ACTE QUATRlfeME
Alors ce sera pis. Quand on vous verra dans un camp, nous dans Tautre, notre famille si cruellement divisee...
MADAME REYNARD
A qui la faute si elle est divisee?
ROUX
En ce moment je ne recherche pas les responsabilites. Je dis seulement qu*il- sera triste de vous voir liguee avec nos adversaires... Gar enfin vous ne pouvez- pas nier que vous ne soyez avec eux contre nous,' vous ne direz pas que ce n'est pas vous qui les poussez et qui...
MADAME REYNARD
Eh bien, oui, c'est moi, li. Et apr^s? Ah ga, s'eston mis par hasard dans la t^te qu*on n'avait qu'i ouvrir la porta, et k me dire : « Allez-vous-en. » On me mettrait hors de chez moi, on me ferait un proems et on me prendrait mon argent, que j'ai gagne? Gar, je n*ai pas v6cu comme votre femme, moil J'ai bilche et peine. On ne me tiendrait pas compte de tout cela? A cinquante ans, il faudrait que je recommence a trimer? Ou bien il faudrait que je vienne vous mendier un morceau de pain? Voila ce que vous esperiez, n'est-ce pas? Vous ne le verrez pas encore. Ah! vous avez pris vos grands airsl Ahl vous avez voulu faire les malinsi Eh bien, c'est moi qui vous tiens, maintenant, et je vais vous faire marcher, je vous en reponds.
ROUX
Vous vous 6tes absolument meprise sur nos intentions. D'ailleurs les menaces de Reynard ont
438 L'ARr.ENT
etc faites dans un moment de colere... excusable en somme apres ce qu'il venait d'apprendre.
MADAME REYNARD
Et par qui.,, a-t-il appris ce qu'il salt?
ROUX
Ne nous egarons pashors de la question. Parlons seulement de notre affaire. II n'est pas possible que vous vouliez la ruine, de la maison.
Pourquoi? Je n'ai plus d'inter^t ici, moi, aujourd'hui.
ROUX
Gependant...
MADAME REYNARD
Que m'importe done que vous fassiez de bonnes affaires, ou que vous soyez mines? Ah! si j'etais encore de la famille... je ne dis pas...
ROUX
Si Ton vous promettait... quelque chose.
MADAME REYNARD
Quoi? . ,
ROUX
Si Ton proposait ^... M. Miguel une certaine somme.
MADAME REYNARD
De Targent? N'insistez pas.
ROUX
Enfin, voyons, que voulez-vous?