PIERRE ARE.TIN
deux fois Si se convenir au ehrisliamsme. MaM rtalSr« la subtilité des explications théologiques a0e lui fournit le neveu de Charlenmne, elle «» refuse à comprendre le mystère de l'Immacune Conception (.1 =t celui de la Sainte Trinité. Alors Roland se décide à tuer l'Ancroïa.la fière et cruelle
reine sarrazine.
Au cours de ses premières années, 1 Arehn ne maîtifëslà pas toujours un goût littéraire très sûr. Dans son premier ouvrage il déclare que Dante ne vaut pas plus que Ser»fino Aquilano :
Pm non val Dante o il terso S-eraSno.
On raconte aussi qu'étant enfant, ayant sous la main Virgile, Pétrarque, d'un côté; et, de l'autre la Regina Ancroja et les Amours de Lucien, il prit ceux-ci et laissa ceux-là .
Il parle encore de la Drasiana de Buovo d An-
tona. . .
H s'agit de Bouo d'Aniona : chanson de geste .nohjme de la fin du x..« siècle; c'est une imitation de la chanson de geste française Beuves d'ihuutonne, dont il y a plusieurs vçrs.ons et qu'on attribue à Bertrand de Bar-sur-Aube. L Aretin connaissait les Reali di Francia, ces Royaux de France déjà populaires en Italie de son temps
(i) Ce u'élait pas encore un dogme.
l a:\etin
e. ou 1 on trouve5ooo JAntona. La BelleDrusiana. la fille du ro, d Arménie, l'amanle et puis l'épouse de fiovo, fa.sait sonner la harpe et chantait à merve.lle; ayant perdu son époux sur la rive de la ™r, elle le «trouva et se fit reconnaître rien qu en chantant.
Jl cite aussi fort souvent Mlorgaute Maggiore.
Des vers de Dante et de Pétrarque arrivent à
«oot propos dans les conversations des Ragiona.
LArét.n parle-t-U d-un prêlre débau .,
'appellera le curé Arlolto. Allusion à Mainardi d.l , Heuo, curé de S. Cresci di Maciuol,, dans evéche de Fiesole, et réputé pour ses facétie. célèbres au temps de lArétin. Elles ont été res souvent réimprimées, surtout au xv,. siècle. M. Rem, de Gourmont dit : . // piouano ArlMo «'S'i'he proprement le curé arsouille »
LArétin mentionne aussi et avec complaisance Dome^o A G.ovanni, dit il Burckiello, parce au il écnva.t ses sonnets sans se soucier dv mettre un sens, mais selon les hasards de son inspiration
ve.baleetde.arime.ceauin-estpas.da'nscerams cas un art poétique si médiocre. Crescimbeat fa,t dénver BurchMlo de alla burckia qui entre autres sens, signioe : à la va comme je té pousse, n'importe comment. Il faut ajouter que plus:eurs bons esprits ont vu dans l'obscurité de
PIEnilE ARETIN
Burchiello autre chose que de l'absurdité. A l'époque de l'Arétin, il n'avait pas mauvaise réputation ; on avait tiré de son surnom un adjectif : burchiellesco,q\ii avait à peu près le sens d'énigmatique. Ce fameux poète burlesque naquit à Florence en i4o4, et mourut à Rome en i448.
Ce serait Sachetti qui aurait inauguré un genre poétique auquel Burchiello attacha son nom. Il ne faudrait pas confondre le style burchiellesque avec la poésie fîdenliane obscure et raffinée, appelée ainsi à cause de Fidenzio Glottocrysio Ludimagistro (i). Le ton des poèmes le plus souvent satiriques du Burchiello s'approche plutôt de celui des guodlibetaltemdLnds, des coqs-à-l'âne et des amphigouris comme on en fit tant en France au xvme siècle.
Mais l'auteur que l'Arétin cite le plus souvent c'est Boccace. Il mentionne le Philocole, amplification de l'histoire de F/or et Blarichpjlor, qui est le premier ouvrage de Boccace, et surtout le Décaméron.
Les diverses traductions du Théâtre, des Ragionamenti,des Sonnets ont toutes leurs mérites. Cependant, la traduction des comédies d'Arétin par le
(i) Pseudonyme de Fia m in io Scrofa.
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bibliophile Jacob fourmille d'errcurselle traducteur de l'édition Liseux, malgré son goût et son érudition, n'a pas évité quelques contresens regrettables, comme celui-ci au deuxième dialogue des Ragionamenli où il traduit npazzare ogni grancamino par « balayer la poussière da plus Iarjcs chemins ». Ce qui n'était évidemment pas ce que voulait dire le Divin, les ramoneurs étant de son temps plus communs que les cantonniers. Souvent, il aurait aussi dû serrer le texte italien de plus près. C'est ainsi qu'il devait rendre schiavina (i), non pas simplement par « manteau »,ma;s para csclavine», et que traduire : le fu rendato cla me migliaccio per tortd par« je lui rendis mille pour un » paraît une étrange façon défaire passer dans l'officine de l'usurier une locution populaire qui sortait sans doute du fournil du boulanger. On n'aurait pas dû reculer non plus devant les répétitions que n'avait ras évitées l'Arélin qui écrivit ses Ragionamenli en 4S jours. L'office du traducteur ne doit pas être d'améliorer le style de son auteur, et l'on n'est pas éloigné de croire, au demeurant, que les répélitions ne sont nullement un indice de mauvais style comme on pense communément aujourd'hui, où l'on alourdit et embarrasse souvent la phrase
(i) Schiavina, manteau de pèlerin: « Le prince Perse commande à uu >icn servi ifur de leur faire laitier deux esclavines, et <ie rcaou- Tfr rie-;x bourdons, tels <;ue Us pèlerin» ont en coutume d'en porter. & (But. de Flur et de Manciie-flor.)
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en voulant se servir de mots différents là où la répétition du mot serait aussi bien raisonnable.
Beaucoup, enfin, des écrits d'Arélin sont encore obscurs. Il faudrait souhaiter que les érudits italiens parvinssent à éclaircir un texte très agréable à ia vérité, mais rempli d'allusions à des événements, à des coutumes, à des personnages dont le public n'a pas idée aujourd'hui. Toutefois, la lecture de la plupart des ouvrages du Fléau des Princes est attrayante au possible et c'est avec justice qu'en son temps on a écrit que le Divin Pierre Arétin était la règle de tous et la balance du style.
Guillaume Apollinaire.
LES RAGIONÀMENTI