits ouverts ou des puits artésiens.
IWaloon «Thnhltntion pour unr petite Ferme.
Le plan que nous donnons de celte habitation, nous semble le plus complet et le plus économique pour une contrée où l’on se sert de bois de construction de dimension moyenne. Dans le projet que nous présentons, planches XIV, XV et XVI, les pièces de bois les plus longues n’ont que 7m 50 sur 0™ 18 d’équarrissage ; les pièces secondaires, 4“ 00, sur un équarrissage de 0m 10 carrés.
Le remplissage des panneaux peut se faire en lattis , recouvert d'argile. Les parties intérieures sont revêtues d'un
enduit au plâtre ou au mortier ordinaire. Notre dessin suppose que cette construction est située dans un pays où les briques sont de bonne qualité et d’un prix moyen.
Au rcz-dc-chaussée de l'habitation, ligure 3, se trouvent une. cuisine, 1 , — un parloir, 2, — et des chambres à coucher pour le fermier et sa famille , 3. Ces différentes pièces ont des cheminées ou des ouvertures pour y placer des poêles ; la disposition que nous leur avons donnée ne nécessite qu'un seul tuyau placé au centre de l'habitation. Cette disposition, qui est très-usitée en Allemagne, est excellente et devrait être adoptée dans nos contrées, car elle est peu coûteuse , les cheminées ne tiennent que peu de place, et l'on n'a qu'un seul tuyau qui traverse le toit.
Si l'on adopte cette combinaison, il faut avoir soin que les différentes ouvertures qui aboutissent au tuyau central , ne soient pas placées les unes en face des autres. A défaut de celte précaution, la fumée pourrait s'introduire dans les pièces contiguës; il faut donc établir ecs ouvertures à des hauteurs différentes.
Dans les bas-côtés de l'habitation , se trouvent la laiterie, 4, — la remise destinée aux outils de jardinage, 3, — le hangar pour le bois et les ustensiles de labour, 6, — une petite remise à charbon, 7, — et le water-closet, 8 ; — sous l’auvent, qui est assez saillant, est placé l'escalier qui conduit au rez-de-chaussée , 9 ; — escaliers conduisant aux souterrains, 10; — dégagement donnant accès aux deux pièces principales de l’habitation, 1 1 .
Dans les souterrains, planche XV, figure 4, sont établis : la buanderie, 1, — un fournil, 2 ; — (dans ce fournil est un poêle qui chauffe les pièces du rez-de-chaussée); — le four à cuire le pain, 3 ; — deux caves pour les racines et les provisions du ménage , 4.
Au-dessous du hangar on remarque la citerne à purin, 3, et les deux descentes de caves figurées au plan , 6. Le sol de cet étage est d'un mètre plus bas que le niveau du terrain environnant.
La ligure 7, planche XVI, donne le plan des greniers et le
dessus des toits des deux annexes. Comme on le voit, la cheminée qui se trouve au centre est divisée en autant de tuyaux qu'il y a de foyers dans l'habitation. Les coupes figures 8 et 9, planche XVI, prises sur les lignes EF et GH, indiquent les dispositions intérieures des différentes pièces.
La figure 5 de la planche XV donne la vue de la façade postérieure; elle est, comme on le voit, d’une très-grande simplicité.
Les figures I et 8 sont les deux élévations latérales de la même habitation ; l'une est prise sur la ligne AB et l'autre sur la ligne CD.
Cette habitation, simple et commode, n’exige, pas une grande dépense; elle pourrait être avantageusement construite dans les Ardennes, et nous la recommandons aux possesseurs de propriétés rurales.