‹ L'ardente chevauchéeChapitre 7 sur 24 · L'ERMITAGE DE SAINT-JACQUES · texte numérisé non relu

L'ERMITAGE DE SAINT-JACQUES

A Mademoiselle M. -Th. Jouve.

Et nous sommes montés dans le cœur du matin Jusqu'au grand faîte clair de la montagne blanche, Et nous avons, dans la lumière en avalanche, Poussé le vieux battant de l'Ermitage hautain. César de Bus a salué, de ses images, Notre venue, notre silence et nos visages Penchés sous le regard fané des bois anciens. Et comme un peu d'amour à l'aftection qui passe. Les cuivres patines et les pierres très lasses Ont eu le geste ardent de leur passé païen.

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Nous avons tout connu : l'autel et la citerne

Et le bois de cyprès dans la petite cour

Et le mur bas, pointu, caillouteux qui le cerne

Et le midi du ciel dans le midi du jour !

Avec l'horizon clair nous avons fait des ganses :

Saint- Jacques, Saint-Didier, Luberon, la Durance

Se sont mêlés longtemps dans le parc de nos yeux.

Nous avons dévasté des routes éternelles,

Et, pèlerins émus qui retournent des cieux,

Nous traînons, après nous, l'ombre d'une chapelle.

LA FONTAINE MÉDIOIS

A Mario Meunier.

Les guirlandes de lierre autour du bassin vert Font une fête triste aux jeux d'or de l'automne Que Galathée, dans le bruit d'eau qui la couronne, Regarde de ses yeux déjà cernés d'hiver.

Mais les bras nus d'Acis sont toujours grands ouverts Le rocher, que les mains du géant emprisonnent, N'a pas enseveli l'amour qui s'environne De l'abri coutumier du jardin et de l'air.

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J'ai, comme ces amants de pierre et de légende, Une ombre sur moi-même et qui se fait plus grande Chaque fois que s'approche une rose à mon cœur.

Je suis inquiet dans ma tendresse et dans mon âme Et j'ai peur non pour moi, mais bien pour cette femme Dont la vie m'est plus chère encor que mon bonheur.

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