ACTE PREMIER
LAFONTAS.
Expliqnez-lui, Guillaume.
GUILLAUME, après une seconde de réfleiion.
Voici, madame... Lafontas,, mon frère, moi, nous avons cherché le moyen le plus sûr, le plus facile, de nous insinuer auprès d'un gros banquier, d'un véritable riche, non-seulement de nous insinuer, mais de le bien saisir, et nous n*en avons trouvé qu'un.
CATHERINE
Ah!
GUILLAUME
Et ce moyen, cet unique moyen... est de lui avoir une femme, une maîtresse, qui serait à nous, qui nous appartiendrait.
CATHERINE, après un court silence, la voix changée.
Est-ce que ça me regarde?
LAFONTAS.
Attends! Attends!
GUILLAUME
Nous ne connaissons point le banquier; il dort mais nous l'aurons.
CATHERINE
Et la femme?
GUILLAUME
La femme nous est tombée des nuages, avant- Jiier. C'est l'oncle Matagrin qui l'a cjénichée.
CATHERINE, sèchement, Vous en avez, une chance !
GUILLAUME
Enorme, stupéfiante. Car, vous comprenez, ce ne pouvait être la première venue, déjà vue, sans surface, sans liens de nous à elle!... Alors, ma foi... nous avons décidé que Lafontas disparaîtrait à la sourdine, un mois ou deux, et qu'il nous reviendrait... marié, ou plutôt avec Pair d'être marié.
CATHERINE, épouvantée.
Oh I Pourquoi lui ? Pourquoi pas vous ? Henri, mon mignon...
GUILLAUME
Mon Dieu, madame, parce que j'ai Tintention d'épouser réellement, un matin ou l'autre ; tandis que Lafontas vous a, vous aime, et devant nous s'est déclaré fort heureux de son sort.
CATHERINE^ prenant la main de Lafontas.
Oui, oui, je crois qu'il m'aime! C'est vrai, il m'aime î Mais cette femme, auprès de lui, toujours I Et l'honnêteté I le ridicule! Non, non, impossible ! Quel âge a-t-elle ?
EDOUARD
Vingt ans, vingt-deux ans.
CATHERINE
Je ne veux pas.
GUILLAUME
C'est une Américaine. Elle arrive de son pays, n'a plus le sou.