‹ L'ardente chevauchéeChapitre 8 sur 24 · LE TILLEUL · texte numérisé non relu

LE TILLEUL

Les mains au bout des bras blancs

Cueillent les fleurs du tilleul;

Il fait soleil dans l'arbre

Et l'on dirait que les bras nus comme des marbres

Soutiennent le poids indolent

De l'air blond dans le blond tilleul.

Je n'oublie pas les cheveux d or Qui gonflent dans la corbeille,

~ ÎIO —

La corbeille d'osier mort

Dans laquelle mes doigts vont comme des abeilles.

Je n'oablie pas les cheveux d'or

Qui me parfument

Ht qu'on mettra dans une tasse bleue qui fume,

Le jour où je serai malade,

En venant voir, du coin des portes, si je dors.

Je croirai que dans la chambre

— Le jour où je serai malade —

On secouera le grand tilleul

Des promenades,

Le même que je vois dans cette clarté d'ambre

Pâle du geste des bras nus.

Je guérirai mon cœur dans des odeurs de miel En pensant au matin, à cet arbre^au ciel, Tout en ne sachant pas ce qu'ils sont devenus.

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