‹ L'ardente chevauchéeChapitre 11 sur 24 · L^ÉBOULIS · texte numérisé non relu

L^ÉBOULIS

Les lourds rochers disjoints par l'étreinte des mines Eclaboussent de cris la route frémissante D'où le carrier paisible et fort suit l'éboulis. Mer que couvent les pins blessés et la résine, Sang fertile et profond, la terre des collines Ruisselle abondamment et semble une Bacchante Ecrasant le bonheur des grappes sur un lit. J'ai vu le cœur ouvert et frais de la montagne , L'argile et le soleil confondre leur lumière,

Les oliviers meurtris se tasser en tremblant, Le carrier revenir comme un vautour, la terre, Lasse enfin, s'apaiser sous l'ombre qui la gagne Devant les jardins clos vêtus d'amandiers blancs ; Et j'ai vu la route, chemineau infini, Juif-errante, passer et repasser immense Et j'ai vu l'éboulis aussi de ton silence Ouvrir ton âme blanche et m'y creuser un nid.

Faibles projets d'un cœur trop plein de ce qu'il aime I Jean Racine.

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