CHARITÉ
L'orgue de Barbarie incline des musiques... La misère en couleurs danse devant le soir Et, parmi l'abandon qu'il semble ne pas voir, Grimpe un lierre fané sur le vieux mur oblique.
La rue descend ; nul pas n'inquiète le trottoir ; Sous les auvents frileux somnolent les boutiques ; La musique n'a plus que le timide espoir •D'atteindre une croisée où des ombres s'appliquent.
Rien ne bouge... L'orgue qui moud encore un air
Sent l'usure, la toux, la fatigue, l'hiver,
Le vague cher tourment aux choses qui s'endeuillent
Et, comme il ne pleut pas la charité d'un sou, Devant le singe triste et l'orgue qui s'enroue. Le lierre laisse choir une petite feuille.